‹ Physiologie de l'aéronauteChapitre 31 sur 52 · SYMPTÔMES DU MAL EN BALLON · texte numérisé non relu

SYMPTÔMES DU MAL EN BALLON

‘dent l'apparition de tous les autres Le pouls devient ensuite irrégulier, dicrote, et atteint parfois 130 à 140 pulsations par minute. Nous avons vu, au chapitre de la pression artérielle, que les opinions différaient en ce qui concerne la mesure de cette pression. Dans les ascensions de montagnes il y a également des résultats contraires. Les palpitations surviennent d'une façon constante. Suivant certains auteurs, le cœur bat à être entendu. L'angoisse cardiaque est également signalée.

On remarque la congestion du système veineux, surtout à la face qui devient rouge, puis violacée, vultueuse ; les lèvres sont bleuâtres, gonflées. Cette congestion veineuse est la cause des syncopes qui se produisent lorsqu'on se baisse dans la nacelle. Un cas de syncope est signalé, entre autres exemples, dans le concours d'altitude de 4900, à la suite d’une tentative pour puiser dans un sac de lest. Enfin, les hémorragies apparaissent aux très grandes altitudes, vers 8.000 ou 9.000 mètres, hémorragies nasales et pulmonaires, les plus fréquentes, puis celles de la muqueuse intestinale, des conjonctives, du conduit auditif, et même l’hématurie. |

A la descente du Zénith, Crocé-Spinelli et Sivel avaient les lèvres ensanglantées par suite d’une hémorragie pulmonaire qui avait précédé leur mort.

La sécrétion urinaire est très ralentie pendant les ascensions. Les urines sont rares et foncées. L'excrétion de l’urée est considérablement diminuée. La rétention chlorurée est bien nette. Les phosphates et les sulfates sont en quantités inférieures à la normale.

Par contre les alcaloïdes se retrouvent dans de plus grandes proportions. La cryoscopie permet de constater une diminution de la filtration glomérulaire. Enfin Dastre signale l'hyperglycémie, Ces altérations du rein, traduites par les variations de

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l'urine, ont permis d'établir une nouvelle théorie pathogénique

du mal en ballon.

La série des accidents causés par le mal en ballon se clôt par l'énumération des symptômes nerveux. Le premier en date est la céphalalgie, parfois extrêmement pénible, et qui manque rarement au-dessus de 6.000 mètres. En même temps se développe cette impression de torpeur, cet engourdissement dont le début doit être rapporté à une altitude beaucoup plus basse. Les étourdissements surviennent ensuite, puis les troubles des organes des sens. L'ouïé est diminuée ainsi que la vue.

À 8.800 mètres, Glaisher remarque que le jour s’obscurcit, et la nuit est bientôt complète, il y a une véritable cécité passagère remplacée rarement par des éblouissements. Enfin la sensibilité paraît très affaiblie.

Nous signalerons également, parmi les troubles psychiques, cette tendance à l’inertie, cette sensation de bien-être, de désintéressement notées par divers aéronautes. La remarque générale est qu'il serait bon de mourir ainsi. La prostration très manifeste s'accompagne d'une tendance invincible au sommeil. Mais quelquefois, une excitation violente succède à cette torpeur, et peut aller jusqu’à des idées de meurtre, signalées au retour d'une ascension à de très grandes hauteurs.

L'ensemble de ces symptômes constitue le mal en ballon qui diffère surtout du mal des montagnes par certains phénomènes de la respiration et de la digestion. En groupant ces accidents suivant l’ordre dans lequel ils se produisent, on constitue le tableau clinique de ce mal en ballon : :

L'aéronaute s'aperçoit au début que sa force musculaire a diminué, qu'il se fatigue vite et que la manœuvre du lest est devenue un travail pénible, En même temps, il commence à ressentir

quelques bourdonnements d'oreilles, des battements aux tempes,

un peu de dyspnée ; s’il examine son pouls, il le trouve accéléré. L'altitude augmente-t-elle, la faiblesse croit, Ja tête est lourde, les articulations des genoux deviennent douloureuses, il y a des palpitations cardiaques, de la congestion de la face ; enfin la torpeur est plus manifeste, les membres inférieurs s’engourdissent. Si le ballon s'élève encore, les nausées, les vomissements apparaissent. Vers 7.000 mètres, l'impotence fonctionnelle s’étend aux membres supérieurs ; le seul fait de se baisser suffit à déterminer une syncope suivie d'un long évanouissement ; puis, à 8.000 mètres en moyenne, la somnolence s’accentue, la langue se paralyse, l'aéronaute est pris de tremblements. Une sensation de froid l'envahit. Son esprit est encore lucide ; mais déjà le jour S’obscurcit, la nuit devient complète. Cependant le ballon monte toujours ; des filets de sang s’écoulent par les narines et Îles commissures labiales du voyageur ; sa face est violacée, ses 1èvres bleutées et gonflées : la paralysie est complète, le rythme respiratoire insensible ; alors cet engourdissement complet, cet oubli des choses extérieures, se transforment en un sommeil invincible qui, lentement, progressivement, va faire place à la mort.

Nous remarquerons, d’ailleurs, que cette terminaison fatale est absolument exceptionnelle, et que l'on signale, jusqu'ici, deux cas seulement de mort causés par le mal en ballon.

3° Pathogénie.

Le mal en ballon est un accident bien caractérisé, qui commence vers 6.000 mètres, et qui, frappant successivement tous les organes de l’homme, peut aboutir à la mort. Mais, si les

symptômes en sont nets, si leur groupement peut se faire suivant

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