‹ Physiologie de l'harmonieChapitre 27 sur 30 · CN · texte numérisé non relu

CN

Les quatre premiers exemples nous donnent entre les parties extrêmes des temps forts: une tierce (17"), une sixte (13''), une tierce (10«) cl une tierce (IT"). Seul le 5" nous donne une seconde (16®) résolue sur une tierce majeure (17*)

et d'un effet particulièrement douloureux au temps fort de la deuxième mesure où cette seconde est mineure, la tierce de résolution du temps faible acquérant une douceur exceptionnelle, due à la nature du contraste.

Que l'élève continue donc ainsi que je viens de lui faire voir, transcrivant le premier accord du tableau type (ex. 151) en tous les aspects des différents renversements des positions serrée et large, éliminant ensuite ceux qui amèneraient une disposition moins favorable des parties et que j'ai indiquée à la page précédente.

Nous allons pour terminer indiquer rapidement de quelle manière on peut passer directement avec un seul ou tout au plus deux accords intermédiaires (modulation très éloignée) d'un ton donné dans n'importe quel autre, et cela sans déroger aux principes que nous avons exposés.

Deux cas se présenteront :

1» L'accord donné renferme une des deux sensibles opposées conduisant au nouveau ton.

2» Il n'en renferme aucune.

Si notre premier accord renferme déjà l'une des sensibles nécessaires à l'abord du ton choisi, rien ne sera plus simple que de laisser en place cette sensible faisant marcher logiquement les autres parties sur l'un des accords de septième tritoniques dont elle peut faire partie intégrale. On pourra aussi, suivant le cas, recourir à l'intervalle composé de sixte augmentée, tritonique par excellence.

Allons par exemple 1° de Do majeur en Sol majeur. 2° de

Do majeur en Ré majeur, le 1^'' cas nous donnant la sensible

de Départ, et le second celle de Retour.

Nous aurons :

\ix. 158.

tF-

En a) la sens, de dép. Do reste en place, la Tonale Sol descend sur la tierce de sa Dom. et la tierce ni'i descend sur

la quinte de Dom. où elle module, ce qui nous donne l'ace, incomplet de sept, de Dom. en Sol, clef du ton clioisi.

En b) nous transformons la Tonale Do en tierce sensible, ce qui nous donne avec les deux parties aigut's Tacc. diminué de septième degré en Ré majeur où nous allons.

2) Si l'accord donné ne renferme aucune des notes sensibles du ton où l'on se propose d'aller, on procédera d'abord à une demi-modulation dans l'un des relatifs mineurs direct ou indirect, ou suivant le cas à une modulation directe à la Dom. ou à la S.-D., c'est-à-dire par une seule sensible, toujours suffisante |)our établir un accord de passage, et cela selon les règles fondamentales exposées pages 'Mj à 39.

Passons par exemple de Do on I,a majeur, puis en )ni majeur. Nous aurons:

b^ zen ^1 il

Ex. i.'i'.i. |:-Qz=2= -o "

(Cette première opération nous fournira toujours un accord contenant une des sensibles requises, alors que le buta atteindre ne dépassera pas la cinquième triade à l'aigu ou la troisième au grave.) En à) nous avons d'abord modulation à la Dom., en h) au relalil niiuenr de & degré, ces accords présentant les qualités voulues pour l'abord facile des tons proposés. Si nous voulons atteindre la cinquième triade, celle de si majeur, nous procéderons comme suit :

Ici, biruque le {ircfuier accord l'cnfcrmo la sensible de départ du ton de Si, à savoir ;»», il vaut mieux à cause de la distance à franchir établir un accord intermédiaire, celui du relatif mineur direct de 'M degré. De cette faron nous avons évité le mouvement défectueux de tierce diminuée qu'aurait

dû faire la Tonique pour passer directement à la sens, de Retour de Si majeur à savoir /ajij.

Tandis que nous en sommes aux modulations abrégées ascendantes, voyons comment nous arriverons avec un seul accord intermédiaire aux 6^ et 7^ triades, c'est-à-dire en partant d'ut majeur toujours, aux tons de T^aif et de Do jf majeurs.

Ex. 161. r^

En a) nous passons directement par altération chromatique des parties graves, la Tonique modulant à la tierce de sa Dom., à l'ace, de quinte diminuée de 7^ degré en FajJ majeur dép. de ce dernier. En h) nous en faisons autant, seulement à cause de la distance considérable à franchir nous sommes forcés de recourir à l'enharmonie, remplaçant do par son équivalent enharmonique si^ sensible de Retour en DoJ(. Il eût été certes plus logique de moduler d'abord à la Dom. afin de gagner une triade, puis de faire de même qu'en a), ce qui aurait nécessité deux accords intermédiaires :

Ainsi :

Ex. 1('>2.

Nous allons nous occuper maintenant de la modulation abrégée aux Triades de la série grave, c'est-à-dire celles des tons en bémols. Ici, nous devrons recourir à la quinte-tierce dont nous avons parlé aux pages 11(3 et 80, prenant pour accord intermédiaire celui d'une Sous-Dom. mineure.

En redescendant l'échelle des harmoniques nous sommes en effet obligés de faire non plus des altérations, mais des restitutions, lesquelles ne sauraient se faire logiquement sans le secours de la quinte-tierce, car en faisant descendre une tierce chromatiquement sur une Tonique on ferait du coup

et sans accord de transition un bond de quatre triades en arrière. Un exemple va nous renseigner:

Par la transformation de la tierce sensible wi en Tonale centrale de l'accord d'Ut mineur, nous passons du coup en Iti2 puisque ce ton est relatif direct de la2 majeur. Recourons à la quinte-tierce et nous aurons :

En effet, puisque l'accord de Dom. en mineur est majeur par altération du 7* degré, la quinte de cet accord toujours sensible de la Tonale où nous faisons d'abord moduler notre Gamme mineure moderne, n'en gardera pas moins son rôle de tierce, nous fournissant un excellent moyen pour moduler à la S. -Dom. mineure. C'est ce que nous faisons ici en passant par l'ace, de Dominante du premier ton pour revenir à la triade mineure de même Base. De cette faron. le saut de quatre triades mentionné plus haut passe inaperçu et produit un clVt'l des plus agréables.

J'espère que nous l'avons bien compris, les sensibles opposées représentent éternellement une tierce montant sur une Tonale (S. -D.), ou une Tonale descendant sur la tierce de sa Dom. et en mineur, à cause du rùle de Tonique conféré à la tierce base de l'ace mineur: une tierce ("• degré) montant sur une tierce-tonale ou l'inverse.

On ne saurait donc, sans être illogique, désensibiliser une tierce sensible, la transformant directement en Tonale par l'apposition d'un jî ou d'un 7, alors que cette tierce fait partie d'un accord parfait majeur. Il en est tout autrement, si celte tierce transformée en Tonale se trouve en contact avec la sensible de retour «lu ton 011 l'on module, car dans ce cas elle ne représente pins nm» Dom. centrait' maintenue en place,

mais une S.-Dom., sens, de départ, prenant possession, de concert avec son opposée, du ton de S.-D. représentant la triade précédente.

Il y a donc une grande différence entre

et ceci :

Du reste en h) nous n'avons qu'une abréviation du procédé suivant plus logique et préférable.

Que l'on s'en convainque:

Voici maintenant un exemple faisant voir les modulations successives et abrégées de Do majeur dans chacune des Triades de la série grave, représentant les Tons en bémols.

Ex. 165.

a) fa 6) silz <?) mil? d) la|2

te^?p2^

En /) nous avons l'abrégé de ceci :

Page 1