DE LA COPULATION
apte à se reproduire. Cet instinct est surtout évident dans les animaux chez lesquels la génération n’est possible qu’à des époques déterminées de l’année, au temps du rut; alors il prédomine tellement dans leur système intellectuel, qu’il constitue presque une fureur, une manie, un pen- Chant irrésistible qui les subjugue.
. Mais les physiologistes ne sont pas d’accord sur sa nature et sur son siége. La plupart, voyant que son apparition coïncide avec l’âge auquel l'appareil génital entre en action, etque son énergieest généralement proportionnelle au degré d’activité de cet appareil. en ont fait une sensation interne siégeant dans les organes génitaux, et quiest à cesorganes ce qu'est la sensation interne de la faim à l'estomac. En effet, indépendamment de ceque dans la suite de la vie, cetinstinet suit le sort des organes génitaux, c’est-à-dire se prononce quand ils entrent en action, disparaît quand ils ne peuvent plus agir, il est sûr qu'il ne se fait jamais sentir lorsque dans le premier âge on a pratiqué la castration. Dans cette manière de voir, il serait une véritable sensation interne, dont il faudrait spécifier le siége et la cause, mais sur laquelle on serait dans la même ignorance que sur toutes les vutres sensalions internes. En eflet, relativement au siége, e sentiment intime ne fait rien connaître ; aucune partie 1e paraît sentir plus qu’une autre; c’est comme une in- [uiétude générale. Sans doute les organes génitaux sont un eu excités, mais ils ne le sont pas assez, pour qu’on les Onstitue avec certitude le siége de Ja sensalion ; et ce puils éprouvent peut dépendre de la connexion existante mire eux.et le siége , quel qu’il soit, de la sensation. Relaivement à la cause, elle n’est pas plus facilement apprétable que dans les autres sensations internes. On a présenté omme telle le séjour et la présence du sperme dans les vésiules séminales; mais les eunuques ont souvent des désirs ; | en est de même des libertins épuisés; et au contraire ces ésirs souvent sont nuls chez des hommes robustes, mais ui ont l’habitude de la chasteté; chez la femme, ce sentient existe, el cependant dans ce sexe il n'y a pas de séfétion spermatique. On a dit que ce senliment annonçait
le besoin qu'a Pappareil génital d’être employé, de même : qu’un sentiment éclate dans l’appareil locomoteur pour nous exciter à nous mouvoir; mais, à supposer celle expli-t cation bonne, on n’en sent pas moins combien cette cause. est vague, comparativement à celle de toute sensation ex-| terne quelconque.
Aussi, à cause de ces difficultés, et par plusieurs autres raisons que nous allons faire connaitre, beaucoup de physiologistes considèrent le sentiment dont nous traitons 1C1. comme un phénomene cérébral, une faculté affective, une: dépendance de la psychologie de l’être. Telssont, par exemple, Cabanis, M. Broussats, qui, seulement dans leur théorie des impressions internes, en font provenir les matériaux des organes génitaux. Tel est surtout M. Gall, qui aflecte une partie cérébrale, le cervelet, à sa production, et admet parmi les facultés primitives de l'ame un instünet de la re= production. Sans revenir ici sur Îles détails que nous avons donnés à cet égard, l'organe et l'instinct de la propagation, étant ceux que nous avons pris pour exemple quand nous! avons parlé de la manière de philosopher de M. Gall, nous rappellerons seulement comme preuves justificatives de: l'idée qui fait du sentiment dont nous traitons un instinct | cérébral, que ce sentiment a été observé en des individus! chez lesquels, par un vice de conformation originelle, les principaux des organes génitaux manquaient, et qu'il al persislé en des eunuques qui n’avaient été castrés qu’a près | l’Age de la puberté. Ce sentiment ne pouvant être qu’une) sensation interne, ou un instinct cérébral, et Îles derniers faits que nous venons de citer le montrant existant en l'ab= sence des organes génitaux, il faut bien qu'il siége dans le cerveau. Du reste, nous renvoyons à cet égard à.ce que nous avons dit à l’article psychologie. É
Quoi qu’il en soit de cette controverse, il n’est pas poss sible non plus de peindre par des mots ce sentiment; il faut
en appeler à la conscience de chacun; mais ilest bien di#! uinct de tout autre, et bien caractérisé d’ailleurs par son but. Comme toute sensation interne ou toute faculté affecuve, il est plaisir quand on le satisfait, peinc quand on
SE
DE LA COPULATION. 5È lui résiste. Il est susceptible de mille degrés, et même apte à revélir un caractère opposé, celui de dégoût, ce qui conslilue ce qu’on appelle l’anaphrodisie. On ne peut préciser Son énergie; cela varie selon les sexes, les tempéraments , les constitutions individuelles, l’état de santé , de maladie ; les circonstances extérieures d'aliments , de saisons, de climais ; [a mesure dans laquelle on use des plaisirs de l’amour , etc. Chacun a, à cet égard , sa constilution propre; les hommes sont généralement plus ardents que les femmes; les lempéraments sanguins et bilieux plus que les lymphaiques : certains aliments évidemment sont aphrodisiaques, landis que d’autres sont, comme on le dit, réfrigérants : Gin , il faut surtout signaler ici la part des habitudes ; si est l’organisation qui d’abord les commande » les habitudes nsuite renforcent l’organisation.
Ç II. Office de l'homme dans La Copulation.
Dans l'acte du rapprochement, le rôle de l’homme est Miniroduire dans les parties de Ja femme Porgane chargé e projeter le fluide de la fécondation , c’est-à-dire le pénis, L d’excréter pendant cette introduction ce fluide. Mais our que ce double objet puisse être rempli, il faut que le énis acquiere , par un phénomène appelé érection, une ideur suflisante; et c’est ce phénomène de l'érection que DUS avons à décrire d’abord.
Quand l’homme est sollicité par le désir de la généra- On, le pénis change d’éiat; de mou, petit et pendant Miétait, il devient roide, gros et relevé contre l’ab- MEN ; ses artères battent avec force, ses veines sont plus nflées, la peau qui le rêvet est plus colorée, sa chaleur | augmentée; de rond qu'il était, il est devenu triangu- Te; par suite de son redressement , les courbures de Pur hre sont effacées ; enfin, une légère sensation de plaisir rque le grand changement qui s’est fait en lui, et qu’on pelle érection.
Due à la dilatation active qu'a développée tout à coup le
PS caverneux du pénis, et à un plus grand afllux de sang
dans ce parenchyme, celte érection, tantôt se fait d’une manière soudaine, tantôt ne s'établit qu'avec lenteur et graduellement. Ses causes occasionelles sont : tantôt l’irritation qu'irradie sur le corps caverneux le désir ardent de la génération ; tantôt celle qu'éprouve ce corps caverneux, consécutivement à une stimulation directe du pénis , ou de) quelques autres organes appartenant à l’appareil génital, ou enchaînés au pénis par quelques sympathies intimes. De) ces causes, la première est la plus énergique ; savoir : lin: fluence de la partie cérébrale, qui est le siége de l’instinet| de la propagation. La subordination du pénis à celte partie: est telle que, lorsque celle-ci est irritée mécaniquement, el non par les idées de volupté, l’érecuon se manifeste égale: ment. Ainsi, l'érection est un symptôme constant des apo=. plexies cérébelleuses; on l’observe fréquemment chez les: pendus, à cause de la congestion de sang dont le cervelet est alors le siége; par la même raison, elle survient fréquemment pendant le sommeil; enfin, c’est encore parce que l’opium porte le sang à la tête, que cette substance à la propriété de provoquer des érections; on sait l’abus qu’es font les Turcs dans des vues de volupté.
Quoique indispensable pour l’accomplissement de la génération , l’érection n’est pas un phénomène dépendant de notre volonté ; tantôtelle éclate contre notre vœu , et tantô| elle ne lui obéit pas. Plus qu'aucun autre phénomène , ell veut l'exclusion de tout autre acte, et ne souffre aucun: distraction. Rien n’est plus remarquable que le peu de con: siance , le caprice en quelque sorte, avec lesquels le pémi répond aux irritations, soit directes, soit sympathiques: qui le provoquent. Quelquefois, c’est en vain qu'agissen toutes ces irrilations, l’homme se trouve enchaîné au mi lieu de ses plus vifs désirs. Ces mécomptes qui l'afiligent e le piquent sont sans doute souvent la suite de fa faibless ou de l’abus; mais souvent aussi ils proviennent de tro! d'amour, ou d’un sentiment de réserve et de crainte. 0! sait que jadis on les rapportait à une influence magique et qu’on dirigeait les foudres de PEglise contre ce que: appelait les noueurs d'aiguilletie. Par la même raison!
DE LA COPULATION. sh, l'érection est un phénomène très mobile ; le même instant la voit tour-à-tour s'établir, cesser et revenir. Elle est en général peu durable ; après quelques minutes elle cesse, et laisse l'organe revenir à sa flaccidité premiére, Elle cst aussi susceptible de degrés divers, depuis l'érection extrême, dans laquelle le pénis a acquis une très grande roideur , jusqu’à cetie érection comme passive, dans laquelle cet organe n’a fait qu’augmenter de volume sans devenir résistant, et ne peut, ni vaincre les obstacles qu’opposent à Vapproche les parties extérieures de la génération de la femme, ni projeter le sperme assez loin pour effectuer la fécondation. Dans le dernier âge, elle n’est plus possible, et s’est anéantie avec la faculté de reproduction, dont elle est l’acte préparatoire. … Qu'est-ce qu'est cette érection , et quelle en est la cause ? Évidemment elle consiste en une congestion du sang dans le tissu érectile du corps cayerneux, de l’uréthre et du gland. Nous avons.vu, en effet. que Îles artères du pénis baltaient avec plus de force, que ses veines étaient plus grosses, que la peau était plus colorée. Swammerdam et de Graaf ayant coupé la verge d’un chien, dans le temps de l'érection , non-seulement trouvèrent le tissu tout gorgé de Sang, mais ils virent l’organe revenir à sa petitesse, à sa flaccidité, à mesure que le sang en coutait, On a fait la même observation chez l’homime, dans certains cas chez lesquels l'érection s'était conservée après la mort. Enfin, Pechlin, de Graaf, M. Chaussier, ont , par des injections, provoqué des érections artificielles dans des cadavres. Nul doute donc que le pénis ne soit devenu plus gros et plus roïde, par suite de la plus grande quantité de sang qui a pénétré son tissu. Mais quelle cause à déterminé en lui cette songestion sanguine ? Il y a eu ici plusieurs hypothèses.
Les À nciens accusaient une cause mécanique , la compresion de la veine honteuse interne contre la symphyse du oubis , lors du redressement de la verge vers l'abdomen : omme c’est à cette veine honteuse qu'aboutit la veine carerneuse, il devait résulter de sa compression stagnation du ang dans le corps caverneux, et par conséquent gonflement lé son parenchyme. Les artères caverneuses étant plus 60-
lides , ne cédaient pasà la pression, et continuaient d'apporter du sang. C’étaient les muscles iskio-caverneux, quien redressant la verge, produisaient cette compression, et ils étaient à cause de cela appelés les muscles érecteurs. Cette première
théorie de l’érection est inadmissible, D'abord, toulannonce que la congestion sanguine qui constitue lPérection estactive,
et non l’eflet passif d’une compression : celanerésulte-t-11pas, et du battement des artères du pénis, et de la sensation de
plaisir qui précède et accompagne l’érection, et de l’augmen-
tation de chaleur de l’organe ? En second lieu, dans les autres parties du corpsoù s’observent des érections, au mamelon du sein, par exemple, on ne voit aucune compression propre à produire le phénomène. Enfin, quel que soit le redressement de la verge contre l'abdomen , jamais la veine honteuse interue n’est comprimée assez pour entraver la circulation
veineuse dans le corps caverneux. On avait même nié qu’elle
le füt le moindrement , et on avait dit que les muscles iskiocaverneux, loin d'élever la verge, la tiraient en bas et en
arrière : mais On était en ceci tombé dans un extrème in-
verse. Evidemment les muscles iskio et bulbo-caverneux portent Ja verge en haut et en avant, surtout dans le pre-
mier temps de l’érection, quand l'organe est encore pen!
dant; car, lorsqu'il est redressé tout-à-fait, ils la tirent en.
bas; et Jorsqu’il est dans une situation moyenne, ils n’en. changent pas la direction. Il est sûr aussi qu’ils contribuent, !
par leur contraction , à l'érection , en exerçant une compres-.
sion directe sur le corps caverneux dont ils embrassent les.
racines, et en pressant la veine honteuse contre le ligament
périnéal. Mais il faut reconnaître, d’abord que leur con-*
traction est convulsive; ensuite, que la compression de la
veine honteuse a la moindre part à la congestion de sang qui:
constitue l’érection.
Aujourd’hui, cette congestion est dite active, et est attrir.
Le
buée à lirritation que développe le tissu érectile du corps.
caverneux. Cette irritation est, en eflet, ce qui commence ji le phénomène, comme le prouve la sensation de volupté qui | | le précède et l'accompagne. La dilatation du tissu érectile, | et Pañlux du sang dans son intérieur, ne viennent qu’en"
DE LA COPULATION. 59 suile , et coïncidemment ; et, par exemple, l’afflux du sang est si peu la cause de la dilatation , que celle-ci souvent Je précède. D'ailleurs, toute irritation n’a-t-elle pas pour effet d'appeler plus de sang dans l’organe qui en est le siége? et n'est-ce pas surlout un phénomène propre au tissu érectile ? ve tissu n’a-t-1] pas une organisation telle qu’il peut , ou se dilater sous l'influence d’une irritation , ou permettre l’accès d’une quantité plus grande de sang en son parenchyme ? On peut presque considérer lérection comme une sorte de phlegmasie, mais qui n’est que passagère, et. qui permet au sang, dont l’afflux a produit la congestion , ‘de retourner sans désordre dansle torrent circulatoire. Nous n’avons pas besoin de dire que la membrane fibreuse externe du Corps caverneux est étrangère à l’action ; remplissant un pur office de conten- Lion , elle sert seulement à contenir l'érection en de justes bornes. C’est le tissu érectile du corps caverneux, et celui de la parue spongieuse de l’urèthre et du gland, qui seuls effectuent : peut-être cependant il y a aussi redressement pasmodique des lames que Ja membrane externe envoie dans ntérieurdu corpscaverneux, poursoutenirlesramifications Jascuiaires. jadis, on croyait que le sang qui a afflué était panchédansdescellules, et parconséquentétait hors des vais- CAUX ; mais c'était dans le temps où l’on n’avait pas saisi Ja éritable disposition du corps caverneux, lorsqu’onavait méonu que ce Corps caverneux consiste spécialement en des lexus veineux. Aujourd’hui, on reconnaît que le sang est seu- D ulédans ces plexus veineux ; M. Cuvier, en injecint la verge de l'éléphant, MM. Chaussier, Béclard, par des njéctions sur l’homme, s’en sont assurés. Dans l’idée que le ing qui cause l’érection est dans des cellules et hors des vaisaux, comment concevoir d’ailleurs Ja promptitude avec quelle cette érection disparaît ? On s’est demandé si la conéstion du sang tient, ou à un afllux plus grand de ce liquide ar les artères, ou à un spasme et à une diminution d’action es veines, qui conséquemment en exportent moins, ou à ces eux causes à la fois. M. Cuvier professe cette dernière opi- Ion ; en ajoutant cependant, que Je spasme des veines doit y loir la plus grande part; il se fonde sur ce que ce sont les
6o FONCTION DE LA GÉNÉRATION.
veines qui prédominent dans la structure du corps caverneux, el sur ce que c’est surtout aux veines que SC terminent | les nerfs qui sont les conducteurs de l’irritation mentale. Sans doute il faut bien une action spéciale de ces veines , puisque ce sont elles qui forment plus particulièrement le üssu érectile du corps caverneux, et que c’est ce tissu érectile qui, en vertu de Pirritation dont il est le siége, appelle en lui le sang; mais cet appel prouve que le sang artériel doit affluer aussi en plus grande quantité, et tous les autres phénomènes qui accusent, dans cet acte d’érectuion, une exaltation de la vitalité, en sont aussi la preuve.
Toutefois, par cette érection , le pénis a acquis la solidité qui lui est nécessaire pour effectuer son introduction dans le canal vulvo-utérin, malgré les résistances physiques que peut présenter ce canal.
Mais pendant le séjour que cet organe fait dans les parties de la femme, il faut que soit excrété le sperme qui doit effectuer la fécondation ; et voici le mécanisme de cette excrétion. L'introduction du pénis étant forcément accompagnée de frottements, qui sont l’occasion d’une sensation tactile voluptueuse, l’état d’érection persiste. L’excitation évidente: dans laquelle est cet organe se propage au reste de l’appas: reil. D'un côté, le testicule augmente sa sécrétion , comme! Je font les glandes salivaires , lorsque la présence d’un ali: ment dans la bouche les excite; dès lors le sperme arrive! avec plus d’abondance aux vésicules. On croit d’ailleurs que ce testicule est alors soulevé, rapproché de l’anneau , comme secoué par les contractions convulsives sympathiques du dartos et du muscle crémaster, et que le sperme qui remplit, ses vaisseaux intérieurs est alors poussé mécaniquement vers! les vésicules. Au moins, par ce soulèvement du testicule, le! canal déférent est devenu moins long et moins flexueuxi| D'autre part, l’excitation saisit la vésicule elle-même; ce! réservoir se contracte , et projette, par le canal éjaculateur, le sperme dans l’urèthre. Est-ce une contraction brusque, énergique ; qu’eflectue la vésicule ? ou seulement une r&l traction lente, en vertu de laquelle le sperme serait amené! doucement dans l’urèthre , le dardement de ce fluide ne se
DE LA COPULATION. 61 faisant qu’au-delà ? On ne peut rien assurer; mais comme la vésicule n’a dans sa texture rien de musculeux , qu’on ne peut déterminer en elle artificiellement aucune contraction forte, et qu’enfin une sensation de plaisir qui augmente progressivement semble marquer le passage graduel du sperme dans l’urèthre, le dernier fait paraît être le plus probable. Toutefois, le sperme arrivé dans l’urèthre porte, par sa présence, ce canal au plus haut degré d’orgasme ; cet urèthre se rétracte avec énergie ; les museles iskio et bulbocaverneux, transverse du périnée et reléveur de l'anus, entrent sympathiquement dans une contraction convulsive ; en même temps que les premiers maintiennent le pénis redressé et dans une direction qui est en rapport avec l’orifice de l'utérus au fond du vagin , ils concourent à exprimer de Purèthre le sperme qui y est parvenu; et, par le concours de toutes ces puissances, ce fluide est dardé ; projeté au loin, avec une sensation de volupté qui est la plus vive de toutes celles que l’homme peut éprouver. Tout l’appareil est dans un état d’orgasme extrême; l’urèthre a revêtu une sensibilité qui lui est nouvelle; dans tout autre temps, l’excrétion du sperme ne procurerait pas la même sensation de plaisir ; la volupté ressentie est telle, que l’homme est mis momentanément hors de lui-même, et comme jeté dans une con- Vulsion générale. L’excrétion ne se fait pas d’une manière continue, mais par jets, par saccades. Remarquons encore en passant la bonté de la nature, qui, iei comme dans la Quirition , a attaché une vive sensation de plaisir à l’accomplissement de l'acte qui était pour elle et pour nous d’un si rand intérêt, La quantité de sperme qui est projetée a été valuée à deux gros; mais nécessairement cela doit varier selon le degré d’exaltation avec lequel l’acte s’accomplit, selon la onstitulion individuelle, le temps qui s'est écoulé depuis é dernier coït. On s’est demandé si les vésicules séminales evident en entier, ou si ciles conservent encore un peu de perme? on ne peut le Savoir; ce qu'il y a de sûr, c’est [u'une seconde copulation peut suivre d’assez près une prenière. En même temps que le sperme est excrété, les sucs le la prostate et des glandes de Cowper le sont aussi : la
Go FONCTION DE LA GÉNÉRATION.
projétion de ceux-ci s’observe même dès les premiers temps de l’érection , et précède l’éjaculation proprement dite. Toute cette scène s’accomplit assez rapidement , surtout l’excrétion spermatique. Cependant chez certains animaux, Ceux SUTtout qui n'ont pas de vésicuies séminales, elle comporte un temps assez long ; et, par exemple, c’est pour que le sperme ait tout le temps d’être déposé dans les parties de la femelle, que chez le chien, qui n’a pas de vésicules séminales, le pénis, une fois introduit, se gonfle de manière à ne pouvoir plus être retiré que lorsque l’excrétion du sperme achevée en fera cesser l’érection.
L’éjaculation spermatique effectuée, l’éréthisme du pénis cesse, les parties reviennent lentement à leur état naturel, et le rôle de l’homme dans la génération est accompli : cet être éprouve un sentiment général de langueur, d’abattement et souvent de tristesse, comme s’il sentait qu’il vient de donner l’être à ses dépens, et qu'il a diminué son fonds de vie.
{ III Office de la femme dans la Copulation.
Chez la femme, les parties extérieures de la sénération sont disposées de manière à permettre mécaniquement l’in-| troduction du pénis; il n’y a pas besoin chez elle de ce phénomène de l'érection , que nous venons de voir être un préalable indispensable pour l’homme ; la vulve laisse. libre l’entrée du canal vulvo-utérin. Ce n’est pas cépen-, dant qu'il n’y ait à l'introduction du pénis des difficultés: physiques plus ou moins grandes. Ces difficultés tiennent , à! la présence de la membrane hymen, à l’étroitesse naturelle du vagin, à la turgescence du tissu érectile qui garnit lin: térieur de la vulve et du vagin, turgescence qui se fait, alors par les mêmes influences volaptueuses que l'érection! chez l’homme, à la contraction du muscle constricteur dé la vulve : ces difficultés sont grandes surtout aux premières) approches , et tellement que ces premières approches sont, généralement douloureuses pour les deux sexes, accom pa! gnées de quelques déchirements et d'écoulement de sang ;
DE LA COPULATION. 63 cruenta Venus. Mais c’est à l’homme à vaincre ces difficultés physiques; elles ne sont pour la femme qu’une occasion de douleurs. Du reste, elles entraient dans le plan de la mature; d’un côté, elles piquent moralement l’homme et augmentent son ardeur ; d’autre part , le pénis une fois introduit dans le vagin , est mieux embrassé par ce canal; jes frottements qu’exercent sur lui les rides qui en hérissent la Surface interne » entretiennent mieux son excitation. D’ail- Jeurs, ces résistances ne sont que légères; il y a rapports de grandeur, de calibre entre le pénis et le vagin; et les mu- Cosilés qui suintent de la surface interne de celui-ci, l’expansibilité dont est susceptible ce canal, permettent toujours de les vaincre.
+ Mais si, à l’égard de cette introduction ,; la femme paraît être passive, elle ne l’est pas dans le reste de l'acte ; elle participe de l’orgasme voluptueux de l’homme. Ainsi que nous l'avons dit, il y a turgescence érectile du clitoris et de tout le tissu spongieux qui tapisse l’intérieur de la vulve et du vagin ; cette lurgescence se fait par le même mécanisme que l'érection chez l’homme, elpar les mêmes causes, savoir, Pinfluence mentale du désir , et la stimulation exercée par ‘approche elle-même. Le Spasme voluptueux se continue endant tout le temps du rapprochement, et, augmentant taduellement , il arrive à un s; haut degré, que la femme St jetée dans un état convulsif et extatique , sémblable à elui qu’a présenté l’homme lors de l'émission du sperme. bise fait probablement alors dans les ovaires et les trompes uélques mouvements que nous chercherons à caractériser Particle de la conceplion, et qui sont les analogues de eux qu'ont présentés chez l’homme les vésicules séminales PAüréthre. Il est certain au moins, que la volupté vive d'éprouve alors la femmene Uent pas au contact du sperme ui est projeté, mais au jeu même de ses organes; car il est >Ss1ble que les moments auxquels les deux individus éprount le plus grand ‘pasme ne coïncident pas. Il est certain core qu’il n’y a pas chez la femme d’éjaculation spermaque; et les fluides que quelques femmes excrètent alors ne nt que de simples mucosités vaginales.
On peut donc, à la rigueur, faire dans le rôle de la femme pour la copulation, le même partage que dans les actes par lesquels l’homme l’a accomplie. Observons cependant que les femmes présentent ici beaucoup de variétés ; chez les unes, cet acte est accompagné de sensation de plaisir; chez d’autres, il est sans jouissance aucune , Où même douloureux. Jadis une thèse fut soutenue sur cette ridieule question : st ne fæmina viro salacior ? Généralement dans toutes les espèces animales le mâle est plus ardent que la femelle, et cela est vrai aussi de l’espèce hu-. maine. On a demandé lequel des deux sexes éprouve dans: le coït plus de volupté, comme si l’on pouvait comparer des! sensations qu'autant qu’on les éprouve soi-mème. Après le! coït , la femme a le même sentiment de faiblesse, de lan-
gueur et de tristesse que l’homme.
ARTICLE IT
De Ja Conception ou Fécondation.
La copulation, dont nous venons de traiter , est le seul acte génital qui, comme commençant Ja reproduction ,.soil laissé à notre volonté, Tous ceux qui vont le suivre se pro: duiront irrésistiblement , et sans que nous en ayons con: science. C’est de même que dans la fonction de digestion la préhension de laliment était le senl acte volontaire! tous ceux qui ont fait suite se sont accomplis d'eux-mêmes: indépendamment de toute volonté et sans aucune percep tion. Cette copulation, en outre, n’est qu'un acte prépara toire de la génération; elle ne sert qu’à produire la fusion. le rapprochement des matières, quelles qu’elles scient que fournissent l’un et l’autre sexe pour la formation dl l'individu nouveau; c’est cette formation, qu'on appelle fe condation , conception, qui est vraiment la chose impor tante. En effet, dans beaucoup d’animaux, dans tous ceul chez lesquels l’œuf n’est fécondé qu'après avoir été pondu il n’y a pas de copulation ; et dans les animaux , pour les quels un accoupiement est nécessaire, souvent ilya con
DE LA CONCEPTION OU FÉCONDATION. 65 ception, bien que cet accouplement n’ait pas eu lieu, ou n'ait été effectué que d’une manière incomplète. Il suffit que, d’une manicre quelconque, yait eu ra pprochement des matières que fournissent l’un et l’autre sexe, pour qu’il en résulte formation de Pindividu nouveau, où du moins d’un Corps qui sera apte à le Consliluer après un certain nombre d’évolutions, de métamorphoses déterminées. Or , C'est de cette formation , de La Conception, de la fécondation , dont ROUS aVOns à nous occuper maintenant. Recherchons quelles sont les matières fournies par l’un et l’autre sexe , Comment ces matières sont mises en Contact, el comment de ce conact résulte l'individu nouveau.
D'abord, la substance que fournit l’homme , et par Jaquelle il concourt à la génération , est évidemment je Sperme ; c’est en eflet ce qu'il projette dans la copulation. Il excrète bien aussi les liqueurs de la Prostate et des glandes de Cowper, mais ces sucs n'existent pas dans tous les animaux , et probablement ils ne servent qu’à la Jubréfac-
tion des parties, ou à la dilution du sperme, Au moins ; dans les fécondations artificielles que divers expérimentaeurs ont faites, et dont nous devons parler ci-après, on a )bservé que le Sperme, pour jouir de toute sa puissante féondante, avait besoin de dilution , d’être délayé, d’être tendu dans une liqueur. Au contraire , les testicules existent n tous les animaux, et leur ablation suffit pour produire a stérilité, bien que tout le reste de l'appareil génital subiste et puisse effectuer le coït. On peut d’ailleurs en appeé Sur ceci aux animaux chez lesquels la fécondation s’acomplit à l'extérieur ; on voit en eux » Qu'évidemment le perme est projeté sur les œufs ; que, sans l’influence de ce perme, ïl n’y à pas de fécondation » el que c’est par ce uide seul qu’elle a lieu. Spallanzant examine COMparaliement, dans de l’eau trés limpide et hors de l'eau, des renouilles pendant qu’elles sont accouplées ; il voit qu'au ioment où la femelle poñd les œufs, le mâle lance, par ne pointe gonflée Qui sort de son anus, une liqueur transdrente qui arrose ces œufs et les féconde. Pour avoir ]4 rtitude que c’est la liqueur projetée par le mâle sur Les Tower IV. 5
œufs, qui a eflectué la fécondation , Spallanzant habillé
le mâle avec une culotte de taffetas ciré , et il observe alors,
d’une part, que la fécondation n’a plus lieu, et, d’autre
part, que la culotte est remplie d'assez de sperme pour qu'on
puisse en recueillir. Enfin, Spallanzani imprègne un pin-
ceau du sperme recueilli dans l'expérience précédente, et
tous les œufs qu’il touche avec ce pinceau sont fécondés.
Cette fécondation artificielle lui réussit, soit qu’il opère
sur des œufs déjà pondus , Soit qu'il agisse sur des œufs en-
core renfermés dans l’oviductus, soit qu’il emploie le sperme
pur ou mêlé à d’autres liquides , du sang, de l’urine, de la
bile, du vinaigre , etc. Trois grains de ce sperme lui ont
suffi pour spermatiser et rendre fécondante une livre d’eau;
il suffisait pour la fécondation , d’un globule de cette eau,
qui ne devait contenir qu’un 2,994,687,900° de grain. Ce-
pendant , au-delà d’un certain degré d’extension du sperme,
il vit diminuer la puissance fécondante, à mesure qu'il
augmentait la quantité du véhicule. Déjà Jacobi avait fé-
condé artificiellement des œufs de poissons, en exprimant | eur eux la laite des mâles. Comme on pouvait objecter la, grande différence qui existe entre les batraciens et l’homme; , Spallanzani opéra sur un animal plus rapproché de notre: espèce; il choisit une chienne de la variété des barbets, etl qui avait déjà engendré plusieurs fois; il l’enferma quel-: ques temps avant l’époque du rut; il attendit qu’elle en: présentât tout les signes, ce qui ne fut qu'après vingt-trois jours de réclusion ; et lui injectant alors dans le vagin et la: matrice , à l’aide d’une seringue chaude trente degrés, dix: neuf grains de sperme qu’il avait retiré d’un chien, il vit la: chienne au bout de deux jours cesser d’être en chaleur, et mettre bas, au terme ordinaire, trois petits, qui ressem= blaient à la foisetäelleet au chien qui avait fourni le sperme: Rossi de Pise , et Bufjolini de Césène ont répété cette expérience avec le même succès. Enfin, MM. Dumas et Prevost, dans une suite d'expériences nouvelles sur la génération, ont aussi, avec du sperme, fécondé artificiellement des œufs de grenouille. Ayant délayé dans de l’eau le sud exprimé de plusieurs testicules, et y ayant ensuite plonge
DE LA CONCEPTION OU FÉCONDATION. 67 des œufs de grenouilles, ils ont vu ces œufs successivement se gonfler et se développer ; d’autres œufs, plongés par comparaison dans de l’eau ordinaire, n’ont fait que se gonfler, et après quelques jours se sont pourris. Dans leurs expériences, ces savants ont reconnu que le mucus dont les œufs de grenouilles se revêtent dans la seconde partie de l’oviductus, sert à absorber le sperme , et à conduire ce fluide à la surface de l’œuf ; que, pour réussir dans ces fécondations artificielles, il importe Conséquemment que le sperme soit délayé ; s’il est trop concentré, son ac- üion est moindre. Ils se sont assurés enfin, que ce n’est pas seulement la partie aqueuse du sperme qui est absorbée, mais Sa partie principale, puisqu'ils ont retrouvé des animalcules mouvants dans l'épaisseur du mucus, et Jusqu'à la surface de l’œuf proprement dit: et nous VETTOns que ce sont ces animalcules qu’ils considèrent comme la parte agissante du sperme. | Il est donc certain déjà que le sperme est Ja matière fournie par l’homme pour la génération. Ce premier fait con- Staté, recherchons jusqu’à quel point de l'appareil génital de la femme ce fluide est projeté, et en quel lieu il agit.‘ Les physiologistes ont ici émis des assertions différentes , selon le système qu’ils ont adopté sur l'essence de la génération. Selon les uns, le sperme ne parvient qu’à la partie supérieure du vagin, sans pénétrer dans l’intérieur de l’utérus; et c’est parce que les vaisseaux du vagin l’absorbent , et le portent par les voies de la circulation jusqu’à l’ovaire, où parce qu’il dégage une émanation Spiritueuse qui se propage jusqu’à cet organe, qu'il accomplit la fécondation. Quel que soit, en effet , le trajet que parcourt le sperme , il faut qu'il agisse sur l’ovaire ; car nous allons prouver tout à l’heure que c’est à cet organe que se fait la fécondation. Selon d’autres, le sperme est dardé jusque dans l'utérus mais 1l ne Va pas au-delà ; et c’est dans cet état que, se mêlant à la matière, quelle qu’elle Soit, que fournit la femme, il accomplit la fécondation. Enfin, dans une FCO sième opinion , l’on dit que le sperme, porté par l’éjaculation jusque dans l’utérus, ÿ est saisi par Ja trompe, et 5,
est porté par cet organe , qui est alors en érection , jusqu’à l'ovaire, auquel sa portion frangée, son pavillon, sont alors appliqués.
De ces diverses opinions, la dernière est la plus vraisemblable, pour ce qui est de l'espèce humaine au moins. Dans cette espèce, en effet , ilest sûr, en premier lieu , que c’est à l'ovaire que se fait la conception ; les grossesses extra-utérines en sont la preuve. On a vu des fœtus se développer dans l'ovaire même; on en a vu le faire dans le venire, les ovules ayant probablement échappé à la trompe au moment où celle-ci, par son pavillon, les prend dans l’ovaire pour les conduire à l’utérus ; on a vu enfin des grossesses de la trompe elle-même, les œufs s’y arrétant et ne parvenant pas jusqu’à l’utérus. Nuck a une fois déterminé cette dernière ; ayant appliqué sur une chienne, trois jours après son accouplement, une ligature à l’une des cornes de la matrice, il trouva deux fœtus arrêtés dans la trompe, entre la ligature et l'ovaire. Ces cas insolites prouvent que c’est à l’ovaire même que s’est formé l'individu nouveau ; s’il s'était formé à des parties moins profondes , ilaurait dü être reporté à l'ovaire, et cela n’est pas probable, car, pour quel but le serait-il? On sait , d’ailleurs , qu'ilsufiit qu’une poule soit cochée une fois pour pondre vingt œufs féconds; or ces œufs ne sont excrétés que l’un après l’autre ; ils n’ont pu conséquemment être fécondés qu’au lieu où ils étaient réunis, C'est-à-dire à l’ovaire même. A la vérité, MM. Dumas et Prévost croient devoir conclure de leurs derniers travaux , que le siége de la fécondation est l'utérus. Ils se fondent sur les trois raisons suivantes : 1° dans leurs expériences, ils ont toujours trouvé le sperme remplissant les cornes de la matrice ; et n'est-il pas naturel dès lors de ne placer le
siége de la fécondation , que là où le sperme est présent eb
a pu agir? 20 dans les animaux dont les œufs ne sont fé-
a ? s DRE SA ; re = r
condés qu'après avoir été pondus, évideminent la fécondation se fait à un lieu autre que l'ovaire; 30 enfin, dans leurs expériences de fécondationsartificielles, jamaisils n'ont
? . à . e pu féconder d'œufs pris à l'ovaire. Mais aucuns de ces argu=, ments ne me semble une démonstration. Le premier nesb
DE LA CONCEPTION OU FÉCONDATION. 69 qu’un fait négatif; et dans une matière auss; délicate , eston sûr de tout voir, de ne rien laisser échapper ? Haller dit avoir trouvé le sperme Jusque sur l’ovaire; et c’est un fait positif à opposer aux observations négatives de MM. Dumaset Prévost. D'ailleurs, ces expérimentateurs disent que le premier jour après la copulation , le sperme n’était qu’au milieu des cornes utérines ; que ce n’était qu'après vingt-quatre heures qu’il était parvenu à leur sommet; ils disent Vavoir vu une {ois jusque dans la trompe; or, ne sont-ce pas là des indices du transport de ce fluide au-delà de l’utérus ? et, particulièrement, aurail-on jamais dû le trouver dans la trompe, si c’est à l’utérus que se fait la féconda- Uon? Le second argument n’est qu’une analogie dont on Peut contester l'application aux animaux supérieurs; d’aprés cette analogie, la fécondation ne se ferait pas même à Putérus, mais en dehors de tous les organes. Quant au troisième argument , l’impossibilité de féconder des œufs pris à l’ovaire, d’abord MM. Dumas et Prévost conviennent n'avoir jamais pu détacher ces œufs sans les blesser , et cela a pu empêcher leur fécondation ; ensuite, Spallanzani a réussi à l’effectuer. Concluons donc que, dans les animaux supérieurs au moins, c’est à l'ovaire que se fait la fécondation; et dès lors se trouve ruinée déjà cette première OpimOn , qui plaçait le siége de cette opération dans l’utérus. En second lieu , il est également sûr que le sperme est projeté au-delà du vagin, et jusque dans l’utérus. En effet, lans le coït, l'extrémité du pénis est placée dans le fond du agin , jusque contre l’ouverture de l’utérus; et que serviait le rapport entre ces deux organes, si ce n’était pour que e fluide projeté par l’un pénétràt dans Ja cavité de l’autre? Jn avait même ditquel’extrémité du pénis s’engageait lorsdu oit, dans l’orifice de l'utérus » Mais cela est faux ; il est plus r0bable que l’orifice de l'utérus, alors à moitié ouvert, t dans un état de Spasme, aspire le sperme. En second lieu, idée que je Sperme est absorbé par les vaisseaux du vagin, Lva, par la voie de la circulation , influencer lovaire , est admissible. Enfin, on a des preuves directes de la pénétraon de ce fluide dans l'utérus; si Fabrice d’Aquapendente,
Harvey, disent ne ly avoir pas trouvé, d’autres expérimentateurs ont été plus heureux; Ruisch Va reconnu dans l'utérus d’une femme surprise en adultère par son mari, et tuée par Jui; Haller Va retrouvé dans la matrice d’une brebis tuée quarante - cinq minules après l’accouplemen ; MM. Dumas et Prévost ont signalé ce même fait, et en avaient conclu, comme nous venons de le dire , que la fécondation se faisait dans l'utérus. k Enfin, comme la conception a certainement lieu à l’ovaire, il faut, ou que le sperme soit, lors de la copulation, projeté, non-seulement jusque dans l’utérus, mais encore jusqu’à l'ovaire; ou que de l'utérus, ce fluide agisse sur l'ovaire, par un aura seminalis ; où bien enfin que, par une action spéciale de la trompe, il soit conduit de l'utérus à l’ovaire. La première de ces supposilions ne peut être admise ; cer-. tainement , lors de l’éjaculation spermatique ; le fluide ne va pas jusqu’à l’ovaire , ou du moins ce n’est pas par linfluence du mâle ; les trompes ont trop d’étroitesse pour permettre d’une manière aussi mécanique la projétion du fluide. La supposition de l’aura seminalis n’est pas mieux fondée; car, dans les animaux chez lesquels la fécondation se fait à l'extérieur, on voit qu'il y a contact direct du sperme; et Spallanzani et MM. Dumas et Prévost, dans leurs expériences de fécondations artificielles, ont reconnu que ce contact était nécessaire , et que ces fécondations n’étaient jamais obtenues quand on soumettait seulement les œufs aux émanations du sperme. Voici expérience par la: quelle Spallanzani constata ce résultat : il prit deux verres de montre susceptibles de s'adapter l’un à l’autre; dans Vinférieur, il mit dix à douze grains de sperme, et dans l’autre une vingtaine d’œufs; après quelques heures, la semence s'était évaporée au point que les œufs en étaient hu: mectés, et cependant ils ne furent pas fécondés ; ils le furent au contraire dès qu’on les eut touchés avec ce qui restait de la semence, L’expérience de MM. Dumas et Prévost est en= core plus concluante. Ils préparèrent cinquante grammes, d’une liqueur fécondante, avec le suc exprimé de douze, testicules et d'autant de vésicules séminales ; avec dix grame
mes de cette liqueur ils fécondèrent plus de deux cents œufs. Les quarante grammes restants furent mis dans une petite cornue à laquelle on adapta une alonge ; on plaça dans celle-ci Quarante œufs, dont dix occupaient la partie la plus creuse, tandis que les autres étaient placés près du bec de la cornue : l'appareil alors fut mis sous le récipient de la machine Pneumatique, et on enleva assez d’air pour diminuer de moitié la pression atmosphérique ; on dirigea ensuite sur la panse de la cornue les rayons solaires, la tem-
pérature à l’intérieur s’éleva à 25 degrés; après quatre
heures On arrêta l’expérience , et voici ce qu’on trouva : les
œufs qui étaient au fond de l’alonge étaient baignés dans
un liquide clair, qui était le produit de la distillation ; ils
s'étaient gonflés comme dans de l’eau pure ; mais ils ne se développèrent pas ; il fallut pour cela les plonger dans la liqueur qui était restée dans la cornuc ; les œufs qui étaient placés tout près du bec de la cornue n’éprouvèrent aucun
changement. Ainsi, la partie de la semence qui avait été
retirée par la distillation » N’élait pas apte à féconder,
tandis que celle Œui restait avait conservé cette aptitude. Certes, ce fait est tout-à-fait opposé à la supposition d’un
aura seminalis. I] faut donc que le sperme aille de l’utérus
à l’ovaire, par la trompe. Or, voici ce qu’on croit : dans le
Spasme volupiueux qui existe lors de la copulation, la
trompe s’érige, applique son pavillon à l'ovaire , et apporte
le sperme à cet organe: Haller dit qu’en injectant sur le cadavre les vaisseaux de la trompe , 1l a vu ce canal se comporter ainsi ; il dit avoir reconnu plusieurs fois, dans des
lapines, le sperme dans les trompes et jusque sur l’ovaire,
Qu'on réfléchisse d’ailleurs » Combien il faut peu de sperme pour la fécondation , à juger par les expériences de Spallan-
Zani. Opposerait-on l’étroitesse des trompes ? mais dans les
végétaux, ne faut-il pas que le pollen traverse les vaisseaux
du style ? et ce passage est-1] moins étroit? On verra d’ail-
leurs la trompe se dilater assez pour permettre plus tard
le passage de l’ovule. Enfin, sans anticiper sur ce que nous
avons à dire des animalcules Spermatiques, il n’est pas pro- “bable, si c’est un animalcule qui fait la fécondation, œue
ce soit par une action de sa part que cel animalcule gagne l’ovaire. Tout annonce donc que c’estune action directe de la trompe , qui conduit à l’ovaire la portion du sperme, quelle qu’elle soit, qui effectue la fécondation.
Maintenant il faudrait caractériser l’action qu’exerce ce sperme : mais auparavant, cherchons quelle matière fournit de son côté la femme. Ce n’est, ni de l’appareil de copulation, ni de celui de gestation, que provient cette matière, mais de l’appareil de germification. L’ovaire est en effet dans le sexe femelle l’analogue du testicule dans le sexe mâle ; son ablation rend stérile aussi-bien que celle du testicule ; il en est de même de ses maladies; il est, de tous les organes génitaux, celui qui éprouve les plus grands changements à la puberté; il prend alors tout à coup un tel accroissement, que son poids, qui égalait à peine dix grains, s'élève jusqu’à deux gros; à sa surface apparaissent de petites vésicules, appelées vésicules de de Graaf', qu'on n’y voyait pas auparavant, et que la plupart des physiologistes considèrent comme devant fournir un œuf; il se flétrit aussi, et disparaît presque à l’âge critique ; nous avons vu que c'était en lui que se passait la conception ; enfin ce sont les ovaires qui vont nous offrir les plus grands changements, immédiatement après un coït fécondant.
Fabrice d’Aquapendente ayant tué des poules, peu de temps après qu’elles avaient été cochées, examina leurs ovaires, el Vit que parmi les petits grains jaunes, ronds , qui, disposés comme une grappe de raisin, constituent ces organes, 1} y en avait un qui offrait une petite tache, dans lequel se développaient des vaisseaux, qui prenait du volume, puis se détachait, élait reçu par l’oviduetus, se revêtait en traversant ce canal tortueux et le cloaque de diverses couches et particulièrement d’une enveloppecrétacée, et élait pondu sous la forme d'œuf. Harvey expérimentantsur des biches, sur des femelles de daims, fit les mêmes observations, et dit positivement que l'ovaire fournit un œuf, et qu'il n’y a d’autres diflérences entre les animaux sous ce rapport, sinon que chez les uns cet œuf éelôt en dehors après avoir été pondu, et que chez les autres il éclôt : |
DE LA CONCEPTION OU FÉCONDATION. 2 dans un réservoir de dépôt, dans une matrice. À l'appui de celte opinion , militait l’analogie des animaux chez lesquels la fécondation à lieu à l'extérieur, et dans lesquels ce que fournissent les femelles paraît être des œufs qu’avivent les mâies en les arrosant de leur sperme.
De Graaf, Malpighi, Valisnieri, Haller et beaucoup d’autres , multiplhièrent alors les expériences de ce genre, soit pour vérifier cette assertion de la fourniture d’un œuf k Soit pour découvrir en entier la série des changements qu'’offrent les organes, depuis le moment même de la conception jusqu’à la ponte de l’œuf ou la naissance de l'individu nou- Veau. De Graaf expérimenta sur des lapines : une demiieure aprés l’accoupiement il n’aperçcut rien encore, sinon que les cornes de la matrice lui paruretit un peu plus roues ;, a près six heures, les enveloppes des vésicules des ovaires ui semblèrent rougeàtres ; après un jour, évidemment trois ésicules à l’un des ovaires , et cinq à l’autre, se montrèrent ltérées , étaient devenues opaques , rougeàtres ; après vingt- “Pl, quarante, cinquante heures , les cornes de la matrice L leurs conduits avaient acquis beaucoup de rougeur, et un des conduits embrassait l'ovaire ; après trois jours, extrémité supérieure du conduit embrassait l’ovaire, une ésicule était dans ce conduit , et deux dans la corne droite >la matrice ; ces vésicules étaient grosses comme des grains > moutarde, dix fois plus petites que lorsqu'elles éiaient tachées à l’ovaire; elles étaient formées de deux memances, et remplies intérieurement d’une liqueur limpide. dquatrième jour, l'ovaire n’offrait plus qu’une espèce enveloppe, que de Graaf'appelle follicule, et qui semblait re la capsule dans laquelle était l'œuf; celui-ci était alors us la matrice, y avait déjà grossi, et ses deux enveloppes ent bien distinctes. Y flottant jusqu’au septième jour, n'élait qu'alors qu'il contractait avec cet organe une adrence. Au neuvième jour, dans un point de la liqueur re qui remplissait l’œuf, de Graaf commença à apercerun petit point opaque , une espèce de nuage. Au dixième l, CE poIut avait la figure d’un petit ver. Au onzième, on ingua en lui nettement l'embryon; et, à parUr de cette
époque, cet embryon alla croissant jusqu’au trente-unième: jour, qu’arriva le part.
Les travaux de Malpighi, de Valisniert font reconnaître de même , qu’à la suite d’un coït fécondant, un corps se développe, grossit à la surface de l’ovaire, puis se rompt pou laisser échapper un corps plus petit que saisit la trompe, et que ce canal conduit dans l'utérus. Il y a seulement dé: bats pour caractériser rigoureusement ce qu'est le corps qui se rompt, et celui qui s'en échappe. Ce dernier est , selon le: uns , un sperme analogue à celui du mâle ; selon les autres: un œuf; enfin, selon Valisnieri, Haigton, Haller, uni substance amorphe, mais qui, par des développements suc cessifs, deviendra l'individu nouveau.
Entre ces expérimentateurs se distingue surtout Hallen qui, faisant couvrir le même jour un certain nombre d brebis, de femelles d’animaux, les tue ensuite à des inter valles de plus en plus éloignés du moment de la copulation afin d’embrasser toute la série des changements par lesque: la vésicule est détachée de l’ovaire et conduite dans l’utéru Une demi-heure après le coït, une des vésicules de l’ovan lui paraît faire saillie, offrir sur sa conyexité une tacl rouge, sanglante, et être prête à se rompre. Après une heu et plus, la vésicule est rompue, et son intérieur est comm saignant , enflammé. Graduellement, ce qui reste de la w sicule à l’ovaire, et qui semble être son enveloppe, s’épai sil, et se change en un corps de couleur jaunâtre, qi Haller appelle, à cause de cela , corpus luteum. La fente p laquelle la vésicule s’est vidée, se voit encore quelque tem dans ce corpus luteum ; mais vers le huitième jour, on ne voit plus. Au douzième jour, ce corps pâlit, commenct diminuer ; dès lors il continue de le faire jusqu’au terme:
la gestation ; et il se réduit à la fin à un peut corps di jaunàtre , noirâtre, qui se laisse toujours distinguer dé lovaire , ou au moins laisse en cet organe l’empreinte d’u cicatrice. Quelquefois il persiste jusqu'a près l’accoucheme: Son volume est d’autant plus gros, qu’on est plus près: l'instant de la conception. Dans la chienne, par exemple, dixième jour, il a plus de grosseur que la moitié de l’ovai
cépendant il ne provient que d’une seule vésicule. Dans les animaux multipares , il ÿ a autant de corps jaunes que de fœtus. |
. Des physiologistes de notre temps, MM. Magendie, Dumas et Prévost ont aussi reconnu les mêmes faits. M. Magendie, opérant sur des chiennes, vit que trente heures après l’accouplement, les vésicules les plus grosses de l’ovaire avaient beaucoup augmenté; le tissu de l’ovaire qui les en- Vironnait était devenu plus consistant, avait changé de couleur , était d’un gris jaunâtre. Cette partie était le corpus luteum ; elle grossit les trois et quatre jours suivants, ainsi que les vésicules ; elle semblait contenir dans ses aréoles un liquide blanc, opaque, analogue à du lait. Alors les vésicules rompirent successivement la tunique externe de lovaire, et se portèrent à la surface de cet organe, lui adhérant cependant encore par un de leurs côtés; leur volume tait quelquefois celui d’une noisette ordinaire; rien en elles n’annonçait un germe. Leur surface était lisse, et leur intérieur rempli d’un liquide, mais qui ne se prenait plus nm masse comme avant la fécondation. Pendant qu’elles étaient conduites dans l’utérus , le corps jaune restait à Povaire, et s’y comportait ainsi que l’avait dit Haller.
… Selon MM. Dumas et Prévost, rien n’apparaît encore dans les ovaires le premier jour qui suit ja fécondation ; mais dès le deuxième jour, on voit plusieurs de leurs vésicules augmenter en dimension, et elles continuent de le faire pendant les quatre ou cinq jours suivants, de telle manière que de deux à trois millimètres de diamètre qu’elles avaient, elles arrivent à en avoir hnit. Du sixième au huitième jour, les vésicules se roripent, et laissent échapper un ovule, qui le plus souvent a été inaperçu, parce qu’il n’a qu’un demi-millimètre de diamètre, mais que le microscope a fait voir nettement aux expérimentateurs dont nous rapportons les travaux. Ils appellent cette partie ovule, par opposition à la partie qui s’est développée dans l’ovaire , et qu’ils nomment vésicule. Celle-ci offre alors à sa surface externe une ente sanglante, dans laquelle on peut glisser un stylet; et Par ce moyen l’on constate que cette vésicule offre alors une
cavité intérieure, qui est le vide qu'a laissé l’ovule en pa sant dans la trompe et la matrice. C’est au huitième jou dans la chienne, que se fait le passage de l’ovule dans l’ut rus ; tous les ovules ne passent pas en mème temps, chacu ne traverse la trompe que successivement, et cela compon un intervalle de trois à quatre jours. Arrivés dans la mi trice, ils y sont d’abord libres et flottants; examinés à U microscope qui grossissait douze fois les objets, ils ont pai être une petite vésicule remplie d’un liquide albuminer transparent. Observés dans l’eau , ils présentaient à leur su face supérieure une apparence mamelonnée, avec une tac: blanche sur le côté; cette tache blanche est la cicatricul Bientôt ces ovules ont grossi, et au douzième jour on a } reconnaître en eux les fœtus.
De tous ces travaux, on a généralement conclu , que! sperme, porté par la trompe à l’ovaire, a touché une « plusieurs des vésicules de cet organe ; que par suite ces vés cules d’abord se sont gonflées, puis ont brisé leurenvelopp: qu’alors elles ont laissé échapper un corps quelconque, qu a généralement considéré comme un œuf, et qui aétécondu à l'utérus , pour y être le rudiment de l’individu nouvea: À l’ovaire est resté le débris de la vésicule, ce qui étari cupuüle, le péricarpe de lovule. Puisqu’en effet c’est à l vaire que se fait la conception, et dans l’utérus qu'a lieu. grossesse, et puis qu’iln”ya que la trompe qui puisse condui d’un de ces organes à l’autre, il faut bien admettre que: canal, dans un premier temps, a porté le sperme à l’ovair et, dans un second , a transporté le corps quelconque qj} font l'ovaire dan l'utérus. On en a d’ailleurs des preux multipliées : dans le spasme de la génération, toujours; pavillon de la trompe s'applique à lPovaire; de Graaf, da: ses expériences , l’a trouvé y adhérant encore vingt-sept he: res après Ï ’accouplement ; pourquoi celte application ’ si. n'est pour porter et pr dde tour-à-tour quelque chose à « ovaire ? M. Mas cendie à vu l’extrémité de la trompe app: quée à une és ALES Les grossesses abdominales et tuba sont surtout un fort argument; si le pavillon de la tromi laisse échapper la vésicule qu'il a saisie, il y a grossesse a!
DE LA CONCEPTION OU FCONDATION. 77 lominale ; si la vésicule s'arrête dans la trompe , il y a rossesse tubaire. Nous avons déjà cité cette expérience de Vuck, qui, ayant lié Ja trompe à une chienne, détermina hez cet animal une grossesse tubaire. Haigton ayant coupé ime des trompes à des lapines , et ayant fait ensuite couvrir es animaux, vit qu'elles n’eurent de gestation que du côté aim; ayant fait cette section après l’accouplement, il vit que, s’il opérait dans les deux premiers jours, il prévenait andescente des ovules , mais que s'il n’opérait qu'après pixante heures, les vésiculesavaient déjà traversé la trompe, t la gestation avait lieu. Enfin ; On à une observation cuieuse d’un chirurgien appelé Bussières, qui a vu un sac voïde, gros comme une noiselte, et contenant un embryon, ui était à moitié déjà engagé dans la trompe, et à moitié ncovre adhérent à l'ovaire. En vain opposera-t-on l’étroitesse ela trompe; M. Magendie à vu une fois ce canal ayant acuis, dans ce cas , jusqu’à un demi-pouce de diamètre. Ce n’est as dans le moment même de, la copulation que se fait ce pas- 8e; tout au plus alors la trompeconduitle sperme ; ce n’est ue plus tard que ce canal conduit l’ovule. L'époque, dit-on, iffère selon les espèces d'animaux; c'est au troisième jour près la copulation, dans les lapines ; aucinquièmejour , dans sichiennes ; plus tard encore dans les femmes > M. Maygrier Lavoir observé un avortement de douze jours , et dont le HOduit consistait en une vésicule tomenteuse à sa surface, pleine d’un liquide ansparent. Il y a cependant, dans : de M. Lallemand, une observation qui pourrait re croire que la vésicule de l'ovaire est saisie lors du aSMe.qui accompagne l’acte de la copulation ; une femme iccombaau seplième mois d’unegrossesse extra-utérine elle jail raconté qu'ayant été surprise, à l'instant du coït, parun discret, elle avait éprouvé tout à coup une douleur à l’abmen ; à l'endroit même où se trouva par la suite le fœtus : où il semblerait que l’impression morale qu'éprouva la mme fit cesser tout à coup l’érectilité en vertu de laquelle ompe saisissait la vésicule, etque celle-ci dès lors tomba ns le ventre, Mais ce récit n’a peut-être été fait par cette ne qu'après l'événement, et il ne suffit pas pour contre-
balancer tous les faits qui portent à croire que ce n’est Œ tard que la vésicule quitte l’ovaire.
Plusieurs questions se présentent ici. D'abord , par qt mécanisme agit la trompe, soit pour conduire le sperme: l'utérus à l'ovaire, soit pour transmettre lavésicule de l’ova à l’utérus? On a dit quece canal était de texture musculeut et contractile à volonté : ces deux assertions sont égaleme fausses ; il est plus probable que cet organe opère par ü action d’érectilité provoquée par l’orgasme, dans lequel sc alors toutes les parties génitales.
En second lieu, est-ce le hasard qui décide celle des ve cules de l’ovaire qui est fécondée ? ou en est-il une qui, une sorte de maturité, se prépare à la fécondation? Ge dern fait paraît certain des ovipares. MM. Dumas et Prévost reconnu, non-seulement que les vésicules des ovaires des g nouilles étaient de diverses grosseurs; mais que les plus gros étaient celles qui étaient pondues immédiatement , tam que les plus petites ne l’étaient que dans les années sub quentes. Dans tous les animaux chez lesquels les œufs: sont fécondés qu'à l'extérieur, et après avoir été pond! ces œufs sont évidemment préparés pour la ponte. Enfin: dans les oiseaux, jamais les œufs ne peuvent être fécom aprèsla ponte, au moins celle-ci peut se faire d’elle-méê: indépendamment de toutes approches ; beaucoup d’oisea: quoique vierges, pondent. Mais se passe-t-il quelque ci d’analogue dans les vivipares ? Plusieurs physiologistes croient. Déjà Puffon avait avancé que le corps jaune def ler, aulieu d’être le débris de lovule, en était le ru ment; il disait que ce corps jaune était préexistant à la féo dation , et qu'il l’avait trouvé dans des filles vierges. Dept Crutksancka ditavoir signalé sur desovaires delapines viez tous les changements relatifs à ce corps jaune; et V’alisnt Santorint, Bertrandi, M. Home surtout, l’ont dit auss: l'espèce humaine. Voici ce que professe ce dernier sur €: question. À la puberté, apparaissent tout à coupà lac face des ovaires, des vésicules qu’on n’y avait pas apere d’abord. Dans les femelles des animaux, au temps du r et dans les femmes , à des époques indéterminées, on
jout à coup l’ovaire devenir vasculaire, et développer un #rps jaunâtre, glandiforme, arrondi, très vasculeux , obuleux, ou formé de circonvolutions mollasses qui saillent à a surface comme un mamelon. Dans la femme etles animaux inipares, ce corps est unique et groscomme la quatrièmeou inquième partie de l’ovaire; dans les animaux multipares, 1 est multiple et petit à proportion. À un certain degré de rosseur , ii se crève , et laisse échapper une substance qu’on lëconnaît pas; la crevasse se remplit d’un sang qui se coaule ; le tout ensuite est succesivement résorbé , et à la fin D ne reste sur l’ovaire qu’une cicatrice. Ces phénomènes e répètent à toutes les époques du rut chez les animaux , et lans tous les temps chez la femme jusqu’à l’âge critique. endant que des vésicules, par une sorte de maturité , se léveloppent ainsi dans les ovaires, les trompes sont en turescence , en érection; leurs franges sont appliquées à l’oaire , probablement pour recueillir ce qui échappera de intérieur de la vésicule; leur attache à l’ovaire est telle, u’on les déchirerait plutôt que de les en séparer. Ainsi, es femelles des vivipares rejetteraient continuellement des eufs inféconds , comme celles des ovipares ; et la fécondité épendrait de la coïncidence de vésicules müûres avec la coulation. Ainsi, ce qu’on avait pris jadis pour des effets de à fécondation pourrait bien n’en être que les conditions. L. Home assure avoir trouvé dans des ovaires de femiñes rosses, ayec le corps jaune provenant de la fécondation qui avait donné lieu à la grossesse, plusieurs autres corps aunes qui semblaient préparés peur les fécondations à veir ; ceux-ci seulement différaient du premier en ce qu'ils r’offraient aucune déchirure, l’œuf étant encore dans leur ntérieur. Haiston, dans son expérience de la section d’une les trompes pour empêcher toute gestation de ce côté, rouva cependant des corps jaunes sans déchirure dans l’oaire isolé.
Enfin, on s’est demandé si la vésicule, en traverant la trompe, ne s’est pas modifiée, n’a pas acquis quelques parties nouvelles, à l’instar de ce qui est des œufs des Vipares. Celui des batraciens se revêt , dans la seconde par-
tie de la trompe, d’une couche de mucus épaisse d’un nm limètre ; ceux des oiseaux ne sont à l’ovaire composés « du jaune et de la cicatricule ou embryon; et c'est dans . viductus et le cloaque qu'ils se revêtent des blanes et l'enveloppe crétacée. Mais ïl est difficile de répondre à fait pour ce qui regarde l'espèce humaine; et d’aiile nous reviendrons là-dessus, en faisant l’histoire de la cule elle-même et de ses développements.
Tel est l’état de nos connaissances actuelles sur ce la femme fournit dans l'acte de la génération. Maintena) il faudrait caractériser quelle espèce d’action exerce sperme sur les vésicules de l’ovaire, et comment de ce action résulte l'individu nouveau. On sent que c’est d cette double connaissance que réside le mystère de la & ception. Or, on esten ceci dans une ignorance absolue : ne sait rien, sinon que le contact du sperme est une © dition nécessaire pour cette étonnante action. D’abord 1 tion est toute moléculaire, conséquemment échappe sens, et son résultat est ce qui seul annonce qu’elle a: lieu. Ensuite l’essence de cette action n’est pas plus pa trable que celle de toute autre; et tout ce qu’on peut; dire, c’est qu’à l'instar de toutes les autres actions de lé nomie humaine , elie exige l’intégrité, la vie des par
qui lPaccomplissent; et qu’opposée à toute action physi et chimique de la nature, elle doit être dite organique vitale , et, partant , être déclarée inconnue. D’une pe il faut intégrité et du sperme et des vésicules de lovai pour que la fécondation ait lieu. D’autre part , il n'y a aucune application physique possible; soit qu’on admi la théorie dite de l’épigénèse, dans laquelle on croit
l'individu nouveau se forme de toutes pièces par le méla de ce que fournit l’un et l’autre sexe; soit qu’on admi celle dite de l’évolution, dans laquelle l’un des sexes est fournir un germe, lequel , à la suite de divers dévelop ments, constituera fl’individu nouveau. Dans le pren cas, quelle force chimique peut-on invoquer ? est-ce
précipitation, une cristallisation ? Dans le second cas,
il davantage possible de concevoir physiquement ou chi
quement, el ce qu'est un germe, el ce qu'est l’avivement qui serait imprimé à ce germe? Il s’agit ici du
Passage de ce qui n’est pas vie à ce Œui est vie; et ne con-
| naissant de la vie que son opposition avec la nature générale, ignorant la modification qu’ont subie les forces gé-
nérales pour produire les phénomènes vitaux, on doit
ignorer ce qu'est le phénomène de la fécondation. C’est une
action tout aussi inconnue, el encore plus incompréhen-
sible que toutes les actions vitales que nous avons examimuées jusqu'ici. Quelques efforts qu’aient fait les hommes
“pour, ja pénétrer, ils ne sont arrivés qu’à des cenjectures
plus ou moins spécieuses. Nous devons néanmoins rappeler
briévement les hypothèses qui ont été faites à cet égard ;
elles ont occupé trop de place dans la science pour que nous les passions sous silence ; et, d’ailleurs , elles nous serviront
à approfondir davantage quelques faits.
… Commeon le conçoit, les théories diverses sur la génération ont dû dépendre des idées qu’on a adoptées sur la nature du
spermeët de l’opinion qu’on s’est faite de la matière fournie
par l’ovaire. Relativement au sperme, les uns l’ont dit un fluide formé des éléments de chacune des parties du corps hu-
main, et destiné conséquemment à reformer chacune de ces
parties; les autres l’ont considéré comme le véhicule d’ani-
malcules destinés à devenir, à la suite de plusieurs métamor-
“phoses, l'individu nouveau, ou à en constituer l'élément principal , le système nerveux ; la plupart enfin l’ont dit
un fluide, dont l'office unique était d’aviver un germe ,
d'imprimer à ce germe le mouvement de vie et de dévelop
pement. Relativement à la matière fournie par l’ovaire , mêmes dissidences : c’est une vésicule pleine d’un sperme, formé , comme celui du mâle, des éléments de chacune des parties du corps, disent les uns ; c’est une vésicule destinée à servir de nid à l’animalcule spermatique, ou à lui fournir de la matière nutritive, disent les autres ; ceux-ci
en font une substance amorphe , mais ayant celte nature
gélatineuse qui la rend apte à recevoir la cause de la vie à
développer le mouvement vital ; ceux-là en font un germe un œuf préexistant dans la femelle, ayant lPaputude à for