‹ Physiologie de l'homme mariéChapitre 4 sur 16 · L’HOMME MARIÉ BONNE D ENFANTS · texte numérisé non relu

L’HOMME MARIÉ BONNE D ENFANTS

ous èles marié et vous avez des enfants; c’est très - bien. L’Ecriture dit : Croissez cl multipliez.

A la vérité, quand vous êtes marié, vous ne croissez plus, mais vous multipliez... Il y a cependant quelques ménages où l’on ne multi-

plie pa£. Alors, si Monsieur désire des enfants, il fait un crime à son épouse de ne pas lui en donner; il lui dit à ce sujet des mots piquants , méchants , quelquefois malhonnêtes même.

Pauvre femme ! Comme si elle n’était pas déjà assez chagrine de ne point devenir mère !

El puis, qui est-ce qui vous prouve que ce soit votre femme qui ne peut pas avoir d’enfant? Pourquoi ne serait-ce pas aussi bien de votre fait?

Vous avez consulté des médecins!... Mais les médecins ne sont pas des dieux; ils se trompent comme les autres hommes.

Fr rare humanum esl.

Enfin , croyez-moi , si votre femme ne devient pas mère, ne lui faites pas aussi souvent des reproches à ce sujet; cela pourrait lui donner l’idée de s’assurer si c’est de votre faute ou de la sienne.

Mais nous en étions à l’homme marié qui a des enfants, et qui adore les enfants; qui se dévoue à eux corps et bien; qui reste en extase près de leur berceau ; qui leur donne la bouillie, qui la goûte avant eux; qui se relève la nuit pour leur donner à boire; et qui, dans la jour-

née, les promène sur les boulevards ou ailleurs.

Promenons-nous aussi sur les boulevards ; nous ne larderons pas à rencontrer un homme marié bonne d'enfants.

II est impossible de ne point reconnaître au premier coup d’œil ce type de l’amour paternel qui a fait abdication de tous les autres droits de l’homme pour se consacrer entièrement à ses petits.

Voyez ce Monsieur dont la mise décente et bourgeoise n’annonce pas la moindre coquetterie; il serait fort propre, si ses enfants n’avaient pas l’habitude d’essuyer leurs mains à son habit, à son pantalon , enfin , à la première chose venue de sa personne.

Mais comme il a presque toujours sur ses vêlements quelques échantillons de confitures , de beurre, de miel , de raisiné et de mélasse, vous concevez qu’avec tout cela il lui est difficile de conserver un air de propieté et une tenue soignée.

Souvent aussi ce Monsieur a quelque partie de son habit déchirée; il est rare qu’il ne lui manque pas plusieurs boutons , et que son chapeau n’ait pas reçu des renfoncements. Tout cela est la suite des espiègleries de scs bambins, et cela

ire l’empêche pas de chanter toute la journée :

Ah ! qu’on est heureux d’êlre père!

Ce Monsieur a deux fils, et son épouse est enceinte d’un troisième rejeton. L’aîné de ses fils a six ans , le second est dans sa quatrième année. Ce Monsieur est, depuis son réveil jusqu’au moment où il se couche, aux ordres de ses deux petits garçons; Madame ne veut pas que l’on contrarie en rien Dodoiphe et Polyte; elle prélend que pour former lé caractère aux enfants, il faut constamment faire leur volonté; Monsieur est trop bon père pour contrarier Madame, et au lieu de faire obéir ses marmots, c'est lui qui est sans cesse aux ordres de ses deux bambins.

Quand Dodolphè et Polyte veulent aller promener, noire homme s’empresse de passer sa redingote, de prendre son chapeau, et le voilà parti avec ses fils.

Madame lui crie du haut de l’escalier : «Prenez bien garde aux voilures... ne les faites pas aller trop vile... ne les laissez pas marcher dans la crotte!... S’ils déchirent leurs vêtements ce sera à vous que je m’en prendrai... »

Toutes les recommandations que l’on ferait à une bonne; et à tout cela Monsieur a répondu, d’un air soumis :

« Sois tranquille , chère amie... je ne les quitterai pas une minute... je ferai bien attention... ne sois pas inquiète... »

Monsieur se dirige du côté des boulevards , tenant Polyle d'une main cl Dodolphe de l’autre.

F.OP.ENA!.

D’abord la promenade commence assez paisi

blenient; les enfants, satisfaits d’être sortis, se contentent de regarder autour d'eux et de forcer leur père à s’arrêter devant chaque boutique, ce que celui-ci fait avec unecomplaisance admirable.

Mais, arrivé sur le boulevard du Temple, Dodolphe veut aller à droite pour voir les figures de cire, Polyte veut qu’on tourne à gauche pour voir le Château-d’Eau.

Se sentant tiraillé des deux côtés, notre homme marié bonne d'enfants est fort embarrassé; pour la première fois il ne peut contenter en même temps ses deux fils, mais il fait ce qu’il peut pour les mettre d’accord , en leur disant :

« Mes amis... nous ne pouvons pas aller en même temps des deux côtés... si cela se pouvait, certainement je ne demanderais pas mieux, vous savez bien que e n’ai pas l’habitude de vous contrarier.

— Je veux voir les figures de cire, moi !... dit le plus grand.

— Je veux aller au Château... dodo... dodo... 11a! crie le plus petit, qui est déjà rageur et commence à taper des pieds comme une grande personne , ce qui fait l’admiration de son père.

— Non... nous irons par là... n’est-ce pas , papa?.,.

— Non... par ici... pelit pcpère... »

Les deux mioches recommencent à tirailler l’auteur de leurs jours en s’attachant chacun à un pan de sa redingote. Notre homme a envie de pleurer; mais enfin s’apercevant que, s’il n’y met ordre, il va se trouver bientôt réduit à une veste , il prend une belle résolution , et , faisant une grosse voix, se met à crier :

« Ah ! corbleu , Messieurs , si vous ne finissez pas . je vais m’en aller et vous laisser là tous les deux... fichtre!... et la garde viendra vous prendre... fichtre... et on vous arrêtera comme des mauvais sujets... ah ! ah ! et cè sera bien fait. » Cette menace fait son effet. Les enfants se taisent pour un moment. Enchanté d’être parvenu à se faire obéir, notre homme les emmène avec un certain air de fierté, regardant autour de lui pour jouir de l’effet qu’il a dû produire sur les passants.

On va se placer devant les ligures de cire , mais cela ne satisfait pas les deux petits garçons, qui veulent entrer dans le spectacle. Le papa s’exécute. On entre dans l'intérieur de la baraque. C’est la quinzième fois que cet homme respectable voit le spectacle des figures de cire et entend l'explication des tableaux. On accorde

des prix de vertu à des gens qui n’auraient pas là force de subir cette épreuve.

Après avoir vu les figures de Curtius, lesenfants ont soif. Le papa les mène dans un café et demande de la bière. On en apporte : les deux petits garçons y goûtent, font la grimace, et crachent en disant :

« Oh ! (pie c’est mauvais!.. C’est pas sucré !..»

Le papa demande une limonade ou de l’eau sucrée qu’il donne à ses hls , et, quoiqu’il n’ait pas soif, il avale tout le contenu de la bouteille de bière, afin de ne l’avoir pas fait venir inutilement; l’amour paternel rend capable de tout.

En sortant du café , les enfants veulent voir Polichinelle. On s’arrête devant une maison de toile. Celle fois les deux bambins ne demandent pas à entrer dans l’intérieur, ils ont déjà deviné que le plus amusant se passe à la porte. Mais comme ils se trouvent derrière des tourlourous, des bonnes, des flâneurs de toute espèce en vestes, en blouses, et même en habits, qui viennent aussi regarder Polichinelle, ils se metlenl à crier :

« Papa... porte-moi. ..papa... bras !.. bras!..»

Notre homme marié sê baisse, entoure chacun

de ses üls avec ses bras , les élève ainsi à la hauteur de ses épaules, et, dans cette position, se trouve avoir le nez contre le fond de culotte de ses mioches, lesquels n’ont pas encore appris à se contenir en société. Tout n’est pas rose dans les conditions de la paternité.

Et ce cher Monsieur, qui ne voit plus rien que les deux fonds de culotte de ses fils , est encore obligé de leur expliquer le spectacle et de répondre aux questions que ceux-ci ne cessent de lui adresser :

« Papa... qu’est-ce que c’est donc que ce vilain-là... qui secoue la tête et qui veut battre Polichinelle ?

— Mon fils, c’est le commissaire.

— Tiens!... il a deux grandes cornes sur la tète... et une queue rouge...

— S'il a une queue rouge ce n’est pas le commissaire... c’est le diable, mes enfants.

— Papa, à cause donc de quoi que le diable veut battre Polichinelle?

— Mon ami, c’est que probablement Polichinelle n’aura pas été sage, qu’il aura refusé de manger sa soupe et qu'il n’aura pas voulu apprendre par cœur la fable du Renard et du Corbeau.

— Papa... c’est donc le diable qui apprend des fables à Polichinelle... c'est donc son maître d’école? »

Le papa, confondu par la profondeur de cette réflexion, faite par monsieur Dodolphe , qui vient d’avoir six ans, promène scs regards sur les personnes qui sont autour de lui, comme pour trouver dans les figures une expression d’admiration qui réponde à celle qu’il éprouve en ce moment pour son fils. S’apercevant que personne ne prend garde à lui , notre homme se décide à répondre, mais très-haut, et en cherchant à fixer l'attention du public :

«Mon cher Dodolphe, le diable n’est pas maître d’école; certainement ce serait à tort que vous lui attribueriez ces fonctions... ces fonctions... d’autant plus... ces fonctions... »

Ici, le papa, qui a de la peine à trouver ce qu'il veut dire, se met à tousser comme s’il avait avalé une arête , après quoi il reprend :

. « Mais de tout temps, lediable est intervenu...

inlervenü, pour punir les petits polissons, les drôles qui ne sont pas sages... Voilà ce que j’ai voulu vous faire entendre tout à l’heure en employant une figure métaphorique... hum!., hum !...

— Papa, qu’est-ce que c’est donc que cet homme en grande robe noire , avec de la farine dans les cheveux , qui vient quand le diable s’en va et qui se dispute aussi avec Polichinelle?

— Oh! pour celle fois, mon fils, c’est le commissaire...

— Qu’est-ce que c’est qu’un commissaire, mon papa!'

— Mon fils , c’est un homme qui est chargé de rétablir l’ordre et la paix...

— Pourquoi donc alors qu’il se dispute et qu’il se bat à coups de bâton avec Polichinelle? »

Nouvelle marque d’admiration du papa , qui commence à soupçonner qu’il porte sur ses épaules un petit Voltaire, et qui répond enfin :

« Mon fils, c’est que probablement Polichinelle se sera refusé à payer ses contributions ou qu’il aura mis des pots de Heur sur ses fenêtres malgré les ordonnances de police.

— Ah! ah!., voilà Polichinelle qui est tué par le commissaire...

— Ceci, mon fils, est une preuve de la justice divine , qui veut que tôt ou tard les mauvais sujets reçoivent le châtiment dù à leur inconduite...

— Ah ! non... Polichinelle se relève... il tue le commissaire.. .

— C’est que probablement ce commissairelà avait deux poids et deux mesures , et que la Providence aura voulu le punir par la voie de Polichinelle.

— Papa! papa! le commissaire n'est pas mort... il reprend le bâton... il lue Polichinelle!...

— Alors-, mon fils, c’est que décidément Polichinelle est un misérable , et que c’est lui qui se sera mal conduit avec quelque sergent de ville...

— Papa!., papa!.. Polichinelle n’est pas mort... le voilà qui reprend le bâton... et qui tue le commissaire!.. Oh! comme il tape dessus!... »

Le papa commence à trouver assez difficile d’expliquer à ses enfants la morale de la pièce jouée par les marionnettes, mais en ce moment il est pris par un éternuement qui le tire d’un embarras pour le jeter dans un autre : car, lorsqu’on vient d’éternuer, vous savez que l’on éprouve assez ordinairement le besoin de se moucher, cela est surtout indispensable aux personnes qui prennent du tabac.

Noire homme, après avoir éternué, donnerait tout au monde pour pouvoir prendre son mouchoir dans sa poche. Mais trouvez donc le moyen de fouiller à votre poche quand vous tenez un petit garçon sur chaque bras!

Le papa d’Adolphe et d’Hippolyle se décide à ne point se moucher; c’était le seul parti qu’il eût à prendre dans la position où il se trouvait.

Bienlôt une dispute s’élève sur les épaules de l’homme marié : messieurs Dodolphe et Polyte s’arrachent mutuellement des mains un bâton de sucre d’orge; les cris, les tapes accompagnent la querelle. Vainement le papa fait entendre ces mots :

« Eh bien, Messieurs, avez-vous fini là-haut?.. Est-ce que je vous tiens en l’air pour que vous vous battiez?.. .

— C’est lui qui m’a pris mon susuc!..

— C’est lui qui est un gourmand...

— C’est lui qui mangetout...

— Ne l’écoutez pas, papa, j’ai cassé le morceau en deux, je lui en ai donné la moitié...

— Papa , il a gardé le plus long...

— C’est pas vrai.., il dit ça parce qu’il a déjà croqué la moitié du sien... »

Pour mettre tin à la querelle, notre homme

prend le sage parti de déposer ses deux fils à terre. Alors ceux-ci crient plus fort eL veulent de nouveau voir Polichinelle , qui maintenant se bat avec un chat, lequel a remplacé le diable et le commissaire. Mais le papa , que la séance a fatigué, ne se sent pas de force à tenir de nouveau ses deux fils sur ses bras, il les emmène, cl, pour les calmer, leur achète du pain d’épice, puis des brioches, puis des pommes, puis des tablettes de chocolat.. . et leur fait boiredu coco.

Monsieur Dodolphe, qui est le plus âgé, ne se lient pas toujours tranquille près de son père. A chaque instant il lâche la main de l’auteur de ses jours pour aller regarder une image, ou voir jouer au bouchon et aux billes. Parfois le petit Polyle veut aussi courir et aller tout seul comme son frère. Alors, le malheureux père est bien embarrassé, obligé de courir en même temps après ses deux fils qui n’ont pas pris le même chemin; il se heurte, se cogne dans les passants; il reçoit des sottises de l’un, des coups de coude de l’autre; mais il ne fait pas attention à tout cela; bien heureux si, après s’être mis en nage, il parvient à rattraper ses deux fugitifs et à les ramener avec lui !

Bientôt il s’aperçoit que son fils aîné a le nez

écorché et l’œil presque noir, quoique habituellement il l’ait bleu; que monsieur Polyle , le plus jeune, a perdu tout un morceau de sa vesle, et que son panialon est fendu au genou.

« Qu’est-ce que cela veut dire? s’écrie le papa ; je ne vous ai perdu de vue qu’un instant , et vous vous présentez devant moi avec des déficit , des horions!...

— Papa, c’est, un grand qui jouait au bouchon qui m’a donné un soufflet sur l’œil, en me disant que je marchais dans son jeu , que je l’empêchais de gagner...

— Papa..., c’est une vieille femme qui avait un chien; j’ai voulu le caresser, il a sauté après

moi et m’a emporté un morceau de ma veste, et en me sauvant je suis tombé sur mes genoux.

— Eh bien! c’est gentil; nous aurons de l’agrément en rentrant. Qu’esl-ee que votre mère va me dire?... Diables d’enfants, que je ne puis jamais ramener à la maison en bon étal !

— Papa, porte-nous...

— Papa , porte-moi...

— Ah! fichtre non, par exemple; vous allez marcher, mes gaillards; je vous ai portés assez longtemps devantPolichinelle. D’ailleurs, ce n’est pas la peine de demandera vous promener, si vous voulez continuellement que je vous porte.

— Papa..., c’est encore bien loin, chez nous...

— Non...; trois cents mètres, environ...

— Qu’esl-ce que ça veut dire, papa?...

— Ma foi!... cela veut dire... C’est uu mot grec, voyez-vous, mes enfants; et quand vous saurez le grec , vous comprendrez tout cela comme père et mère.

— Je suis las... Hi, hi, lii...

— J’ai mal aux pieds...

— Allons, Polyte, allons, Dodolphe, montrez que vous êtes de petits hommes...; ne vous faites pas traîner comme des enfants...

. — Alors, chante-nous une chanson...

— Ah! oui, papa. Malhrouck... ; lu as promis de nous l’apprendre.

— Eh bien! j’y consens... Je vais vous chanter la romance de Malhrouck; mais vous répéterez avec moi... Faites bien attention...; vous la chanterez ensuite devant votre maman, et ça la flattera.

— Oui, papa. — Oui, petit père. »

Le papa entonne d’une voix grave, tout en essayant de marcher en mesure, et en adoptant la prononciation usitée dans cette complainte :

« Malhrouck s’ en va-l-cn guerre..., miroton , tonton , mirolaine !

« Partez, Messieurs... »

Monsieur Dodolphe crie à tue-tête ce qu’il

vient d’entendre. Le petit Polyle se borne à marmotter entre ses dents :

« J’olon ..., loton..., lointaine loton ! »

Le papa continue en faux-bourdon :

« Ne sais quand reviendra !... ne sais quand reviendra! ... » — Allons donc, Messieurs...

— Ah! j’ai bobo au ventre...

— J’ai encore soif, moi...

— Non, vous n’avez plus soif.. , vous avez

assez pris de choses... Allons, ferme : « Ne sais quand reviendra... »

— « Ne sais quand... » Oh ! papa , de la frangipane...

— Taisez-vous, gourmand... Allons, monsieur Polyle. »

Le pelit Polyle fait la grimace, se lient le ventre, et se borne à marmotter :

— a Mirol&n , mirolaine . . . , talon...)) J’ai bobo au ventre... « Mirolaine , lolon... »

Bienlôt les deux enfanls refusent de marcher. Notre homme marié éprouve un moment de désespoir; enfin il saisit ses deux fils avec une coniraciion nerveuse, et se remet en roule en s’écriant :

«Ah! sapredié! quelle promenade!... Ah!

les petits drôles!...

— Papa, murmure Dodolphe, tu ne chantes plus... Chante-nous donc Malbrouck.

— Laissez-moi tranquille , polissons...

— Ah ! papa..., tu n’as pas dit : « Miroton , mirolaine... )) Vilain méchant papa!... Je vas pleurer, si tu ne chantes pas...

— Ah ! quel vaurien!... Allons, taisez-vous... ne pleurez pas... Vous m'éreintez... ; c’est égal... : « Il reviendra à Pâques..., miroton ,

tonton , mirotaine... ; il reviendra à Pâques , ou à la Trinité. »

Enfin , ce Monsieur rentre chez lui, et là il est grondé par sa femme, pour avoir laissé ses enfants attraper des écorchures au visage et déchirer leurs vêtements.

C’est bien naturel d’aimer ses enfants, il n’y a aucun mal à les promener; mais lorsqu’un homme marié prend exactement l’emploi d’une bonne d’enfant, il devient ridicule, même aux yeux de sa femme, et c’est fort dangereux.

Car la plupart des femmes ne conservent de l’amour pour leur mari qu’autant qu’elles lui reconnaissent sur elles une supériorité, et le ridicule tue toutes les supériorités.

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