CHAPITRE XI
ART.I". — Elle n'est mot vague que dans les livres des moralistes. — Elle est la pratique de la conscience du cœur. — L'homme naît bon, par cela seul qu'il naît pour vivre. — C'est la seule intelligence quile de'nature ou le perfectionne. — L'homme sent ou apprend ses devoirs : de là deux morales, une de sentiment, une d'intelligence- — Aperçus et vérités générales sur les fondemens de la législation et de la politique.
ART. II. — Morale de sentiment.
Elle consiste à faire aux autres ce qui nous fait bien : cette vérité a été indignement mutilée par Ilelvétius. — Cette obscure et naturelle morale se sent continuellement et fait l'homme vertueux à son insu. — Pour lui obéir il n'a pas besoin d'intelligence. — La violation de cette morale est injustice dans les familles, esclavage dans les états. — Développemens. — De la féodalité. — Aperçus généraux sur les causes et les effets de celte morale naturelle.
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ART. m. — Morale d'intelli{jeiice.
Dès que l'intelligence organisa les sociétés, il fallut une nouvelle morale pour garantir les institutions. — Il fallut une morale factice , de convention , comme les nouveaui besoins qu'elle devait garantir. — La morale de la civilisation est contresens nécessaire à la morale de la nature. — Lapiopriété estle fond detoutecivilisation: la propriété n'est que convention factice. — La morale qui la rend sacrée ne peut donc être aussi que convention factice : loin de s'affliger de ces contradictions, il faut les pénétrer, les expliquer : c'est apprendre à faire respecter leurs nécessités sociales : nécessité d'une logique morale.