‹ Physiologie de l'harmonieChapitre 24 sur 30 · VII III VI · texte numérisé non relu

VII III VI

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Nous le voyons, la maiclie des |)arlies est toujoui's la iiiênic où qu'elles se trouvent, selon la nature de l'intervalle composé à traiter, toujours clairement indiquée par notre chiffrage physiologique. L'élève doit s'e.xercer lui-même à former dans n'importe quel ton des groupements d'intervalles semblables à ceux de notre tableau général. Il lui suffira de peîi.ser à tel ou tel accord de Sept, fondamental, et mettant la Basse où il lui conviendra, placer les autres parties en dessus ou en dessous, à .^a guise, pourvu que l'intervalle de Septième ne soit jamais dépassé entre deux voix voisines. Il remarquera la noto de laisse, et, se souvenant de l'accord

fondamental qu'il a voulu traiter, chiffrera et fera marcher les parties selon le cas, sans s'inquiéter de leur place. Supposons l'intervalle composé de Sept, de 2^ degré en Si\i: do, mi\z^ sol, si k (la Sept, de cet accord est toujours le 1^'' degré) nous le poserons ainsi au hasard :

soit

rm^

Nous chiffrerons selon notre procédé logique, et marcherons à la Tonique, comme nous l'avons appris p. 131, exemple 114.

Ainsi :

VÏÏ

Ex. 139. ^ ~~'

Retard du 3e renversement de +7 résolu sur la tierce de Tonique.

Etablissons maintenant le chiffrage de l'intervalle composé de sixte augmentée que nous ferons rentrer également dans le tableau XII.

Nous souvenant (voir p. 95 ) qu'il n'est en réalité que le 1^'' renvers. d'un accord de Sept, de 2^, 3^ ou 6^ degré de la gamme dont la sixte, toujours une tierce harmonique, a été surélevée d'un demi-ton; assez souvent aussi, le 2^ renvers. de l'accord de Sept, de 7^ degré, avec sixte également haussée chromatiquement (ici toujours tierce de Tonique) : Nous chiffrerons le premier de ces deux intervalles composés de

+ 6 sixte augmentée par + 6, et le deuxième par -— vu qu'il

renferme à la fois ces deux intervalles augmentés.

Le premier des deux : celui de 3+, 5 et 6< ou 6Q, suivant l'armure à la clef, que nous chiffrons simplement par+0, sera d'aspect identique au \^^ renvers. de notre accord fou-

damenlal type du tableau XU (p. 148) avec tierce abaissée naturellement puisqu'il s'agit d'un accord de Sept, de 2**, 3® ou 6« degré.

Cette tierce abaissée d'un-demi ton, c'est-à-dire transformée en tonale, devient la Basse de ce l®"^ renversement dont nous élèverons chromatiquement la sixte pour obtenir l'intervalle composé dont nous nous occupons. Une fois l'accord type constitué comme nous venons de l'indiquer, d'aspect tout à fait semblable (à part les deux accidents introduits) au 1*' renvers. de l'accord de +7, nous aurons, aux renversements des trois parties supérieures dans les positions serrée et large, la Basse étant maintenue à sa place, exactement les mêmes groupements d'intervalles que ceux du i^*" renversement de notn' tableau général, et les parties constituantes, où qu'elles se tronvcnl, suivront loujours une marche identique à celle indiquée p. 93. L'exemple suivant nous le fera voir ; que l'on compare.

Pose serrée.

Pose lar^-p.

Kx. 140 ÏII

ife

Ainsi : identité absolue d'as|»ect dans les deux séries. Résolvons deux de ces groupements de +6, selon les principes exposés au chapitre spécial consacré à l'intervalle de +(), et nous verrons que les parties constituantes suivent partout la marche qui leur est propre.

Ainsi :

+«•) r. :i+ etc. //) +6^ — ^4' — ^3f

Ex. l'.l.

Au renvers. que nous chiffrerons par ^ ou +0, suivant que la Basse et la sixte augmentée se trouvent rapprochées à distance de tierce diminuée ou séparées par une dixième diminuée, le croisement à l'octave, très favorable toujours, ayant eu lieu, nous aurons un intervalle composé d'aspect identique à l'accord fond, type, dont la tierce aura été abaissée d'un demi ton, et la Basse, la tierce harmonique qui formait la sixte dans l'interv. non renversé, surélevée d'un-demi ton. Tout ce que nous avons dit des aspects et formes que peut revêtir l'accord de + 6 type, ainsi que de la marche des parties, s'applique intégralement à l'intervalle composé de + 0 ; que l'on s'en convainque :

Ex. 142. +7

etc.

etc.

Nous résoudrons les deux derniers:

Ex. 143. F

En h) au signe r?f, nous n'avons retardé que la tierce. Nous aurions pu tout aussi bien ne retarder que la quinte, faisant descendre le ré sur cfojf au 3« temps.

Passons maintenant à l'accord de -— r compose d une tierce

majeure avec quarte et sixte augmentées, non sans les inconvénients cités p. 95. Cet interv. composé, d'un caractère sinistre, représente le 2® renversement de l'accord fondamental type, transformé en son équivalent d'aspect de l"" degré. On l'obtiendra du coup en abaissant d'un demi ton la

Basse du ^^roupenient correspondant dans le 2<' renversement de notre tableau général dont il revêtira toutes les formes et aspects, Taltération étant naturellement partout maintenue, et les parties constituantes suivant constamment la marche indiquée p. 95) avec ou sans retard). Ainsi :

etc.

donneront ~JL- ^

Au ivuvers. que nous chiflrerons naturellement par —

ou — suivant le cas, nous obtiendrons de nouveau un inlcr-

valle composé de quinte et sixte, équivalent d'aspect du !•'' l'envers, du tableau Nil. La tierce de Ton4que surélevée se trouve à la Basse i^sixte de l'accord non renversé) et rien ne sera plus aisé que d'en constituer les difTérents aspects comme nous l'avons fait pour les accords précédents de la même famille, après avoir abaissé d'un demi-ton la note formant avec la Basse un intervalle de tierce ou de dixième.

Ainsi :

Puisque dans l'intervalle composé de +6 ou —— on a tou-

jours la Basse au j^rave, et dans N» renversement : la sixte augmentée, il sera toujours aisé de retrouver les autres parties et de Iciii- donner la marche qui leur convient.

Bien n'empêche dans la composition musicale de consli-

tuer les trois renversements avec leurs différents aspects des groupements dont nous venons d'expliquer le chiffrage physiologique et la manière de les former; toutefois, ces renvers. n'apporteront pas des sonorités nouvelles, atténuant plutôt celles des deux formes souches. Nous les chiffrerons à l'instar des accords de Sept, avec un chiffre romain en dessous, indice quant la note de Basse. Ainsi : -— (tierce à la Basse).

L'accord de quinte augmentée se chiffrera naturellement

ainsi: +5. Le 1<^'' renversement sera figuré par -— et le se-

cond par — .

Combiné avec la sixte augmentée (voir p. 87) on l'indiquera par — ;;. Il représente un groupement de 2, +4 et +6 + 6

{3*" renvers. dont il pourra prendre ceux des aspects qui ne sont pas trop dissonants).

Le chiffre 2+ ou 2—, etc. représentera une simple seconde majeure ou mineure ; 3+ ou 3— une simple tierce majeure ou mineure.

L'accord parfait majeur sera figuré par 1 +.

» » mineur » » 1 — et leurs renv.

selon la méthode usuelle 6, — .

Enfin, tout groupement incomplet ou irrégulier, ne se trouvant pas dans les combinaisons étudiées, sera chiffré confor-

-f-4 ' mément aux intervalles qu'il renferme. Ainsi : , +4. (+4

signifie quarte augmentée.)

Je vais terminer ce chapitre en faisant voir de quelle façon simple et naturelle on peut harmoniser n'importe quelle mélodie, alors que Ton a bien compris le rôle physiologique des degrés de la gamme dans quelque combinaison qu'ils se trouvent. Rappelons les faits suivants, inséparables de tout mouvement mélodique, et qui découlent des principes naturels et logiques démontres dans cet ouvrage.

En mélodie, deux mouvements sont possibles: \v disjoint

et le conjoint. Dans le 1*^'', il s'agit le plus souvent du changement de position d'un seul et même accord, ce qui amène un simple échange de parties harmoniques, ou bien d'une demi-modulation dans un relatif mineur, quelquefois d'une modulation complète ; le chiffrage indiquera toujours au besoin.

Voyons le mouvement conjoint, lequel peut être diatonique ou chromatique.

1) Mouvement diatonique.

Va-t-on à la S.-D. nous aurons toujours une quinte montant sur une tierce ou descendant sur la Fond, de cette tierce, les parties complémentaires de la triade marchant selon les principes de modnl. à la S.-l).

Va-t-on à la I). nous aurons juste Pinverse: une tierce descendant sur la quinte de D. ou une tonale montant sur cette même quinte, les notes complémentaires de la triade marchant selon les principes do modulation à la 1). Si la tonale monte sur la quinte, il faut qu'elle ait une doublure elYectuant son mouvement naturel. Cette dernière peut être sousentendue.

Tout ceci a été suffisamment démontré pour qu'il soit nécessaire de s'y arrêter, je rappelle simplement.

Il y a encore la marche diatonique des deux tierces de triton, toujours les 6« et T-' degrés de la gamme, et nous savons également comment on les traite : en montant, on constitue l'accord de + 7 et en descendant, on fait du 7« degré un retard du (v\ la 0. étant faite concurremment retard de S.-I).

Ainsi : ;•;

Dans le chiffrage, nous indiquerons simplement cette tierce descendante par x, l'élève sachant comment elle s'harmonise généralement. En cas de résolution détournée, le chiffrage renseignera.

2) Mouvement chromatique.

C'est celui des sensibles opposées, suffisauiment connu de l'élève pour qu'il soit nécessaire de s'y arrêter longuement.

Je rappellerai simplement que ces deux notes importantes sont toujours les conductrices des notes complémentaires de leur triade, qu'elles agissent isolément ou simultanément, et avec retard ou anticipation. Elles font partie intégrante de tout accord de Septième tritonique, et sont partout et constamment tangentes aux notes constitutives de l'interv. de tierce majeure, où qu'il se trouve placé et qu'il soit fondamental ou renversé, la sens, de retour marchant toujours à la Tonique, et celle de départ à la tierce de Tonique. Viceversa, les Fond, et tierce de tout accord parfait majeur sont tangentes aux sensibles opposées, la note intermédiaire ou Sus-Tonique étant toujours la quinte de D. montant ou descendant sur l'une ou l'autre des notes voisines.

Relisons enfin attentivement la page 108, chapitre Vif, à partir de la 8^ ligne, et fixons-la bien dans la mémoire, car cela complète ce qui précède, et permet d'établir facilement un accord de Sept, tritonique sous une sensible appartenant à une mélodie donnée.

Nous supprimerons dans le chiffrage tout ce qui a rapport à l'harmonisation naturelle d'un fragment quelconque de la gamme majeure ou mineure, c'est pourquoi il est de toute importance d'avoir bien saisi le rôle physiologique de chacun de ses degrés, étudié à fond dans les chapitres III et IV. Qu'on revoie page 80 l'exemple 58, relatif à la gamme min. et se souvienne de tout ce que j'ai dit do la nature de l'ace, mineur mixte, de la qualité des degrés de la gamme qui le constituent, et du rôle de Tonale que prend le plus souvent, surtout lorsqu'on l'aborde, la tierce harmonique qui lui sert

de Basse. En un mot, si l'on a bien compris la physiologie de l'harmonie, et saisi l'action de la loi de modulation que je me suis elïorcé de démontrer dans toutes les marches harmoniques usitées par les maîtres, le but que je me suis proposé de faire voir tous les groupements possibles d'intervalles non pas tels qu'ils apparaissent sur le papier, mais tels qu'ils sont en eux-mêmes, afin d'en faciliter considérablement l'étude, les raiTienant tous à l'accord parfait majeur type, dont ils ne sont que des composés, ce but, dis-je, sera atteint, et une mélodie donnée s'harmonisera pour ainsi dire d'elle-même.

Il sei'a donc inutile de chilTrer les fraj^ments diatoniques de la gamme majeure ou mineure si souvent partie constituante de la mélodie, de même que les mouvements disjoints provenant du changement de position d'un seul et même accord. Nous savons à quels degrés de la gamine appartiennent les mouvements diatonique et chromatique montant ou descendant, et comment ils s'h.unionisent d'eux-mêmes; nous ne ehitVi'erons done (jue les dilTérents accords de Sept, et interv. composés altérés partout où nous les ferons intervenir dans la modul. aux différents tons majeurs et mineurs appartenant à la gamme choisi(\ où à ceux |)lus éloignés d'une gamme voisine, cela selon le chillrage physiologique proposé. Si Ton change de ton, on rin(li(|uera, et quant aux relards, ils seront cliilVrés selon riiiteivalle (|uils formeront avec la Basse, la nature de l'accord avec lequel ils entrent en combinaison n'étant indiquée pour plus de simplicité qu'à l'accord suivant, où ce retard a etVeclué sa marche logique, ce (jui restitue à l'intervalle composé son intégi'ilé. Exception pour les séquences dont nous [varierons au dernier cliapitre, et pour le l'etard des tierces de Triton qu'on désignera simplement par un -f- placé au-dessus du 7^ degré, alors qu'il s'elVectuera selon la ujanière indiquée page (m, ex. 39. Nous aurons au dernierchapitre. consacré aux séquences, l'occasion de paiici- di'i^ suites iiiontaides ou descendantes d'intervalles composés de sixtra ri firrrra, lesquelles sont très usitées et ne sont en rcalitt' (juinu^ succession diatonique et naturelle

des 7 degrés de la gamme constitués en accords de trois sons avec les tierces et quintes qui leur correspondent dans

l'échelle des sons, et à l'état de l'^^' renvers. -, afin d'éviter

une suite de quintes. Il est maintenant évident que partout où nous ferons une sensible partie intégrante de l'accord diminué du 7^ degré, ou qu'une même note maintenue passera d'un groupement d'intervalles à un autre, nous chiffrerons selon la méthode en cours de l'harmonie consonante :

6 premier renv., j deuxième renv., S quinte diminuée, etc.

On désignera chaque fois qu'on modulera ou indiquera le nouveau ton provisoire dès l'établissement du 7^^ accord lui appartenant de façon à ce que le chiffre indiqué s'y rapporte toujours. Ainsi : sol + ou D., fa + ou S.-D. (ton initial de do), ré—, mi—, etc. (+ signifie majeur et — mineur).

Le chiffrage physiologique que j'ai proposé s'appliquera aussi bien à une mélodie donnée qu'à une Basse ; toutefois je suis convaincu que le temps des Basses chiffrées à réaliser est près de sa fin et que désormais on ne chiffrera plus que la mélodie, puisqu'elle renferme en elle-même son harmonie, chacune des notes qui la composent étant constamment une tonale, une tierce ou une quinte, dont la marche déterminée par la nature et conforme à notre loi unique et sa réciproque avec les corollaires qui en découlent, entraîne celle des notes complémentaires de la triade à laquelle elle appartient. A 4 voix et plus, nous avons vu comment les choses se passent et il est inutile d'y revenir. Je vais, en terminant, donner un exemple d'une mélodie chiffrée physiologiquement et harmonisée selon nos principes logiques, ici, s'exprimant d'eux-mêmes, et là, indiqués par le chiffrage.

J'ai montré le chemin, qu'on le suive, et si je ne puis moimême ajouter à cet ouvrage une seconde partie purement pratique, que d'autres le fassent à ma place. Je crois du reste avoir été assez explicite et assez prodigue d'exemples pour que mes disciples puissent facilement se composer autant de

devoirs qu'ils en peuvent désirer. 11 suflirait déjà de transposer dans ditVérents tons à tous les renvers. et toutes les positions les nombreux exemples contenus dans cet ouvrage.

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