‹ Physiologie de l'harmonieChapitre 12 sur 30 · TZ · texte numérisé non relu

TZ

ISZfZSIZ

Ici plus d'inconvénients, car la sensible de retour introduite marche sur la tonique de l'accord de résolution, et forme avec le l^»' degré de la triade de départ un intervalle de quarte augmentée, ou quinte diminuée.

Que l'élève transpose ces exemples dans différents tons.

Intervalle de sixte augmentée simple et composé.

La sixte augmentée touche à l'octave par ses deux extrémités et n'est autre qu'une sixte majeure dans laquelle la tierce harmonique placée à l'aigu a été haussée d'un demiton, tranformée de la sorte en une nouvelle tierce harmonique contiguë à l'octave de la résolution de la basse. De cette façon, notre sixte majeure ainsi agrandie et des deux côtés tangente à la consonance parfaite d'octave, y tend naturellement de toutes ses forces par la résolution logique de ses deux notes constitutives : la tierce harmonique surélevée du sommet montant d'un demi-ton et la tonale sensible de la basse, descendant comme telle d'un demi-ton sur la tierce de sa D., ce qui nous donnera une octave de résolution ayant à sa base une tierce sensible et au sommet une tonale sensible (^qu'on s'en rende bien compte) ainsi :

3+iJ 8 (tonale)

3 + de ré

Au renversement, lequel ne peut se faire qu'en dehors de l'octave, afin d'éviter l'intervalle de tierce diminuée, l'équi-

valent enharinoiiique (dans notre système tempéré du moins) d'une seconde majeure, nous aurons la dixième diminuée (+0). Nous l'obtiendrons en faisant nionler la tonale st*ns)bl<» placée à l'aigu, d'un demi-ton, à la fa(.on d'une tierce, tandis que la tierce de la basse descendra d'un demi-ton, à la façon d'une tonale, comprenant qu'il n'est pas question ici de modulation, niais d'une simple transposition de parties, c't'st-à-dire d'un nMiversement dans lequel une des parties est transposée à l'octave dans le but d'éviter un rapprochement équivoque. Une fois dans la 1(K diminuée, rien de plus simple de revenir à l'octave de résolution, en faisant marcher les notes extrêmes, cette fois modulantes, selon leur rù\e pliysiolof^ique : la tierce augmentée de la basse montant <riiii dciiii-loii, et la 1(>'" diminuée descendant d'un demi-ton. Remarquons que le fait du renversement nous donnera pour l'octave de résolution de la +0 une disposition inverse à celle de l'octave de résolution de la sixte augmentée, c'està-dire que la seconde octave aur-a à sa base la note tonale, et à l'aigu la tierce sensible. Voici l'illustration de tout ce qui précède, nous présentant la sixte augmentée sous son véritable aspect physiologique.

Kx. r,:.

Les bari'e> indiipienl le croisenienl des pai'lies, et les lignes pointillées aident à saisir le changement physiologique de la deuxième* octave (/>).

Intervalle composé de sixte augmentée.

Ajoutons à la sixie niajeui-e la l'oiid. de i;i liei'C<' harmonique du .*<ommet, la laissant en place en contact avec la tierce auguient«''e pnui* la faire (h^scendre .ipi-ès coup sur la

tierce de D. selon son rôle logique et nous aurons la combinaison suivante : ^^ .^ ^ , ^, ^6

Si ;] c.-à-d.

Cette combinaison de la sixte augmentée avec la 3+ de sa base (D.) renferme la quarte augmentée {si, miji) et offre par ce privilège la cadence la plus énergique qui soit, comme nous le verrons tout à l'heure, pour moduler au 3^ degré mineur, c'est-à-dire dans le ton mineur représenté par cette tierce même. C'est précisément ce qui octroyé à cette tierce sensible, destinée à devenir la base de l'accord mineur mixte où l'on tend, la faculté de descendre d'un demi-ton à la manière d'une tonale sensible, afin de l'aborder de nouveau ainsi qu'on aborde une tonique majeure par mouvement ascendant d'un demi-ton. (Gela correspond à l'altération du 7'' degré de la gamme mineure que nous avons suffisamment commentée). Du reste, il s'agit ici avant tout, concernant notre tierce tonale, de la modulation d'un accord mineur au 5e degré majeur avec retour au 1^' degré mineur (voir page 79 ex. 54 et page 80 ex. 57).

L'exemple suivant va dissiper tout doute à ce sujet. Don-

6 *^ nons à l'accord de 34! sa résolution naturelle suivie de l'accord mineur du 3^ degré auquel il tend.

Ex. 68.

Qu'avons-nous en b) et o si non :

Kx. 69.

moins la tonale centrale ré, allant à c/o J. Comparons, analysons et nous comprendrons.

A 4 parties, rien n'empêche d'avoir en h) la Fond. (D ) cent, de l'accord mineur, marchant logiquement à la tierce de sa D. Ainsi :

011 inu'ux

Ex. 70.

L'accord do tierce majeure et sixte augmentée constitue donc la cadence la plus irrésistible qui soit, vu qu'elle renferme la quarte augmentée tangente à la sixte, elle-même étant tangente à l'octave. Par son moyen on atteint simultanément la consonance parfaite d'octave et celle de sixte mineure. Toutefois, pour être plus énergique que tout autre, elle n'est point définitive, puisqu'elle appelle de par sa constitution physiologique, l'accord du III"' degré mineur dont on prend possession au moyen de l'accord de septième de Dom. du mode mineur, dilTérent en dépit des apparences de celui du mode majeur. Nous Tai^prendrons plus loin.

Remarque. — Ceux d'entre nos lecteurs cpii n'ont i>as fait de cours d'harmonie, feront bien, avant de méditer les considérations qui terminent ce chapitre, d'entreprendre avec moi p. lOi rétude rationnelle de l'accord de septième diminuée.

Les pages qui suivent y j^'agneront beaucoup en clarté, car pour h' novice, elle sont un peu anticipées.

On m'excusera, dans l'impossibilité de scinder en deux parties l'étude de cet important intervalle, de n'avoir pu les renvoyer à plus tard.

Remarquons (jnc la 4+ combinée avec la 0+ est composée de deux tierces sensibles, l'inférieure n'empruntant le nMe (Tune tonale sensible que par le fait qu'elle se trouve être la base de l'accord mineur où l'on module. Kn complétant cet

accord de la quinte de la Fond, ainsi que nous l'avons fait

•dans l'exemple 70, nous obtenons un accord de o .

La quarte se trouve ainsi combinée avec la quinte de Fond., ce qui constitue un renversement de l'accord de septième diminuée, privé de sa tierce, laquelle serait incompatible avec la nature de cet accord, vu qu'elle formerait avec la base un intervalle d'unisson ou d'octave augmentée. Dans l'exemple 70, cette tierce serait iol%,

6 if

Renversons l'accord de - r, et nous obtiendrons un inter-

+ 0 valle composé de — , c'est-à-dire de quinte diminuée et 10«

diminuée. La première proviendra du renversement au grave de la quarte augmentée, et la seconde du renversement avec croisement des parties de la sixte augmentée.

La quinte diminuée aura à son sommet la tierce tonale et se résoudra sur l'intervalle de tierce majeure. La +0 diminuée marchera, comme on l'a vu, sur l'octave.

Si nous prenons maintenant le renversement de l'accord

o il nous donnera le groupement unique en son genre de 3+

quinte, septième et dixième diminuées. (,^, ? et +0).

j ' ^J Si

Ex. 7-2. -

Nuus aurions pu passer directement du U'^ au 3^ accord et n'avons usité du retard que pour éviter les deux quintes chromatiques parallèles qui en seraient résultées. Ces quinteslà du reste, de véritables quintes sensibles de par la nature des notes qui les composent, sont infiniment moins dures que celles constituées par des tonales, et se suivant par ton entier.

Elles sont donc admissibles, atténuées qu'elles sont encore par le mouvement contraire chromatique sur l'octave, formant le cadre de l'accord de résolution. Je ne vois donc pas ^^rand inconvénient à faire cela :

La marche des parties est de tous points lojziquo.

Enfin, il y a encore une autre fa<;on de combiner l'inteivalle composé de 6Ï, en donnant à la tierce augmentée une Fond, réelle, ce qui exclut naturellement celle de la tierce non altérée. La tierce de la basse subsiste, et cette combinaison-là rappelle le 2'^ renversement d'un accord de septième de 7'^ degré en majeur avec sixte altérée, ce qui a autorisé plusieurs théoriciens à lui donner ce dernier accord comme origine. Voici :

Kx. ::{.

Si nous considérons cet exemple, nous verrons qu'on peut <lifficiloment maintenir cette Fond, y^lo^ au i*enversement à

cause de la trop grande dissonance qui en résulte. En effets la +0 équivalant à une 9® majeure, entendue concurremment avec la seconde majeure centrale (si, doj^), produit un effet des plus choquants (voir 6). Il est à peine tolérable en a dans l'accord Fond., à cause des deux quartes augmentées qu'il produit dans un seul et même groupement (soZ-c?oJ( et si-, mi^) transformées au renversement en deux S : (mijj si et doij-sol). Deux intervalles semblables ne sauraient exister dans un seul et même accord sans donner lieu à d'insupportables dissonances, j'entends des intervalles altérés, c'est pourquoi nous nous opposons à cette dernière manière de combiner la sixte augmentée, sauf dans le cas où le compositeur désire éveiller chez l'auditeur la sensation de sentiments heurtés et tragiques. Mieux vaut donc s'en tenir à l'intervalle composé de 3 +, 5 et 6 augmentée que l'on peut considérer aussi comme le premier renversement de l'accord de septième de 2°, 3^ ou 6® degré avec sixte altérée. Ainsi :

I III 1er renv.

Toutefois sa véritable raison d'être physiologique est celle que j'ai indiquée, basée sur son essence même, et nous le représentant tel qu'il est en lui-même.

Nous avons vu, dans notre étude de la quinte augmentée, de quelle façon on peut la combiner avec la sixte augmentée et nous nous dispensons d'y revenir.

Nous allons entreprendre maintenant l'étude approfondie des intervalles simples et composés de septième des différents degrés de la gamme, dans le but d'en faire connaître la vraie nature et de démontrer comment notre loi unique préside à toutes leurs cadences, toujours immuable et invariable.

Page 1