III.— L'ODORAT ET LE GOUT
Nous avons déjà indiqué, à propos de la tension auriculaire, le défaut d'équilibre que produisait dans l'oreille moyenne le mauvais fonctionnement de la trompe d'Eustache. Les végétations adénoïdes, le catarrhe hypertrophiant de la muqueuse nasale sont parmi les principales causes de cette obturation tubaire, et expliquent, notamment dans les descentes rapides, cette impression de plénitude auriculaire et cette surdité qui peuvent persister quelque temps.
Le D' Cousteau a publié dans l'Aérophile, une remarque sur la perméabilité nasale au cours des rhinites congestives. Les personnes atteintes de cette affection sont plus gênées quand l'air est humide. La muqueuse nasale paraît donc hygrométrique, et se gonfle sous l’action de l’humidité.
Dans le ballon Ariel, le Dr Cousteau, accompagné de M. Janets, pilote, a observé l’augmentation de volume de la muqueuse nasale à mesure que l'altitude devenait plus élevée, et l’obstruction d’abord unilatérale puis bilatérale des fosses nasales.
Au contraire, pendant la descente, cette obstruction diminue quelques centaines de mètres avant d'atteindre le sol et disparait à l'atterrissage. L'obstruction nasale augmente donc à mesure que l’on s'élève. Il résulte de ces faits que cette obstruction tient moins à l’état hygrométrique de l'air qu’à la diminution de pression. Il est vrai qu’à terre, la descente de la colonne de mercure barométrique coïncide généralement avec la pluie, C’est pourquoi
l'on admettait jusqu'ici l'influence prépondérante de l'humidité sur l'état de la perméabilité nasale. 11 faut rapporter ce rôle à la dépression.
Nous n'avons pu, en ce qui concerne l’odorat, constater de modifications qualitatives et quantitatives pendant les ascensions en ballon. I] en est de même du goût.