PATHOGÉNIE 163 I TL RE
terons également l’action unique du froid qui agit, peut-être, cependant, en hâtant l'apparition, de certains symptômes, notamment des troubles locomoteurs. Enfin, l'analyse de l'air nous a montré que la proportion de l'oxygène dans l'air restait toujours la même, quelle que fût l'altitude. Il faut donc rejeter complètement l'hypothèse de Boussingault et de Humboldt d'après laquelle la quantité d'oxygène contenue dans un volume d'air diminuerait avec la hauteur dans de plus grandes proportions que l'azote.
Aux théories mécaniques invoquées pour expliquer la pathogénie du mal des altitudes, mal des montagnes ou mal en ballon, un grand nombre d'auteurs opposent les théories chimiques,et rapportent aux quantités d'oxygène ou d'acide carbonique contenues dans les alvéoles pulmonaires l'apparition de ces accidents. La principale de ces nouvelles théories est celle de l’'anoxyhémie.
C’est à Jourdanet et à Paul Bert que l'on doit la théorie de l’anoxyhémie. Reprenant l'étude du mal des montagnes dont la première description est due à Acosta qui traversa l'Amérique du, Sud à la fin du xvw° siècle, Jourdanet pense que la diminution d'oxygène dans l'atmosphère raréfié doit être la cause de ces accidents A son tour, Paul Bert examine cette question de l’anoxyhémie et établit définitivement cette théorie à la suite de ses recherches expérimentales. Les premières avaient pour but de répondre à l’objection de Payerne qui contestait, en 1851, dans une communication à l'Académie des sciences, la valeur de cette anoxyhémie. Suivant Payerne, lorsque les symptômes du mal des altitudes se font depuis longtemps sentir, la quantité d'oxygène dans l’air est encore très supérieure à celle que peuvent absorber les hématies. Si la pression atmosphérique, aux plus
16% MAL EN BALLON A A ne NS + OO PSS
hautes cimes, n’est que de 320 millimètres de Hg, l'air doit y renfermer environ 125 grammes d'oxygène par mètre cube, soit environ 100 grammes dans les 800 litres que l'homme respire normalement par heare. On a démontré d’autre part qu'un hom-
me au repos convertissait 50 grammes d'oxygène en acide car-
bonique pendant une heure environ. Si l'homme en consomme 5 gr. 40 de plus par suite de son travail, il restera encore un large excédent, à cette pression de 320 millimètres. A son tour, Paul Bert montre que l'oxygène a besoin, pour être absorbé par le sang, de se trouver à une certaine tension dans les alvéoles ; si cette tension est trop forte, il se produira des phénomènes d’intoxication par l'oxygène devenu un poison ; si cette tension est faible, le gaz mettra plus de temps à se transformer,en présence de l’hémoglobine,en oxyhémoglobine et la nutrition des tissus ne sera plus assurée. I faut donc compenser cette dépression atmosphérique en augmentant la teneur de l'air en oxygène. La pression ne reviendra pas à la normale, mais une plus grande quantité d'oxygène se trouvera au contact des vaisseaux et l'équilibre des échanges respiratoires se rétablira. « La pression barométrique n'agit pas par elle-même, dit Paul Bert, elle n'intervient que
par ce fait qu'elle diminue la tension de l'oxygène. La pression
| barométrique ne fait rien, la tension de l'oxygène est tout. »
Les expériences de Paul Bert donnent la confirmation de ses assertions. Dans l’air confiné les moineaux périssent lorsque la tension de l'oxygène est représentée par un chiffre qui oscille entre 3 et À, chiffre indiquant la proportion centésimale. Ces moineaux présentent successivement une augmentation du nombre de respirations, l’abaissement de la température, des convulsions et la mort. En définitive, « en vase clos, aux pressions inférieures à une atmosphère, la mort survient lorsque la tension
O XP de l'oxygène de l'air est réduite à une certaine valeur qui
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est constante pour chaque espèce, ou qui du moins oscille dans de faibles limites autour d’une moyenne ».
La mort des animaux n’est pas due à l'acide carbonique : ils’en produit, selon Paul Bert, d'autant moins que la pression est plus faible. L'air contient encore, vers la fin de l'expérience, une assez grande quantité d'oxygène, soit, en moyenne, de 12,5 à 17 pour 100. Mais la tension de cet oxygène a diminué, et suffit à produire la mort.
Pour modifier ces expériences, Paul Bert augmente la proporton centésimale d'oxygène de l'air, dans le même rapport que la pression diminue, soit, pour une dépression d’une demi-atmosphère,une quantité d'oxygène égale à 2><20.9 pour 100.L’animal placé dans ce milieu ne présente pas de troubles ; mais si on diminue de nouveau la pression, la mort survient quand la tension de l'oxygène n'est plus que de 3. 6 contre 4.18 au début, bien que l'air contienne encore de 40 à 60 pour 100 d'oxygène. Si à ce moment on introduit à nouveau de l'oxygène, le rétablissement de l'animal est immédiat. Nous avons dit, au chapitre de la respiration, que Paul Bert avait renouvelé ces expériences sur lui-même ainsi que sur Sivel et sur Crocé-Spinelli et qu'il était arrivé sans accidents à une pression de 248 millimètres de Hg correspondant à une altitude de 8.800 mètres de hauteur.
C’est sur ces expériences que repose la théorie de l’anoxyhémie. Elle se trouve en opposition avec la théorie de Germe, d’après laquelle un animal placé sous la cloche d'une machine pneumatique et sur le point de mourir par suite de la grande diminution de pression, est ranimé lorsqu'on introduit un gaz inerte qui rétablit cette pression. Ces expériences ont été répétées par Le Gorgeu qui introduisait de l'hydrogène sous la cloche au moment où un moineau placé dans l’air raréfié à de basses pressions, ve-
nait de tomber. Il a constaté une amélioration fréquente. Quel-
166 MAL EN BALLON GS me NE PP RE
quefois l’oiseau se redressait, à pu voler un instant dans un cas. Ces expériences montrent done que si l’anoxyhémie joue un rôle prépondérant dans la production du mal en ballon, la diminution de pression a également son importance.
Si l'on compare enfin les symptômes du mal en ballon à ceux de J'asphyxie par défaut d'oxygène, on constate une assez grande analogie entre ces deux sortes d'accidents. Dans l'asphyxie par oxyde de carbone.gaz très peu tonique par lui-même,et qui tueen prenant la place de l'oxygène dans les globules et en formant une carboxyhémoglobine qui ne se réduit plus, on note les mêmes symptômes que dans l’étouffement, la strangulation. Au début apparaît la polypnée, causée par l'accélération respiratoire, et la dyspnée due à l'excitation du bulbe par un sang riche en acide carbonique : les symptômes respiratoires s’accentuent, s’accompagnent d'angoisse. L’expiration paraît être un véritable spasme. On note ensuite la vaso-constriction des organes profonds, ce qui augmente la pression ; la pupille est dilatée.le cœur accéléré puis ralenti ; il y a de la sudation abondante, de la salivation. Les phénomènes paralytiques apparaissent bientôt ; l'excès de l'acide carbonique amène, par action sur le système nerveux, la perte de connaissance ; la respiration puis le cœur s'arrêtent; quelques convulsions se produisent encore et précèdent de peu la mort.
On retrouve dans ce tableau clinique de l'asphyxie par l’oxyde de carbone, c'est-à-dire par défaut d'oxygène, un certain nombre de symptômes communs au mal en ballon ; d'autres sont modifiés ou font défaut. Faut-il en effet rapporter à l'anoxyhémie tous les accidents des altitudes; ne doit-on pas incriminer pour une certaine part l’action de l’acide carbonique ? Nous allons examiner le rôle de ce gaz, et rechercher dans quel mesure il peut intervenir dans la production du mal en ballon,
La théorie d'après laquelle les modifications de l'acide carbonique détermineraient le mal en ballon s'oppose à la théorie de l’anoxyhémie. Le rôle de l'acide carbonique sur les voies respiratoires est très important. Quand le renouvellement de l'air alvéolaire est anormal, par suite d’une diminution de tension, les mouvements respiratoires s’accélèrent, leur amplitude augmente, il y à suractivité du centre respiratoire et dyspnée. Si au contraire on pratique sur un animal une respiration artificielle énergique, il y a ensuite cessation de la respiration normale, et apnée tant que l'oxygène demeure en excès. Pendant la dyspnée,il existe une accumulation d'acide carbonique, et c'estalors que le centre respiratoire est excité : au contraire, pendant l'apnée, la diminution de l'acide carbonique rend le sang inactif vis-à-vis du eentre respiratoire. L’acide carbonique est donc un excitant énergique du centre respiratoire. On a objecté que l'acide carbonique sous pression avait des propriétés anesthésiantes, et nous avons énuméré, au chapitre de la respiration, les diverses théories d’après lesquelles l'acide carbonique est un narcotique (Hirt), un anesthésique (Paul Bert). Mais on peut concilier ces faits qui paraissent contradictoires, et l'on sait que les éléments doués de propriétés anesthésiques lorsqu'on les emploie en quantité suffisante, sont des excitants si on les utilise à des doses moindres. Il en serait ainsi de l'acide carbonique . ;
Ces faits permettent d'expliquer certains accidents survenant lorsque la proportion de l'acide carbonique est modifiée. Mais dans quel sens cette modification se fait elle? Suivant Tissot, la quantité d'acide carbonique est invariable jusqu’à l'altitude de 3.000 mètres. Quand l'altitude est supérieure à 5.000 mètres, il y à augmentation dans la quantité d'acide carbonique exhalé ; ce fait est dû, comme pour l'oxygène, au développement de la ventilation pulmonaire. Enfin, au-dessus de 5.000 mètres, corres-
168 MAL EN BALLON | APR UE NL At de Pt DE OR CT AR SO
pondant à une proportion d'oxygène inférieure à 11 pour 100 dans
l'air inspiré, le quotient respiratoire s'accroit pour les mêmes
motifs de ventilation pulmonaire. Mais si cette ventilation exerce une faible action sur l'oxygène, elle a beaucoup plus d'influence sur l'acide carbonique qui s’exhale et que l'on retrouve considé- | rablement augmenté.
De son côté, G. Weiss signale la faible modification des mouvements respiratoires pendant la dépression. Il semblerait donc que les échanges de l'organisme dussent se ralentir. Mais, à mesure que l’on monte, lafixation d'oxygène et l'élimination de l'acide carbonique deviennent plus grandes. L'air sortant du pou mon contient moins d'oxygène et plus d'acide carbonique.
A son tour Aogazzotti a retrouvé, au delà d'une dépression de 456 millimètres, une diminution de l'oxygène et de l'acide carbonique dans les alvéoles pulmonaires ; cependant l'acide carbonique disparaît plus lentement. Durant la raréfaction, la tension partielle de l’acide carbonique dans l'air de réserve est toujours inférieure à la normale. Au retour à la pression de 760 millimètres, la quantité d'acide carbonique dans l'air des alvéoles est moindre que normalement. Cela provient de ce que, pendant la raréfaction, l'acide carbonique a été éliminé du sang avec excès ; après l’acapnie, c'est d'abord le sang qui reprend l'acide carbonique dont il était privé.
Il semble donc,d'après ces théories,qu'il y ait une élimination plus ou moins considérable de l'acide carbonique pendant la dépression barométrique,et que l'acide carbonique doive faire bientôt défaut. Nous signalerons cependant l'interprétation de Gavarret, d’après lequel le mal des altitudes provient au contraire d’un véritable empoisonnement par l'acide carbonique. Gavarret calcule le travail effectué par un homme qui gravit une montagne,
et l'évalue à 150.000 kilogrammètres pour une ascension de
2.000 mètres ; il cherche alors la quantité de carbone qui a dû être brûlée par l'organisme pour produire ce travail, et il trouve que la combustion de ce carbone à eu pour effet la fabrication d'un excès de 65 litres d'acide carbonique par heure. Ce gaz est incomplètement exhalé,s’accumule dans le sang en grandes quanütés,et détermine les symptômes du mal des altitudes.Le repos, en permettant le dégagement de cet excès d'acide carbonique, ramènerait le sang à l'état normal et serait bientôt suivi d’une guérison complète.
Cette interprétation du mal des altitudes doit être complète ment écartée. Il suffit d'observer, en effet, que les aéronautes ont le mal en ballon sans avoir effectué le moindre travail, et que, d'autre part, les examens de l'air respiré ont montré une augmentation de l'acide carbonique exhalé ; de plus les gaz du sang ne contiennent pas un excès d'acide carbonique. Enfin, l'élimination de ce gaz est très facile par les poumons et l’on ne s'explique guère comment elle se trouverait entravée. Nous avons cité pour mémoire cette opinion de Gavarret. L'empoisonnement par l'acide carbonique n’a rien à faire avec le mal en ballon.
La théorie de Mosso sur l'acapnie, insuffisance d'acide carbonique dans le sang par suite de la raréfaction de l’air, est basée au contraire sur un certain nombre de faits que l'on a vérifiés pendant les ascensions ainsi qu'au laboratiore. Mosso rappelle cette remarque de Paul Bert,que « les variations de l'acide carbonique sur les hautes montagnes sont considérablement plus étendues que celles de l'oxygène ». D'autre part, suivant une loi de Paul Bert,un animal placé dans une atmosphère raréfiée au tiers et composée cependant de deux tiers d'oxygène, ne devrait présenter aucun trouble. Les expériences de Mosso ont montré qu’il n’en était pas ainsi : la fréquence de la respiration augmente : il y à de la somnolence et du malaise. Ces phénomènes tiennent à
la diminution de l'acide carbonique, à l’acapnie. Dans diverses expériences, Mosso constate qu'il ranime avec quelques litres d'acide carbonique des animaux placés sous la cloche de la machine pneumatique, lorsque la diminution de pression va causer leur mort. L'acide carbonique agit ici en stimulant le cœur ; il fait contracter les vaisseaux sanguins, il augmente l’amplitude des inspirations et il développe ainsi la ventilation pulmonaire. D'autre part, la somnolence et l’état de dépression des centres nerveux observés quand la tension propre de l'oxygène reste constante, dépendent de la diminution subie par la quantité d’acide carbonique du sang.
Ainsi, par l'effet d’une rapide diminution de la pression barométrique, la quantité de l’acide carbonique émise par notre corps augmente d'une manière mesurable. On ne peut expliquer comme un simple phénomène physique la différence de 1 gr. 5
2 grammes obtenue en une demi-heure entre les respirations à la pression ordinaire et dans l'air raréfié ; il doit s'être produit une décomposition chimique dans les éléments du sang et des tissus.
Dans de nouvelles expériences exécutées sur des singes, Mosso reproduit les phénomènes ressentis par l’homme pendant les ascensions en ballon à de grandes altitudes. Il observe une lente paralysie qui s étend peu à peu. Le sommeil, l'abattement, la cessation des fonctions psychiques sont les faits prédominants. Vient ensuite ie vomissement. Dans la rapide dépression barométrique réalisée par la montée d’un aérostat, le sommeil et Ja perte de connaissance apparaissent sans avoir été précédés d'une phase d’excitation ; cette dépression du système nerveux est produite non seulement par l'anoxyhémie,mais encore par l’acapnie.
Certaines personnes ressentent plus fortement les effets de la diminution de l'oxygène, et, chez elles, l’excitabilité change peu.
D'autres souffrent surtout du manque d'acide carbonique, et présentent un grand affaiblissement,de l'excitabilité nerveuse. Les personnes qui résistent le moins à un arrêt de la respiration sont celles-là mêmes chez lesquelles l'insuffisance d'oxygène prend le dessus et la dyspnée se produit plus vite : celles chez qui dominent la dépression et le ralentissement dans la vitalité des centres respiratoires résistent plus longtemps.
Ainsi se groupent les symptômes du mal en ballon autour de deux éléments, l'oxygène et l'acide carbonique. L'organisme étant très sensible au défaut de l’acide carbonique dans le sang,
et l’étant assez peu au défaut d'oxygène, c'est à l’acapnie qu'il
faut rapporter le vomissement lorsque celui-ci se manifeste à des
altitudes inférieures à 3.000 mètres. A ces faibles hauteurs, la cyanose, la tendance au sommeil, la fatigue, les palpitations, les troubles de la vue, qui sont les principaux symptômes de l’anoxyhémie, n’existent pas encore. Si l’on étudie les rapports du vomissement avec les mouvements respiratoires, on constate que celui-ci se produit dans la période où il y a une excitation des centres qui accélère le rythme et diminue la profondeur des inspirations. La preuve que l’acapnie produit le vomissement est fournie par l'efficacité prompte et bienfaisante de l'acide carbonique.
Les inhalations d'acide carbonique constituent, en conséquence, le traitement indiqué par Mosso contre le mal en ballon. Cet acide carbonique doit, bien entendu, être mélangé d'oxygène. Mosso à constaté que les inhalations de l'oxygène pur faisaient diminuer, pendant une ascension, la profondeur de la respiration, ralentissaient sa fréquence et celle du pouls alors qu'elles n'avaient aucun effet à Turin ; par contre certains phénomènes morbides, l’apathie, la somnolence, les vomissements, la céphalée, causés par les fortes dépressions barométriques, n'étaient pas modifiés par
l'oxygène.
EEE rennes mére terres
Au contraire, les inhalations d'oxygène et d'acide carbonique à 8 ou 10 pour 400 dans le mélange, rétablissent presque instantanément les conditions normales en rendant à la respiration sa profondeur, en dissipant la fatigue. Le pouls est considérablement ralenti, il se produit une profonde sensation de bien-être. L'adjonction d'acide carbonique rend une partie de sa valeur à la tension partielle de l'acide carbonique dans le sang lorsque la dépression est très faible, .
Les faits intéressants constatés dans les grandes ascensions, et opposés au malaise et aux vertiges que le même mélange provoque en quelques instants à la pression de 760 millimètres de mercure, déposent en faveur de l'hypothèse que l'acapnie est une des causes du mal des montagnes.
La théorie de l'acapnie, proposée par Mosso, est également défendue par Aggazzotti. Cet auteur remarque que l'air riche en oxygène a une action bienfaisante manifeste dans le malaise produit par la dépression barométrique. Cette action est jusqu'à un certain point proportionnelle au pourcentage de l'oxygène dans l'air respiré; mais, dans les très fortes raréfactions, les symptômes de malaise se manifestent avec la même intensité quelle que soit la proportion de l'oxygène dans le mélange inspiré.
De son côté, l’acide carbonique exerce une action bienfaisante sur le mal des altitudes. Plus la quantité de l'acide carbonique dans le mélange inspiré est grande, et plus grande aussi devient la résistance à la raréfaction de l'air. L'acide carbonique ne suffit
pas à empêcher la manifestation du malaise au delà d’un certain degré de raréfaction; il n'a aucun effet sur ce malaise quand sa tension partielle n'est plus que 18 millimètres de mercure.
Le mélange d'oxygène et d'acide carbonique a permis à Ag-
gazzotti de réaliser sur lui-même, en 1906, l'énorme dépression
BATHOGÉNIE 173
de 122 millimètres de Hg, correspondant à 14.582 mètres.Quand l’'expérimentateur se sentait fatigué et déprimé, tout malaise disparaissait par l’adjonction d'acide carbonique dans l'air. L'oxygène pur ne le rétablissait pas de même. La conclusion d'Aggaz- Zotti est donc que la présence d'une certaine quantité d'acide : carbonique dans l'air inspiré est indispensable contre le malaise | dans les fortes dépressions. Le conseil donné par Mosso aux aëronautes, d'ajouter de l'acide carbonique à l'oxygène, est pleinement justifié. Il suffit pour Aggazzotti de 13 pour 100 d'acide carbonique avec 87 pour 100 d'oxygène dans le mélange pour que l’homme puisse arriver à l'altitude de 14.582 mètres sans ressentir le moindre trouble. La ventilation pulmonaire devient plus active, et la proportion des gaz du sang se modifie fort peu.
Ces résultats obtenus par l'addition d'acide carbonique à l'oxygène, permettent de répondre à l'objection de Regnard qui niait l'action bienfaisante de cet acide : « On peut faire perdre au sang d’un animal environ la moitié de l’acide carbonique qu'il contient en activant sa ventilation pulmonaire au moyen d'un appareil à respiration artificielle ; on peut sur soi-même faire la même opération en faisant intervenir la volonté : jamais on n'observe les symptômes du mal des montagnes. » Mais ce phénomène physiologique de l'apnée, ainsi produit, ne peut se comparer aux modifications apportées à l'organisme, dans les grandes altitudes, par la raréfaction de l'air.
À son tour, Tissot, reconnaissant les bons résultats obtenus par Vallot, au Mont-Blanc, en utilisant les inhalations d'acide carbonique, croit que ce gaz agit uniquement en faisant augmenter par le sujet le nombre et la profondeur des mouvements respiratoires, ce qui détermine, à son insu, une plus grande absorption d'oxygène par le sang. Le sujet a donc mieux respiré, et l'on
peut opposer ce phénomène à celui observé quand l'aéronaute
fait un effort musculaire : il arrête alors ses mouvements respiratoires, il oublie de respirer, et cet arrêt suffit probablement à déterminer avec plus de rapidité qu'au niveau du sol un appauvrissement notable du sang en oxygène. D'où l'apparition d'un étourdissement ou d'une syncope.
L'acide carbonique servirait donc à développer les inspirations. D'autre part, si son inhalation a eu pour effet d'augmenter le taux de ce gaz dans le sang, elle produit en même temps une accélération des mouvements respiratoires et.par suite,une augmentation du taux de l'oxygène dans le sang, d’où résulte peut-être la production des malaises.
L'action de l'acide carbonique est donc expliquée par un autre mécanisme que celui qu'ont invoqué Mosso et Aggazzotti. Il semble, quand on examine les résultats obtenus par ces deux auteurs, que l'acide carbonique, tout en intervenant pour augmenter le taux de l'oxygène dans le sang, joue un rôle plus important, et que certains malaises, l’apathie, les vomissements, la céphalée doivent être en partie rapportés à son insuffisance dans les grandes altitudes.
En groupant l’action de la dépression, de la diminution d'oxygène et d'acide carbonique, on peut expliquer le mode de production du mal en ballon. Mais par quels phénomènes les modifications de l'atmosphère agissent-elles sur l'organisme pour amener ces accidents? À la dénutrition des tissus, à l'influence sur les centres nerveux, il faut ajouter les altérations des reins et les transformations des éléments de l'urine. Déjà Jackson avait signalé, dans les altitudes, une élimination particulière de l'azote par les urines; cette élimination au lieu de se faire en entier sous forme d’urée était représentée pour moitié de sa valeur par des substances alloxuriques. Dans les chambres paeumatiques,
Kronecker avait vu se reproduire ces phénomènes quand l'air était
raréfié. Déjà, également, Dastre indiquait la diminution de l’excrétion de l'urée,pendant l'asphyxie par défaut d'oxygène; il apparaissait du sucre dans les urines ; c'était une véritable hyperglycémie,
Les travaux de Guillemard et Moog sur l'influence des hautes altitudes et les variations de la nutrition générale à ces niveaux, ont permis de mettre au point ces questions. Les auteurs ont effectué de nombreux examens d'urine pendant un séjour sur le sommet du Mont-Blanc. Ils ont constaté d'abord une diminution considérable de volume pendant les deux premiers jours. Déjà Bauffroy, Rohrdorf, Lepileur, Martens, Lortet avaient trouvé, aux grandes altitudes, les urines rares et foncées. Cependant le liquide est absorbé, en excès, et le froid a diminué l'évaporation cutanée. Il doit donc y avoir.soit une exagération de l'exhalaison pulmonaire, que favorisent la sécheresse de l'air, la faible pression, le développement de la ventilation pulmonaire, soit encore une rétention d'eau dans l'organisme.
Au bout de cinq jours, le volume de l'urine augmente, indiquant cette rétention d’eau antérieure, et, le neuvième jour, l’élimination est régularisée. Mais le résidu fixe ne subit pas de modifications parallèles ; il y a diminution de la densité de l'urine et décharge d’eau. On se trouve dans les mêmes conditions que pendant les maladies infectieuses ; dans la période d'état, les urines sont rares et foncées : au moment de la défervescence, il survient une crise urinaire.
En étudiant successivement les divers éléments de l'urine, Guillemard et Moog arrivent aux résultats suivants :
Le résidu fixe de l'urine diminue considérablement dès le troisiéme jour, puis il y a retour à la normale et même excès de résidu vers le septième jour. La rétention chlorurée est tout particulièrement nette. Ce fait a une grosse importance pour le traitement du
mal en ballon.
NÉ M RE Re EE ET ET
L'azote total est diminué dans l'urine. Il est retenu par l’organisme sous forme de déchets azotés, par suite de l'insuffisance passagère du filtre rénal. L'urée diminue considérablement. I y a à la fois rétention et ralentissement dans sa production. Au contraire, il se forme dans l’organisme de nombreux matériaux azotés incomplètement oxydés, parmi lesquels figurent les alcaloïdes. Durant les huit premiers jours, leur quantité est supérieure à la normale, et leur maximum correspond à la crise de diurèse. Quant à l'acide urique, sa quantité absolue ne varie pas.
Les phosphates et les sulfates diminuent notablement au début, par défaut d'élimination.
Enfin la eryoscopie montre un ralentissement de la filtration par stase du sang dans les vaisseaux. Cette stase est due, soit à la diminution de la pression sanguine et au ralentissement de la circulation générale, soit à la vaso-construction des artérioles du rein sous l'influence de toxines. I] y a diminution de trois coefficients :
AIN SNS VI A
TP : “pa et S Ces examens d'urine montrent que, pendant les ascensions, le filtre rénal perd une partie de sa perméabilité, sous l’action probable d’une vaso-constriction rénale d’origine toxique. Parmi les alcaloïdes observés à ce moment, il en est en effet qui sont très
toxiques. Il faut tenir compte de ces faits lorsqu'on veut établir
la pathogénie du mal des altitudes. La plupart de ses symptômes
‘ sont ceux d’une urémie plus ou moins intense. Il s’ajoute, dans
le cas de mal des montagnes, des facteurs secondaires : la fatigue musculaire, l’insuffisance cardiaque par exemple. Mais en dehors de ces éléments d’aggravation on retrouve les symptômes principaux : asthénie, anoréxie, céphalée.
Lorsqu'on monte dans un funiculaire, ce qui fait disparaître presque entièrement l'effort musculaire, il y a encore accroisse-
ment de la toxicité urinaire et diminution de la diurèse. Mais on ne retrouve plus ici les crises aiguës du maäl des montagnes. Cependant, là encore, on doit ie de sérieux accidents d’urémie chez les sujets dont la fonction d'élimination ou la perméabilité rénale sont amoindries, comme chez ceux dont le cœur est défectueux.
Quant aux ascensions en ballon, elles permettent d'atteindre sans accident des altitudes beaucoup plus élevées parce que, en dehors même de l’élément fatigue qui fait ici complètement défaut, la montée est très rapide, et l’emmagasinement des toxines n'a pas le temps de se faire.
Ces diverses expériences ont permis à Guillemard et Moog de conclure de la façon suivante :
« 1° L’anoxyhémie due au séjour dans l'air raréfié des hautes altitudes détermine une diminution légère des combustions intraorganiques, qui se traduit par la formation d’une quantité anormale d’alcaloïdes toxiques. Par contre, l’acide urique ne su-| bit pas de variations. |
« 29 Ces substances réagissent sur le rein en provoquant une diminution passagère de la diurèse caractérisée par une rétention d’eau et de matériaux azotés et salins.
« 3° De cette rétention résulte une auto-intoxication dont Îles symptômes constituent le mal des altitudes. Toutes les causes susceptibles d'augmenter l'élaboration de toxines où d’entraver leur élimination (fatigue musculaire, insuffisance cardiaque, rénale ou hépatique) hâtent l'apparition des symptômes et en augmentent l'intensité. En dehors de ces facteurs d'aggravation, le séjour à une altitude supérieure à 4 000 mètres provoque un ensemble de symptômes qui constituent le mal des altitudes subaigu.
Soubies 12
«4° L'économie réagit contre l’intoxication par une décharge “urinaire comparable à la crise des maladies infectieuses.
« 5° Les sujets dont les fonctions d'élimination présentent une tare même légère, ne peuvent, sans risquer de sérieux accidents d'urémie, effectuer un séjour même de courte durée aux grandes altitudes. »
Ces derniers travaux, et l’examen des théories que nous avons précédemment analysées, nous permettent de conclure à la complexité de la pathogénie du mal en ballon. De nombreux facteurs interviennent pour produire cet accident : les principaux sont d'abord l’anoxyhémie, puis l’acapnie, enfin le défaut de pression. Mais la façon dont l'organisme est altéré est également nécessaire à déterminer. Et nous devons alors faire remarquer le rôle important qui doit être rapporté aux modifications profondes de la secrétion urinaire. [1 y a, dans le mal en ballon, une série d’accidents qui relèvent de l’intoxication du rein, du ralentissement de ses fonctions.
Quelle que soit la part respective attribuable à chacun de ces facteurs, nous nous inspirerons des indications que nous fournissent ces différentes théories pour instituer une hygiène des altitudes et un traitement du mal en ballon.
4 Traitement.
Nous avons indiqué, dans ses grandes lignes, le traitement préventif et curatif du mal en ballon. Il consiste avant tout dans les inhalations d'oxygène pur. Déjà Paul Bert avait montré la possibilité de compenser la réréfaction de l'air par une plus grande proportion d'oxygène. Convaineu de l'exactitude de ses recherches, il avait remis aux trois voyageurs du Zénith des bal-
lonnets d'oxygène qui les auraient sauvés s’ils avaient commencé leurs inhalations avant de se sentir saisis par le froid, et empéchés ainsi d'approcher les pipettes de leurs lèvres.
L'emploi de l'oxygène pur est à présent courant, et chaque fois que les aéronautes se proposent de faire un voyage d'altitude, ils se munissent de tubes contenant de l'oxygène comprimé. Ces tubes sont en communication avec des ballons en caoutchouc servant de gazomètres, et auxquels s’adapte un tube terminé par une sucette de verre. Il suffit ensuite de régler le débit du compresseur et d’inspirer l'oxygène pour éviter les symptômes du mal en ballon.
Ces accidents n'apparaissent qu'entre 5.500 et 6.000 mètres. Mais il est prudent de commencer les inhalations à une altitude inférieure. Hénocque propose deux zones, la première de 0 à 4.000 ou 5.000 mètres, dans laquelle l'aspiration d'oxygène est inutile ; la seconde, qui nécessite des inhalations continues.
Il est facile, en examinant les livres de bord, de contrôler les bous effets de l'oxygène.
Voici les observations rédigées par les concurrents pendant le concours d'altitude du 23 septembre 1900,
M. Balsan atteint l'altitude maxima de 8.417 mètres (record français) avec une pression minima de 268 millimètres 4.
Le départ s'effectue à 1 h. 50 du soir. « 4 h. 10 : Godard se trouve mal pendant deux ou trois minutes; je double sa ration d'oxygène ; il se remet. Notre moustache estremplie de glace. — 4 h. 20 : Je me suis trouvé mal durant deux ou trois minutes, j'ai compté mes pulsations, 86 à la minute ; ma faiblesse peut se traduire ainsi: un dégommage, je n’ai plus la force de porter mon tube d'oxygène à mes lèvres, et celui que j'avais précédemment aux lèvres est vidé. Je crois que si j'avais pu respirer sans interruption de l'oxygène, ma faiblesse n’eût pas été aussi accen-
tuée. Je reprends ma faiblesse, dégommage général, sans souffrance, mais avec un vide complet au cerveau, et un quasi-silence du cœur, en somme un engourdissement général auquel le grand froid et le gaz que nous respirons n'étaient peut-être pas étrangers. » 2
M. Juchmès s’éleva à 6.867 mètres. Pression minima, 330 millimètres 8.
« 3.000 mètres : Herbster nous bouche les oreilles avec des tampons d’amadou imbibés de collodion : excellente mesure. — 5.200 mètres. Depuis 3.800 mètres, j'ai conservé à la bouche la sucette d'oxygène, mais le ballon réservoir rend trop peu, nous nous branchons directement au compresseur qui, une fois réglé, au débit suffisant, fonctionne très bien. — 6.000 mètres : Jusqu à présent, nous sommes en parfait état; M. Herbster qui a abandonné sa sucette pour se consacrer entièrement au jet lent du lest, se sent légèrement incommodé. Il reprend de l'oxygène en rendant le débit assez vif, et se trouve de suite d'attaque pour la lutte avecle Saint-Louis qui arrive à notre hauteur. Je suis obligé d'abandonner ma sucette pour réchauffer de mon souffle le verre qui recouvre le baromètre anéroïde, lequel se couvrait de brouillard; pendant cette opération, Herbster m'imbibe les tempes d'alcool jusqu'à ce que je puisse reprendre ma sucette et j'évite ainsi tout malaise. »
M. de la Vaulx monte jusqu'à 6.820 mètres, correspondant à la pression minima de 333 millimètres 2.
«4.000 mètres : Je commence à respirer de l'oxygène bien que je n’en aie encore aucun besoin.
«4.509 mètres : Maison va très bien et ne veut pas encore respirer de l'oxygène.
« 5.000 mètres : Maison ne veut pas encore commencer à s’en servir. Il n’éprouve aucun malaise, moi non plus d'ailleurs, mais
je trouve plus raisonnable l'emploi préventif de ce gaz vivifiant.
«5.100 mètres: Maison ayant nne légère faiblesse dans les jambes se décide à respirer un peu d'oxygène, il est de suite rétabli et continue la manœuvre des sacs de lest.
« 6.000 mètres : Je ne sens aucun malaise ; je donne l’ordre à Maison de jeter un sac de lest, les forces lui manquent, il lâche le sac par-dessus bord et retombe sans connaissance au fond de la nacelle. Je lui enfonce immédiatement la tétine du tube d’oxygène au fond de la bouche ; il était temps ! Quelques secondes après il ouvre les yeux ; bientôt il est complétement ragaillardi, mais 1l se garde bien de lâcher son tube d’oxygène ; il a raison.
« 6.800 mètres. Nous sommes tous deux très dispos. »
Ces très intéressantes observations nous permettent de vérifier ce fait, que les symptômes du mal en ballon commencent vers 6.000 mètres seulement, qu'ils sont arrêtés par les inhalations d'oxygène, mais que l'on ne peut interrompre un seul instant celles-ci, sans risquer de perdre connaissance. Les mêmes accidents se sont produits pendant l'ascension de Berson et de Züring, quand ces deux savants établirent, le 31 juillet 1901, le record du monde pour l'altitude par 10.500 mètres. Dès qu'ils cessaient leurs inhalations, les palpitations augmentaient, ils trébuchaieut pour ne se remettre qu'avec de l'oxygène. D'ailleurs Züring reconnaît qu’il était à la fin dans un véritable état de paralysie ; il ne pouvait faire le moindre mouvement, il fallait toute son énergie pour ne pas céder au sommeil, il lui devenait impossible d'écrire et de lire.De son côté Berson constate cette impression si spéciale de bien-être : « A 9.150 mètres, je me sens singulièrement bien, beaucoup mieux qu'auparavant. »
Ces observations indiquent qu’en dépit des inhalations d’oxygène pur, il existe une limite que l'on ne saurait dépasser sans courir de grands dangers. Suivant P. Etienne, la vie cesse quand
RTE RE MER LR 2 1
la pression propre à l'oxygène est inférieure à 3 centimètres de Hg dans l'air inspiré par les poumons, c'est-à-dire avec une pression atmosphérique de 4170 millimètres de Hg, soit encore 11.000 à 12.000 mètres. Telle est la limite des hautes excursions aérostatiques, même avec des inhalations d'oxygène.
On ne pourrait s’élever davantage qu'en s'enfermant dans un appareil au sein duquel on comprimerait de l'air, au besoin suroxygéné.
Ainsi l'air comprimé et suroxygéné permettrait sans doute de dépasser l'altitude déjà considérable de 12.000 mètres. Mais peut-être aussi pourrait-on reprendre la théorie de Mosso et d'Aggazzoti, et mélanger l'oxygène avec l'acide carbonique. Si les inhalations d'oxygène pur ont fourni la possibilité de dépasser 16.000 mètres, elles n’ont pu empêcher l'apparition de certains symptômes, la fatigue, l’inertie que signale Züring. Or Aggazzotti s’est soumis à l'énorme dépression correspondant à 14.582 mètres sans avoir aucun accident, grâce à son mélange d'oxygène et d'acide carbonique. Il serait intéressant de répéter ces expériences dans une ascension à de grandes altitudes, et d'utiliser un mélange contenant 15 pour 100 d'acide carbonique, 83 pour 100 d'oxygène.
Nous signalerons également l'influence du froid, la nécessité par conséquent de se bien défendre contre l’action de la température ambiante, et les méthodes indiquées par Kronecker pour atténuer les troubles du mal en ballon par l'excitation mécanique et les excitations périphériques de la peau provoquant des contractions nerveuses réflexes, pour arriver enfin à la théorie de l'urémie. Pendant les ascensions aux grandes altitudes, il se forme des alcaloïdes toxiques dans la circulation : l’excrétion rénale est diminuée, on observe en particulier de la rétention chlorurée. Peut-être la constatation de cette rétention doit-elle
servir d'indication pour le traitement du mal en ballon. Si le filtre rénal fonctionne mal, peut-on à remédier ainsi qu'on le fait dans les néphrites, en modifiant l'alimentation ? Nous pouvons donner dès maintenant, à titre d'indication, ce conseil aux aéronautes qui se disposent à franchir l'altitude dangereuse, de se préparer pendant une journée à ce voyage en suivant un régime déchloruré,au besoin même exclusivement lacté. Pendant l’ascension même il serait bon de se limiter à des boissons diurétiques : Eau de Vittel, de Contrexéville ou d'Evian, et d’écarter l'alcool sous toutes ses formes.