‹ Physiologie de l'homme (volume 2)Chapitre 15 sur 97 · RE · texte numérisé non relu

RE

Nous avons dit que, le plus souvent, dans l'espèce huaine, il n’y a qu'un seul enfant de produit ; cependant y a deux ovaires : est-il possible de dire lequel fournit la 'sicule qui est le rudiment de l'être nouveau ? On ne peut is plus répondre à cette question, qu’à celle de savoir si st le hasard qui décide quelle vésicule se détache, ou si, contraire , il en est une qui à müri et s’est préparée à la

fécondation. Ce que l’on sait seulement, c’est qu’un se ovaire sufhit pour engendrer.

La conceplion effectuée, et la vésicule de l’ovaire por! dans l’utérus, est-il possible à une autre conception de faire, et à un autre ovule de descendre dans la matrié et d’y suivre de même la série de ses développements ? fait, qu’on appelle superfétation, est certain pour les a maux qui ont l’utérus bicorne ; on conçoit quechez eux u seule des cornes de la matrice peut se remplir lors d’u conception , et l’autre rester apte à le faire plus tard. Mal dans l'espèce humaine, la chose paraît moins possible; ca d’un côté l’utérus est unique, et de l’autre, son orifice : ginal et l'entrée des trompes sont bouchés dans la grosses de sorte. qu'il paraît impossible que de nouveau speri puisse y pénétrer et aller atteindre les ovaires, ni qu nouvel ovule puisse y descendre. Aussi, beaucoup de ph siologistes n’admettent de superfétation dans la femme, q lorsque, par une monstruosité ou par une anomalie , lu: rus est double ou bicorne , ou partagé en deux par une cl son médiane. Cependant, quelques-uns croient à des sup! fétations sans eette circonstance , en s’'appuyantsur les fa suivants. Buffon parle d’une créole qui accoucha de de jumeaux, un blanc et un noir, et qui avoua que le mat d’une nuit où son mari avait approché d’elle , elle avait. à supporter la violence d’un de ses domestiques noirs; est évident qu’en elle il y avait eu deux conceptions , et deux époques différentes. Æisennemann rapporte que femme d’un infirmier de lhôpital de Strasbourg accoucl à quatre mois et demi d'intervalle , le 30 avril et le 16 s0 tembre, de deux enfants également à terme, et qui vécurer le premier deux mois et demi ,et le secondun an. Le docte Desgranges, de Lyon, a vu une femme de ce pays, quie coucha de même à cinq mois et demi d'intervalle, de de: enfants également à terme , Et qui vivaient encore deux a après, lorsqu'on les présenta aux notaires qui ont attesté fait. Sans douie ces faits sont imposants; mais ne peutpas leur opposer les considérations suivantes? Dans le de Buffon, les époques des deux conceplions ont été as

DE LA GROSSESSE. 107 approchées, pour qu’on puisse concevoir la descente du econd ovule après la fécondation du premier, la clôture Le orifice de l’utérus et celle des orifices des trompes ayant pas encore eu le temps de se faire. Dans les deux utres cas, il pouvait y avoir utérus double ou bicorne, et in n'a pas vérifié ce fait chez la femme observée par le doceur Dessranges. À la vérité, la femme dont parle ÆEïsen- Leman a été ouverte après sa mort, eta présenté un utérus imple ; mais son ouverture n’a été faite que sepl'ans après a superfétation : s Ét qui assure qu’une cloison médiane, ui aurait alors partagé en deux Putérus et aurait permis : double grossesse, ne se serait pas détruite depuis ? Cette upposition est aussi raisonnable que cellequi nous présente sperme pénétrant jusqu’à l’ovaire , malgré la clôture des rifices de l’utérus et des irompes, Fete comme on e peut affirmer qu’il n’ y ait pas des grossesses dans lesuelles l’orifice de l’utérus reste ouvert, et les trompes acssibles, peut-être est-il sage de ne pas nier absoïument la le des superfétations ? On avait voulu regarder ces iperfétations comme des grossesses doubles, dans nana n des fœtus aurait vu se sr la série de ses dévelopements pendant tout le temps de l’évolution du premier, et e lesaur aitrepris qu'après l’excrétion de celui-ci ; mais ceci ttrop évidemment hypothétique pour pouvoir être admis.

ARTICLE IIL.

ii De la Grossesse.

Nous avons vu la vésicule de l’ovaire saisie par la trompe “conduite dans l’utérus. Arrivée dans cet organe, bientôt le y prend attache, s’y développe, et force l'utérus à se welopper lui-même , pour lui fournir à la fois un asile et s sucs nutritifs nécessaires. C’est cet ensemble de nouveaux hénomènes qui constitue la grossesse, acte qui s’enterd du jour que fait lPindividu nouveau dans l'utérus, des serces que lui rend cet organe, et qui comprend tout le mps qui s'écoule depuis l'instant de la conception jusqu’à

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Immédiatement après la conception, bien que les pi noménes principaux de cette action se passent à l’ovai déja, avant l’arrivée de l’ovule, surviennent quelques ch gements dans l’utérus. Selon les uns, cet organe se dil pour se préparer à recevoir l’ovule; du moins Bertrandi trouvé ainsi dans des grossesses extra-utérines , et chez femmes qu’il avait ouvertes à des époques si rapprochées la conception, que l’ovuleétait encore flottant dans l’utén En même temps sa substance rougit, s’amollit, devient mo compacte, plus vasculeuse; elleest évidemment le siége dr congeslion de sang, et Harvey compare ce qu’elle éprox au gonflement qui survient à la lèvre d’un enfant piquée une abeille. Enfin il se produit à sa surface interne à membrane molle, floconneuse, appelée par Hunter, qui premier l’a décrite, membrane caduque, et par M. Cha ster , épichorion. I] y à eu beaucoup de débats sur la dis: sition et le mode de formation de cette membrane. Se Hunter, elle est d'autant plus épaisse qu'on est plus près l’instant de la conception , et s’aminciltau contraire à mes que la grossesse se prolonge; elle existe cependant encore à poque de l’accouchement, et même est alors plusépaisse € la première membrane de l’œuf, le chorion. Elle est de leur grise , molle, pulpeuse , et assez semblable à la couer du sang. Trois trous existent dans sa cavité, deux qui @ respondent aux trompes, et un troisième à l’orifice vagi de l’utérus. Hunter l’appela decidua , parce qu’elle tom chaque grossesse. Selon lui, elle est produite, oupart exfoliation de la membrane muqueuse de l’utérus, ou une dégénérescence du sperme projeté lors du coït dans! organe ; ou plutôt enfin, par la coagulation d’une lym} plastique, que, consécutivement à l’irritation spéciale di laquelle est alors l’utérus , sécrète la surface interne de viscère. Dans son origine, cette membrane n’avait qu’ seul feuillet qui adhérait à l’utérus; mais dans la suits s'en forme un second, qui adhère à l’œuf lui-même, [unter appela celui-ci caduque réfléchie. Aujourd’hui anatomistes professent, sur le mode de production de membrane caduque, l’une ou l’autre des deux opinic

DE LA GROSSESSE. 109 uivantes. Dans l’une; on établit que le premier effet de a conception estde faire sécréter , par la surface interne de utérus , une masse considérable d’une substance séro-al jumineuse ; l’utérus en est d’abord tout plein ; l’ovule , en wrivant, se plonge tout entier dans cette substance; peu . peu il en absorbe une partie par sa surface externe pour a nutrilion , et le reste s'organise en double membrane, | je qui correspond à l’utérus, et l’autre qui adhère à 2œuf. On assimile cette matière séro-albuminense , Soit au lanc dont se revêt, en traversant l’oviductus, l’œuf des oieaux , soit à la substance visqueuse qui enveloppe les œufs nernbraneux de certains reptiles. On donne comme preuves, que, dans le premier mois de grossesse, l'œuf paraît plongé ans la substance même de la caduque; et que, lorsque lus tard le placenta apparaît, les vaisseaux qui de cet gane vont à la matrice, paraissent plutôt percer la caduue qu’en écarter les lames. Haller cependant croyait que à caduque se dédoublait pour entourer le placenta. Loin u’il reste à cette caduque des trous correspondants aux rompes et à l’orifice de l'utérus, comme Pavait dit Hunter, à même substance séro-albumineuse qui a formé cette memrane remplit et obstrue ces ouvertures; et, en effet : jummacher et M. Dutrochet disent avoir vu Ja caduque > prolonger jusque dans les trompes ; et l’on a reconnu sur sommet d'œufs abortifs, sous la forme d’un mamelon ; > reste de cette substance, qui remplissait le col de l’utéus, eten bouchait l’orifice. Dans l’autre Opinion , on admet ue la caduque est déjà un peu organisée avant quel’ovule ar- Ve, et que quand celui-ci débouche par la trompe dans l’uœus, ilne fait que la pousser devant lui. Alors il s’en revétiit comme tout viscère intérieur l’est par la séreuse de la caité splanchnique dans laquelle il est situé ; il lui devrait ’être maintenu en éontact avec la portion de l'utérus danslauelleil doit poussersesracines; la cad uque se réfléchissant sur œuf, à partir du lieu qui doit former le placenta ii n'yaurait ue cette partie de l’œuf qui neserait pas recouverte par elle.

un mot, au lieu d’être, comme dans la première opinion, be sorte de kiste, la caduque serait une véritable membrane

séreuse accidentelle, qui fixerait l’œuf dans la cavité! l’utérus; qui aurait deux portions, une utérine et une tale, ce qui expliquerait les deux caduques de Hunter ; qui , enfin, libre et contiguë à elle-même, à sa face interr serait de ce côté le siége d’une perspiration séreuse. M. Æ reau a, le premier, soutenu cette opinion dans sa disser! tion inaugurale, et l’on ne peut disconvenir que l’analo: ne Ja rende spécieuse : puisque l’œuf est contenu dans Il térus, ne fallait-il pas une séreuse pour l’y attacher ? I puis, dans un Mémoire présenté à l’Académie royale de n decine, M. Veipeau l’a développée et appuyée sur l’obsery tion et la dissection d’une douzaine d’œufs humains; M. Breschet m’a assuré avoir vu de la sérosité dans la cav! de la membrane, entre les feuiilets appelés par Hunter c duque propre et caduque réfléchie. Quoi qu’il en soit, ce! membrane , d’abord fort épaisse , et semblable à un caill de sang incolore, s’amincit à mesure qu’on avance dans grossesse , restant néanmoins toujours bifoliée; lors de l4 couchement elle est d’un blanc jaunâtre, épaisse d’u déemi-ligne , molle, pulpeuse, peu tenace, et évidemme du genre des concrétions couenneuses membraniformi Quoiqu’elle paraisse inorganique , elle contient des val seaux qui sont d'autant moins nombreux, qu’on approc: plus de l’époque de l'accouchement, et parmi lesqueis il: plus de veines que d’artères. Cette membrane, enfin, « évidemment étrangère à l’œuf. On ne peut admettre, ax M. Dutrochet, qu’elle soit une dépendance de l’aljantoï ou de la poche ovo-urinaire , et qu’elle soit nourrie par vaisseaux ombilicaux du fœtus; car, non-seulément el précède, comme on vient de le voir, la descente de l’œ: dans l’utérus, mais encore elle se forme de même dans. grossesses extra-uiérines. M. Chaussier l’a vue dans pll sieurs cas de grossesses tubaires ; elle existait dans le cas grossesse abdominale cité par M. Lallemant ; M. Evrat même jusqu’à dire qu’il s’en forme une à la suite de chaq approche. | Bientôt, à une époque qu’on ne peut fixer, mais qui parait postérieure que de quelques jours à l'instant de

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