‹ Physiologie de l'homme (volume 2)Chapitre 17 sur 97 · DE LA GROSSESSE · texte numérisé non relu

DE LA GROSSESSE

cir, ce qui aurait dû être, s’il ne s'était agi que d’une disten sion mécanique, sont devenues plus épaisses. En effet, le parois de l’utérus, qui, dans l’état de vacuité de cet organe ont quatre lignes d'épaisseur, dans les trois premiers mois d la grossesse en ont cinq. Si, sur la fin de la grossesse et apr l'accouchement surtout, elles diminuent un peu, à cause del] rétraction de utérus, leur épaisseur est encore d’un pouce Ce développement est dû à un nouveau mode de nutritio qui se fait dans ce viscère : évidemment cet organe devien un centre de fluxion, appelle en lui plus de sang, et pa suite voit changer et la nature de son tissu et ses dimen sions ; ses artères deviennent plus grosses ; il en est de mêm de ses veines, qui, à sa surface interne, présentent d’'énor mes dilatations, auxquelles on a donné le nom de sinus ule rins. Ses nerfs sont aussi triplés de volume, ainsi que se vaisseaux lymphatiques. Enfin son tissu propre, de dw blanchâtre et non contractile qu’il était, est devenu rouge mou, spongieux , eLaple à une énergique contractilité. Se parois n’ont pas la même épaisseur partout; plus épaisse au lieu d’attache du placenta, elles n’ont souvent au col à la fin de la grossesse, que la minceur d’une feuille d papier. On observe ici quelques variétés, et, par exemple: Hunter a vu un càs dans lequel la paroi antérieure de l’uté rus était très épaisse, et la postérieure fort mince. En vain: pour expliquer ce développement, on avait supposé un! espèce d’antagonisme entre les fibres du fond de l’organee celles du col; les unes et les autres n'existent pas d’abord et ne sont que le produit de la dilatation active qu’éprouy: l'organe. Le tissu de celui-ci commence par se ramollir; i paraît s’infiltrer d’une lymphe , d’une sérosité qui diminu sa densité; à cet infarctus lymphatique succède la conges tion sanguine ; puis survient la conversion du tissu primi ivement compact et grisâtre, en un tissu mou, rougeàtn et contractile. Ces phénomènes s’observent d’abord dans 1: fond de l'utérus, puis ils s’établissent dans le corps et dan le col. Les auteurs n’ont pas été d’accord sur le caractère da tissu nouveau que présente l’utérus; Lobstein l’assimile : celui qui forme la tunique moyenne des artères ; d’autres k

DE LA GROSSESSE. 115 disent en partie celluleux et en partie charnu ; Ja plupart Jécroient musculeux. Il est certain que, comme ce dernier, ilest très contractile, et qu’on peut le ramener à un certain nombre de faisceaux de fibres, ayant chacun des directions diverses ; mais 1l s’en distingue un peu par la couleur, et en cequ'il ne se paralyse pas de même par une forte distension, non plus que par une inaction trop prolongée. Presque tous des anatomistes, dans la vue de jeter du jour sur le mécamisme de l’acconchement, ont tâché de reconnaître Ja direction des diflérents faisceaux de fibres qu’on distingue en ce Lissu : la plupart se sont bornés à dire que les fibres les plus extérieures étaient dirigées longitudinalement du fond et du corps de l’organe vers son col ; que les fibres situées au-dessous de celles-là avaient une direction transversale, et s'entre-croisaient en réseau avec les précédentes; et qu'enfin les plus profondes étaient obliques, et même circulaires, surtout du côté des trompes; ils ajoutaient que, dans le fond de l'utérus, ces fibres formaient un tissu tout-à-fait inextricable. Quelques-uns cependant ont spécifié davantage. Ainsi, Rurisch a signalé au fond de l’utérus un plan de fibres concentriques , dont il a fait un muscle particulier, auquel il à donné son nom. Æeitbrecht a appelé muscles orbiculaires deux plans de fibres circulaires qui circonscrivent l’orifice de chaque trompe. J. Sue dit avoir remarqué sur chaque 0té de l’utérus, en avant et en arrière, quatre points où és fibres étaient entrelacées de manière à figurer les nœuds qu’on observe dans le bois; et considérant ces points comme les centres de contraction pour l'utérus, il les a appelés nuscles quadrijumeaux. Une sage-femme fort instruite, madame Boivin, a présenté récemment sur ce sujet deux Mémoires à l’Académie royale de médecine. Elle y expose qu'ayant examiné l’utérus sur onze femmes mortes à des poques avancées de la grossesse , et après l'accouchement ! Île a reconnu en cet organe les faisceaux musculaires suijants : 19 à l’extérieur , immédiatement sous le péritoine, ine première couche musculeuse membraniforme , recou ant comme une espèce de sac tout l’organe , à partir de son ônd jusqu’à son orifice externe dans le vagin, el qu’elle ; 8,

propose d'appeler muscle uléro-sous-péritonéal ; 2° sous cett couche, au fond de l'utérus et de chaque côté de la lign médiane, des fibres transversales en grand nombre, forman trois faisceaux plats en avant, deux en arrière, situés suc cessivement les uns au-dessus des autres , et qui, après avoi contourné transversalement les angles arrondis de l'utérus et fourni des fibres aux parois antérieure et latérales de lox gane, vont au-delà , en s’isolant, constituer, les supérieurs les cordons sus-pubiens, les moyens, les trompes, et les im férieurs , les cordons des ovaires; 30 toujours sous cetl couche, mais dans le corps de l’utérus, un plan musculair longitudinal, prenant naissance en bas à l’orifice interne remontant verticalement en haut sous forme de gerbe, € allant s’entre-croiser avec celui du côté opposé, et les fibre transversales du fond de l’organe ; 40 à la face interne, su la ligne médiane, en avant et en arrière, des plans de fibre verticales, étendues aussi de l’orifice interne jusqu’à so! fond, et se recourbant là en dehors pour s’entre-croiserentx elles, et former autour des orifices des trompes, ces plar de fibres concentriques , appelés par Æeïtbrecht muscles ox biculaires; 50 enfin, dans la cavité du col, sur chacune de faces antérieure et postérieure, est un raphé médian, d chaque côté duquel naissent de nombreux replis dispose d’une manière régulière, et simulant les rameaux d’un a buste : parmi ces replis, plusieurs remontent jusqu’au tiet inférieur de la face interne de l’utérus, et s’y eflacent in sensiblement. Cette disposition , selon madame Boivin, fa comprendre le mécanisme du développement du col, € prouve que ce développement commence bien plus tôt qu’o ne Île dit généralement. Ainsi l’utérus serait formé de cou ches musculaires multiples superposées; et, eu effet, madam Boivin dit en avoir séparé et compté jusqu’à sept dans Î corps et le fond de l'organe. Ch. Bell, en Angleterre, a donn des divers plans musculeux de l’uiérus une description peu près semblable. Au contraire, MM. Chaussièr et Ribes en France, disent qu’ils ont trouvé les fibres du col , CirCU laires en dehors, et séparées de ce côté par une ligne de dé marcalion distincte des fibres longitudinales du Corps , jon

. DE LA GROSSESSE. 319 gitudinales en dedans, et se continuant sans interruption jusqu’au fond de l’organe ; ils ajoutent que jamais ils n’ont pu, par la dissection, suivre loin dans la substance de l’organe , les faisceaux qui leur paraissaient d’abord distinets et isolés, ces faisceaux bientôt se confondant et formant un entrelacement inextricable. Ceci se rapporte aux difficultés qu'on trouve à spécifier la disposition des divers faisceaux qui forment les organes entièrement musculeux, comme le cœur, la langue, etc.

… Quoi qu’il en soit, l’utérus est ainsi devenu capable de fournir à l’œuf l’espace nécessaire à ses développements, ainsi que les sucs que sa nutrition réclame. C’est la fécondation elle-même qui à imprimé les premiers eflorts de ce grand travail; l’ovule ensuite, par sa présence , les a entrelenus, et a maintenu l'utérus dans le nouveau mode de sensibilité, de vitalité qu’il a revêtu. Cet ovule d’abord a adhéré à l’utérus par l’intermédiaire de vaisseaux provenant de sa surface externe, et qui traversent la caduque, Mais bientôt, au lieu où celle-ci ne le revêt pas d’après le Système de M. Moreau , et où il touche immédiatement l'utérus , il se développe un organe appelé placenta, qui, d'un côté, est attaché à la face interne de l’utérus et en reçoit des vaisseaux, qui, de l’autre, détache un cordon vasculaire qui va pénétrer l’ombilice de l'enfant ; et c’est alors, par le moyen de cet appareil, que les sucs nutritifs dela mère arrivent au fœtus. Mais nous reviendrons là-dessus à l’article du fœtus. Est-ce constamment à un même lieu de l'utérus, à un point déterminé, que se fait cette insertion du placenta ? Hunter croyait qu'elle se faisait là Où tombait l’œuf ; dans cette manière toute mécanique de concevoir le phénomène, l’insertion aurait dû se faire presque loujours sur le col, et heureusement que cela est rare. Le plus souvent cette implantation est au fond de la matrice, ou, selon Fallope et Monro , proche de l’ouverture de la trompe , tellement, que le centre du placenta recouvre l’orifice utérin de ce canal, ce qui est en rapport avec lopinion de M. Moreau sur la caduque. Quelques variétés Don observe dans le lieu où est attaché le placenta , ilest

dm

probable que le mode de disposition de la caduque dans sc origine a sur ce fait la plus grande influence.

Comme on le conçoit, tout cetravail ne peut se faire san que les fonctions de l’utérus ne soient modifiées. Ordinain ment, il ya, pendant la grossesse, suspension de l’excrétic menstruelle, moins à cause de la présence du fœtus, q par suite des modifications survenues dans la constitutio de l'organe. La matrice est plus chaude , et est assez sens ble pour faire percevoir les mouvements du fœtus. D: changements se manifestent aussi dans les autres parties « l'appareil génital; les ovaires sont plus gros et plus spor gieux ; les cordons sus-pubiens ont éprouvé le même char gement de texture que l’utérus ; les mamelles se déve loppent, et la sécrétion laiteuse se prépare et même so vent commence; seulement son produit n’est encore qu'ur humeur séreuse. Nous avons dit que le vagin, aux approche de l’accouchement , se dilatait, et était le siége de sécrétior muqueuses plus abondantes , qui l’assouplissaient paravance et le préparaient à être extensible et plusglissant. Le trava: s’étend au bassin lui-même, qui doit livrer passage à l’ind. vidu nouveau ; les symphyÿses qui unissent les os qui former ce canal se relâchent , la symphyse du pubis surtout; le lames cartilagineuses qui existent dans ces symphyses se re mollissent, deviennent plus épaisses; d’où plus d’amplet au bassin, et mobilité des os qui le constituent. Sans dout cette mobilité n’est pas portée au point de permettre am os coxaux et sacrum de s’écarter beaucoup , eomme l’ont d! d’anciens accoucheurs ; mais elle n’en est pas moins ur prédisposition à l’accouchement, et M. Chaussier a 5 connu qu’elle ne manquait jamais.

Enfin, l’appareil génital n’est pas le seal qui soit ain modifié dans la grossesse ; toute l’économie se ressent plu ou moins de cet état, en partie à cause des influences syIn pathiques qu’exerce sur tous les autres organes l’utérusain surexcité . et en partie à cause de la pression mécanique qu cet organe, devenu gros, exerce sur les organes circonvo sins. Ainsi, d’une part, éclatent dans lPappareil digest: beaucoup de troubles divers ; ou un défaut absolu de faim

DE LA GROSSESSE. 119 des nausées fréquentes, des vomissements , de la salivation; ou des appétits bizarres, ce qu’on appelle le pica. Surviennent de même des modifications sympathiques dans le moral; les femmes ont alors généralement une susceptibilité plus grande, et qui demande à être ménagée; plusieurs, qui étaient avant d’un caractère doux, se montrent impatientes , irascibles ; on a vu quelquefois en elles des anomalies encore plus singulières; elles sont éntraînées par des désirs bizarres. Les appareils digestifs et cérébral sont ceux qui sont les plus modifiés; mais les troubles qu’ils présen tent, le plus souvent disparaissent vers le quatrième mois, comme si l’économie s'était habituée à l’état nouveau dans lequel est l'utérus. Il y a aussi un grand changement dans l’état général des humeurs ; le plus souvent il survient une exubérance lymphatique, la plupart des femmes engraissent pendant leur grossesse : ceci cependant est sujet à de nombreuses exceptions. D’autre part, à la fin de la grossesse, la pression de l’utérus sur les nerfs et les vaisseaux qui vont aux membres inférieurs, sur le rectum et la vessie, occasionent diverses incommodités, comme des crampes, des douleurs dans les jambes , de l’enflure des pieds, de fréquentes envies d'aller à la garde-robe et d’uriner. La gêne qu'éprouvent les organes digestifs, l’obstacle qu’oppose l’utérus au libre abaissement du diaphragme, apportent aussi quelques troubles mécaniques dans la digestion, et de la difficulté dans la respiration.

Parmi ces nombreux phénomènes concomitants et consécutifs de la grossesse, quels sont ceux qui peuvent avec certitude annoncer cet état? D’abord, ce ne sont pas les phénomènes sympathiques que nous venons de relater en dernier lieu ; ils peuvent éclater lors d’une irritation de Putérus développée par toute autre cause. Ce ne sont pas non plus les effets résultants de la pression exercée par l’utérus sur les parties circonvoisines ; on les observe de même lorsque , par une maladie , l’utérus a acquis un développement insolite. La suppression des règles n’est pas un signe plus sûr, puisqu'elle arrive souvent par des causes autres que la grossesse. Nous en dirons autant du développement

du ventre, qui s’observe de même lors d’une tumeur qué conque des organes abdominaux. Les changement que toucher fait reconnaître dans le col de l’utérus ne sont, assez considérables ni assez constants dans les premie mois, pour que, par eux, on puisse aflirmer cet élat ; x peuvent survenir d’ailleurs à l’occasion d’une tumeur € l’utérus. Les mouvements de l’enfant, qui d’ordinaire font sentir de trois mois el demi à quatre mois, sont seuis signes qui permettent d'assurer la grossesse; avec to les autres phénomènes, on n’a que des présomptions. Ge: cependant ne doit s'entendre que des quatre premiers moi! plus tard , il n’y a plus possibilité de douter. D’un côte les mouvements de l” re sont chaque jour sentis par mère. De l’autre, le toucher fait reconnaitre distinctemé un fœtus dans l’utérüs, en déterminant ce qu’on appelle mouvement de balottement ; si on le pratique à la fin de grossesse, le col déjà aminei et ouvert laisse sentir au trave! de lui l'œuf, et même permet de reconnaître quelle est partie du corps de l’enfant qui se présente. Enfin, M. ec K ergaradec a récemment découvert qu’en appliquant tb oee Jabdomen d’une femme enceinte, on pouvai distinguer et les battements artériels du placenta, et ceux d cœur de f enfant, les premiers, dès le cinquième niois de grossesse, et les haies un peu plus tard. On n’a aucu moyen de deviner le sexe de l'enfant que contient l'utérus On actit que si l’utérus étaitincliné à droite, quesi les mot vements de l’enfantse faisaient sentir plus particulièremer de ce côté, et que si le sein droit se gonfloit le premier l'enfant à naître était un garcon ; mais ces signes sont aus peu réels que tous ceux que pour le même objet on est all chercher dans la lune. On ne peut non plus savoir si. grossesse est composée ; cependant le ventre est alors pla gTOS ; quelquefois, à l'extérieur, il semble partagé en deu moitiés; la mère sent remuer en plusieurs endroits à la foi et en des endroits fort distants; si enfin on use du stéstho: cope, d’après la méthodedeM, Pie garadec, ei qu’on sen en, même temps, et en deux endroits, les mouvements d cœur du fœtus ;onaura la certitude qu'ilexiste deux jumeau:

La grossesse a une durée qui varie en chaque espèce anialé: dans l’espèce humaine, elle comporte un intervalle neuf mois, et finit à la trente-neuvième semaine, du sux cent soixante-quinzièmeau deux centquatre-vingtième ur. Il y a cependant ici probablement quelques variétés ; ais ceci a trail à la question des naissances prématurées et dives, qui nous occupera à l’article des âges.

Le é

0 ARTICLE IV

Pi.

ü { | De l’Acouchement.

L'individu nouveau, parvenu pendant le cours de la ossesse à un certain degré de développement, doit enfin ré rejeté hors de l’utérus, et naître. C’est ce qui se fait r accouchement, qu’on peut définir l’excrétion du fœtus de ses annexes hors de l'utérus et du corps de sa mère. >pelé ; avortement où Jausse-couche , s’il se fait avant que fœtus soit assez développé pour pouvoñ vivre isolé; acuchement prématuré , s’il survient avant Lerme , mais le bus étant viable, c’est-à-dire apte à vivre par lui-même ; est dit raturet, quand il se fait à terme, et par les seules ces de la nature; et > au contraire, artificiel, qaand il lame les secours de l’art. Celui-ci se subdivise en accoument contre nature , et accouchement laborieux , selon il faut pour son accomplissement employer la main seule quelques instrumeuts. On conçoit que dans notre ouge, exclusivement consacré à l'étude des phénomènes la vie dans l’état de santé » nous ne devons parler que de ccouchement naturel.

L'accouchement est une action du genre des excrétions,

15 qui se distingue de toutes les autres excrétions , En ce

il est accompagné de vives douleurs, et nécessite des ef-

ts tels, qu’on luia donné à juste titre le nom de travarl.

m'est pas cependant une maladie, mais une fonction de

anté , dont seulement l'accomplissement est très doutou-

X et fatigant. Comme dans les autres excrétions, nous

Wrions y étudier trois choses : la sensation , Qui annonce

que cette excrétion a besoin de se faire et s'effectue ; l’ac: expultrice du réservoir qui contient la matière à rejeter! l’action musculaire auxiliaire que la volonté ajoute à la ] cédente. Mais l'importance dont est l’accouchement n commande plus de détails; et, adoptant l’ordre suivi M. Chaussier, dans sa Table synoptique de l’accoucheme nous allons successivement en indiquer les causes, les & ditions , le mécanisme et les suites. n

10 Causes de l'accouchement. L'accouchement s’acce plit à une époque déterminée, et la première question qu” dû se faire les physiologistes, a été de savoir quelles cat l’occasionent. Ces causes ont été tour-à-tour recherchées d le fœtus et dans l’utérus. Ainsi, les unsont dit qu’à la fin d grossesse, le fœtus avait acquis un volumé et un poids: que, par sa présence, il provoquait irrésistiblement les tractions de l’utérus. D’autres, avec moins de raison, supposé des efforts directs de l’enfant, des mouvements lesquels le fœtus chercherait à sortir de son asile, afin satisfaire aux divers besoins qui le pressent, comme de m ger, de respirer, d’évacuer son urine, ses fèces, etc. C accusé la distension de l’utérus par l’eau de l’amnios, irritation par le contact de cette eau qui, à la fin de grossesse, aurait acquis une acrimonie extrème. Buffa dit que la cause de l’accouchement était le décollement placenta, qui, au degré convenable de développement fœtus, se sépare de l’uiérus comme le fruit mûr se déta de la branche qui le porte. Enfin, on a accusé un état pléthore générale , suite de l’absence des menstrues que n avons dit être supprimées pendant toute la grossesse. A parmi ces causes prétendues, plusieurs sont évidemm fausses, comme les efforts de l’enfant, par exemple, cet. étant passif dans l'accouchement; et aucune des autres # absolue. L'accouchement est dû , d’un côté, à la disposit et aux propriétés de l’utérus; et de l’autre, aux chat ments qui surviennent dans l’organe d’attache du fœtus: placenta. D'une part, l'utérus, agent principal de la g sesse et de l’accouchement, a revêtu dans-ces cas une où nisation qui le dispose, d’abord à recevoir embryon,

ite à le conserver un certain nombre de mois pendant 1'il se développe, et enfin à l’'expulser quand il sera apte vivre d’une vie isolée. D'abord il a pris graduellement le veloppement nécessaire pour pouvoir fournir un asile au tus et à ses annexes pendant un certæin temps. Ensuite, à acquis une force de contractilité à laquelle 11 devra de uyoir , par la suite, expulser ce fœtus. Enfin, sa suscepilité à se contracter est allée graduellement en augmenit, de manière qu’à la fin il suffira de la moindre irrijon , de la moindre stimulation, pour mettre en jeu cette ulté contractile ; et nous verrons tout à l'heure , dans les ingements qu'a éprouvés le placenta, des causes suffisantes iritation,. Le mode selon lequel se développe l'utérus t même nécessairement amener l'accouchement. En eflet, ond et le corps ont seuls d’abord pris de l’ampliation ; ce St qu’à la fin que le col à son tour s’est dilaté; mais sa atalion a été telle qu’en même temps il est devenu mince ame une feuille de papier : dès lors, tout équilibre entre fond et le col de organe a été rompu; et la rétraction nue de l’utérus a dû irrésistiblement avoir pour effet pousser l’æuf contre le col, d’en ouvrir l’orifice » Et d’y ager l’enfant. Cette idée d’Ant. Petit est universellement dise aujourd’hui. D'autre part, le placenta, ce moyen tache du fœtus à l’utérus, éprouve, par la suite de la sesse, des changements qui, à la fin, troubleront assez la

ulation de la matrice, pour que celle-ci soit stimulée à

Iyrer aux contractions qui doivent la débarrasser, et dont

est d’ailleurs si susceptible. Ce placenta recoit d’abord

> toute facilité, et le sang que les artères ombilicales du

as Jui apportent, et celui que Îes artères utérines lui

rnissent ; mais à mesure que Ja grossesse approche de son

ne , à l’instar de ce qui arrive à un fruit mür, une partie

es vaisseaux s’oblitère, il devient moins accessible au

qui lui arrive; il survient un changement dans sa cir-

Won , el partant dans celle du fœtus et de la mère dont

t l’intermédiaire; une congestion de sang a lieu parti-

êrement dans l'utérus, et de là pour cet organe une sti-

ation qui Le provoque à se contracter. Cet embarras n’est

d’abord que léger, et la première contraction utérine q provoque suffit pour le dissiper, en poussant dans les seaux collatéraux le sang qui est en surcharge ; mais celt barras revenant sans cesse et allant en augmentant pa: fait de la maturation graduelle du placenta, sans cesse a se renouvellent les contractions de l’utérus; et à la fin, contractions se HAADUURE au point que le travail s’étaf L'influence qu’exerce sur les contractions de l’utérus surcharge de sang dans cet organe, est si cerlaine , ques vent il suffit de petites saignées pour prévenir de faus couches chez les femmes qui y sont sujettes; que de gra hémorrhagies rendent toujours les contractions utérines: bles et rares; et qu'après l’accouchement, les contract. de l'utérus continuent jusqu’à ce que cet organe soit dége du sang qui le remplit. Du reste, il semble que par cela que ces contractions ont eu lieu une preniière fois, € tendent à se renouveler ; du moins c’est ce que porte à cn la facilité avec laquelle surviennent les avortements et accouchements prématurés à toute époque quelconque grossesse. Mais on conçoit que cela doit encore bien pli arriver quand le col de utérus est tout-à-fait amine, € fait plus équilibre au fond et au corps de l’organe, cor! cela est à la fin de la grossesse. C’est par le concours de causes que survient l’accouchement.

La nature a fait sagement coïncider l'instant où le di loppement de l'utérus est à son terme, et où cet organ) se livrer à son acuon expultrice, avec celui où le fœtul assez développé pour pouvoir vivre de la vie extérieure n’à pas plus de volume que n’en comporte l’étroitesse parties qu’il doit traverser. L'époque de accouchement elle fixe ? ou peut-elle être retardée ou avancée un peu ?) rentre dans la question des naissances précoces ou tardi dont nous ayons promis de nous occuper à l’article âges. Disons seulerient que la périodicité menstrue; sur cette époque quelque influence; la plupart des couchements se font au retour de la neuvième ou dixi menstruation : l’utérus étant alors dans une exalia de vitalité, a plus de susceptibilité, à la moindre irritat

DE L’ACOUCHEMENT. 125

ssent en contraction, et dès qu'il y avait pour eux veltéde se vider. Ici il y a quelques différences : d’abord, il St éprouvé de sensation que lorsque l’utérus se contracte; Le suile cette sensation a le caractère de la douleur, lors ne que l’excrétion s’'accomplit. Cette douleur cependant n est pas moins une sensation organique , comme le sont sensations des besoins de la défécation, de l’excrétion > Purine ; elle n’est pas due au contact de l’œuf sur l’uté- IS, mais reconnaît pour cause Ja contraction de cet organe ; Jon peut l’assimiler à la sensation qui éclate dans les tres excrétions, quand le besoin de les accomplir se fait ntir. |

20 Conditions de l'accouchement. Dans lexpulsion du tus hors de l'utérus et du corps de sa mère, ce fœtus a à verser le bassin , le vagin , et les parties extérieures de la aération. Pour que cette expulsion se fasse le plus aisént possible, il faut done un rapport entre le volume de à corps et le diamètre du canal d'’excrétion que forment diverses parties; et ce rapport n’existe qu'autant qu'il ! bonne conformation de ces parties, bonne conformation

fœtus, et surtout qu'autant que ce fœtus se présente au

sage en une situation convenable. De [à , la nécessité de

taines conditions pour l'accouchement, dont les unes

it relatives à la mère et les autres au fœtus.

Du côté de la mère, ce qui importe surtout est une

ane conformation du bassin ; il faut que ce canal osseux,

e doit traverser le fœtus, ne soit ni trop large ni trop

oit. Dans le premier cas, l'accouchement serait relardé,

tête de l’enfant s'engagcant dans sa cavité avant que l’o-

ce de l’utérus soit ouvert; dans le second ; 11 serait plus

ardlé encore, et pourrait même être tout-à-fait M pPOSSi-

» Du reste, pour faciliter l’intelligence du mécanisme

faccouchement , rappelons briévement quelques-unes dispositions anatomiques du bassin. Les accoucheurs

ont distingué en lui le grand et le petit bassin ; le prem consiste dans ces ailerons, ces appendices évasés qui Î ment les hanches et la partie supérieure du bassin : il étranger à l’accouchement , et a une étendue de huit à n4 pouces. Le second forme le canal osseux que le fœtus d traverser, et on a distingué en lui son ouverture supérieu son ouverture inférieure et sa cavité. La première , appe détroit supérieur ou abdominal, à, dans son diamètre : téro-postérieur ou sacro-pubien, une étendue de qua pouces, ou cent dix millimètres; dans son diamètre iliac ou transverse, une étendue de cinq pouces ou cent tren! cinq millimètres; enfin, dans ses diamètres obliques: d’une symphyse sacro-iliaque à la cavité cotyloïde du € opposé, une étendue de quatre pouces eL demi, ou ct vingt millimètres. La seconde , appelée détroit inférieur périnéal, a ses diamètres antéro-postérieur, transverse obliques, à peu près égaux, longs de quatre pouces, cent dix millimètres; cependant le coccix, qui termine! arrière le diamètre antéro-postérieur ou cocci-pubien , pt vant un peu être repoussé en arrière, ce diamètre s’agre dit de six lignes où douze millimètres à peu près lors! l’accouchement, et devient le plus grand. Enfin , l’excai tion du bassin, à cause de la concavité du sacrum,aun} plus d’étendue que les détroits. Nous devons noter ent! que, ie bassin formant avec le rachis un angle de quara degrés à peu près, l’axe de cette cavité n’est pas le më que celui du corps, et même que les axes de chacun des: troits diffèrent : l’axe du détroit supérieur est représe? par une ligne qui, de l’embilie de la femme, irait se ul miner au Liers inférieur de la concavité du sacrum ; ce: du détroit inférieur est représenté par une autre, qi de l’angle sacro-vertébral, irait passer au centre de ce troit : ces deux axes se rencontrent ainsi à peu prèsaur lieu de la cavité pelvienne, et forment un angle obtus! avant. 1 importe de connaître cette disposition , parce q le fœtus, dans sa sortie, devra suivre successivement deux axes, eL conséquemment changer de direction. Les! tres conditions que doit présenter la mère pour l’accompll

DE L'ACCOUCHEMENT. E2T ment de l’accouchement naturel sont ; un état de souplesse: d'humidité convenable dans les parties extérieures de Ja nération ; une situation de l’utérus telle que cet organe it dans l’axe du détroit abdominal ou à peu près; l’aminsement de son col, rendu ainsi apte à s'ouvrir et se dila- :; enfin, l’accomplissement des changements qu’amène en viscère la grossesse, et qui développent en lui la faculté “contractilité qui lui est nécessaire. Nous ne pouvous us refuser à faire remarquer la situation beureuse du va- : le par rapport à l’utérus; véritable canal d'excrétion longeant l’utérus, ilest impossible que celui-ci exprime sen intérieur le fœtus qui yest contenu, sans que le va- Lne livre aussitôt passage à cet être.

Du côté du fœtus, les conditions consistent dans sa bonne formation » et surtout dans une situation telle qu’il ISSe suivre facilement la direction des axes du bassin et traverser les détroits. Il faut pour cela qu’il présente une extrémités de l’ovule qu'il forme dans sa totalité, ou ête , ou les pieds, ou les genoux , ou les fesses. Ces posins sont les seules dans lesquelles l'accouchement puisse aire naturellement ; et de toutes, la plus fréquente et la Sfavorable, c’est celle où l’enfant présente le sommet de ête, dans une direction oblique, l’occiput derrière la ité cotyloïde gauche, et le front au-deyant de la symse sacro-iliaque droite : dans cette position , en effet, la de l'enfant présente ses plus petits diamètres aux plus ads diamètres du bassin , et par conséquent doit pouvoir rerser ce canal osseux avec plus de facilité. Cette position t pas l'effet du hasard , mais est due à la disposition des es. D’abord ja tête du fœtus, comme partie la plus Mptement développée et la plus lourde, est de bonne re dans la grossesse située en en bas, et appuyée sur le de l'utérus. Ensuite, la saillie du rachis Géjetant un

de côté l'utérus, et ordinairement à droite, parce que ordon sus-pubien de ce côté est plus court, la tête de ant partage cette obliquité de lorgane qui le ren- 1e. En troisième lieu , les muscles psoas , qui sont situés le côté du bassin, et qui agissent sans cesse pour la sta-

128 FONCTION DE LA GÉNÉRATION: | tion et la progression de la femme, influent aussi sur cet situation oblique. En quatrième lieu, si l'occiput se trou le plus souvent placé derrière l’une ou Pautre paroi antép latérale du bassin, c’est que le dos de l'enfant a dû mile? s’accommoder des parois molles, souples et élastiques! l’abdomen, que de la colonne rachidienne, sur laque: il ne devait pouvoir se fixer, à cause de sa convexil Enfin, si c’est plus souvent à la cavité cotyloïde gauche q| correspond l’occiput, c’est parce que, le plus souvent; fond de l’utérus est incliné à droite. La nature a donc he reusement disposé les parties de manière à amener pr que toujours cetle position du fœtus, qui est la plus fan rable à cet être et à la mère, pendant la grossesse et lors l'accouchement. Pour ce qui est de la grossesse, le fœt ayant ainsi sa face dorsale en rapport avec l’ahdomen de mère, a moins à redouter les eflets d’un coup, d’une chu! que s’il présentait de ce côté sa face sternale ; le contour: colon et le rectum, qui sont à gauche, sont moins comp] més et parlant moins gènés dans leurs fonctions. Pour! qui est de Paccouchement, nous avons déjà dit qu’ainsi fœtus présentait ses pius petits diamètres aux plus gran diamètres du bassin ; l’occiput se trouve très près de P. cade du pubis qu'il doit franchir ; il lui faut peu temps pour parcourir un trajet de deux pouces sur. plans inclinés, lisses, que lui présentent les parois iskl tiques et sous-pubiennes; le dos du fœtus présente « large surface aux muscles abdominaux, lorsque ceux-ci ront appelés à seconder l’action contractile de l’utéruss paroi postérieure et latérale gauche de la cavité du bas est presque libre, et le rectum n’est que peu où point co primé; il ne l’est que dans le dernier temps du travë lorsque le front se place dans la courbure du sacrum , ét west que pour peu de temps, la tête étant alors près franchir le détroit périnéat, ete: Tous les avantages de ct sosition seront sentis quand nous parierons du mécanie de Paccouchement ; car c’est d’après elle que nous décrir celui-ci. Du reste, voici quelques généralités sur ce qui de la position du fœtus relativement à laccouchemé

DE L'ACCOUCHEMENT. 129 Les accoucheurs ont signalé quatre-vingt-seize positions possibles de l'enfant; vingt-quatre pour la tête, quatre pour les pieds, quatre pour les genoux, quatre pour les fesses, et soixante pour les quatre faces du tronc. Nous ne parlerons pas de ces dernières, parce qu’elles rendent toujours l’accouchement contre nature ou laborieux. Sur vingt mille cinq cent dix-sept accouchements faits à l’hospice de la Maternité , les positions des pieds se sont présentées deux cent trente-quatre fois ; celles des genoux quatre, et celles des fesses trois cent soixante-treize. Des vingt-quatre positions de la Lête, huit seulement permettent l’accouchement naturel ; ce sont celles où le sommet se présente , et elles se sont offertes dix-neuf mille sept cent trente fois sur le nombre total que nous avons cité. Les accoucheurs leur ont donné des noms qui suffisent pour les faire connaître ; sa- Voir : position occipito-cotyloïdienne gauche ou droite, OCCipito-pubienne, fronto-cotyloïdienne gauche ou droite 1 ronto-pubienne, et occipito-iliaque gauche ou droite. Sur le nombre d’accouchements précité, la première, qui est la plus fréquente, s’est présentée quinze mille six cent quatrevingt-deux fois ; la seconde trois mille six cent quatre-vingtdeux ; la troisième , six; la quatrième, cent neuf; la cinquième, quatre-vingt-douze, et la sixième, deux. Ainsi, sur les quatre-vingt-seize positions dans lesquelles peut se présenter l'enfant, il n’en est que vingt qui permettent accouchement naturel.

30 Mécanisme de l'accouchement. L'accouchement à pour phénomènes principaux une série de contractions effectuées par l’utérus, contractions qui sont intermittentes, mais qui deviennent par degrés de plus en plus longues, fréquentes et énergiques, et qui appelant bientôt à leur aide le concours des muscles abdominaux > parviennent à ouvrir Porifice de Putérus, à expulser de cet organe le fœtus, et à aire traverser à ce fœtus le bassin, le vagin, et les parties xtérieures de la génération. Comine dans le travail de l’acouchement, il faut que successivement l’orifice de l’utévus ouvre assez pour laisser passer la tête de l’enfant , et que et être traverse le détroit abdominal, l’excavation du bas-

» Tome IV. 9

sin, le détroit périnéal, et enfin les parties extérieures comme dans cette succession d’actes, les phénomènes exté rieurs, la fatigue, les douleurs, par exemple, ne sont pa les mêmes , les accoucheurs ont généralement partagé l’ac couchement en plusieurs temps : mais chacun en a admi plus ou moins. Ant. Petit en reconnaissait trois. M. Désor meaux établit ce même nombre, le premier, pour la dila tation entière de l’orifice de l’utérus ; le second, pour l'ex pulsion entière du fœtus; et le troisième, pour Ja délivrance Nous suivrons le plan de M. Chaussier, qui en admet cinq À. Premier temps. Préparation à l'accouchement. Ce pre mier temps, qui pourrait être rapporté à la grossesse, es caractérisé par les divers phénomènes qui, dans les der niers jours de cette époque , annoncent un prochain accou: chement. La tête du fœtus, enveloppée du col de l’utérus est placée dans le détroit abdominal, quelquefois mèm dans l’excavation du bassin ; le ventre est abaïssé; pa: suite, la respiration est plus libre, la circulation plus fa. cile, la femme se sent plus légère ; mais comme l’utérus es plus bas, il y a de fréquentes envies d’uriner ; les symphyse du bassin sont évidemment relâchées ; le vagin s’humecte s’assouplit, se dilate, et est le siége d’un écoulement glaï reux, mêlé quelquefois de quelques gouttes de saug ; le co de l’utérus, tout-à-fait aminci, effacé, commence à s’ouvrif enfin , de temps en temps surviennent quelques contra: tions de l’utérus, mais fort éloignées les unes des autres, € si légères, qu’elles sont sans douleurs, ou marquées seule ment par un sentiment d’engourdissement dans cet organe B. Second temps. Dilatation de l’orifice de l'utérus. Dan: le second temps, les contractions de l'utérus dilatent lorifice de cet organe , et l’amènent au point de pouvoir donne passage au fœtus. Ces contractions, qui d’abord n'avaient eu lieu que de loin en loin , et qui étaient si faibles qu’elle n'étaient pas senties , graduellement deviennent plus forte: et surtout douloureuses. Bientôt leur rapprochement de: vient tel, et le caractère de douleur qu’elles ont revêtu si marqué, qu'on ne peut plus méconnaître que le travail de l’enfantement a commencé. On est assuré d’ailleurs, aus

caractères suivants , que les douleurs sont celles de l’accou- chement : d’un côté, elles sont intermittentes , et séparées les unes des autres par des intervalles de repos absolu ; d’un autre côté, si l’on touche la femme pendant qu’elles ont ‘lieu, on sent que le col de l’utérus est tendu - dur, partant en contraction, et même que l’œuf est poussé contre son orifice, ou saille au travers si celui-ci est déjà un peu dilaté. Ces douleurs sont en eflet les annonces insépara bles des contractions de l’utérus, et c’est désormais par elles que l’on compte celles-ci ; se faisant sentir dès qu'elles ont lieu, quand même l’orifice de l’utérus serait dilaté et ouvert, ou le fœtus expulsé, elles cessent quand l'utérus se relèche. Au dire de plusieurs accoucheurs, elles ne siègent que dans le col de l’organe ; son fond et son corps ne font éprouver qu’un sentiment de pression et d’engourdissement; au moins est-il sûr que la distension qu’éprouve le col, surtout dans les premiers temps, ajoute à leur intensité naturelle ?

Le but de ces contractions utérines ou douleurs est de dilater et d'ouvrir l’orifice de la matrice, et Voici par quel mécanisme. D'abord, les contractions se faisant du fond de lorgane à son col, c’est sur celui-ci que porte toute l’impulsion ; et comme ce col est alors très aminci par suite des développements de la grossesse, cela doit tendre à l’ouvrir et à le dilater. En second lieu, ces contractions détachent graduellement de la surface interne de la matrice les membranes de l’œuf, depuis l’ouverture du col jusqu'au pourtour du placenta ; et dès lors, cesmembranes, ainsi que l’eau qui les remplit, sont aussi poussées en en bas sur l’orifice , qu’elles doivent tendre également à dilater et à ouvrir. Enfin , dès que l’orifice utérin est un peu ouvert, les membranes de l’œuf s’y engagent sous forme de poche; et se tendant à chaque douleur, elles deviennent un excellent moyen pour amener l’orifice au degré d’ouverture et de dilatation convenable.

Pendant tout le temps que comporte ce travail, les mucosi tés glaireuses qui coulaient par le vagin sortent avec plus d’abondance; bientôt elles sont mélées de sang, à cause

Le

du détachement de quelques parties du placenta, de la rupture des vaisseaux qui établissaient les adhérences des: membranes avec l’utérus, ou de celle de quelques fibres! du col de cet organe. Les contractions utérines se succédant! continuellement , graduellement l’orifice se dilate de plus: en plus; à une certaine époque de sa dilatation , les membranes de l’œuf se crèvent; une partie de son. liquide intérieur, ce qu’on appelle ses eaux, s'écoule au dehors ; la tête: de l’enfant se place immédiatement sur le.col, et pressée sur lui avec énergie à chaque contraction utérine, elle en achève enfin la dilatation. C’est par ce mécanisme, qu'en! plus ou moins de temps, le col de l'utérus s'ouvre au point de pouvoir donner passage à la tête de l’enfant, et de ne plus faire qu’un canal non interrompu avec le vagin.

C. Troisième temps. Trajet de la tête à travers l’orifice utérin. Les contractions et douleurs utérines devenant de plus en plus fortes, longues et rapprochées, et l’orifice utérin étant assez dilaté pour laisser passer la tête de l’enfant, celle-ci paraît quelque temps prête à le franchir, et est ce qu’on appelle au couronnement. Elle le traverse enfin, étant poussée dans l’axe du détroit abdominal, et étant placée obliquement, l’occiput correspondant à la paroi co: tyloïdienne du côté gauche, et le front à la symphyse sacro: iliaque droite : dans ce moment, quelques fibres du cols déchirent, ordinairement au côté gauche. C’est de ce mo: ment aussi qu'aux contractions de l’utérus vont s'associe: irrésistiblement les contractions des muscles abdominaux et que les douleurs deviennent, comme on le dit, expul sives. Dans cette période, la souffrance de la femme es déjà extrême ; il y a trouble dans sa respiration , sa circula: tion ; le pouls bat avec force , la face est colorée. Le fœtus: pressé immédiatement par l’utérus, est dans un état de tor peur, et même d’asphyxie où d’apoplexie; la partie de I: tête qui a supporté la pression de l’orifice utérin, en a con servé souvent une tuméfaction , un thrombus, qui peut faire reconnaître après la naissance.

D. Quatrième temps. Sortie du fœtus. La tête du fœtu ayant franchi lorifice de l’utérus, est dans le vagin , rem

plissant l’excavation du bassin, et placée obliquement , Pocciput en bas contre la paroi cotyloïdienne gauche, et la face en haut dans la cavité du sacrum ; le menton est appuyé sur le sternum. De nouvelles contractions la font ‘avancer; mais à mesure qu’elle chemine dans le bassin, elle exéeule une semi-rotation ; l'occiput se porte sous l’arcade du pubis , et le front se place tout-à-fait dans la cavité du . sacrum. Cela est nécessaire pour que la tête se place toujours dans les diamètres les plus grands du bassin ; et nous avons dit que tandis que le diamètre le plus grand du détroit ab- . dominal était le diamètreoblique, celui du détroit périnéal était le cocci-pubien. Les contractions se pressant de plus en plus, l’occiput s’engage sous l’arcade du pubis ; le coccix en arrière est déprimé, et la tête s’avance vers l'orifice externe du vagin. Alors les parties molles éprouvent une grande distension ; le périnée est tendu ; le vagin s’accourcit et s’élargit; les caroncules et les nymphes s’effacent ; les lèvres de la vulve s’écartent. La tête de l’enfant est si fortetement comprimée, que le cuir chevelu se fronce pendant la douleur ; elle exécute alors un mouvement d’extension , le menton s’éloignant de la poitrine sur laquelle elle appuyait auparavant. C’est alors aussi qu’irrésistiblement la femme ajoute à l’action expultrice de la matrice la contraction des muscles abdominaux, et même de ceux de tout le corps. Les muscles des extrémités inférieures agissent pour maintenir le bassin dans la situation la plus favorable à l’expulsion de l'enfant; ceux des membres supérieurs et du col se contractent pour donner toute fixité au thorax, sur lesquels les muscles abdominaux prennent leur point d’appui ; on voit se produire tous les phénomènes qui s’observent dans les plus violents efforts. A chaque douleur la tête parait prête à sortir; mais quand la douleur cesse, elle se renfonce de nouveau, repoussée par la résistance physique de la vulve et des parties. Enfin , dans un de ces douloureux efforts , la tête franchit la vulve, présentant successivement à l'extérieur la fontanelle antérieure, le front, le nez, la “bouche , le menton, et se relevant ainsi sur le pubis de Ja mère ; les épaules traversent l’orifice de l'utérus ; bientôt

le reste du corps est expulsé de même, et presque sans peine ; l’enfant sorti en entier du flanc qui l’a porté res pire, crie; et la circulation cessant dans le cordon qui! l’attache à sa mère, on peut couper ce cordon et le séparer tout-à-fait. |

E. Cinquième temps. Délivrance. À la fatigue extrême! etaux douleurs excessives qui marquaient le temps précés| dent , succède d’abord un moment de repos délicieux ; mais il faut que soient expulsés aussi le placenta et les autres: parties annexes du ‘fœtus. L’utérus, libre d’une portion] de ce qu’il contenait, s’est resserré d'autant, et restant! contracté, il forme une tumeur ronde, dure et égale par=| tout , que l’on sent à travers les parois de l’abdomen. Bien-! tôt de nouvelles douleurs surviennent. Le placenta pressé se fronce, et se détache des parois de l’utérus ; les contrac= tions qui ont précédé ont d’ailleurs préparé ce détachement, en troublant la circulation de cet organe avec la matrice;, en rendant graduellement moindre la quantité de sang qu’ en recoit. Si le détachement ne se fait que successivement le sang qui coule à l’occasion de la première partie décolées, s’accumule eutre le reste de la masse et l’utérus, et concourt: aussi à en amener le décollement complet. Alors, devenu! corps étranger et libre, le placenta est poussé par les contractions utérines à travers l’orifice de l’utérus , le vaginet. la vulve, et il entraîne avec lui les membranes propres de l’ovule. Il ne reste qu’une partie de l’épichorion ou mem: brane caduque, qui sortira avec les lochies. L’écoulement: d’une petite quantité de sang vermeil marque ce dernier temps de l’accouchement,

Tout ce travail comporte un temps plus ou moins long, selon les conditions dans lesquelles sont et la femme et je fœtus. Le premier accouchement est toujours plus long que les suivants. Il est facile de distinguer dans cet acte ce qui est de l’action expultrice du réservoir excrémentitiel , et ce qui est de l’action annexe des muscles circonvoisins : la pre-. mière est tellement la principale, qu'on à vu souvent des. accouchements se faire après la mort, ou pendant des évar nouissements, des léthargies, ou lorsque l’utérus était en:

DE L'ACCOUCHEMENT. 135 prolapsus, et tout-à-fait en dehors de la cavité abdominale. De toute certitude, le fœtus y est passif. En vain Hippocrate attribuait une part quelconque à ses efforts; en vain on a dit, qu'appuyant fortement ses pieds contre le fond de l’u-

térus, il poussait avec sa tête contre l’orifice de l’organe : dans l’accouchement prématuré, évidemment le fœtus se- Yait trop faible pour dilater le col de l’utérus, qui en ce cas est trés résistant ; n’accouche-t-on pas d’un œuf entier, d’une môle, d’un fœtus mort ? le fœtus n’est-t-il pas trop serré pour pouvoir eflectuer les mouvements qu'on lui suppose® ne scrt-il pas quelquefois enveloppé encore de ses membranes ? On accouche, dira-t-on, moins vite d’un fœtus mort ; mais c’est qu’alors ce fœtus ne faisant aucun mouvement, ne réveille plus sans cesse les contractions utérines, et qu’ainsi il y a souvent de grands intervalles entre chaque douleur. La contraction de l’utérus est la puissance principale , et son effet est tel que la main de l’accoucheur, laissée dans l’organe pendant qu’elle a lieu, en éprouve un engourdissement sensible. On s’est demandé pourquoi ces Contractions ou douleurs sont intermittentes : Buffon en accusait la séparation partielle du placenta ; mais quelquefois le placenta est sorti le premier, et les douleurs, dansle reste du travail, se sont succédé comme à l’ordinaire. On a dit que l'application forte de l’utérus au fœtus amenait une pression des nerfs de cet organe, et par suite sa paralysie momentanée ; mais alors, pourquoi les douleurs vontelles en se rapprochant ? Cette intermittence des douleurs est un fait incontestable, mais dont la cause ne peut être assiguée, Dans les premiers temps, elles se font sentir dans la direction d’une ligne qui se rendrait de l’ombilic à la seconde pièce du sacrum ; et dans les derniers , elles se portent au contraire de ce point du sacrum au coccix : or voit que ces deux directions sont celles des deux axes des détroits abdominal et périnéal, que dans son éductien doit suivre le fœtus.

n 4° Suites de l'accouchement. Dans les premiers moments qui suivent l’accouchement, la femme conserve un senti- Ment de faiblesse, de fatigue, qui bientôt amène un som-

meil paisible ; toute sa personne offre des traces de la grande

secousse qu’elle a éprouvée , son œil est moins vif, # face

est pâle. Cependant les fonctions se remettent bientôt du

grand trouble où elles étaient ; la respiration devient aisée

parce que l'abdomen vidé permet mieux le jeu libre du dia-

phragme ; le pouls perd sa fréquence, devient ample, grand,

et souple; la peau est molle, avec chaleur douce et halitueuse ; une légère moiteur s'établit, et cette moiteur per-=

sistera pendant toute la durée de la couche. L’utérus se! resserre de plus en plus ; ses vaisseaux redeviennent flexueux, | petits, et leurs orifices se bouchent : dans les premiers | temps, il coule un peu de sang de sa surface interne; mais | à mesure que son resserremenL s'effectue , cet écoulement di-: minue et disparaît tout-à-fait pour faire place à celui qu'on! appelle lochies. Quand il s’est amassé quelques caillots dans! sa cavité, surviennent quelques contractions et douleurs: qui en amènent l'expulsion. À mesure que l’utérus se ré-: tracte, les divers viscères de l’abdomen reviennent à leur position première , les muscles abdominaux se rapprochent, Ja ligne blanche se resserre, les ovaires, les trompes, les: cordons sus-pubiens, le péritoine, reprennent aussi leur: situation accoutumée ; les parties extérieures génitales, quL souvent ont été contuses, graduellement deviennent de moins en moins douloureuses et se resserrent aussi. Tous ces changements commencent à se faire immédiatement après la délivrance ; mais les effets de plusieurs ne sont sensibles qu'après plusieurs jours, et il faudra un mois et plus pour qu’il ne reste plus de traces de l’accouchement. Pendant les deux premiers jours, du sang coule par la vulve ; ce sang provient des vaisseaux qui étaient étendus de l’utérusä Ja surface du placenta ; mais sa quantité diminue à mesure que l’utérus se resserre. Au troisième jour, il fait place un écoulement sanguinolent , roussâtre. Le quatrième et le cinquième, la matière de cet écoulement devient épaisse | blanchätre, puriforme, a une odeur fétide, et se compose évidemment des débris de l’épichorion qui s’exfolie el de la sérosité que fournissent les orifices des vaisseaux dé l'utérus. À mesure que l’épichorion est expulsé, et que lu:

| DE L'ACCOUCHEMENT. 137 térus, consécutivement à son resserrement qui continue de se faire, est dégorgé , l'écoulement perd de son odeur fétide, et redevient une sérosité muqueuse et blanchâtre. Enfin diminuant par degrés, cet écoulement, qui constitue ce qu'on appelle les lochtes, disparaît tout-à-fait après vingt à trente jours. L’utérus emploie deux mois à revenir à son premier volume ; cependant il reste toujours un peu plus gros, et un peu moius dense ; ses lèvres sont plus épaisses, plus longues, plus écartées, surtout la postérieure ; el on observe une ou deux fissures au côté gauche de son orifice vaginal. Les symphyses du bassin se raflermissent aussi, CEpendant le bassin reste toujours un peu plus ample, et la taille est moins svelte. Quoique la peau de l’abdomen se soit resserrée, elle conserve des éraillures bianchâtres, désormais indélébiles, et sensibles surtout vers l’hypogastre et l’ombilic. Nous ne parlons pas de la sécrétion laiteuse qui s'établit vers le troisième jour de la couche ; nous allons en traiter tout à l’heure en particulier. Enfin, pendant que Pécoulement des lochies subvient aux changements locaux qui se font dans l’utérus, celui de la transpiration cutanée, qui est sensiblement augmentée , remédie à Ja pléthore lymphatique que l’état de grossesse "avait amené , et est l’anonce du retour de l’état général des humeurs à ce que ces humeurs doivent être hors l’état d'exercice de l’appareii énital : cependant quelquefois l’allaitement prolonge cette ‘onstitulion humorale particulière ; et souvent les femmes onservent tout le temps qu’elles nourrissent la surabonlance de sucs blancs et de graisse, Ja mollesse et la blanheur de la peau, qui s'étaient développées en elles à l’ocasion de la grossesse.

Tel est l’accouchement, fonction plus laborieuse dans ‘espèce humaine que dans les autres animaux , parce que e fœtus humain a une tête beaucoup plus grosse, et que le

assin , au lieu d’être dans l’axe même du corps, est oblique ur le rachis.

ARTICLE V

De la Sécrétion du lait et de ‘a Lactation.

Bien qu'après l’accouchement , l’enfant soit tout-à-fai séparé de sa mère et ait sa vie isolée , le rôle de la femm pour la reproduction n’est pas encore terminé : il faut en core qu’elle fournisse l’aliment dont l'enfant va user dan les premiers mois de son existence, le lait. Celui-ci est | produit de l’action sécrétoire des mamelles ; 1l est créé pa le mécanisme ordinaire des sécrétions; mais il y a débai sur les matériaux dont il émane, et sa sécrétion diffère à toutes les autres par les circonstances particulières qui mettent en jeu.

Sans doute plusieurs sécrétions présentent dans leur exe! cice des alternatives de grande activité et de diminution la sécrétion de la salive, par exemple, est presque tam hors le temps des repas. Mais il n’en est aucune qui so aussi évidemment intermittente que la sécrétion du lan C’est en vain que son appareil, la glande mammaire , reça le sang qui doit fournir à son travail; il faut, pour que sécrétion ait lieu, que cette glande ait acquis, par l'ix fluence de la grossesse et de l’accouchement, un état d’exe tation particulier. En effet, non-seulement les gland mammaires sont étroitement unies à toutes les autres parti de l'appareil génital ; elles n’apparaissent comme elles , © du moins ne prennent un grand développement qu'à la p berté ; elles disparaissent ou se flétrissent à l’âge critiqus les seins grossissent, se gonflent à chaque période me struelle; ils s’érigent un’ peu dans le coït : mais, de plu les mamelles n’exercent d'ordinaire leur travail sécrétoi que consécutivement à la grossesse et à l’accouchement. Or bien quelques exemples de filles vierges , d'hommes mèi dont la mamelle , ivritée par des efforts de succion , a foun du lait; nous avons cité, d'après M. de Humboldt ,x homme de trente-deux ans qui a, pendant cinq mois 4 laité son enfaut; Baudeloque a vu une petite fille d’Alenço

JE LA SÉCRÉTION DU LAIT ET DE LA LACTATION. 139 e de huit ans, qui ailaita son frère pendant un mois : stoire a conservé le trait de cette jeune Romaine qui rit aussi de son lait son vieux père en prison ; ce phénène a même été observé chez des femmes septuagénaires. s ce ne sont là que des exceptions; le plus ordinaireit c'est Pimpulsion que les autres parties génitales reçoivde la conception, de la grossesse et de l’acceuchement , jen retentissant dans les glandes mammaires, détermine écrétion du jait; et cette sécrétion est aussi évidemment rmittente que la grande fonction dont elle fait partie. lors, puisqu'elle n’est pas continue, comme le sont que toutes les autres sécrétions, il importe d’abord de iller comment elle entre en jeu.

ous avons dit que, dès les premiers temps de la concep- , les seins se gonflaient : cette augmentation de volume que le commencement de la sécrétion du lait; souvent le milieu de Ja grossesse, ce fluide coule de lui-même des nelles; mais c’est moins un lait proprement dit, qu’un le séreux. 1] en est de même le premier et le deuxième qui suivent l’accouchement ; déjà l’enfant puise dans mamelles du lait; mais ce lait est loin d’offrir la connce qu'il aura par la suite , il est très séreux, on l’ap- > colostrum ; et l’on croit qu'il est un peu purgatif, eta lité de faire évacuer à l’enfant son méconium : il est sûr noins qu’il est proportionné à la délicatesse de l’estomac enfant. Mais, au troisième jour de la couche, tout à les mamelles se gonflent, durcissent, deviennent doueuses ; elles sont évidemment un centre de fluxion ; de vre sympathiquement accompagne leur travail; et leur tion s'établit alors avec la forme qu'elle aura désormais lant toute la durée de l’allaitement. L'organe a tout à ) revêtu une activité quia, dans le premier instant, la le d’une maladie , et c’est là une nouvelle différence de erétion du lait avec les autres sécrétions. Quelle cause “nine ainsi cette fluxionsoudainesur les mamelles POna s de la rétraction del’utérus quirevient sans cesse de plus lus sur lui-même, et qui, Surtout, n'ayant plus à nourfœtus , cesse d’être un centre de fluxion, On a in VOqué

ja loi du balancement des organes , et surtout une har! préétablie, en vertu de laquelle les diverses parties même appareil deviendraient tour à tour un point fl naire, dans l’ordre selon lequel leurs fonctions doiv! succéder. Quelques-uns ont accusé lirritation résu té la succion exercée par l’enfant; mais celte dernière! n’est certainement qu'accessoire, puisque sans elle le melles ne se gonflent pas moins. Toutefois, la sécrétioi fois commencée, la succion exercée par enfant en cons successivement le produit ;eten même temps, par Pirri qu’elle cause dans la mamelle , cette succion en entr l’activité sécrétoire. Ce n’est en effet que le premier que la fluxion a le caractère d’excitation qui simul maladie; bientôt l'appareil fébrile cesse, et désorm sécrétion s'effectue d’une manière aussi calme que tou autres. Le lait, dans les premiers jours, est séreux ei ensuite il devient de plus en plus épais et consistant ;

sure que la sécrétion se prolonge.

De quels matériaux provient le lait? les physiole sont ici dissidents. M. Richerand le dérive de la Ilymp: se fonde, 1c,sur ce qu’il y a dans les mamelles huit fo: de vaisseaux Jymphatiques que de vaisseaux sang 20 sur ce que ces vaisseaux lymphatiques évidemment sissent dans les temps de lactation; 3° sur ce que. a vu, par des injections, les conduits excréteurs d communiquer évidemment dans le tissu graisseux des] 4° sur ce qu’enfin la glande mammaire n’a pas une st aussi évidemment granulée que ceiles des autres gle et ressemble davantage, par sa texture , aux gan jymphatiques. Mais aucune de ces raisons ne constitt démonstration rigoureuse. Le volume du sein, et la considérable de tissu cellulaire graisseux qui entre d structure, expliquent pourquoi les vaisseaux lympha y sont si abondants. M. Sallion , auteur d’un Mémoir ronné, sur la sécrétion laiteuse , pense d’ailleurs que : cherand à pris pour des vaisseaux lymphatiques plr des vaisseaux excréteurs du lait. Si les vaisseaux lym ques des seins grossissent dans les temps de lactation.

E LA SÉCRÉTION DU LAIT ET DE LA LACTATION. 144 de même de leurs vaisseaux sanguins, et parliculièreitde leurs artères. Si les conduits excréteurs du lait ont communications dans le tissu graisseux du sein, ils en de plus évidentes encore et de plus faciles avec les vaisx sanguins de cette partie; voit-on d’ailleurs la graisse sein diminuer en preportion de la quantité du lait qui sécrétée ? voit-on cette graisse influer, par sa quantité, labondance de la sécrétion ? Si la glande mammaire a texture moins granulée que toute autre glande, elle L est pas moins bien différente des ganglions lymphati- . Enfin, si c’est la lymphe qui alimente la sécrétion ‘use, pourquoi les Jymphatiques qui de l’abdomen vont seins, sont-ils plus gros en sortant de ces organes qu’en trant ? Nous n’aämettons donc pas l’idée de M. Riche- 1. D’autres ont fait dériver le lait du chyle, se fondant ce que la sécrétion de ce fluide s'active sensiblement s les repas, et sur ce que le lait partage très promptet les qualités des aliments que l’on a pris. Mais ce que s avons dit dans le temps de la circulation du chyle et On transport dans le sang, réfute suffisamment cette “on. Ce ne serait que par le sang que ce chyle arriverait glande mammaire , et encore il n'y arriverail qu’en très te quantité , le reste étant envoyé aux autres parties du s. Si le lait des nourrices monte, comme on dit, après epas, cela tient à l’excitation que les mamelles reçoivent pathiquement du travail de l’estomac ; et si ce fluide se promptement quelques-unes des qualités des aliments ont été pris, on a vu qu’il en était de même de toutes utres humeutfs sécrétées. Cependant il faut convenir que lière mammaire est plus accessible qu'aucune autre fi- » sécrétoire , à la pénétration des parties hétérogènes des ents; voyez avec quelle facilité le lait de nos bestiaux se les qualités des pâturages dont ils sont nourris. Sur ? facilité repose, dans notre espèce, la possibilité de : prendre aux nourrices les médicaments que réclament naladies des enfants à la mamelle. M. Girard de Lyon, us, sur la sécrétion lactée, une Opinion moins fondée re que les précédentes ; selon lui, il existe dans l’ab-

domen un appareil de vaisseaux intermédiaires à l’utér! à la mamelle, restant inactifs hors les temps de grosses: d'accouchement, entrant tout à coup en jeu à ces époq et conduisant, de l’un de ces organes à l’autre, les maté de la sécrétion. Mais où est ce prétendu appareil vascul: l’auteur de l'hypothèse avoue lui-même n'avoir pu Je couvrir. Au milieu de toutes ces dissidences , il nous se: évident que la sécrétion du lait, ainsi que toutes les ar sécrétions du corps, est alimentée par le sang artériel» bord , nous venons de le prouver en quelque sorte par d'exclusion, puisqu'il nous a été impossible d’en troux source en aucun autre fluide. En second lieu, c’est ce porte à croire l’analogie des autres sécrétions ? Enfins a-t-on pas une preuve directe, lorsqu'on voit, en de cer cas, les efforts de là succion finir par faire sortir des le sang lui-même ? ‘

Ces diverses questions discutées, l’histoire de la sécre laiteuse se réduit aux considérations générales à toute sécrétions. Le sang artériel, apporté par les artères m maires dans le parenchyme de la glande, est saisi pa radicules sécréteurs, et changé en lait. Celui-ci circule les vaisseaux sécréteurs. Les causes qui l’y font chemi sont , d’une part, la continuité de la sécrétion aux oni: du système sécréteur, et de l’autre, une action contra de ces vaisseaux. Sa progression y est lente, à raison faiblesse de cette dernière cause, et parce que les vaiss lactifères font de longs replis. Si la sécrétion est conti l’excrétion ne l’est pas, et n’a lieu que d’intervalles ex tervalles. 11 semblerait dès lors qu’il devrait y avoir l'appareil lacté un réservoir pour le lait, comme il e: un pour la bile, le sperme, dans les appareils biliai spermatique : mais ce sont les vaisseaux excréteurs di qui eux-mêmes en tiennent lieu; la nature les a faits cette vue très longs et très repliés : cela est si vrai, que que les nourrices tardent quelque temps à donner à té leurs enfants, leurs seins se gonflent et deviennent doi reux, La petitesse des vaisseaux sécréteurs facilite le 5 du lait dans leur intérieur; et d’ailleurs leurs orifices"

DE LA SÉCRÉTION DU LAIT ET DE LA LACTATION. 143 eurs sont bridés au mamelon du sein, qui est le point quel ils aboutissent. Le lait, pendant son cours dans ces isseaux , est-il modifié ? il est probable qu’il ne fait que Paissir un peu par l'absorption de sa partie la plus ueuse.. Quant à l’excrétion, elle n’a lieu que d’intervalles en inalles; et à cause de cela on peut la distinguer de la sé- Lion qui est continue. Quand les vaisseaux lactifères de mamelle sont suffisamment pleins, un sentiment de peteur, de gonflement, de douleur à cette partie , accuse le oin qu’elle a d’être vidée; quelquefois alors l’excrétion ait spontanément, mais le plus souvent elle ne se fait > conséculivement à l’action de succion. Cette succion à louble effet, d’un côté, d’irriter les canaux galactopho- , Et d’en provoquer la contraction ; d’un autre côté, de erminer l'érection du mamelon du sein, et de relàcher à les brides qui ferment les orifices des excréteurs. Il d’autant moins possible de douter de ce dernier fait, une sensation de plaisir est éprouvée alors par la nour- > et qu'un orgasme voluptueux s’élend à tout le sein : ne au tissu graisseux qui le compose. Les pelites mains de fant, qui d’ordinaire se promènent sur l'organe, et le sent, concourent aussi à exciter son travail sécrétoire. Voulait que le vide fait dans la bouche par l’acte de 10n ait aussi une influence physique sur la projection ait dans la bouche de l'enfant; mais cela n’est guére able , et la contraction des Vaisseaux excréleurs est la cause du jet qu'offre souvent ce fluide au moment de expulsion. Il n'ya pas ici d'appareil musculaire volon- : annexé à l’organe d’excrétion , comme cela est dans la art des autres excrétions.

nous reste à faire l’étude du lait lui-même. C’est un de blanc, Opaque, d’une saveur douce et sucrée, d’une r particulière, et d’une pesanteur spécifique supérieure le de l’eau distillée. C’est une liqueur très azotée, com- > d’eau , de matière caséeuse, de sucre de lait, de quelsels (muriate de potasse , phosphate de potasse , acétale lasse avec un vestige de lactate de fer, phosphate ter-

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NE et d’un peu d’acide lactique. M..Berzélius. dis tin en. lui la crème et le lait, et assigne à chacune de'cés d : /maticres la composition suivante : creme , ben r 4 fromage , 3,5; pelit-lait, 92,0; et dans ce petit- lait; À a 4,4 de sucre ‘de lait et de sel : ait eau, 928,75 ; from. avec une trace de sucre, 28,01; sucre de lait, 35,00; mul de potasse, 1,70; Dhasphute de potasse, 0,25; Ar lac que, acétate de potasse el lactate de fer, 6,00; phosphate chaux, 0,30. Il y a dans le lait de la | plus de su de ait et moins de matière caséeuse, que dans celui.de* animaux domestiques, d’où résulte que, ce Jait est plus do pius liquide, moins coagulable, et que jamais on.n/à fabriquer de beurre avec sa crême. Du reste, la nature € mique du lait varie un peu selon les me dont us: femme; il est plus abondant, plus épais et. moins acil quand ces aliments sont tirés da règne animal. Quant« quantité du. lait, cela varie. encore S1 00 Ja. constitution la. femme, le degré de vitalité de la mamelle, la nature} ou moins HOARE du.régime alimentaire de la nourrice, € tout selon l’époque dela lactation. À mesure quel allaitem se prolonge , non-seulement le lait devient de plusen]} épais et consistant , mais 1l est plus ou: ‘moins abonda dans les premiers mois de la nourriture, sa quantité pa augmenter; mais dans les derniers elle diminue gradue ment , et à la fin la sécrétion se tarit. La quantité du Jait nés atément évaluée au tiers de l’alimentation. . Telle est la sécrétion laiteuse : comme toute autre sé tion excrémentitielle, elle est modifiée par les deux us: spéciaux des excrétions, la dépuration du sang et la dés 56. position du corps. D'un côté, le lait trahit prompten Ja présence des diverses substances hétérogènes portées dehors ‘ou du dedans dans le sang. D'autre part, che femme nourrice, les autres excrétions du Corps. sont di nuées, ou.au moins le besoin de alimentation est. prononcé pour remédier aux déperditions plus g grandes sont. faites. Sous. ce double rapport, Ja sécrétion du. entre aussi en solidarité avec toutes. les autres. Du re elle est un des actes de l’économie les plus susceptibles d

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