‹ Physiologie de l'aéronauteChapitre 29 sur 52 · DÉFINITION · texte numérisé non relu

DÉFINITION

a détaché l'aspirateur qu'il a jeté par-dessus bord, et qu'il a jeté du lest, des couvertures, etc. Tout cela est, dans mon souvenir, extrèmement confus ; l'impression s'éteint vite, car je retombe dans mon inertie plus complètement encore qu'auparavant, et il me semble que je m'endors d’un sommeil éternel. — Que s'est-il passé ? Je suppose que le ballon délesté, imperméable comme il l'était et très chaud, sera remonté encore une fois dans les hautes régions. À 3 h. 15 environ, je rouvre les yeux; je me sens étourdi, affaibli, mais mon esprit se ranime. Le ballon descend avec une vitesse effrayante : la nacelle est balancée avec violence et décrit de grandes oscillations. Je me traine sur les genoux, et je tire Sivel par le bras ainsi que Crocé : « Sivel ! Crocé ! m'écriai je, réveillez-vous ! » Mes deux compagnons étaient accroupis dans la nacelle la tête cachée sous leurs manteaux. Je rassemble mes forces et j essaye de les soulever. Sivel avait la figure noire, les yeux ternes, la bouche béante et pleine de sang. Crocé-Spinelli avait les yeux fermés et la bouche ensanglantée. Vous dire ce qui s'est passé alors m'est impossible. Je ressentais un vent effroyable de bas en haut: nous étions encore à 6.000 mètres d'altitude ; il y avait dans la nacelle 2 sacs de lest que j'ai jetés. Bientôt la terre se rapproche ; je veux saisir mon couteau pour couper la cordelette de l'ancre, impossible de le retrouver : j'étais comme fou et je continuais à appeler « Sivel ! Sivel ! ». Par bonheur, j'ai pu mettre la main sur un couteau et détacher l'ancre au moment voulu. » À 4 heures le ballon s’éventrait sur un arbre. Les deux aéronautes Crocé-Spinelli et Sivel étaient morts en montant. La hauteur maxima, 8.600 mètres, avait été atteinte dès le premier bond.

Le souvenir de cette ascension qui causa une émotion considérable devait inspirer à Sully-Prudhomme son beau poème du

Zénith :

Un seul s’est réveillé de ce funèbre somme,

Les deux autres... 6 vous qu'un plus digne vous nomme, Qu'un plus proche de vous dise qui vous étiez !

Moi, je salue en vous le genre humain qui monte, Indomptable vaincu des cimes qu'il affronte,

Roi d'un astre, et pourtant jaloux des cieux entiers !

Le mal en ballon ne se fait sentir qu'à une altitude très éle vée. Selon Hénocque, il est inutile, jusqu'à 4 000 ou 5.000 mè tres, de commencer les inhalations d'oxygène. Guglielminett rappelle que, dans les ascensions scientifiques de 1901, des bal lons ont été jusqu'à 4.500 mètres sans qu'aucun des voyageur ait constaté l'apparition du moindre trouble ; leur respiratio était à peine accélérée et un peu plus profonde. Les échange respiratoires ont peu varié, et le coefficient respiratoire est rest sensiblement le même qu'au départ. Nous avons consigné le résultats de ces expériences dans les chapitres précédents.

Dans l'ascension du météorologiste Glaisher et de Coxwel, e 1862, ceux-ci remarquent qu’à 6.500 mètres, les oiseaux tomber de la nacelle. À 8.800 mètres, la paralysie commence. Le jou s’obscurcit pour Glaisher et bientôt il fait tout à fait noir ; lim pression de froid est très vive. À 9.000 mètres Glaisher est absc lument insensible ; il tombe évanoui. Coxwel a brusquemer perdu l'usage complet de ses membres. Il a encore la force de t rer la corde de la soupape avec ses dents.

Pendant le concours d'altitude de 1900, c'est à 5.700 mètre que M. Maison qui n'avait pas voulu respirer de l'oxygène jus que-là, commence à sentir une légère faiblesse dans les jambes à 6.000 mètres, il abandonne le tube d'inhalation pour jeter « sac de lest, etil est pris d’une syncope. De son côté, M. Balsa n'a plus la force, à 6.000 mètres, de porter un nouveau tube d'ox:

gène à ses lèvres, après que le tube précédent est complètemer

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