‹ Physiologie de l'homme (volume 2)Chapitre 29 sur 97 · DE L’ABSORPTION LYMPHATIQUE · texte numérisé non relu

DE L’ABSORPTION LYMPHATIQUE

- par excmple, en ceux dans lesquels le fluide doit circuler

contre son propre poids; 20 les frottements qui sont néces-

sairement: en raison du nombre des vaisseaux, de leur petitesse, de leurs bifurcations, de leurs anastomoses dans des directions rétrogrades, etc.

J Or, pour apprécier avec toute rigueur le phénomène de ! Ja durch de la Iymphe, il évdedit pouvoir évaluer , et ces diverses puissances motrices , et ces résistances. Maisccla

n’est pas possible. Peut-on, par exemple, calculer la puis- “sance de chacune des deux causes principales de la circula- | tion de la lymphe, ou au moins leur puissance réunie ? Ces causes étant ne” et comme telles sujettes à varier “par mille conditions à peine appréciables, on ne peut rien

. dire sur elles que de général et d’approximatif. D'autre part, peut-on mieux calculer les effets des résistances ? par exemple, quelle est la masse du fluide à ébranler, quelle est la

perte du mouvement qu’entraînent les frottements, etc. ? Le nombre seul des données à faire entrer dans le calcul serait propre à eflrayer le géomètre le pius habile, quand bien même ces données ne seraient pas par elles-mêmes insai-

sissables.

Il est donc Hu ét à d'analyser avec rigueur le phéno- . mène; et tout ce qe ‘on peut dire, c'est que probablement D Éiphe n’obéit qu’à une cause impulsivefaible. Eteneffet, sa circulation est influencée par toutes Les causes mécaniques Phropres à la retarder ou à la faciliter, plus que celle de tout ‘autre fluide du corps, le sang, par exemple. Que la lymphe ait à circuler de bas en haut EU les lois de la gravitation universelle, pour peu qu’il y ait faiblesse dans l’économie, . cette on suffit, ou pour arrêter son mouvement , è ou au moins pour le ralentir) comme le prouvent l’enflure, l’œdème des jambes qui surviennent chez les PR : Qu une compression quelconque gêne le cours de la lymphe … dans quelque point du système, ou que cette lymphe rede -çoive une impulsion mécanique par l'influence d’un mouid vement extérieur, cela suffit encore pour en modifier la cirde: culation. Quand ces obstacles à la circulation lymphatique existent dans l’état ordinaire des choses, généralement leurs

94 FONCTION DES ABSORPTIONS. | effets ne sont pas apparents, à moins qu’il n’y ait maladie,

parce que les moteurs ont été calculés de manière à pouvoir les vaincre. Mais, quand ils sont accidentels et non ordi-! »q

naires, leurs effets se manifestent ; et ces effets, sans con-| tredit, sont autant de preuves de la faiblesse des causes im-. pulsives et organiques qui président à la circulation de la lymphe. D'autre part, beaucoup de circonstances mécani-| ques peuvent faciliter cette circulation ; et plusieurs même! semblent être autant de précautions qu'a prises la nature! pour faciliter la circulation de la lymphe, ou remédier aux! mauvais eflets qui pourraient résulter de son retard. Ainsi! nous avons déjà signalé le battement des artères voisines des vaisseaux lymphatiques, les pressions des muscles et organes! voisins , etc.; il faut y ajouter encore : 10 les anastomoses! multipliées qui existent entre les vaisseaux Jymphatiques,, et desquelles il résulte que, si le fluide trouve quelque ob= stacle d’un côté, il peut refluer et s'échapper d’un autres! 20 les valvules qui existent dans l’intérieur des vaisseaux | Jymphatiques, et qui ont cette utilité de prévenir la marche! rétrograde de la Ilymphe, et de partager ce fluide en ce= lonnes qui sont petites et conséquemment plus facilement. ébranlables; 30 la susceptibilité qu’ont les vaisseaux lymphatiques de se dilater, ce qui fait que, si ja lymphe y| stagne et s’y engorge momentanément , au moins elle Y. trouve un espace suffisant pour la contenir; 40 enfin, la très grande capacité du système lymphatique, condition heureuse de structure, qui n’a pas seulement pour objet de faire contenir au système lymphatique les nombreux matériaux que l'absorption interne recueille, mais encore de! prévenir les mauvais effets qui pourraient résulter d’uné| stase de la lymphe dans l’intérieur de ce système. Ces quatre! dispositions se rencontrent en effet dans tout système vas! culaire, dont le fluide intérieur, mu par une cause impuk sive peu énergique, circule avec lenteur : elles existeront, | par exemple, dans le système veineux. 4

Du reste, il y a encore beaucoup de choses inconnues | dans l’histoire de la circulation de la lymphe : quelle est la | rapidité du cours de la lymphe? ce cours est-il uniforme

DE L’ABSORPTION LYMPHATIQUE. 95 dans toute l’étendue du système Jymphatique ? ou peut-il être plus rapide en une partie, et plus lent dans une autre ? va-t-il en s’accélérant, ou en se ralentissant , à mesure que le fluide s'approche des troncs qui sont les aboutissants de tout ie système ? Ce sont autant de questions auxquelles ]a 4 cience est hors d’état encore de répondre.

… D'abord, il paraît que la circulation de la Iymphe est assez lente : si on coupe un vaisseau lymphatique sur l’homme vivant, on voit la ERP en sortir lentement et sans jet : c'est une observation qu’ a faite Sœmmering, et que M. Hagendie a vérifiée depuis. Si on isole dans une certaine étenlue les vaisseaux lymphatiques du co!, on reconnaît aisément que Ja lymphe n’y circule qu'avec une gr ande lenteur. Si on presse ces vaisseaux avec le doigt, et qu’on oblige ainsi la Iymphe qui les remplit à passer Dirr la veine souselavière, on voit qu’il faut souvent plus d’une demi-heure pour qu ils se remplissent de nouveau. Cri uiskank a évalué Ja rapidité du cours de la Iymphe à quatre pouces par seconde, vingt pieds par minute : mais d’après quelles bases at-il fait cette évaluation ? et que doit-on en penser si ce cours de la lymphe n’est uniforme, ni dans les diverses parties du ps ni dans les différents points du système? Tout ce qu’on sait donc, c’est que cette circulation est lente, plus lente surtout que celle du sang veineux, à juger par les ganglions qui existent dans le système lymphatique, ei qui manquent dans le système veineux; le jet de Iymphe que darde le canal thoracique est moins étendu que celui du sang veineux que fournit une veine d’un volume égal ‘à celui de ce canal. Aussi les anastomoses, entre Îes lymphatiques, sont-elles plus multipliées encore qu'entre les weines , et la capacité de ce système est supérieure à celle du Vsystème veineux.

nr. Ensuite, on pense généralement que la circulation de la lÿmphe n’est pas uniforme dans les diverses parties ducorps, ‘qu elle est plus lente dans une partie et plus précipitée en Une autre. On se fonde , 10 sur ce que l’action absorbante première n’a pas, sans doute, la mième énergie dans tous les organes , et prédomine surtout dans ceux où il y a beau-

coup de matériaux internes à recueillir; 20 sur ce que l’exa: men des cadavres fait voir souvent les vaisseaux lymphati ques d’une partie pleins de lymphe, tandis que ceux d’un autre partie sont tout-à-fait vides; 30 sur ce qu’enfin cetti même différence entre les vaisseaux lymphatiques s’obseryi dans l’homme et les animaux vivants. Il est de fait, pa: exemple, que, tandis que toujours le canal thoracique con. tient de la lymphe, les vaisseaux lymphatiques des mem: bres, de la tête et du col, sont presque toujours vides. Or trouve d’ailleurs, dans cette non conformité du cours de I: fymphe, une analogie de plus avec la circulation veineuse! A la vérité, ces raisonnements ne sont pas tous convain, cants ; les différences de plénitude qu’on trouve entre le! vaisseaux lymphatiques pourraient tenir, non à des variai tions dans la vitesse de la circulation lymphatique, mais: la quantité plus ou moins grande de lymphe qui est faiti dans chaque partie du corps. Toutefois, cette opinion d’un: différence de vitesse dans la circulation de la lymphe , selor les diverses parties du corps, est universellement adoptée: Jadis même on avait exagéré cette opinion, jusqu’à ad mettre des irrégularités locales, constituant des oscilla: tions, des transports d'humeur, produisant les métasta ses, et fondant ce que Bordeu appelait des courants : mail ceci est trop évidemment faux pour avoir besoin de réfu: tation.

Enfin, n’y a-t-il pas une différence de vitesse dans le cours de la lymphe, selon le point du système auquel cs fluide est parvenu ? et la circulation de ce fluide ne va-t-elll pas en se ralentissant ou s’accélérant graduellement , à me: sure qu'il se rapproche des troncs centraux ? C’est ce quoi ignore encore , et ce sur quoi l’on ne peut faire que des con:jectures. Si l’on ouvre, par opposition, un Jymphatiqui très éloigné du canai thoracique, etun autre qui en soit trè rapproché, on ne peut saisir aucune différence dans la vi Less de la lymphe qui circule dans l’un et dans l’autre. Dans la circulation sanguine, soit artérielle , soit veineuse ;, On verra que la vitesse du fluide varie selon ja distance des tronc: centraux ; que, par exemple, dans la circulation artérielle;

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