‹ Physiologie de l'homme (volume 2)Chapitre 28 sur 97 · DE L'APPAREIL LYMPHATIQUE · texte numérisé non relu

DE L'APPAREIL LYMPHATIQUE

‘extrême vieillesse, le volume énorme des artères qui ai rivent , ainsi que le nombre des nerfs et Vaisseaux lymatiques qui le pénètrent, ne permettent pas de douter il ne remplisse aussi, dans tout le cours de la vie, quelue office important, maisinconnu. Nous en dirons autant es capsules surrénales , petits corps placés dans l'abdomen , ors du péritoine , au-dessus de chaque rein dont ils emrassent l'extrémité supérieure : les artères qui y aboutisnt ont aussi plus de volume chez le fœtus que chez l'adulte ; ais comme ces organes persistent pendant toute Ja vie, ne peut les croire inutiles. 11s consistent en de petites poes à parois parenchymateuses épaisses, dont Île tissu est issi lobulaire, granulé, et dont la cavité intéricure est eine d’un fluide visqueux, qui est rougeàtre dans le fœtus, me dans l’enfance , et brun dans la vieillesse. Nous rendrons plusieurs fois sur ces organes, à l’occasion de açun des usages hypothétiques qu’on leur a attribués. Tel est l’ensemble général du système lymphatique. Pour enle voir, il faut, ou injecter le système par le canal Oracique avec du mercure ; ou lier le canal thoracique, n que Ja lymphe , faute de pouvoir s’écouler dans le Sys- Me veineux, distende les vaisseaux lymphatiques et les nde facilement apercevables. Si on en fait l'examen sur L animal vivant, on voit que le plus souvent les vaisseaux nphatiques des membres, de la tête et du co}, sont affais- » €t paraissent comme vides ; qu’il ya, sous le rapport leur plénitude, beaucoup de différences entre les divers isseaux lymphatiques du corps ; et qu’enfin, généralement, Système ne paraît pas rempli à l’instar de ce qu'est tout tre système vasculaire, le veineux » par exemple. Le système lymphatique n’existe pas dans tous les ani- LUX, et, dans ceux chez lesquels on le trouve , il n’a pas ajours le même degré de complication. 11 manque au-delà S animaux vertébrés ; dans les poissons et les reptiles, il £consfste que dans des vaisseaux ; et ce n’est que dans les eaux et les mammifères, qu’il offre des ganglions. Les anciens n’en avaient aucune connaissance. En 1563,

stachi fit la découverte du canal thor TouE Ill.

acique , qu'il appela

Ro L'ONCTION DES ABSORPTIONS.

vena alba thoracis : seulement il n’en saisit pas la fonctid et sa découverte fut même bientôt oubliée. En 16252, 4s découvrit les vaisseaux chylifères, mais sans en reconna' encore les usages. En 1634, #eslingius retrouva le ca thoracique, et, plus tard , en 1649,il vit que ce canalé! l'aboutissant des vaisseaux chylifères d’Aselli. Enfin, p que en même temps, 1650, 1651, 1653, Olaüs Rudbe Thomas Partholin en Allemagne, et Jolyff en Anglet& découvrirent toute la généralité du système lymphatiq Chacun de ces trois anatomistes reyendiqua la gloire de @ importante découverte ; la grande influence qu’exer alors Bartholin sur le monde savant la lui fit d’abord at buer; mais, depuis, la postérité a prononcé en faveur Rudbeck. Celui-ci les nomma vaisseaux séreux , et Bari lin, vaisseaux lymphatiques. Du reste, les uns et les

tres n’en saisirent pas d’abord la disposition et les fonctio ils les disaient continus aux artères, et n’étant que Îe ramifications dernières. C’est J. Hunter qui, le premi établit qu’ils naissaient aux diverses surfaces où se font! absorptions, et qu’iis étaient les agents de ces absorptic Depuis, cette opinion a été généralement admise, et travaux successifs de Ruisch, Nouguez, Monro, des dl Hunter, et surtout ceux de Mascagnt , Cruiskank , ont porté cette branche de l’anatomie à un point de J fection qui égale celui où sont parvenues toutes les au parties de cette science.

2° Mécanisme de la Eymyhose.

Dans l’étude physiologique de l’absorption lymphatiq nous allons suivre le même ordre que dans celle de l’abso tion chyleuse ; c’est-à-dire rechercher, 1° quels sont les tériaux sur lesquels agit l'appareil lymphatique , et co: quemment d’où provient la Iymphe; 20 ensuite te qu l'action d'absorption qu’exécute cet appareil à son origi et d’où résulte la lymphe ; 3° quel est le cours dela Iymip et quelles altérations elle éprouve dans ee cours ; 49!

DE L’ABSORPTION LYMPHATIQUÉ. 83 | qu'est la lymphe considérée en elle-même, quelles t ses propriétés physiques, sa nature chimique, sa in 1L6. | 19 Matériaux de la lyÿmphe. Avant la découverte du sysme lymphatique, les Anciens regardaient la lymphe comme étant que la sérosité du sang. Il en fut de même encore ns les premiers temps de la découverte de ce système,

qu’on disait que les vaisseaux lÿmphatiques n'étaient la continuation des dernières artérioles. On établissait ele sang, arrivé aux dernières ramificalions des artères, partageait en deux parties : une rouge, plus consistante, 1était rapportée par les veines ; et une blanche, séreuse , i était rapportée par les lÿmphatiques. Ainsi c'était du ag lui-même qu’émanait Ja lymphe , et les vaisseaux Iymiques étaient les vaisseaux de retour de la partie séreuse Sang, tandis que les veines étaient ceux de la partie ige. Les preuves sur lesquelles on se fondait étaient la semblance apparente qui existe entre la lymphe et la séroé du sang , et la facilité avec laquelle une injection cadaique Passe des dernières artérioles dans jes premiers lieules des lymphatiques. Dans cette manière de Voir , : est encore celle de M. Magendie, qui nie l’absorption nphatique » l’histoire de la lymphe ne devrait pas se rap- Ler à la fonction des absorptions, mais à celle de lasiration.

Mais, depuis que Hunter, d’après les absorptions ipsolites, la grande ressemblance du système lymphatique avec le difère , a présenté les vaisseaux lymphatiques comme les nts des absorptions internes, la lymphe a dû être dérivée, Parle au moins, des matériaux de ces absorptions. Nous ns Vu, en eflet, que beaucoup de considérations conduient à faire admettre les Jymphatiques comme les agents absorptions internes ;: et alors la lymphe qui y eircule, t être, en partie au moins, considérée comme formée les matériaux de ces absorptions.

Jr, ces matériaux que nous avons déjà é ce que l’absorption interstitielle repre ane pour sa décomposition. »0 To

numérés, sont :

nd dans chaque us les sucs sécrétés ré-

84 TONCTION DES ABSORPTIONS. | crémentitiels, les sucs séreux, la sérosité du tissu lamineux, | la graisse, la synovie, 1e suc médullaire, la moelle, les: mucus colorants de la peau, de liris, de la choroïde, les! trois humeurs de lœil, la lymple de Cotunni. 30 Enfin quelques parues des humeurs sécrétées excrémentitieliess, surtout de celles qui ont dans leurs voies d’excrétion un réservoir, comme la bile, le sperme, l’urine, etc. 4

Sans doute ces matériaux ne sont pas exclusivement préparés pour la formation de la lymphe. Ceux du premier ordre composent la substance même des organes ; les humeurs sécrétées récrémentitielles ont chacune un usage spécial , et qui est différent pour chacune d'elles : il en est de même des humeurs sécrétées excrémentitielles. Maisenfin , comme toutes ces matièresnereviennentau torrent circulatoirequ’en faisant partie de la lymphe , on doit les considérer comme étant en même temps des matériaux constitutifs de ce fluide. C’est une nouvelle preuve de la merveilleuse structure de notre corps, et de l’art avec lequel un même rouage y sertè des offices divers. Lei l'absorption interne concourt, tout à le fois, à la décomposition du corps, en reprenant dans les or: ganes les matériaux usés; à sa composition, en fournissan: les matériaux constitutifs de la lymphe ; et à l'intégrité physique de beaucoup de parties, à l'équilibre de beaucoup de sécrétions , en eu recueillant les fluides dans une quantite égale à celle dans laquelle ils sont fournis. 4

D'ailleurs, parmi ces matériaux, il en est qui paraissen plus particulièrement destinés à la lymphose, la graisse! par exemple. Sans doute, .cette matière remplit divers usage! dans l’économie, comme d’entretenir la température de parties , d’en remplir les vides; mais, à certains égards, or peut la considérer comme une provision mise en réserV. pour servir à la lymphose, et suppléer à l’alimentation Les animaux hybernants, par exemple, qui sont très gra: quand ils s’endorment, se réveillent extrêmement amaï: gris; dans Pabstinence, la graisse est la première matière dont la résorption se manifeste; cette résorption est déj: sensible après vingt-quatre heures : voyez-la se dissiper de mème dans les maladies. M. Chaussier assigne par conjéc:

DE L'ABSORPTION LYMPHATIQUE. 85 ture le même usage à plusieurs autres sucs : par exemple, il pense que le thymus, la thyroïde, les capsules surrénales, tous les organes qu’il a appelés ganglions glandiformes, ser- Vent à préparer des matériaux à la Iymphe, et concourent à la crâse de ce fluide, Ille dit surtout du thymus qui, disparaissant après le premier âge, évidemment ne sert qu’à la nutrition du corps, etest étranger à toute fonction animale proprement dite. Mais ce thymus ne peut-il pas servir autrement à la vie fœtale , être, par exemple, un organe de respiration, comme quelques-uns le conjecturent ? Ce professeur émet aussi l’idée que les sucs des membranes séreuses, en même temps qu’ils remplissent des offices mécaniques relatifs auxp arties qu'ils arrosent, ont recu de l’action de sécrétion qui les a faits, une nature qui les dispose merveilleusement à former la lymphe : mais ce n’est encore là qu’une conjecture que rien ne justifie.

Tels sont, toutefois, les matériaux que l'absorption interne fournit pour la constitution de la lymphe. On ne peut rien préciser sur leur quantité. D’abord, comme une partie de ces matériaux est saisie par l’absorption veineuse, ilest impossible de est savoir dans quelle proportion ils concourent à la formation de chacun des fluides des deux absorptions internes. Ensuite, la quantité de chacune de ces substances est mille fois variable en elle-même : par exemple, la proportion des matières fournies par l’absorption interstitielle Variera nécessairement selon le degré d’activité du mouvcment nutritif, selon les âges ; celle des sécrétions est dépendante de mille circonstances générales ou locales, et est relative aux parties qui sont le siége de ces sécrétions. 29 Action absorbante des lymphatiques , et élaboratrice de la lymphe. Quels que soient les matériaux desquels dérive la Jymphe, soit que cette humeur provienne en partie de Ja sérosité du sang, soit qu’elle ne résulte. que des matériaux de l’absorption interne, il est sûr qu’elle est faite à V’origine même des vaisseaux lymphatiques. N’existant pas toute formée dans l’une ni l’autre des deux sources que nous venons d'indiquer, et se montrant déjà dès les premiers vaisseaux lymphatiques apercevables, il faut bien qu'elle ait été

faite dans l'intervalle, c’est-à-dire à origine même du sys tème. L'action qui la fait est double peut-être, savoir , la. transsudation de la partie séreuse du sang, et le phenomène | de Pabsorption interne. Mais ici nous ne devons nous occu= | per que de ce dernier , qui n’est pas contestable ; et, à son. égard, il faut admettre que les radicules lymphatiquesy qui sont toujours appliqués aux matériaux divers que nous} avons indiqués, se livrent à une actiou quelconque, en vertu de laquelle ils saisissent ces matériaux et les changent | en une humeur qui est, ou la lymphe elle-même, ou un, autre fluide qu’on ne peut spécilier, puisqu'il est aussiLôt! mêlé à la lymphe, mais qui au Moins ne CONSEr VE plus rien des matières dont il dérive, puisqu'on ne peut les y retrou: ver, et qu'on peut confondre avec la lymphe. | Nous ne pouvons dire de cette action des radicules Iym phatiques,que ce que nous avons dit de l’action absorbante | des chylifères. D'abord, comme celle-ci, c’est une action toute moléculaire, qui échappe à nos sens, dont nous né| pouvons conséquemment donner la description, et qui n’est, manifestée que par son résultat, la formation de la lymphe., On a dit que le radicule lymphatique éprouvait une sorte | d'érection , selivrait à des contractions et dilatations alter! natives en vertu desquelles la matière était saisie et élabos! rée. Mais on a avancé cela , plutôt d’après une vue de l'esprit! que d’après une observation directe; ou parce qu’on a vu! de semblables mouvements dans le point lacrymal, et que : ce point lacrymal , qui est chargé dans l’œil d’absorber les | larmes, a paru être une image grossie de tout radicule Lyme | phatique. é

En second lieu, on ne peut préciser le lieu précis du vais , seau lymphatique où se fait l'absorption ; et nous sommes | ramenés ici à notre ignorance sur l’origine des lymphatie | ques, etsur les systèmes capillaires. Le vaisseau lymphatiqué a-t-il un orifice immédiatement ouvert sur les surfaces | se font les absorptions , et conséquemment dans un conta ; immédiat avec les matériaux à absorber ? ou a-teil à sol extrémité, et dans son pourtour, un tissu gélatineux qui efectue lP’absorption? ou bien , enfin, ÿ a-t-il, au-delà des

DE L’ABSORPTION LYMPHATIQUE. 87 lymphatiques, un système vasculaire plus délié, faisant partie des systèmes capillaires, effectuant les absorptions et en versant les produits dans l’un et l’autre des deux systèmes vasculaires généraux efférents et de retour ? Chacune de ces opinions a été tour-à-tour professée , sans qu’on puisse donner la démonstration d'aucune d'elles.

En troisième lieu, cette action est , non-seulement une action de pompement, mais en outre une action d’élaboration ; en même temps que les matériaux divers que nous avons énumérés sont saisis , ils sont travaillés, et changés en Iymphe. Cette lymphe en effet n'existe pas dans ces matériaux ; elle ne se montre qu’à partir de ces vaisseaux; ce sont ces vaisseaux qui réellement l'ont faite.

Enfin , l'essence de cette action de lymphose est aussi im-

pénétrable que celle de l’action de la chylose; et on ne sait d'elle que les deux propositions que nous avons dites de toute action de l’économie examinée jusqu’à présent, savoir, que les vaisseaux lymphatiques ne sont pas passifs pour la produire ; et que, n'étant pas une action mécanique et chimique, elle doit être dite une action organique et vitale.

Sous le premier point de vue, il est certain que les vaisseaux lymphatiques doivent agir pour effectuer cette action absorbante élaboratrice, car leur intégrité est nécessaire pour qu’elle ait lieu : si, par exemple, Îes absorbants des Surfaces sécrétoires récrémentitielles sont malades, l'absorption ne se fait pas ou se fait mal, et il en résulte des hydropisies. L’absorption d’ailleurs exige l’état de vie, et varie selon les conditions organiques diverses dans lesquelles peuvent être les vaisseaux lymphatiques.

Sous le second point de vue, il est également sûr que la Jymphose ne peut être rapportée à aucune des forces mécaniques et chimiques connues; qu’elle est une de ces actions par lesquelles les corps vivants font exception à la nature générale, et qu'on appelle, à cause de cela, organiques et œitales. Cette action en effet pourrait-elle n'être, comme on Ja dit, qu'une introduction passive des matériaux de la Jym phe à travers les pores des vaisseaux lymphatiques? mais

alors il faudrait que la lymphe existât toute formée dans les” matériaux dont elle dérive, ce qu’on sait ne pas être; tout autre fluide que la lymphe devrait être absorbé aussi , et c’est” ce qui n’est pas. N’est-elle, comme d’autres l’ont supposé ,w qu'un phénomène analogue à l'attraction des tubes capil-s laires? mais pour cela, il faudrait encore que la lymphes existât avant les vaisseaux Ilymphatiques, que tout autres fluide fût de même absorbé. On a enfin attribué cette ac tion à une pression qui exprimait la lymphe dans les | vaisseaux lymphaliques; de même qu’on avait conçu le pas sage du chyle dans les vaisseaux chylifères , par suite de las. pression qu’exerçait l’intestin sur la masse chymeuse, et de” l'expression qui en était l'effet. Mais d’abord, cette expres= sion prétendue du chyme n’est certainement pas l’essence dei l'absorption chyleuse; ensuite, quelle serait ici la puis sance compressive qui produirait l'absorption lymphatis que ? enfin, cela suppose toujours que la lymphe existe toute faite avant les radicules lymphatiques. Nulle action physi= que et mécanique ne peut donc être dite l’essence de cette“ action d’absorption. Elle n’est pas davantage une action chimique : il n’y a pas en effet de rapports chimiques , entre” les éléments des absorptions internes considérés comme matériaux de l'absorption, et la Iymphe considérée comme. | son produit ; de la connaissance de la composition chimique des premiers, on ne peut, par les lois chimiques générales , conclure à la formation de la seconde ; enfin , le produit des | cette opération est un fluide organique, la Jymphe , et toutes action chimique générale est impropre à en produire de ce“ genre. Ainsi donc, puisque cette action d'absorption n’a pas son analogue parmi les actions physiques et chimiques: générales , 1 faut la dire une action organiqueet vitale. Cette action élaboratrice se passant aux extrémités ca pillaires d’un système vasculaire, et agissant sur des molé di

Lan

cules très divisées, nos sens ne peuvent rien en saisir, et. l’on ne peut qu’en assurer les trois proposilions que nous avons indiquées à l’occasion des actions élaboratrices précée demment examinées. 10 Une seule substance peut la subir, celle que recueillent les absorptions internes; toutes les au-

DE L’ABSORPTION LYMPHATIQUE. 89 res substances venant dû dehors ou de l’économie ellenême, que saisiront es lymphatiques, ne feront qu’être bsorbées , mais sans être changées enlymphe ; 20 évidemment action formatrice de la iymphe n’est pas une action chimiue, mais est une élaboration d’un genre spécial, et qui n’a ucun rapport avec les lois élites ordinaires ; 30 enfin, on produitest toujours identique , de la lymphe : car, d’un ôlé, n'est-ce pas toujours le même appareil qui agit? et Pautre part, ne sont-ce pas toujours les mêmes matériaux ur lesquels cet appareil opère ? il n’y a aussi que des degrés égaux de perfection , selon le degré d’intégritéet d’énergie le l'appareil lymphatique, et selon l’état plus ou moins on des matériaux qu’il élabore.

. Cependant on a été un peu en doute sur cette dernière roposition , à cause de la diversité qui existe dans les maériaux avec lesquels la fymphe est faite ; et l’on a demandé ic’est une même lymphe qui provient de chaque partie. es faits directs propres à dicter une réponse sûre manquent. )n n’a pas en eflet examiné comparativement la lymphe des liverses parties du corps; et il est probable que, quand nême on aurait fait cet examen comparatif, nos sens el nos gents niques auraient été trop faibles pour constater les différences, à supposer qu il en existât. Mais on peut,

l'après quelques raisonnements, conjecturer que c ’est une nème lymphe qui est faite dans é diverses parties du corps, ux origines du système lymphatique. On objectera peuttre que c’est de matériaux divers que provient la Iymphe; mais les aliments ne sont-ils pas divers aussi? et avec eux appareil digestif ne fait-il pas cependant un même chyme ? a chose importante, c’est que ce soit toujours le même appreil fabricateur qui agisse.

Mais cette lymphe peut quelquefois se montrer différente Velle- -même. D'abord , nous avons dit que dans sa crâse plus vu moins parfaite, fé dépendait, et du degré d’intégrité de l'appareil lymphatique qui la fabrique, et de l’état plus ou moins bon des matériaux avec lesquels elle est fabriquée. Ensuite elle peut se trouver mêlée à des matières étrangères Yenant du dehors ou de l’économie elle-même, que les vais-

90 FONCTION DES ABSORPTIONS. | seaux lymphatiques auront absorbées, mais non élaborées: de même que souvent quelques principes physiques et chi miques des aliments ont passé avec le chyle, et se montrent, dans ce liquide avec leur nature étrangère. Mais, dans les: premiers cas, le produit de l’action n’en est pas moins de la; lymphe; et le dernier contredit encore moins le principe de l'identité de ce produit, puisque les différences qu'il présente ne portent pas sur ce qui est lympbe, a propre»: ment parler, mais sont dues à des matières étrangères qui peuvent accidentellement lui être mélées. |

3° Circulation de la lmphe. La Iymphe, produit de l’ac:| tion que nous venons d'étudier, ne reste pas stationnaire ! | des premiers vaisseaux lymphatiques où elle est apercevable; on la voit passer dans les autres vaisseaux qui leur sont continus; cheminer ainsi vers les troncs aboutissants de tout le système ; traverser, dans ce long trajet, les nombreux ganglions qui sont sur sa route; et enfin être versée, par les deux troncs centraux, dans les veines sous-clavières, où elle se mêle au sang veineux. Chemin faisant, elle a reçu dans le réservoir de Pecquet, dans le canal thoracique, le fluide de absorption alimentaire, le chyle, s’il y en a dé fait ; et dès lors elle l’entraîne avec elle.

L'histoire de ce mouvement qu'on appelle circulation de

la lymphe, et qui serait mieux appelée sa progression, puis |

qu'il n’y a pas de cercle de décrit, offre absolument les mê=

mes traits que la circulation du chyle, et en sera, en quelque sorle, une répétition ; 1l faut aussi rechercher les causes qui meuvent le fluide, indiquer les résistances mécaniques que ces causes ont à surmonter, et, en évaluant les unes et les autres, faire connaître tous les traits de la circulation lymphatique, son degré de rapidité, par exemple, etc. | Parmi les causes qui impriment à la lymphe le mouye= ment déterminé qu’elle suit, la principale est la continuité de l’action d'absorption qui se fait aux origines du système. Les radicuies Iymphatiques faisant sans interruption, à leur origine, de la nouvelle Iymphe, celle-ci doit nécessairement. pousser en ayant la lymphe qui remplissait le vaisseau, et de proche en proche le fluide doit arriver ainsi dans le canal”

DE L’ABSORPTION LYMPHATIQUE. J1 thoracique et dans le torrent veineux. La même action qui fait la lymphe concourt donc à la faire circuler. Une autre cause de la circulation de la lymphe est une jentraction exercée par les vaisseaux lymphatiques, en vertu “de laquelle ces vaisseaux poussent de proche en proche dans leur intérieur la lymphe, depuis les radicules d’origine jusqu aux troncs centraux. À la vérité cette action n’est pas visible; en vain on observe pendant le cours de la lym- * chez un animal vivant, un lympba tique mis à nu, n’y aperçoil pas de contractions ; mais elle est admise gé- D lcmont d’après des raisonnements assez spécieux ; et qui 4 les mêmes que ceux qu’on a invoqués en faveur de la contraction des chylifères : 10 l’état grêle des lymphatiques, qui à ce titre peuvent être supposés doués de contractilité Lonique, comme tous les vaisseaux capillaires; 2° l'existence des ganglions lymphatiques, qui, devant détruire l’impuision propère qu'a reçue la Iymphe à l’origine du système , exigent qu’une autre fee pousse cette RnpRe d’un de ces ganglions à l’autre; 3° l'écoulement qu’on observe dans la Jymphée, dans l’ouverture d’un vaisseau lymphatique, ce qui ne pourrait être produit par la première-cause impul- Sive indiquée , mais suppose une action directe de la part d es vaisseaux lymphatiques. Si on pique le canal thoracique ’un animal vivant, après en avoir fait la ligature, on voit > fluïde jaillir; et ce qui prouve que cela est dû à une con- “traction vitale de ce vaisseau, c’est que le jet ne s’observe plus si on fait l’expérience après la mort; 40 la particularité qu ’oflrent, dans le cadavre, la plupart des vaisseaux lymphatiques de être vides, ce qui prouve que ces vaisseaux ont, en raison de leur tonicité, exprimé leur lymphe dans les ros troncs. Quelques phymolosistes "à ‘la-véritésrontieru pouvoir rapporter ces faits à l'attraction des tubes capilaires; mais , si cela était, pourquoi varieraient-ils selon les sonditions organiques des vaisseaux ?

» À ces causes principales de la circulation de la Iymphe, Il faut ajouter, comme auxiliaires, le battement des artères fui avoisinent les vaisseaux lymphatiques, la pression des

Parties voisines , elc.

In ÿ a pas plus de cœur dans la circulation de la yo pheque dans celle du chyle. Quelques physiologistes avaient voulu considérer comme tels les ganglions : telle étail, par |

exemple, l'opinion de Malpighi, qui disait que ces ganglions,

étaient entassés dans la région de l’aine, afin qu’ils puissent | faire monter la lymphe, quoiqu’elle circule là contre som propre poids; telleétait aussi celle de Bichat, qui croyait que; si la circulation de la lymphe est plus disposée à s'arrêter | aux membres, c’est que là il ya moins de ganglions. Maisil | n’y a rien de musculeux dans l’organisation de ces ganglions: on ne voit jamais en eux de contraction; on ne peut y en| provoquer par quelquestimulant que ce soit ; loin que la cir= ! culation lymphatiques’accélère en eux, elle paraît s’y ralentir} un peu; ces ganglions ne sont réellement que des agents de} mixtion et d'élaboration de la lymphe. S'ils étaient des} cœurs, loin qu’ils pussent faciliter la circulation de la Iyme£! phe, ils devraient y mettre obstacle par leur multiplicité." Telles sont les causes motrices du fluide. Si on admet que! la lymphe est la sérosité du sang, et que les vaisseaux lyms! phatiques en sont les canaux de retour, comme les veines} sont ceux de la partie rouge , on pourrait croire que le cœur! a, sur la circulation lymphatique, la même influence que! sur Ja circulation veineuse. Il est, en effet, bien étrange que! ceux si professent cette opinion , M. Magendie, par exem=! ple, n'aient pas présenté l’action du cœur comme cause dé! la circulation de la lymphe , ainsi qu’ils l'ont fait pour la : circulation veineuse. Mais d’abord , l'influence du cœur sur! la circulation veineuse est un fait contesté, et qui est nié! aujourd’hui par beaucoup de physiologistes ; et ensuite | l'existence des ganglions, et la particularité qu'ont les lyms } phatiques de rester toujours plus grêles que les veines, sont! des raisons de plus pour croire que cette influence est nulle; | surtout dans la circulation lymphatique. Î Indiquons maintenant les résistances dont doivent triom-! pher ces puissances, pour mouvoir la lymphe. Ces résiss | tances sont les mêmes que celles que nous avons accusées à | l’article de la circulation du chyle; savoir : 10 la masse du fluide Iui-même, masse qui résiste plus en certains lieux2 |

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