MAL EN BALLON RS NT EU EL MAR. G.. L
les altitudes, la question devient beaucoup plus obscure quand il s’agit d'expliquer leur apparition, d'établir leur pathogénie. De nombreuses théories ont été présentées, que nous allons discuter
successivement, en les réunissant autour d’un certain nombre de facteurs, la pression atmosphérique d'abord et les éléments secondaires comme le froid, le tempérament personnel; puis les variations quantitatives de certains gaz, l'oxygène et l’acide carbonique.
Le mal en ballon se produisant pendant les ascensions aux grandes altitudes, l'influence de la pression devait tout d'abord venir à l'esprit des expérimentateurs. On supposait autrefois que les accidents résultaient d’une diminution dans la pression alvéolaire, qui ne contrebalancerait plus celle des vaisseaux sanguins pulmonaires. Il se formerait alors une énorme ventouse sous l'aspiration de laquelle les vaisseaux se gonfleraient, la circulation se trouverait entravée. Mais nous avons montré que la pression ambiante s’équilibrait sur tout le corps, que par conséquent une aspiration due à une ventouse ne pouvait s'effectuer localement, La tension des gaz, les phénomènes d'osmose interviennent pour combattre cette influence de la dépression en un point. On ne peut comparer ce phénomène à celui dont la constatation a été faite par Aggazzotti qui montre la production des hémorragies dans les os du crâne des oiseaux, au moment où la pression atmosphérique augmente à nouveau ; dans cette observation, les hémorragies sont dues aux lacunes à l'intérieur desquelles la pression est demeurée basse : il y a alors défaut d'équilibre, stase sanguine en ces points et rupture de vaisseaux. Mais ce n'est pas le cas pour les poumons, et cette théorie doit en conséquence ètre écartée ainsi que celles qui ont été proposées pour la première fois par Boyle et d'après laquelle le gaz dissous dans le sang subirait l’action de cette brusque décompression et s'élimi-
LA RER nerait sous forme de bulles qui détermineraient à leur tour de véritables embolies. Nous avons, vu que l'azote dissous dans le
plasma disparaissait progressivement à mesure que la pression diminuait. Au surplus, si cette théorie était exacte pour le mal des montagnes qui survient vers 3.000 mètres, le mal en ballon devrait commencer à une altitude bien moins élevée puisque la montée est plus rapide. Au contraire, son apparition ne s'observe qu'aux environs de 6.000 mètres.
Beaucoup plus importante est la théorie de Kronecker et de Bartlett sur les troubles circulatoires dépendant mécaniquement de la dépression barométrique. Kronecker fait transporter deux personnes de Zermatt (1.600 mètres) au Breithorn (3.750 mètres), et constate chez elles, à l'arrivée, les symptômes du mal des altitudes. Il n’y a cependant eu pour elles ni effort musculaire, ni fatigue ; à ce point de vue, là, au moins, elles se trouvaient dans les mêmes conditions qu’un aéronaute en sa nacelle ; cependant elles présentaient à cette altitude les lèvres cyanosées, l'appétit diminué, de la répulsion pour le vin : tout effort musculaire leur était pénible ; une marche de vingt pas les fatiguait, et les moindres mouvements, comme le maniement des appareils photographiques, nécessitait quelques instants de repos.
L’exhalaison d'acide carbonique est la même pendant le repos, aux deux altitudes, tandis que pendant l'escalade des montagnes elle s'élève beaucoup au-dessus de la proportion normale ; elle dépasse alors, selon Kronecker, 9, 11, 12 pour 100. Il y à d’autre part une élimination particulière de l’azote par les urines ; elle se fait en partie seulement sous forme d'urée, en partie sous forme de substances alloxuriques. Un certain nombre de ces phénomènes se produit dans les chambres pneumatiques.
Kronecker conclut de ces faits que la production du mal des altitudes tient à l'action mécanique de la dépression atmosphé-
RTE ER MN rique et que la diminution de la proportion d'oxygène peut être poussée très loin sans produire d'accidents appréciables, si la pression reste normale. Des lapins que l'on fait respirer par un tube trachéal communiquant avec un gazomètre sont asphyxiés rapidement quand la pression diminne de 200 à 500 millimètres.
Le mécanisme du mal des montagnes, ainsi que du mal en ballon, s'explique par la stagnation du sang dans les poumons ; la pression est très faible dans les vaisseaux pulmonaires, etun faible changement de pression dans l'air inspiré suffit à modifier considérablement le cours du sang. Les individus atteints de ce mal sont dans le même état que les personnes présentant une insuffisance mitrale, et chez lesquelles les stases sanguines se produisent facilement dans le système pulmonaire. D'ailleurs les malades ayant une lésion mitrale sont sujets à ces accidents à de très faibles altitudes.
La même théorie est défendue par Germe qui explique ce mal par l’'anhémospasie, c’est-à-dire le défaut d'aspiration du sang dans les poumons, Si cette aspiration est diminuée par suite de la faible tension de l'air dans les alvéoles, de la dilatation des gaz intestinaux qui gênent les mouvements du diaphragme, il se produit une accumulation du sang dans le système veineux, et au contraire, un ralentissement de la circulation artérielle, d'où nutrition imparfaite des tissus, anémie cérébrale.
Les deux théories se trouvent done en désaccord complet avec celle de Paul Bert d'après laquelle la diminution de l'oxygène est la seule cause du mal des altitudes. Pour Paul Bert, on peut diminuer a pression jusqu'à un chiffre très bas,à condition d'augmenter progressivement la teneur de l’air en oxygène. Pour Kronecker au contraire, et pour Germe, on peut diminuer la proportion d'oxygène jusqu'à un chiffre très faible, correspon-
dant presque à celui que représente l'oxygène du sang, à condi-
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tion de garder la pression normale. Si cette dernière fait délaut, l'aspiration du sang veineux se ralentira, le sang artériel circulera mal, assurera insuffisamment la nutrition des tissus, et le mal en ballon comme le mal des montagnes apparaîtra bientôt.
Il est vrai que dans les autopsies d'animaux morts sous la cloche d’une machine pneumatique, on constate souvent la congestion pulmonaire. D'autre part, les sujets atteints de mal en ballon présentent cette cyanose de la face, ces lèvres enflées que l’on retrouve dans certains cas de gène de la circulation. Mais l'observation montre que les aéronautes atteints du mal en ballon se guérissent rapidement en inspirant de l'oxygène pur. La pression n’a pas changé ; elle est demeurée très faible ; mais la quantité d'oxygène contenue dans un volume d'air a augmenté. Il ne semble donc pas que la dépression suffise à expliquer, du moins complètement, les effets du mal en ballon. Elle peut cependant intervenir pour sa part, en ralentissant le cours du sang et en diminuant ainsi la quantité d'oxygène fournie aux tissus.
À cette théorie de la dépression atmosphérique se rattache celle qui se rapporte à la modification du vide pleural. Normalement, pendant l'inspiration, le développement de la cage thoracique aurait pour eflet l'augmentation de la cavité pleurale dans laquelle il y a le vide, si les poumons n'étaient distendus par l'air qu'ils contiennent, et qui ne se trouve plus en équilibre avec la pression extérieure. Lorsque la pression barométrique diminue, le changement de pression en dedans et en dehors des poumons, pendant l'inspiration, doit diminuer également. L'aspiration thoracique est alors affaiblie, la béance des veines est moins complète, et la stagnation peut se trouver facilitée dans le système veineux pulmonaire.
Une dernière théorie peut être rapprochée des précédentes. Soubies 11
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Colin, d'Alfort, invoque la dilatation des gaz intestinaux qu augmenteraient de volume en raison de la faible tension de la: extérieur et qui refouleraient le diaphragme. Ce fait a été en efle constaté, en dépit de l’assertion contraire de Regnard qui fait re marquer que l'intestin est ouvert à ses deux extrémités. Cepen dant Paul Bert a signalé que, sous la cloche d'une machine pneu matique, cette distension se produisait : « Il m'a paru que c gonflement était assez fort pour agir même sur la respiration € en gêner les mouvements : j'ai constaté sur moi-même ce gon flement désagréable. » Le même phénomène a été observé pen dant des ascensions en ballon.
Ces diverses théories ne sauraient expliquer à elles seules I mal en ballon. Il n’en est pas moins vrai qu’on peut les classe parmi les causes accessoires de cet accident. La gène apportée la circulation pulmonaire par le défaut de pression alvéolaire la diminution relative du vide pleural, le refoulement du dia phragme par les gaz intestinaux ne pourraient amener l'appan tion de tous les symptômes du mal en ballon. Mais quand il s'associent aux modifications chimiques de l'atmosphère, au variations de la teneur en oxygène et en acide carbonique de l'ai alvéolaire, ils peuvent aggraver les accidents, en créer d'autres et intervenir ainsi pour une part dans la pathogénie du male ballon.
Nous n’insisterons pas sur les théories qui rapportent à la fa tigue la plupart des symptômes du mal en ballon ; chez les aérc nautes la fatigue est, en effet, très réduite ; le seul exercice con siste dans là manœuvre de la cueiller à lest; on ne peut guèr invoquer l'effort musculaire comme cause même adjuvante d ces accidents. L'absence de fatigue peut, au contraire, explique en partie pour quelles raisons le mal en ballon survient à une alt
tude beaucoup plus élevée que le mal des montagnes. Nous écar