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statue. Si ces deux grands homme, Hippocrate et Aristote,
n'avaient jamais procédé que de cette manière dans les sciences , ils n’auraient pas acquis les droits éternels qu'ils ont à notre reconnaissance et à notre admiration.
ÿ Beaucoup de modernes ont adopté la théorie d’Hippocrate, en la modifiant seulement selon jes idées scientifiques de leur temps. Ainsi, Descartes dit que c’est consécu-
“ tivement à un mouvement de fermentation qui s'établit
“dans les semences de l’un et de l’autre sexe , que se forme
l'individu nouveau. Paschal, admettant que la semence du … mâle est acide , et celle de la femelle alkaline, dit que ces . deux semences se combinent en raison de cette diversité de
nalure, pour constituer l’être nouveau. Maupertuis avance que dans chaque semence existent des parties propres à former chacun des organes du corps, et que ,.lors du mélange de ces semences dans la génération, chacune de ces parties s’attire et s’agrège par une sorte de cristallisation. Buffon lui-même, par son fameux système des molécules organiques, ne fit que ressusciter les idées d’Hippocrate. Selon cet éloquent naturaliste , il existe dans la nature deux sortes de matières, une vivante et une morte. La première, à ja- » mais permanente dans son état de vie, consiste en une infi- nité de petites particules incorruptibles, qu’il appelle mo- décules organiques. Ces molécules, en se combinant en plus n ou moins grande quantité avec la matière morte, forment … tous Les corps organisés; et sans jamais se détruire, elles 4 passent sans cesse des végétaux aux animaux par la nutrition de ceux-ci, et retournent des animaux aux Végétaux, par la mort et la putréfaction des premiers. Leur quantité dans Punivers est à jamais déterminée. D’un autre côté, les divers végétaux et animaux forment comme autant de moules divers dans lesquels se rassemblent les molécules organiques. D'abord, ces êtres ne font servir celles-ci qu'à se nourrir et se développer; mais quand ils ont acquis tout leur développement, ils renvoient en dépôt, dans leurs . organes génitaux, les molécules organiques superflues, ce- … pendant après que ces molécules ont, dans chaque partie du » corps, revêtu Ja forme de cette partie, C’est ainsi que se RS ,
forment les semences de l’un et l’autre sexe, et que ces semences sont des extraits de toutes les parties du corps. Enfin, comme ces semences ne peuvent à elles seules engendrer un individu nouveau, elles se mêlent dans la génération; et alors, la même force qui assimilait ces molécules organiques aux parties du corps pour nourrir et faire croître celles-ci, les fait s’agrèger pour constituer un être nouveau. Selon que dans le mélange prédominent les molécules du mâle ou celles de la femelle, le fœtus est un garcon ou une fille. Dans ce système, se nourrir, se développer et se reproduire, sont des effets d’une seule et même cause ; on s’explique pourquoi la génération n’est possible qu'après l’âge de développement; pourquoi son.abus mai grit et épuise; pourquoi, au contraire, les eunuques, le: ‘animaux mutilés sont plus gras. Si les fœtus ressemblent tantôt à leur père, et tantôt à leur mère, c’est que tour-à: tour chacun de ces deux individus fournit plus de molé cules organiques ; et si généralement dans l’espèce humain: il naît plus de garçons que de filles, c’est que les femmes: généralement plus faibles, fournissent une semence plu faible aussi, ou en fournissent une moins grande quantité Selon Buffon, enfin, les animalcules spermatiques ne son: que les molécules organiques, et la vésicule de l'ovaire, 1 capsule portative de la semence de la femme. Malgré tou le talent que ce grand écrivain mit dans lexposition d ce système , il est trop contraire aux faits pour être adopte Les molécules organiques sont une supposition gratuite ; : n’y a pas deux matières dans la nature; la matière orga nisée n’est que la matière générale que la vie a modifiée et sans cesse on voit cette matière organisée se détruire, € au contraire la matière générale s’organiser. D’autre part quelle idée vague que celle des moules formés par les diver végétaux et animaux! Est-il sûr que la vésicule de l’ovan contienne une semence ? Ces semences, surtout, sont-ellé formées d’autant de molécules diverses qu’il y a d’organs particuliers dans le corps humain ? Où est la preuve d’ur pareille assertion? Si cela est, pourquoi des individus qi ont éprouvé une mutilation quelconque engendrent-ils di
enfants bien conformés ? D’où viennent dans ce cas les mo-
lécules des parties nouvelles dont étaient privés les parents ? D'où viennent celies qui forment les parties annexes des fœtus ?
20 Système de l’évolution. Dans cette autre théorie, il est dit que l’individu nouveau préexiste sous une forme quelconque dans l’un des sexes, et, qu’avivé par l’autre dans l'acte de la génération, il commence dès lors à éprou- wer la série des développements qui doivent l’amener à former un individu indépendant. Les physiologistes n’ont pas moins varié dans l'exposition qu'ils ont faite de ce système; et l’on peut à son égard les partager en deux sectes, les ovaristes et les animalculistes.
… Les ovaristes professent que ce que fouruit l'ovaire est un œuf ; et ils définissent l’œuf , une partie organisée, formée d’un embryon et d'organes particuliers destinés à servir à la nutrition et aux premiers développements de cet embryon, el apte à devenir, après une série de développements, un individu semblable à celui dont elle provient. Tandis que les partisans de l’épigénèse faisaient remplir aux deux sexes un rôle également important dans l’acte de la génération, les ovaristes attribuent le premier rôle au sexe femelle, et. disent que c’est plus particulièrement lui qui constitue les espèces. Il est certain qu’en beaucoup d’espèces animales, a reproduction n’exige qu’un seul individu, et alorsil est “plus naturel de croire cet individu femelle, que de le dire mâle. Ce système des œufs a dû être inspiré par l’observation des nombreux animaux ovipares : chez ces animaux, ce que fournit la femelle pour la génération est évidemment un œuf; el chez beaucoup d’entre eux, cet œufest pondu avant le a pprochement des deux sexes, et est fécondé à l’extérieur. EH était dès lors naturel d'étendre par analogie cette disposition aux autres animaux ; et c’est ce que Harvey fit le premer quand il posa cet axiome : omne vivum ab ovo. Plus tard , Stenon, adoptant cette analogie, donna le nom d’ovaires aux testicules des femelles ; et ensuite les travaux successifs de de Graaf, de Malpighi, de F'alisnieri, de Bonnet. de Spallanzani, etc. , sur la vésicule fournie par l’ovaire,
et sur la marche de cette vésicule à travers la trompe, et sur son arrivée dans l’utérus, parurent donner de ce sys: tème une démonstration directe.
On invoquait d’ailleurs à son appui les considération suivantes : 10 la préexistence du germe à la fécondation dan: beaucoup d'êtres vivants. Dans les plantes, par exemple, le graine existe en rudiments dans la fleur , bien avant que le pollen , destiné à effectuer la fécondation, soit arrivé à 5 maturité. L’œuf préexiste de même dans les oiseaux , à te! point que des oiseaux vierges pondent. Cela est encore plu: évident dans beaucoup de poissons, dans les reptiles batra: ciens, chez lesquels l’œuf n’est fécondé qu'après avoir éu excrété. Spallanzani, d’ailleurs, a signalé la présence di tétards dans des œufs de grenouilles non fécondés, et Halle: a fait la même remarque dans l’œuf, à l'égard du poulet; di moins Hallera vu que les œufs de poulenon fécondés conte naientuu jaune , etcomme le jaune, selon lui, n’était qu’un: dépendance de l’intestin du fœtus, il en résultait que si l jaune préexiste, le poulet préexiste aussi. 20 La pariicula rité qu'offrent quelques espèces animales de voir une seuk copulation féconder chez elles plusieurs générations succes sives. Ce fait extraordinaire est réel en certaines espèce: Par exemple, l’effet d’une fécondation s’étend chez les pu cerons, jusqu’à neuf générations, et chez les monocles, jui qu’à la quinzième. Or, pour que ces diverses génératior aient pu ainsi être fécondées , il fallait bien, disait-on, qu les germes dont elles proviennent préexistassent dans . première. 30 Les emboîtements naturels et accidentels. L'o gnon de jacinthe offre déjà les rudiments de la fleur qu’ doit fournir; dans les bourgeons des arbres on signale mais repliées sur elles-mêmes et beaucoup plus petites, I branches , les feuilles et les fleurs ; dans les mâchoires « certains animaux, se voient les germes de plusieurs séri de dents; le volvoce, animal transparent, laisse voir da: son intérieur plusieurs petits emboîtés les uns dans les ai tres ; qui n'a vu uu œuf contenu dans un autre ? enfin ,« a trouvé déjà plusieurs fois des fœtus humains dans d corps d'hommes; et nul fait de ce genre n’est plus rema
quable , et mieux constaté que celui de ce garçon de Verneuil, en Normandie , appelé Bissieu, qui vécut jusqu’à llâge de quatorze ans, et dont M. Dupuytren a consigné Phistoire dans les bulletins de la Faculté pour l’année 1804. 40 Les métamorphoses. Dans les insectes et les batraciens, qui sont les animaux qui nous offrent les métamorphoses les plus saillantes, on voit que les formes qu’ils nous présentent successivement sont évidemment emboîtées les unes dans les autres; par exemple, dans la chrysalide, se distinguent déjà les linéaments de la forme future du papillon ; et dans la chenille se voyaient déjà ceux de la chrysalide : la grenouille aussi se laisse déjà voir sous la peau du têtard. 50 Siles deux considérations précédentes ne fondaient que des analogies plus ou moins spécieuses, il n'en est pas de même des expériences de fécondations artificielles, faites d’abord par Swammerdamsur des grenouilles, par Roësel sur d’autres reptiles , et que Spallanzanti répéta ensuite avec tant de succès, comme nous l’avons vu ; elles semblaient constituer une démonstration directe, d’autant plus que la quantité de sperme employée dans ces expé- Mences paraissait trop petite ponr former l'individu nou- Veau , et pour être autre chose qu’un fluide d’avivement. 60 Enfin , les ovaristes s’appuyaient sur les reproductions partelles qu'offrent plus ou moins tous les êtres vivants. Il est certain que tous les animaux peuvent plus ou moins reproduire les parties de leur corps qu'ilsont perdues; ilsle peuvent d'autant moins qu'ils sont plus élevés dans l’échelle. Ainsi, lesmammifères et les oiseaux ne régénèrent guère que les pièces cornées de leurs enveloppes tégumentaires, les poils, les ongles, les plumes : déjà certains repüles, les lézards, par exemple , reproduisent leur queue ; Les crustacés repoussent leurs pattes; le limaçon, sa tête; le ver de terre reproduit sa tête et sa queue ; les étoiles de mer , les oursinset autres radiaires , régénèrent les filaments qui leur ont été arrachés; enfin, dans le polype, cette puissance de reproduclion est portée au point, que cet être étant coupé en plu- Sieurs morceaux, chacun de ces morceaux régénère ce qui Jui manque, et devient un individu parfait. Pour expliquer
où FONCTION DE LA GÉNÉRATION.
ces faits, les ovaristes disaient que chaque partie avait elle-même des germes destinés à la reproduire, et n'atti dant pour cela que des circonstances favorables; et ils € puyaient cette singulière idée sur ee que l’on voit quelqt fois les parties perdues se reproduire doubles. Mais cet. gument est bien loin d’avoir la force des précédents, même il peut, à meilleur droit, être invoqué par les sec: teurs de l’épigénèse.
Cependant on faisait aussi quelques objections à ce s: tème. 10 On objecta la ressemblance des fœtus avec pères. Les ovaristes , à la vérité, expliquaient cette resse: blance par l'influence qu’exerce le sperme fécondateur :: disaient que, hors d’état de spécifier en quoiconsiste ce influence , il leur était impossible surtout de la limiter, de fixer le terme auquel elle s'étend ; ils ajoutaient que ressemblance avec les mères est encore plus fréquente plus étendue. Mais il est quelques ressemblances qui se blent contredire l’idée d’un germe préexistant : par exe: ple, celles qui portent sur quelques monstruosités. On vu des hommes sex-digitaires donner le jour constammen des enfants également sex-digitaires. Faudra-t-il admett avec les ovaristes , des germes originairement monstrueu Certaines grossesses composées , doubles ou triples , ont pa l'être par la seule influence paternelle. 20 On objecta mélange possible des diverses espèces vivantes. Dans le gne végétal , le mélange entre des espèces différentes est f quemment observé , et donne lieu à ce qu’on appelle « plantes hybrides. 1 en est de même dans le règne anim quoique avec moins de fréquence et de généralité : on «+ naîl, dans notre économie rurale, le mulet et le barde qui sont des produits de l’âne et de la jument, du che et de l’anesse ; des métis sont fréquemment obtenus chez: oiseaux, entrele serinet le chardonneret, par exemple. Enf sion marie une femme blanche avec un nègre , l’enfant déjà un peu nègre; et si les générations successives de ce femme sont unies continuellement à des individus de la ri nègre , leurs produits s’éloignent de plus en plus de le souche primitive, et finissent par être des nègres parfai
DE LA CONCEPTION OU FÉCONDATION. 91 r, ces faits , qui montrent tous la grande influence qu’ont s pères sur les qualités des fœtus, ne sont-ils pas autant escontradictions au système des œufs préexistants? Les faristes répondaient , d’abord, que ces accouplements iriguliers ne sont guère possibles qu'entre des espèces et des uriétés fort rapprochées , et qu’on ne les a jamais observés itre des espèces un peu distantes, par exemple, entre homme el tout autre animal ; en second lieu, qu'ils ne nt pas dans le vœu de la nature, et exigent toujours, pour te obtenus, les efforts de l’homme ; on ne voit pas, en Jet, dans nos bois le lièvre et le lapin s’accoupler , malé le rapprochement qui existe entre ces deux espèces; Min, que si ces métis sont laissés à eux-mêmes, dans les nérations successives , ils reviennent tous à la tige materlle. Kolkreuther ayant fait des hybrides avec des espèces > micotiane , des œillets, des jusquiames, a vu que, pour s empêcher de revenir à la tige maternelle, il fallait à iaque production nouvelle recourir à une aspersion nou- Ile de pollen. Cette objection , d’ailleurs, rentrait dans la écédente, étant relative aussi à la grande influence exercée ailes produits par les pères; et cetteinfluence, les ovaristes, im de la nier, l’expliquaient par l’influence du sperme féndateur. 30 Enfin, à ce système des œufs préexistants, on »pposé, et on oppose encore aujourd’hui les changements, ae la suite des siècles apporte sans cesse dans les espèces végéles et animales qui vivent à la surface de notre globe. Déjà iiœus avait émis l’idée hardie, que de son temps ilexistait lus d'espèces de végétaux que dans les Llemps anciens, et d’aimsi il s'était formé de nouvelles espèces végétales. Vildewaadopté cette idée de Linnœus.Bonnet, quoique sectateur lé du système des œufs, a penséaussi que les espèces vivantes modifiaient avec le temps. Enfin , aujourd’hui, M. Zaarck professe que les végétaux et lesanimaux changent connuellement par les influences des clima ts, des aliments, par seffets de la domesticité, par le croisement des races. Si les pèces actuelles nous paraissent constantes, c’est, dit-il, 1e les climats , ettoutes les circonstances qui modifient ces 4 » n'agissent sur elles qu'après un temps énorme; el à
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qu'ainsi il faudrait beaucoup de vies d'hommes pour assi à ces modifications et les constater. Selon lui, les effets] avérés des climats, des aliments, elc., sur les végétau animaux , ne permettent pas de nier théoriquement ces tations; et ce qu’on appelle en histoire naturelle les esp perdues, ne sont peut-être que nos espèces actuelles ax qu’elles n’eussent été modifiées. Cette opinion de M. marck est d’ailleurs en harmonie avec celle qu’il a é relativement à l’origine des êtres organisés : le mouven vital ayant , selon lui, pour attribut, de compliquer jours de plus en plus l’organisation , il y a nécessité qui espèces aillent aussi en changeant sans cesse. Or, ce : s’il est vrai ,eslencore contradictoire à l’idée d’un œuf existant. Mais Les ovaristes répondent que ce fait de la tabilité des espèces est loin d’être rigoureusement démoi qu’évidemment on peut reprocher à M. Zamarck que exagération , comme quand on le voit faire proveni l'exercice presque toutes les parties de l’organisation des maux; et qu’enfin, en admettant cette mutabilité de pèces , on peut concevoir que l’œuf préexistant est mc aussi avec le reste du corps.
Du reste , les auteurs de ce système ; les ovaristes 1h rent entre eux trois principales dissidences. Les uns: fessèrent que les œufs ou germes étaient disséminés tout l’espace, et ne se développaient que quand iis rer traient des corps capables de les retenir et de les croître, c’est-à-dire qui fussent semblables à eux. L’un actuel n'était que le développement de beaucoup de ge primitifs, fermant dans leur ensemble un univers en } C’est ce qui fonda le système de la dissémination des ges ou de Ja panspermie, que son absurdité a fait univer ment rejeter. Les autres établirent que les germes sont fermés les uns dans les autres, et successivement tn leur torpeur, et appelés à la vie par l'influence de queur séminale : de telle sorte que , non-seulement l’e de Îa première femme contenait les œufs de tous les er qu'elle a faits, mais encore qu'un seul de ces œufs con: la race humaine tout entière. C’est ce qui constil
| DE LA CONCEPTION OU FÉGONDATION. 93 stème de l’emboitement des germes , dont Bonnet a été le ‘ardent défenseur. Mais l'esprit, avec raison, s’effraie t emboîtement prétendu ; où en sera le terme ? 1] sup-
ose la matière divisible à linfini; et si, pour échapper à te dernière objection, on dit que les êtres vivants actuels
ent finir un jour, et qu’ainsi on doit à la fin arriver à œufs qui n’en contiendront plus d’autres , il reste tousa dire comment la première reproduction s’est faite. n , les plus judicieux des ovaristes établirent que chaque ividu fait ses œufs par une sorte d’action sécrétoire : le it des générations gemmipares , dans lesquelles on voit la face externe du corps pousser des bourgeons reproducfs; celui des nombreuses reproductions de parties dans s divers êtres vivants, leur parurent confirmatifs de cette à.
En 1674, Ham et Leeuwenhoeck, d’une part, et Hartsæker autre, ayant découvert dans le sperme des animaux une iantité prodigieuse de petits corps mouvants, et qui leur Waissaient animés, celte découverte donna naissance à un )u veau système sur la génération, celui des animalcules
érmatiques. On admit'que ces animalcules, à la suite de asieurs métamorphoses, formaient l'individu nouveau.
Mme avait été dite contenir tout le genre humain, ici tait le premier homme qui contenait toutes les générations Luves, l’animalcule spermatiqueétantle germe préexistant . ipetit homoncule organisé , dans lequel étaient renfermés À les autres. À l'appui de ce systèine, on invoquait les 1SOnS suivantes : 10 I! existe des animalcules dans le sperme à Lous les animaux , et, au contraire, on n’en trouve dans cune des autres humeurs du corps; 20 ces animalcules flèrent d’espèce à espèce, et, au contraire, sont toujours mblables dans le sperme d’un même animal et dans celui s individus d’une même espèce; 30 ils ne se montrent ns le sperme de tout animal qu’à l’âge où la génération possible, et au contraire ils manquent dans le premier comme dans le dernier; 4° leur nombre est si vonsidé- € que dans une goutte de sperme de coq, égalant à peine
en volume un grain de sable, il était de cinquante mille: ce nombre prodigieux, qui est en rapport avec la prodigai que déploie généralement la nature pour la reproduction toutes les espèces vivantes, permet d'expliquer pourq Spallanzani, avec des atomes de sperme, a pu effectuer! fécondations artificielles ; 5° enfin, on ne pouvait faire. objection de la petitesse de ces animaleules, car il nya plus de disproportion entre eux et l’animal qui en provie qu’entre une graine et un grand arbre. Ainsi, l’animalc spermatique fut présenté comme le rudiment de l’indiv nouveau. Il ne s'agissait plus alors que de décrire les p nomènes , et, à défaut de l’observation, qui n’avait rien! pris sur eux, on imagina. Leeuwenhoeck dit que les anim cules projetés dans l’utérus, y attiraient les œufs, et li convertissaient en de véritables embryons. Andry profl qu'ils rampaient par la trompe jusqu'à l’ovaire ; qu'a l’un d’eux pénétrait dans une des vésicules de cet orga s’y enfermait, soit de lui-même, soit par l’action d° soupape qui l’obligeait d’y rester, puis revenait avec dans l’utérus, pour y commencer ses développements moyen de la substance nutritive qüe renferme cette vésic: Maupertuis établit que les animalcules font prendre molécules de la semence leur place propre, voulant coner ainsi ce système avec celui des séministes. Mais ces expl tions étaient trop évidemment hypothétiques pour réus Spallanzani ne vit dans Îles animalcules spermatiques des animaux infusoires ordinaires, et objecta avoir effec des fécondations artificielles avec des guttules de sperm petites , qu’elles n’en contenaient évidemment aucun ; Z fon les regarda conime ses molécules organiques; et un decin de Montpellier, Plantade, dans une brochure q publia sous le faux nom de Dalempatius, acheva de j tout discrédit sur ce système , en disant avoir vu ces i malcules se métamorphoser, et montrer déjà sous enveloppe les formes humaines.
Cependant MM. Dumas et Prévost viennent de rame l'attention des savants sur les animalcules spermatiq; Non-seulement ils en aflirment l’existence, mais encore
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DE LA CONCEPTION OU FÉCONDATION. 95 es considèrent comme étant, dans le sperme, les agents diects de la fécondation. D’abord , à l’aide du iniCrOsCOpPe , Is les ont reconnus dans tous les animaux dont ils ont exaainé le sperme, et nous en avons cité un assez grand nomre. Soit qu'ils examinassent ce fluide après son excrétion ar un animal vivant, soit qu'ils fissent l’examen du sperme ms après la mort dans le canal déférent ou dans le parenhyme du testicule, ces animaleules y étaient également falement apercevables. Ils les considèrent comme formant le actère spécifique du sperme , parce qu’ils n'existent que ns cette humeur, et qu’ils manquent dans tous les autres quides du corps, même dans ceux versés avec le sperme dans appareil génital, comme les sucs de la prostate, des glanes de Cowper, etc. Semblables pour la forme, la grandeur, mode de locomotion dans les divers individus d’une même pèce, ils ont au contraire, dans chaque espèce , des formes des dimensions diflérentes. Ils n'éprouvent aucuns changeents dans la série des organes génitaux , et sont aussi parits dans le testicule qu’au moment de leur exCrétion ; esL à tort que Leeuwenhoeck avait dit en avoir trouvé qui lui Maissaient avoir des âges diflérents. Ils étaient doués de Ouvements spontanés, qui ne s’arrétaient que graduelle- Ent; après deux à trois heures, dans le sperme obtenu ndant la vie par éjaculation ; après quinze à vingt minu- Sÿ dans celui pris après la mort, dans les vaisseaux; et ès dix-huit à vingt heures, dans celui laissé après la mort s ses propres vaisseaux. Pour les croire utiles à la géné- 10n, il suffisait sans doute d’observer qu'ils n’existent dans le sperme ; mais combien le soupçon devient plus ndé, s’il est vrai qu'ils n’y existent qu'aux temps où la nction est possible ? Or, dans l’espèce humaine, le sperme en offre aucuns dans le premier ni le dernier âges; et, ns la plupart des oiseaux, ils ne se montrent dans cette meur qu'aux époques fixées par la nature pour l’accouplent de ces animaux. Ces mêmes faits prouvent aussi que animalcules ne sont pas des infusoires, d’autant plus ceux-ci manquent généralement dans les humeurs des
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liés à l’état physiologique de l’être qui les fournissait ; leu mouvements étaient rapides ou languissants , selon que il nimal qui avait fourni le sperme dans lequel on les obs: ait était jeune ou vieux, en élat de santé ou malac Enfin, outre ces diverses raisons, voici quelques faits: expériences qui portent MM. Dumas et Prévost à considé: ces animalculés comme les agents exclusifs de toute fécu dation : 10 Dans leurs recherches sur l’œuf des rmammi rés, ces savants ont vu les animalcules remplir les cornes: Ja matrice, et y rester vivants et mouvanis, jusqu’à la d cente des ovules dans cet organe; ce n’était qu'alors que animaleules graduellement se détruisaient et disparaissaie: 20 Certainement les animalcules sont ce qu’il y a de notable dans la partie épaisse du sperme; et il a été pro) plus haut que le sperme ne féconde que par celle-là, et» par aucune portion volatile, ni par un aura seminalis. 30 sperme, après vingt heures, perd sa faculté fécondante ;: dans ce même intervalle de temps, on voit les animalet qui y existent cesser graduellement leurs mouvement: périr. 40 De même que la liqueur recueillie du sperme : tillé ne féconde plus, tandis que ce qui est resté dar cornue a conservé la propriété fécondante, de même la mence évaporée à siccité, puis délayée dans de l’eau, plus fécondé. 5° Enfin, dans deux expériences, MM. Dui et Prévost n’ayant détruit dans le sperme que les anim cules, ont par suite enlevé à cette humeur sa faculté féa dante. L’une de ces expériences a consisté à tuer, par L plosion suflisamment répétée d’une bouteille de Leyde, i les animaux qui étaient dans une liqueur spermauisée: dont on avait constaté auparavant la puissance fécondai Dans l’autre expérience, on a versé, à plusieurs repril sur un filtre quintuple, de la liqueur spermatisée, jus ce que tous les animalcules fussent retenus sur le filtre on a vu que, tandis que la liqueur filtrée ne pouvait. effectuer de fécondation, la portion retenue par le { avait cette faculté. Déjà Spallanzani avait fait cette dern expérience, et en avait obtenu ce résultat; seulemen savant ajoute qu'il effectua des fécondations avec l’eau (
| DE LA CONCEPTION OU FÉCONDATION. 07 laquelle furent lavés les papiers qui avaient servi de filtres. Enfin, MM. Dumas et Prévost, d’après ce qu'ils ont pu découvrir des premiers linéaments du fœtus, conjecturent que l’animalcule spermatique forme le système nerveux du nouvel être, et que l’ovule ne fournit que la gangue cel- Iuleuse dans laquelle se formeront les organes. Pour prévenir Pobjection tirée des très petites quantités de sperme avec lesquelles Spallanzanti et eux-mêmes ont fait des fécondations artificielles, ils ont, par une expérience positive, constaté la petitesse extrême des animalcules spermatiques ; ilont délayé les vésicules séminales d’un mâle de grenouille dans dix grammes d’eau, et mettant ensuite une goutte de ladiqueur sur un micromètre divisé en fractions de millimètres , ils se sont assurés qu’un cube d’un cinquième de millimètre de côté, contenait de cinq à six animalcules; et qu’ainsi il existait de trois à quatre cents animalcules dans un seul millimètre cubique de la liqueur.
Tout en applaudissant à ces travaux de MM. Dumas et Prévost, ils ne nous paraissent encore prouver que deux choses , savoir, l’existence dés animalcuies dans le sperme, t la part active que ces animalcules ont dans la génération : Mais ils laissent aussi ignorer comment celle-ci se fait, ce qui était le problème à résoudre. Nous nous taisons sur cette dée que l’animalcule forme le système nerveux du fœtus ; MM: Dumas et Prévost ne la donnent eux-mêmes que’pour ne conjecture. ie
Je ces nombreuses hypothèses créées pour expliquer Ja G ation , évidemment aucune ne satisfait un esprit sé- €: D'un côté, comment appliquer l’épigénèse à la formation primitive de lembryon humain ? On concoit la formation de toutes pièces d’un corps composé de molécules outes semblables, et ayant partout la même figure, la nême nature; d’un cristal, par exemple. Mais dans un être ivant les molécules primitives ne sont pas identiques ; hacune doit avoir dans l’ensemble de l’être une place déerminée ; l'être ne peut exister que conséculivement à leur ordination, et non par parties séparées ; est-il possible accorder de pareilles nécessités, soit avec un simple mé.
MUTOME IV. 7 nm '0
lange des semences, soit avec un envoi fait par chaque parti du corps de molécules spéciales et aptes à former ces par ties ? D’un autre côté, que d’objections contre le système di l’évolution ? Si la première femme ou le premier homm: contenait tout le genre humain, chaque œuf de lune: ou chaque homoncule de l’autre, devrait contenir à la foi deux espèces d'œufs ou d’animalcules spermatiques, les un mâles et les autres femelles; les uns ne devant se déve lopper qu’une fois, et les autres au contraire devant ren fermer dans leur intérieur une suite indéfinie de généra tions. Or, ya-t-il, dit Buffon, auteur de cette objection la moindre probabilité dans une semblable supposition: Dans le système de l’évolution, qu'on admette un œuf o: un animalcule, ce rudiment du nouvel être est dit contemi en raccourci, non-seulement toutes les parties de l’individ arrivé à son développement complet, mais encore tous le individus qui doivent en provenir dans la suite des temp: Or, cette dernière idée, observe judicieusement M. Le marck , ne peut s'appliquer à ce genre d'êtres vivants qu’o appelle étres composés; et quant à la première, elle e contredite par les faits : quand on suit les phases diverse par lesquelles passent les organes dans la suite des äges, a se convainc que ces organes sont évidemment formés o toutes pièces, en vertu de lois, inconnues sans doute, mai qui les renferment en certains types déterminés. Enfin dans ce système de la préexistence des germes, on ne fail dit avec raison M. Geoffroi Saint-Hilaire, que reculer difficulté; ou mieux, c’est déclarer , à l’aide d’une prop: sition contradictoire en elle-même, qu’elle n’existe pas. E effet, le problème à résoudre est le mode de formation d’t nouvel être vivant. Or, d’une part, supposer cet êt préexistant, c'est déjà déclarer le problème nul; c’est su: poser la chose faite de toute éternité, pour échapper à l’en barras de dire comment elle se fait: c'est au moins ne fai que reculer la difficulté, car dans cette hypothèse dx germe préexistant, il reste toujours à dire ne qu'est li fluence qui arrache soudain ce germe à sa torpeur et l’a; pelle à la vie. D'autre part, que veulent dire rigoureus
| DE LA CONCEPTION OU FÉCONDATION. 99 ment ces mots, préexistence du germe? D'un côté, préexistence exprime l’idée d’une existence qui est avant d’être, etil ya là contradiction. D'un autre côté, le mot germe n'est pas bien précisé ; en vain dira-t-on que la vue d’une graine, d’un œuf, en donne l’idée ; en vain définira-t-on le germe, la réunion d’une quantité quelconque d’éléments, qui avec d’autres qui sont puisés au dehors, forment par un travail intestin un corps organisé ; ce qui prouve qu’à ce mot on n'attache qu’une idée vague, c’est qu’on a successivement réduit ce qui est proprement le germe , à une partie de plus en plus petite de la graine, de l’œuf, à une partie tellement petite qu’elle n’a plus été vue, et n’a plus été presqu’une conception abstraite de lesprit.
… Ces objections au système de l’évolution ont paru tellement fortes que, malgré tout l'éclat dont a Joui ce système dans le siècle dernier, la plupart des physiologistes de nos ours reviennent à celui de l’épigénèse, se bornant à exprimer par ce mot que l'individu nouveau à son origine est ormé de toutes pièces, mais avouant leur ignorance sur Je mécanisme de cette formation. En eflet, nous avons vu, l’une part, que plusieurs naturalistes croyaient , avec assez le vraisemblance, à l'existence de générations spontanées ux derniers degrés de l’échelle végétale et animale. Nous errons, d'autre part, que le fœtus humain présente , dans a série de ses développements, les principales formes d’oranisation qu'offre la généralité du règne vivant. Or, n’estelpas là un premier argument propre à appuyer, qu’à sa remière origine il se fait par une génération spontanée, a conséquent de toutes pièces ? Un second argument est iré du mode de développement des organes, qui évidemsent consiste, non en une évolution, mais en une vériable formation par l’aggrégation successive des molécules natérielles qui les composent ? Mais les physiologistes de os jours se bornent à cette généralité, et avouent eur 2norance sur le reste. Et en effet, s’ils avaient découvert le iysière de la génération , ils auraient pénétré le secret de \ vie ; et nous avons vu que jusqu’à présent toutes Jes acions vitales nous sont inconnues, et que nous ne savons
d'elles que leur opposition , ou au moins leur dissemblane avec les actions physiques et chimiques générales. Parmi H conjectures qui ont élé faites, nous ciierons les suivantes M. Lamarck, croyant que la cause de la vieest matériel] et puisée dans l'élément ambiant, et qu’il se forme di êtres vivants toutes les fois que cetle cause de vie, quel! qu’elle soit, rencontre une matière gélatineuse demi-fluid] pense que c’est aussi de cetie manière que se fait, à sa pr mière origine, l'embryon humain : il ajoute que, de mêm que dans la suite des temps, les premiers êtres vivants s’ taient compliqués graduellement de manière à former Î! êtres vivants actuels, de même aussi l'embryon humain € ce premier degré d'organisation si simple, s'élève success vement à celui qui constitue son espèce. M. Rolando, ser blablement à MM. Dumas et Prévost, exprime que l’ind vidu nouveau résulte de la réunion du système celtul! vasculaire fourni par la mère, et du système nerveux four! ar le mâle, considérant la substance amorphe qui provie: de l’ovaire comme étant les rudiments des systèmes vase! laire et cellulaire qui sont les premiers fondements de 1 conomie , et l’animalcule spermatique comme étant cel du système nerveux. Mais c’est assez nous arrêter à tou ces hypothèses; achevons Pexposition de ce que nous sava de positif sur l'acte de la conception.
La conception est un acte qui s’accomplit sourdement! sans être perçu. On a prétendu que quelques femmes reca naissaient par un frisson, une douleur à l’ombilic, trouble quelconque dans l'abdomen , qu’elles venaient to à coup de devenir mères : mais outre que ces signes préle dus sont des plus vagues, le plus souvent la conception: fait sans qu’on sente rien, et c'est un acte dont on a au peu conscience que de celui de la chimification.
C’est aussi un acte tout-à-fait indépendant de la volont on ne peut ni faire qu'elle ait lieu , ni influer sur ses pa duits. La première de ces propositions est universelleme avouée ; telle femme qui désire des enfants ne peut en a vo! et telle autre devient enceinte à chaque rapprochement. ya cependant à cet égard une différence entre l’espèce h
maine et les animaux. Chez ceux-ci la génération n’est possible qu’à une époque déterminée de l’année; mais aussi presque toujours un premier accouplement est suivi de fécondation , probablement parce que les organes génitaux de Pun et l’autre sexe, mais surtout ceux de la femelle, sont dans un état d’excitation convenable. Dans l’espèce humaine au contraire, la génération peut s’accomplir toute l’année; Tes organes génitaux ont en tout temps le degré d’excitation convenable à l’accomplissement de la fonction , ou au moins Peuvent momentanément l’acquérir; mais il arrive bien plus souvent qu’un rapprochement n’est pas suivi de fécondation, probablement parce que l’excitation des organes est moins grande. Du reste, les causes de la stérilité sont difficiles à pénétrer, toutes les fois qu’elles ne résident pas en des obstacles physiques qui empêchent l'application du sperme à l’ovaire : on parle de mauvaises qualités dans ce sperme et dans les vésicules de l'ovaire, mais sans préciser ces mauvaises qualités : on dit qu’il faut un rapport entre ces deux matières, mais sans spécifier en quoi consiste ce fapport. Hippocrate disait que la fécondation était d’autant Plus sûre, que les deux époux différaient plus l’un de l’aure par le tempérament; mais l’état particulier de Pappaéil génital doit avoir plus d’influence ici que l’état général lu corps. Ce qui paraît plus certain, c’est qu'il y a d’auant plus de probabilité pour la fécondation, que les deux mdividus éprouvent dans le rapprochement le même spasme, et que le pénis est plus en face de l’ouverture de l’utérus. Elle arrive aussi plus facilement quand l'approche a lieu iprès les règles, soit parce que l'utérus reste alors un peu plus ouvert, soit parce que tout l’appareil a conservé nn este d’excitation. Deux thèses ont été faites sur les quesions de savoir si les femmes les plus ardentes et les plus elles sont les plus fécondes : An quo salacior mulier, eo œcundior? An formosæ fecundiores ? Les auteurs de l’une à de l’autre ont conclu négativement : on conçoit que la remière de ces circonstances peut avoir une influence sur Lfécondatiôn ; mais à coup sûr la seconde, c’est-à-dire la auté, ne peut en avoir aucune.
Non-seulement c’est irrésistiblement que la conception lieu ou n’a pas lieu, mais encore c’est indépendamment « toute volonté, que la grossesse est simple ou composé Sans doute, la nature a réglé par avance le sort de chaqi espèce animale à cet égard ; elle a fait les unes multipare: et les autres unipares : mais les lois qu’elle a posées sous rapport sont susceptibles de quelques variations , et la v lonté ne peut rien sur ces variations. Les animaux multi pares, par exemple, ne font pas toujours le même nomb: de petits; et la femme, qui ordinairement n’accouche q} d’un enfant, fait quelquefois des jumeaux. Tout en avouair notre ignorance sur la cause de ces variations, voici que ques observalions faites à leur égard. Les jumeaux survie: nent une fois à peu près sur quatre-vingts grossesses. L exemples de trois enfants sont plus rares : sur trente-s mille accouchements qui ont été faits dans une espace temps donné à l’hospice de la Maternité, il n’y a eu q} quatre grossesses triples. La femme d'un paysan moscovili dont je vais parler tout à l’heure, a accouché plusieurs fc de quatre enfants; mais, sur cent huit mille accouchemen qui ont été faits, dans un espace de soixante ans, lani l’Hôtel-Dieu de Paris qu’à l’hospice de la Maternité, ce fa ne s’est pas présenté. On a parlé de grossesses de cinq e: fants et plus; mais tous les cas cités sont évidemment ap: cryphes. Auquel des deux individus doit-on rapporter } grossesses composées ? Les sectateurs de l’évolution croie! que c’est à la femme; ils supposent que dans le coït pli sieurs vésicules de l’ovaire ont été fécondées. Les fauteu du système des animalcules les rapportent au contraire : père. On a des faits en faveur de l’une et l’autre opinion cerlaines femmes, mariées successivement à plusieu hommes, orit toujours eu des grossesses com posées ; certains hommes ont présenté le phénomène inverse. À dernier propos, nous citerons les faits suivants: Ména parle d’un homme appelé Brunet, dont la femme, en se: couches, fit vingt-un enfants, et qui, ayant abusé de sa se vante, la rendit enceinte de trois enfants. En 1755 ,.« présenta à l'impérairice de Russie un paysan appelé Jacqi
Kirnhof , marié en secondes noces, et âgé de soixante-dix ans; sa première femme avait fait cinquante-sept enfants en vingt-une couches, elle avait eu quatre couches de quatre enfants, sept de trois, et dix de deux; sa seconde femme avait eu déjà sept couches de trois enfants, et six de deux.
Enfin, de même que nous ne pouvons pas faire que la conception ait lieu ou n’ait pas lieu, nous ne pouvons pas influer sur ses produits : par exemple, influer sur le sexe de Penfant, non plus que sur ses qualités physiques et morales futures. À la vérité, quelques philosophes et médecins anciens, Anaxagore, Aristote, Hippocrate, croyaient que le lesticule et l’ovaire droits fournissaient les rudiments des jarçOns , el que ces parties du côté gauche fournissaient ceux les filles; Démocrite, Pline, Columelle, disent même l'avoir >xpérimenté sur un bélier. C’est sur cette assertion que fut ondé l’art prétendu de procréer les sexes à volonté, art qui a le nouveau été préconisé de nos jours par le docteur Hillot. Mais d’abord, en supposant vrai le fait sur lequel repose ce ystème, il faudrait pouvoir influencer ou faire agir de préérence ou tel ovaire ou tel testicule , et cela ne serait pas oujours possible dans le spasme de la génération. Ensuite, l'est faux que de l’ovaire et du testicule droits proviennent es garçons, et de l'ovaire et du testicule gauche les filles : les hommes auxquels on avait enlevé un des testicules ont ngendré également des filles et des garçons ; il en a été de ème de femmes qui avaient un des ovaires détruit par une naladie. Sur des lapines, on a fait l’ablation de l’un des Waires, et ces animaux, couverts ensuite, n’en ont pas noins engendré des fœtus mâles et femeiles, Quand on ouvre me lapine pleine, dans la même corne de la matrice, on rouve à la fois des fœtus mâles et femelles, bien que tous es fœtus proviennent certainement d’un même ovaire . de ovaire correspondant. Ceite particularité de la conception st donc, comme toute autre ,; Soustraite à l'influence de la olonté ; et heureusement pour nous, car les vues privées, L par conséquent rétrécies de l’homme, auraient bientôt ut cesser l’équilibre que le Créateur fait plus ou moins, lon les climats , régner entre les deux sexes. D'ailleurs, à k
l’occasion de cette question, nous devons dire que quelqu: physiologistes pensent que le sexe de l'individu nouvea n'est pas fixé au moment même de la conception, et qu’ ne se détermine que plus tard, lors des développementssui séquents : nous reviendrons là-dessus à l’article du fœtus. Nous ne pouvons pas davantage sur les qualités physiqui et morales futures de l'enfant : c’est irrésistiblement qu'il] tel tempérament, telle constitution, qu'il est bien fait © diflorme , etc. , tant la nature a voulu se réserver exclus vement la direction d’un acte par lequel elle conserve perpétuité de tous les êtres animés. Cependant nous avon ici plus de pouvoir que sur les circonstances précédente: et si nous ne pouvons exercer une influence instantanée au moins nous pouvons déterminer à la longue quelqu modifications. D'abord , il est possible que l’état moral d deux individus au moment de l’union, que le degré d’act vité avec lequel ils accomplissent la fonction, aient uw influence sur son résultat, et, par conséquent, sur les qu lisés de l'individu nouveau. Il est possible que celui-ci s0 plus ou moins vivace, selon que sa création originelle au été effectuée avec plus ou moins d'énergie ou de faiblesse. ( dit généralement que la conception est d’autant meillew que l’abandon des deux époux est plus absolu. Sans dou Aristote a exagéré, quand il a attribué la plus grande fr quence des difformités dans l’espèce humaine à la négl gence avec laquelle s’accomplit la génération ; mais on cre avoir remarqué que les enfants de l’amour sont général ment plus riches de vie et plus précoces. La nature, lors l’accomplissement de l’acte génital, Ôôte l'individu à même, comme s’il fallait que toute sa vie fût employée limportante fonetion à laquelle il se livre; et cela prou assez quil faut ici exclusion absolue de tout autre acte. E! suite ,en rejetant comme non suffisammentdémontrée cet première influence, il en est une autre incontestable, tena: aux qualités des pères et mères; on voit les pères et mêi transmettre à leurs enfants, et leur constitution , et leu qualité morales, et leurs maladies, et jusqu’à leurs form extérieures, puisqu'on observe souvent entre eux les pl
À DE LA CONCEPTION OU FÉCONDATION. 105 ortes ressemblances. Or, n'est-il pas possible d’influer sous e rapport sur les qualités des enfants, en réglant les conlitions de rapprochement , en présidant aux choix des inlividus qui s'associent ?
Aussi , si nous avons relegué parmi les chimères l’art de ocréer les sexes à volonté , nous jugerons moins sévèrenent celui de la mégalanthropogénésie, c’est-à-dire de faire les enfants beaux et des enfants d'esprit. Ayant une fois dmis la possibilité d’une influence exercée par l’état moral époux au moment du coït, et surtout celle d’une transnission héréditaire des parents aux enfants, on conçoit u’on peut soigner plus ou moins tout ce qui a trait à ces eux choses. Nul doute que l'abus des plaisirs de l’amour imprime aux fœtus engendrés une faiblesse originelle , et Mau contraire, un exercice convenable ne fasse engendrer es enfants robustes. Pour perpétuer les animaux domesques et les améliorer sans cesse, nous faisons'un choix des ièles et des femelles que nous accouplons; nous les preons dans l’âge de la force , et nous en croisons diversement s races , selon le genre de qualité que nous voulons im pri- 1er aux produits. Qui oserait dire que tout ceci ne soit de ème applicable à l’homme? Loin de nous sans doute la ensée de méconnaître ce que la haute dignité de notre esèce réclame de liberté pour les individus unis en état jeial; mais la législation n’enfreint-elle pas les lois de la hysiologie, et par conséquent de la nature, quand elle peret, par exemple, les mariages entre des personnes d’un âge trêmement disproportionné, entre des personnes saines les personnes affectées de maladies héréditaires ? Loin de iercher à améliorer, on ne travaille même pas à prévenir s détériorations.