Tome IV
mer , sous l'influence fécondante du sperme, un individ! semblable à celui qui l’a fourni. De là, tant de système divers sur la génération; on en compte plus de 200; ma: tous peuvent être ramenés à deux, le système de l’épigénèse et celui de l’évolution.
10 Sysième de l’épigénèse. Dans ce système , on adme que l'individu nouveau est formé de toutes pièces, par | rapprochement de molécules qui avaient d’avance la dispo sition propreà le constituer, ou qui soudain l’ont reçue. Un force, inconnueenelle-même, mais diflérente des forces géné rales de la matière, puisqu'elle a pour résultat la créatio: d’un être vivant, appelée tour-à-tour force cosmique, plas tique ; essentielle, nisus formativus , force de formation , présidé à ce rapprochement, et même a donné aussitôL: l’être nouveau toutes ses parties avec leur coordination € leurs propriétés. Du reste, les auteurs ont beaucoup var dans la manière dont ils ont conçu l’épigénèse; d’autan plus qu’ils ont voulu faire l'application de ce système , non seulement à la reproduction journalière des êtres vivani actuels , mais encore à leur origine première.
Ainsi, pour commencer par ce qui est de ce dernier ok jet, rappellerons-nous cette théorie des philosophes grec: Leucippe et Empédocle, qui disaient que l’univers avait ét primitivement un composé d’atomes errants dans un vid infini, et que tous les corps qui y existent aujourd’hui on été formés par la réunion fortuite Ge ces atomes? À raiso: du nombre infini de ces atomes, et des combinaisor également infinies qu’ils ont dü former, furent produits ilest vrai, beaucoup d’êtres incapables de prolonger leu existence; mais il s’en forma aussi quelques-uns capables d pouvoir continuer de vivre, et ce sont ceux-ci que not voyons aujourd’hui. Malgré l’absurdité de cette hypothèse desmodernes l’ont accueillie: par exemple, Bourguet, qui di que les cristaux décèlent un commencement d’organisation et que les premiers êtres organisés ont été formés de mêm que ces cristaux, par une sorte de cristallisation et de pre cipitation chimique. Tout ce que l’on sait de la différenc des corps inorganiques et organiques, sous les rapports d
la structure et des actions, ne permet pas qu’on accueille € rapprochement. Parlerons-nous de ces savants qui, par Ja supposilion d’une force occulte , croient avoir surpris le secret du Créateur, et avoir franchi l’abîme qui arrêle ici notre raison ? de Needham, qui admet, sous le nom de force végétatrice , une puissance chargée de la formation et du ‘gouvernement du monde organique ? de Wolf, de Blumen- bath » Qui admettent de semblables forces , sous les noms de force essentielle, de nisus formativus ? Il est trop évident . que ces savants ne font qu’exprimer le fait, et que, restant sur la connaissance de la chose dans la même ignO-
. rance, 1is se sont payés d’un mot. Dans ces derniers temps, M. Lamarck a abordé aussi cette question , et voici ses idées à cet égard. Les premiers êtres organisés furent formés de toutes pièces par une véritable génération spontanée ; ils durent l’existence à l’influence d’une cause excitatrice de la Vie, probablement fournie par le milieu ambiant, et consistant dans la lumière et le fluide électrique. Dès que cette Cause rencontra une matitre de consistance gélatineuse , assez dense pour pouvoir retenir des fluides, elle l’organisa “en tissu cellulaire, et un être vivant fut fait. C’est ce qui “arrive encore tous les jours, dit le savant d’après lequel ous parlons, à l’extrémité de chacun des règnes végétal et “animal. Cet être dès lors manifesta les trois facultés de la wie, nutrition , aCCroissement et reproduction; mais il ne les manifesta que dans les modes les plus simples. Bientôt ilse compliqua, car le propre du mouvement vital est de tendre toujours à composer davantage l’organisation, à créer des organes particuliers, à diviser et multiplier les divers centres d’aclivité; et la reproduction ensuite conservant constamment tout ce qui avait été acquis, de cette manière se formèrent successivement des espèces nombreuses et diverses, jouissant de facultés de plus en plus étendues. Ainsi, dans ce système, la nature n’a créé directement que les premières ébauches de Ja vie ; ce n’est qu’indirecment qu'elle participe à l’existence des corps vivants plus Composés ; ceux-ci proviennent des premiers à la suite d’un mps énorme , de changemenis infinis, et d’une composi-
tion toujours croissante dans l’organisation ; la réproduc- Lion conservant toutes les modifications acquises, tous les perfectionnements obtenus. Ainsi, un seul et même acte au: rait suffi au Créateur pour produire la série si variée des êtres vivants , et pour y ajouter encore. Mais il n’est pas de notre sujet de nous égarer davantage dans ces profondeurs: arrivons aux applications faites de l’épigénese à Ja reproduction des êtres vivants actuels. "
Hippocrate admettait que chacun des deux sexes possé: dait deux semences , qui étaient l’une et l’autre le superflu de leur nourriture , et des fluides constitués par des maté: riaux provenant de toutes les parties de leur corps, et sur: tout des plus essentielles, des parties nerveuses : de ces deu» semences, la plus forte engendrait les mâles, et la plu: faible les femelles. Dans l’acte de la génération , ces semen: ces se mélangeaient dans l’utérus, et par l’influence de Ie chaleur de cet organe, formaient, par une sorte de cristal: lisation animale, le nouvel individu : celui-ci était ur garcon ou une fille, selon que c’étaient les semences forte ou faibles qui prédominaient. Hippocrate ne dit pas ce qui arrivait quand il y avait prédominance de la semence fort: de l’un des sexes, et de la semence faible de l’autre. Cette hypothèse se réfute d'elle-même; l’existence des deux se: mences dans l’homme est un fait faux; celle d’une semence: dans la femme est justement ce qui est en question; cen tainement au moins, la scène ne se passe pas dans l’utérus, mais à l'ovaire : que dire de cette idée qui fait provenir Îe semences de toutes les parties du corps? Tout, dans cett théorie, montre l’imaginalion faisant des suppositions, san: même s'inquiéter si ce qu'elle suppose est en rapport ave: ce qu’on a pénétré des phénomènes.
Aristote est aussi peu positif. Ce n’est pas par une semenc! que la femme sert matériellement à la génération, mais pa le sang de la menstruation ; ce sang est ce qui forme la bas: de l’individu nouveau, et c’est le principe de lPindividi mâle qui lui imprime le mouvement vital et le faconne Dans un style métaphorique, Aristote dit que le sang mens truel est le marbre, le sperme le sculpteur, et le fœtus 1!