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CHAPITRE III

Des intervalles simples en général.

Harmonisation de la Gamme majeure selon le rôle physiologique de ses degrés.

Cette étude comprend celle de Vacc, parf. maj. ou intervalle composé de 3+ et quinte juste, ainsi que celle très appronfondie du Triton, simple et composé, au point de vue strictement physiologique.

a) Des intervalles simples.

On désigne sous le nom d'intervalle, la distance exprimée en tons et demi-tons, comprise entre deux degrés de la gamme, y compris le degré inférieur servant de point de départ.

Ainsi puisque nous avons sept notes de la gamme, nous aurons des intervalles de seconde, tierce, quarte, quinte, sixte et septième. Le 8^ degré, doublure de la Fondamentale, donnera Voctave,et quant aux intervalles la dépassant, ils ne seront que la répétition des premiers transposés au-dessus d'elle: tels les intervalles de 9"'^, 10'"^, i-ime^i^me^ 13me^44me^ 15™^ (16'"e et 17'"c) de même nature et de même résonance que ceux du 2»^, 3^, etc, et par conséquent jouant le même rôle et soumis aux mêmes lois. Il suffit pour savoir de quelle façon il faut les traiter, de retrancher de chacun d'eux le chiffre 7, excepté pour les deux derniers sus-nommés, desquels il faudra retrancher le chiffre 14, puisqu'ils dépassent la double octave.

On partage les intervalles en deux catégories : Les consonances et les dissonances.

Les consonances, expliquées suffisamment par leur dénomination, comprennent les consonances parfaites et les imparfaites.

Les premières sont ainsi nommées par ce qu'on ne peut leur faire subir la moindre altération sans les rendre dissonantes. Telles sont les quintes justes et les octaves.

Les secondes sont celles qui peuvent être majeures ou mineures, c'est-à-dire, dont on peut élever ou abaisser d'un demi-ton une des deux notes constitutives sans qu'elles cessent d'être des consonances. Telles sont les Tierces et les Sixtes.

Tous les autres interv., secondes, septièmes et quartes sont <iissonantSj et par conséquent doivent se résoudre sur la consonance la plus proche.

Au point de vue de leur nature, les intervalles peuvent être majeurs ou mineurs.

Les tnajeurs représentent la plus grande distance possible entre deux degrés naturels de la gamme.

Ainsi : do-ré, seconde majeure (1 ton). do-mi, tierce majeure (2 tons).

do-fa, sixte majeure (4 tons </j).

do-si, septième majeure (5 tons */j).

Les tnineurs, représentent la plus petite distance possible.

Ainsi : ttii-fn^ seconde mineure (*/j ton). mi-soly tierce mineure (1 */j ton).

7ni-dOy sixte mineure (4 tons).

mi-rc, septième mineure (5 tons).

Nous avons vu que les quintes, quartes (en temps que renversements de quintes) et octaves ne peuvent être ni majeures ni mineures sans cesser d'être consonances.

Tous les intervalles sont susceptibles d'être «tugmentés ou dimi))ués par l'altération chromatique d'une de leui^s notes constitutives, et comme tels, seront nécessairement dissonants.

Ainsi : do-rr^, seconde augmentée il * j ton). do-sol^y quinte » » (i tons).

do!i-soly quinte diminuée (3 tons).

soi^ft-fuy septième diminuée (4 ton */t)-

Les quintes et octaves peuvent être augmentées ou diminuées, devenant ainsi dissonantes.

Tous les intervalles sont renversables, soit à l'aigu, soit au grave, par la transposition de la note inférieure à l'octave aiguë ou de la note supérieure à l'octave grave, et bien qu'au renversement ils grandissent ou diminuent en raison inverse de leur étendue initiale, nous verrons plus loin qu'ils n'en demeurent pas moins identiques au point de vue de leurs fonctions tonales et de leurs tendances résolutives.

.^. renv. à l'aigu

' "^^ renv. au i^rave

Posons la double série de chiffres suivants, la seconde écrite en sens inverse de la première et représentant les sept degrés diatoniques de la G. avec adjonction du 8^ doublure de la Fond, et nous aurons :

D'oîi nous verrons qu'au renversement l'unisson devient octave, la seconde septième, la tierce sixte, la quarte quinte, la quinte quarte, la sixte tierce, la septième seconde, et l'octave unisson.

En outre, et de par le même principe, tous les intervalles majeurs deviennent mineurs, les mineurs majeurs, les augmentés diminués et les diminués augmentés. Faisons en fait de démonstration la série d'intervalles suivants initiaux et renversés. — Ex. il.

Les signes + et — placés à droite des chiffres désignant ces principaux intervalles, indiquent s'ils sont majeurs ou

mineurs. Quant aux intervalles au'inieutés ou diminués, nous indiquerons par le signe chromatique correspondant l'altération subie. Les septième et quinte diminuées s'indiquent au moyen d'un chilTre barré, lorsque l'altération a lieu sur la note inférieure de l'intervalle (?-&)•

Kx. \i. /^ • ' -^ — ii=i:5€

En considérant attentivement les tableaux de la page précédente, nous comprendrons facilement pourquoi plus les intervalles sont petits, c'est-à-dire rapprochés de la note centrale 1)04 (ex. 11) en redescendant l'échelle diatonique jusqu'à l'octave inférieure D03. plus le renversement de ces mêmes intorv., c'est-à-dire leur transposition à l'octave aiguë (Do^- Sij) les fera grands et vice-versa, ce qui explique en même temps pourquoi les interv. diminués deviennent augmiTifé-, les mineurs majeurs et inversement.

.Ainsi : la '2- si^-do^ donnera au renvers. la 7'*+ (/o^-.^j^ la 3- la^-do^ la 0+ do^-ln^.

et ainsi de suite.

Ceci établi nous allons aborder la matière principale de ce chapitre, à savoir VHumionisation natui-cUc tic In G. iiinjt'Hi't\ ce qui nous conduit à en examiner les dilTérents degrés sous un jour nouveau, déterminant leur qualité de note Fond, ou de son harmonique.

Cette étude spéciale se rattache à celle de Vacc. parf. maj. puisque la (i. n'est autre que la réunion, dans l'ordre diatorii(|ue, des notes constitutives des trois accords parfaits de S.-Dom., Tonique et I)om.

Et cela dans tous les tons usités. Du reste, qu'est-ce que l'ace, parf. maj., sinon un inlfM'v. composé de 3+ et 5 juste. Cet intervalle renferme en lui tout ce qu'il faut pour la modulalion, et tous les autres inteiv. composés de plus de '^ sons

sont constitués par des fragments d'ace, parf. combinés ou groupés de différentes façons. Le plus souvent un de ces fragments est ajouté à l'accord type complet, d'autres fois il y a des assemblages de fragments. Nous verrons tout cela en temps et Heu, et, par l'étude physiologique de l'accord type de trois sons, nous ferons connaissance avec deux espèces de notes sensibles, notes des plus importantes en modulation. Nous arriverons aussi à harmoniser la G. logiquement et selon son essence, conformément au rôle naturel de chacun de ses degrés. Cette harmonisation, nullement neuve en ellemême, le sera au point de vue des vérités fondamentales qui s'en dégageront, éclairée à la lumière de sa physiologie, laquelle seule est capable de mettre en relief le caractère spécial et inaliénable de chacun des degrés delà G. majeure, base de toute notre musique moderne.

Voyons avant de commencer l'étude approfondie de l'interv. composé de 3+ et de 5, qu'elle sorte de son représente chacun des degrés de la gamme.

Nous savons déjà que les S.-D., Tonique et D., représentant les 4e, 1er qi 5e degrés sont des Fond., et qu'en outre, ces mêmes notes tonales peuvent être des quintes harmoniques de la triade précédente; nous savons aussi que les tierces harmoniques de ces trois notes tonales ne sont autres que les 66, 3*^ et 7e degrés de l'échelle diatonique.

Il ne nous reste donc plus qu'à établir la nature du 2^ degré ou Sus-Tonique, lequel peut jouer le rôle de tierce harm. ou de quinte fiann., suivant que nous considérons la Tonique comme quinte harm. de S.-Dom. ou uniquement comme Fondamentale indépendante.

Ex. 13.

Nous reviendrons là-dessus plus tard et allons procéder à l'étude physiologique de l'accord de trois sons parfait majeur.

Accord (le li Sons.

Des notes sensibles. — De la Quinte.

Ainsi que je l'ai exposé page 9, il existe non pas une mais trois notes sensibles d'une espèce dans notre G., vu qu'elle est composée de trois ace. parf. maj., pourvuschacun d'une tierce majeure située à un d«»mi-ton de distance de leur S.-l)om. et ayant pour cela tendance à y monter.

Ainsi, ce qui ce passe pour la tierce majeure de Dom. ou 7« degré de la G., et consigné depuis longtemps dans tous les traités d'harmonie, a lieu également et de la même manière pour les tirrces maj. de Fond, et S.-I).^ c'est-à-dire, pour les 3® et ()" degrés.

N'importe qu'elle tierce maj. joue donc le rôle de note sensensible de S.-D. de l'accord qui la renferme, et par conséquent a une tendance marquée à moduler à la !S.-Dom., ou quinte inférieure dans notre système général des gammes.

Par la tierce + on redescend donc l'échelle, et c'est pour cette raison que je lui donne le nom de sensible de retour (à l'occasion tierce sensible).

'"■ "• Êyi^r"

"T. :> ;; + <lr s. h.

Cet exemi)le nous montre le passage de l'ace, de Tonique fit (2« renv.) à celui de la S. -Dom. /w^ par la tierce majeure sensible de retour Mi. La l-'ondamenlale l't, commune aux deux accords, reste en place, seulement dans le 2« accord elle se transforme en quinte harmonique de S.-Z)., et par là se trouve démontrée la dépendance de toute Fondamentale, de la S.'Unin .»|<.i'>> qu'on module à celle-ci.

Dans le seul cas où la Fond, se trouve à la basse, elle peut faire un saut de quarte à l'aigu ou de quinte au grave, n'effectuant ainsi qu'un simple échange avec la S.-D. dont elle devient la quinte.

Il n'y a donc là qu'un simple échange d'harmonique avec sa Fond., au profit d'une meilleure sonorité. Nous en reparlerons plus loin.

La quinte Sol, marche parallèlement à la Tierce sensible, mais en procédant par ton entier, sur la tierce de S.-Dom. Nous aurons donc, dans la modul. à la S.-D. les rapports suivants (abstraction faite de la remarque précédente concernant le cas où la Fondamentale occupe la partie grave) :

Fond, ou 1, prend le rôle de 5 de S.-D. Tiet'ce+ ou 3+, monte par ^/^ ton sur 1 (S.-D.) Quinte ou 5, monte par un ton entier sur 3+ de S.-D.

(Si nous faisions descendre la quinte, l'ace, de S.-D. serait privé de sa tierce sensible indispensable.)

Parlons maintenant de la ^^^ espèce de note sensible, renfermée également dans chaque accord de 3 sons et modulant non plus à la quinte inférieure ou S.-D., mais à la quinte supérieure ou Dominante (5<^ degré).

Nous appellerons cette sensible-là, par le fait qu'elle avance dans l'échelle des sons, puisqu'elle module à la quinte supérieure : Sensible de déparl (à l'occasion tonale sensible) contrepartie de la sensible de retour ou tierce sensible. Quelle est cette note ? C'est la Fondamentale, je dirai n'importe quelle Fond, ou tonale, chacune des 3 notes tonales de toute gamme se trouvant placée un demi-ton au-dessus de la Tierce de Dom. de l'ace, qu'elle soutient et ayant, par conséquent, une tendance tout aussi marquée à descendre sur cette tierce, que la sensible de retour à monter sur la S. -Dom. En effet, le Do. 1 par ex., aura une tendance tout aussi forte à des-

cendre sur le s/, tierce de sa Doin., (pie ce même si en aui-a à remonter sur le Do S.-Doiii. tii Sol, à cause de la distance de demi-ton qui sépare ces notes.

Donnons un exemple, et voyons comment les choses se passent :

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