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CHAPITRE II

Si l’on examine le sang normal recueilli à la pression de 160 millimètres, on constate que les éléments figurés s’y présentent toujours dans les mêmes proportions. Leur numération s'effectue très exactement grâce au perfectionnement de la technique, et l’on arrive à des chiffres analogues qui peuvent encore varier suivant les auteurs, mais dans des limites trop étroites pour modifier les résultats.

En étudiant les statistiques des principaux hématologues, on constate que le nombre des globules rouges varie généralement entre 4.310.000 globules rouges par millimètre cube, chiffre de Malassez, et 5.500.000, nombre auquel est arrivé Hayem. Ces chiffres doivent être groupés suivant l’âge et le sexe, suivant aussi la méthode employée, et l’on obtient ainsi une moyenne de 5 millions de globules rouges chez l'homme, et de 4.500.000 globules rouges chez la femme.

Ces éléments varient très peu, en dépit du renouvellement constant du sang. Il y a, sans cesse, destruction des globules rouges liée à la réparation qui s'effectue dans les organes hématopoïétiques. Les globules rouges naissent, chez l'adulte, dans la moelle des os. On y trouve des éléments chargés d’hé-

moglobine avec un noyau, les globules rouges nucléés, réunis

en petits amas. Le noyau va au bord du globule, fait saillie et disparait pour faire place au globule adulte. La présence,dans le sang, de globules nucléés, est l'indice d’une production très rapide et très abondante de globules. Ce sont ces globules nucléés que certains auteurs ont observés dans les ascensions en ballon.

Les globules rouges sont formés d’un stroma protoplasmique et contiennent de l'hémoglobine, substance rougeâtre, d'une constitution très complexe avec, surtout, du soufre et du fer, et qui peut être considérée comme un véritable ferment oxydant. Sa quantité s’apprécie par les procédés ferrométriques,chromatiques ou spectraux. On constate ainsi que la quantité d’hémoglobine varie suivant l’état du sang. On admet également que l’hémoglobine présente deux états : hémoglobine jeune et hémoglobine achevée, ayant la même quantité de fer, mais une valeur chromométrique différente.

La quantité normale de l'hémoglobine est, chez l'homme, de 43 à 14 pour 100, chez la femme, de 12 à 143 pour 100. Une proportion élevée d'hémoglobine jeune indique que le sang est en voie de réparation. Gette recherche est donc importante dans l'étude de l'hyperglobulie des aéronautes.

À côté des globules rouges, le sang contient des globules blancs, leucocytes, qui existent dans des proportions définies. On trouve 6,000 ieucocytes environ par millimètre cube, soit 4 leucocyte pour 600 à 800 globules rouges. Les leucocytes à leur tour comprennent plusieurs groupes. Pour 100 leucocytes, il y a normalement 62 à 66 polynucléaires, 30 à 34 mononucléaires, 2 à 4 lymphocytes, 1 à 2 éosinophiles, 0,5 masyzellen. Ce rapport variera peu avec l'altitude.

Le plasma sanguin peut se modifier à son tour, et l'augmenta-

tion du nombre des éléments figurés est tantôt absolue, tantôt en

rapport avec les variations de volume du liquide. Il y a, suivant les cas, hyperglobulie vraie bo relative. La concentration ou la dilution du plasma ne s'effectue pas également en tous points, et de ce fait découleront les irrigularités de composition du sang observées dans les ascensions à de grandes hauteurs.

Enfin, la composition du sang diffère suivant les vaisseaux. Malassez à montré que le sang artériel et le sang veineux variaient chez un même animal, et au même instant. Ayant pris sur deux lapins du sang de la carotide et d’une veine de l'oreille,

il a obtenu les résultats suivants :

s Lapin A Lapin B Sans anteriel 10, 4,700 ,000 3,000,000 BAR VENEUX ue 0, 4 4,900,000 5,800,000

L'écart entre ces chiffres est très sensible. Il ne tient pas au calibre des vaisseaux. Dans toutes les parties du système artériel, la répartition des globules est la même. Pour le sang veineux, au contraire, il y a des diflérences relativement énormes. Au niveau de la peau, le sang est plus riche en globules que dans les grosses veines et dans les artères. Dans la veine rénale, Malassez a constaté également une augmentation du nombre des hématies. Cela tient à la perte de liquide, sueur ou urine, qui concentre le sang. Cette concentration est en raison inverse de la quantité de sang passant à travers les capillaires. Dans une glande en activité, l'augmentation globulaire est ainsi moins grande que dans une glande à l'état de repos. Dans tous ces cas, l'on observe une hyperglobulie relative, liée uniquement à la concentration du

plasma, et sans rapport avec la néoformation d'éléments figurés.

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