DE L’ABSORPTION LYMPHATIQUE
s’il avait été fait, ne pourrait faire résoudre la question.
Cependant on la décide aflirmativement par les mêmes r sons que nous avons données pour le chyle, savoir, la pe-
titesse et l’état constamment grêle des vaisseaux lymphati-
ques, qu’on ne peut regarder comme étant seulement des
agents de transport ét de conduite ; la lenteur de la circu-
lation lymphatique ; enfin, l’existence des ganglions, qui,
n'étant certainement pas des cœurs, des organes d’impul-
sion, doivent être considérés comme des organes de mixtion, d'élaboration. A la vérité, cet usage qu’on attribue aux gan-
glions n’est qu’une conjecture , et, en l’admettant, on ne con-
naît pas même la manière dont ils le remplissent. Selon les
uns, c'est en ajoutant à la lymphe une sérosité qui la dé-
laie , et qu’ils exhalent dans leur intérieur, soit que cette
Tymphe vienne s’'épanchér dans leurs cellules, soit qu’elle reste dans ses vaisseaux propres. Selon d’autres, au contraire , c'est en dépouillant la lymphe de certains principes;
et ceux-là s'appuient sur la couleur jaune qu'ont les gan-
glions Iymphatiques du foie, sur la couleur noire des gan-
glions bronchiques, la couleur blanche des ganglions des
chylifères, la couleur rosée des ganglions méserntériques
dans les animaux qu’on a nourris avec des aliments colorés
par la garance. Ils rappellent que M. Desgenettes a trouvé amère la lymphe venant du foie, urineuse celle qui vient du rein, et ils conjecturent que ces deux lymphes avaient probablement été adoucies par l’action des ganglions. Ce
qu'il ÿ a de sûr, c’est que la lymphe paraît plus concrescible
en sortant de ces ganglions qu’en y entrant. Ce qu'il ya de
€ertain encore, c’est que ces ganglions sont des parties extrémement utiles, car ils prédominent dans l’âge où la nutri-
tion est la plus active, c’est-à-dire dans l’âge de l’accroissement; car leurs maladies, comme le prouvent le carreau, les scrophules , ont la plus funeste influence sur la nutrition.
Leur vitalité, à juger du moins par la fréquence de leurs
maladies et de leurs sympathies, est bien plus grande que celle des vaisseaux lymphatiques, qui ne paraissent être . chargés que d’un rôle de transport. Ce sont eux, enfin , qui F manifestent les premuers les effets des matières délétères que
al-
l'absorption saisit, comme le prouve l'observation de la” syphilis, de la peste, etc. Du reste, ayant avoué notre ign0rance sur l’action par laquelle les radicules lymphatiques ont fait en premier lieu la lymphe, on juge bien que.
nous ignorous également ce qu'est le perfectionnement quew
nous supposons ici être éprouvé par ce liquide. Tel est le cours de la lymphe : on le voit à l’œil nu dans les expériences sur les animaux vivants. Ce cours est prouvé,
d’ailleurs, 1° par la disposition de l'appareil lymphatique ,\
ja réunion de tous les vaisseaux lymphatiques aux deux troncs centr centraux dans le système veineux; 20 par Ja disposition. des valvules de ces vaisseaux, qui est telle que la Iymphe peut circuler de la circonférence au centre, et non dans 1a direction inverse; 30 enfin, -par les injections et la ligature du canal thoracique. Si on injecte les Iymphatiques des r jusqu’à un certain point cependant, à cause des ganglions; au contraire, celte injection est bien plus difficile dans la direction opposée. De même, si on lie le canal thoracique, on voit se gonfler tout le système, puisque rien du fluide
u’il contient ne peut passer dans le système veineux, et
que l'absorption, qui se fait toujours, continue d'ajouter à
sa quantité. Nous avons dit que celte expérience avait été
faite plusieurs fois, el que généralement elle amenait la
mort au bout de six à quinze jours, puisqu'elle privait le.
aux, et l’abouchement de ces deux troncs.
acines aux troncs, l'injection réussit assez bien,
sang du chyle et de la lymphe, qui sont destinés à le re-
nouveler.
40 De la lymphe considérée en elle-même. Quoique la
lymphe puisse provenir un peu de la sérosité du sang, et . qu’à ce titre on doive revenir encore ci-après sur sa forma= tion, cependant, comme absorption interne a certaines ment part médiatement ou immédiatement à sa production, d nous allons en faire ici l’histoire particulière. Nous y son
mes obligés d’ailleurs, puisque cette lymphe est, ainsi que. le chyle, un fluide sur lequel opèrera la respiration. A
D'abord, ilest deux manières de s’en procurer : ou bien
Von ouvre plusieurs vaisseaux lymphatiques par une sorte.
DE I’ABSORPTION LYMPHATIQUE. io r de Jymphée, comme Sœmmering V’a fait une fois au pied, et l’on recueille le fluide qui en sort ; ou bien, l’on fait jeûner quatre à cinq jours un animal, et quand on présume qu'il ne se fait plus de chyle par suite de l’abstinence, on tue l'animal , et on recueille le fluide qui est dans le canal thoracique , et qu'on suppose devoir être alors de la lymphe pure.
Voici les propriétés physiques qu’elle présente : c'est une liqueur diaphane, incolore, peu odorante et peu sapide selon les uns; qui, selon les autres, a une couleur rosée, légèrement opaline, une odeur de sperme fort prononcée , une saveur salée ; qui est légèrement visqueuse , essentiellement albumineuse, et dont la pesanteur spécifique est supérieure à celle de l’eau distillée ; le rapport de l’une à l’autre est comme 1022,28 , à 1000,00. Sa couleur, dit-on, est d’autant plus rosée, que l’animal sur lequel on l’a prise a plus jeûné. Examinée au microscope, elle offre les mêmes globules que ceux qui composent le sang, sinon qu'ils sont plus petits, et non revêtus de l’enveloppe colorante. Dans sa composition chimique, elle a beaucoup de ressemblance. avec le sang. Abandonnée à elle-même, elle se partage comme lui en deux parties : 1° une liquide, qui est un sérum à peu près semblable à celui du sang; 2° une solide , qui est un caillot d’un rose plus foncé, formé de filaments rougeâtres , ressemblant à des arborisations vasculaires, et composé aussi comme le caillot du sang. M. Brande, qui le premier a fait l'analyse de la lymphe, dit qu’elle est de | Peau tenant en dissolution un peu d’albumine, de chlo- rure de sodium, et un peu de soude. Dans 1000 parties de lymphe retirée d’un animal à jeun, M. Chevreul a trouvé : eau , 926,4; fibrine, 004,2; albumine, 061,0; muriate de soude, 006,1: carbonate de soude, co1,8; phosphate de chaux, de magnésie, et carbonate de chaux, 000,5.
Quant à la quantité de la lymphe, il n’est guère possible de l’évaluer. Comment pouvoir recueillir toute celle qui remplit le système lymphatique? Peut-être cette quantité est-elle moins considérable qu’on ne l’a supposé d’après la.
grande capacité du système lymphatique et le grand nombre
de vaisseaux de ce système? En effet, beaucoup de ces vais- | seaux paraissent être vides le plus souvent, ou n ’être parcourus que par un mince filet de lymphe. Une expérience | particulière de M. Magendie porte aussi à le croire. Ce physiologiste, cherchant à recueillir toute la cena d'un : chien de forte taille, n’en a guère obtenu qu’une once et demie : il lui a paru que cette ERA augmentait toutes. \ les fois qu’on soumettait l’animal à l’abstinence. Du reste ,M cette petite quantité de lymphe , à supposer qu’elle fût réelle, ne pourrait faire préjuger rien contre l'absorption lymphatique ; car rien ne prouve d'autre part que les ab-" sorptions internes aient besoin de s’effectuer beaucoup et vite.
La lymphe étant produite, en partie au moins, par l’ab-, sorption interne, en a nécessairement dans l’économie toute. lVimportance. Mais, de plus, elle fonde un suc qui partage avec le chyle l'office de renouveler, de faire le sang , d’être un des matériaux de l’hématose. Elle a, en effet, recu dans son sein le chyle; et l’on verra qu’elle va, avec ce fluide, se changer au poumon, par l’acte de la respiration, en sang artériel. Ainsi que nous l’avons déjà dit, tout corps vivant. se nourrit à la fois et avec ce qu’il prend au-dehors de lui ,« et avec ce qu’il puise dans sa propre substance. C’est le chyles qui représente les matériaux nutritifs pris au-dehors, tandis ÿ que la lymphe représente une partie de ceux qui proviennent de l’économie même. Sans doute les premiers matériaux sont tellement les principaux, qu’ils sont en dernière analyse indispensables; mais il est certain que les derniers peuvent les suppléer quelques jours, puisqu'on ne meurt pas aus-w sitôt par abstinence. Alors, la Iymphe répare à elle seules le sang : aussi est-elle, dans ces cas, plus abondante, plus rosée ; el on voit disparaître rapidement les matériaux avec lesquels elle est faite, la graisse, par exemple. Sous ce point de vue, la siihesd a, dans l’économie, la même importance que la chylose ; comme elle, elle tend à préparer less matériaux constitutifs du fluide nr tail OA nu nutritif, le sang artériel. C’est même une merveille bien digne d’être . remarquée , que de voir ces actions qui se JHdtieres el qui ;
DE L'ABSORPTION VEINEUSE. 103 sans doute sont diflérentes , puisqu'elles sont exécutées pa des organes différents, travailler cependant la matière de manière à la rapprocher également par degrés de la forme ous laquelle cette matière sera propre à vivre, et à faire partie d’un organe; il est impossible de méconnaître une inimalisation graduelle et de plus en plus forte, dans le chyle d’abord, puis dans la lymphe, et enfin dans le sang. La lymphe étant une humeur qui tient le premier rang dans 2e qu'on appelle les fluides de composition , il ne faut pas ’étonner de la funeste influence qu'ont, sur la nutrition t l’accroissement , les maladies du système lymphatique. Ainsi s'explique aussi pourquoi le système lymphatique prédomine dans le jeune âge, où tous les mouvements nuritifs doivent être plus prononcés; pourquoi c’est à cet âge que les maladies lymphatiques sont les plus communes, les maladies d’un système étant toujours en raison de son degré l’activité.
$ II. De Absorption veineuse.
L’absorption veineuse, dans beaucoup de points, offrira les mêmes traits que l’absorption lymphatique; il faut, dans son étude , suivre le même ordre, c’est-à-dire décrire d’abord anatomiquement le système veineux, puis en exposer l’action.
10 Système vasculaire veineux.
Ilse compose, chez l’homme, de vaisseaux nombreux, appelés veines, qui, commençant dans l'intimité de toutes les parties du corps, dans ce qu’on appelle les systèmes capillaires, se portent depuis ces lieux divers où se font les absorptions internes, jusqu’à l’organe central de la circulation, le cœur. Il faut aussi en étudier l’origine, le trajet, la terminaison et la texture.
Leur origine dans la profondeur des parties nous échappe. Selon les uns , les veines sont continues aux ramifications dernières des artères; Malpighi, Leuwenhoeck, par exemple, croient l’avoir remarqué dans leurs observations microscopiques sur les animaux vivants. On l’a dit aussi d’après Ja
facilité avec laquelle une injection passe d’une artère dans” une veine, facilité qui est plus grande ici qu’en tout autre, vaisseau. Selon d’autres, au contraire, il y a, entre les ar térioles dernières et les premières veinules, des cellules, un" parenchÿme spongieux, dans lequel les prernières déposent des sucs et où les dernières en pompent d’autres. Le doute ici tient à l'impossibilité où nous sommes de pénétrer la texture des systèmes capillaires, comme nous l’avons déja dit à l’article dés lymphatiques, et comme nous le dirons! | encore à celui de la circulation. Les veines commencent+ | elles, comme les lymphatiques, par des radicules béants aux
diverses surfaces ? ou ont-elles à leur origine des vaisseaux | plus déliés, chargés d'effectuer l'absorption , de même que, les artères en auraient , à leur terminaison, chargés d’effec= : tuer l’exhalation nutritive? Encore une fois , tout cela ne
peut être présenté que comme conjecture. Tout ce qu’on
sait, c’est qu'en même temps qu'il y a communication fa+ cile entre les artères et les veines , les veines sont ouvertes. dans le tissu des organes et sur les diverses surfaces autant | que les Ilymphatiques ; et plus que les artères. Nous avons. déjà dit que M. Ribes, injectant les veines de la moitié inférieure de la cuisse ; ou la veine cave , à vu, dans le premier
cas, la matière pénétrer jusque dans la peau et le tissu cel=" lulaire , et dans le second , jusque dans le tissu spongieux du | corps des vertébres. Long-temps avant, Meckel avait établi, ce fait anatomique. M. Ribes, injectant une veine du bas= fond de la vessie, d’un côté a rempli le plexus vésical et le, Ussu caverneux de la verge et de l’urèthre , et de l’autre 4. pénétré jusqu’à Ja veine bypogastrique. Nous avons dit aussi” qu’en injectant les veines mésaraïques , il avait pénétré les” villosités intestinales, et rempli la cavité de l’intestin. Cet” anatomisle conclut de sestrayaux en ce genre, 10 que les vers,
nes, à leur origine dans les organes, forment des plexus?.
des corps caveineux, concourent très prochainement à for mer cerlaines parties ; 20 que, de leurs origines capillaires, les unes sont immédiatement continues aux dernières 4rté | rioles ; et les autres ouvertes et béantes dans les aréoles du
hissu lamineux et dans la profondeur des organes. 11 ajoute
DE L'APPAREIL VEINEUX. 105 qu’il ne revient ainsi de veines que des parties qui reçoivent les artères, et que beaucoup de différences existent entre les organes sous le rapport de la quantité des veinules qu’ils ontiennent; par exemple, la rate, les corps caverneux de à verge, le clitoris, l’utérus, liris, le gland, l’urèthre, etce., paraissent en être presque exclusivement formés.
A partir de cette origine, les veines, quand elles commencent à être visibles , se présentent sous forme de canaux Lrès ténus, communiquant tous les uns dans les autres, et constituant un réseau 1rès délié. Elles cheminent de Ja ei formant successivement des ramuscules, des rameaux, des branches, des troncs , en un mot, des canaux de plus en plus zros et de moins en moins mombreux , et en se dirigeant du côté du cœur, dans l'oreillette droite duquel elles finissent par aboutir par trois troncs.
. Dans le long trajet qu’elles ont à parcourir, elles affeclent deux RG : un profond, qui est contigu aux artères et se distribue comme elles ; et.un superficiel, qui se dessine sous. la peau, et sous l’enveloppe de chaque organe : de lrès fréquentes anastomoses les unissent. Ces anastomoses s'étendent des veines superficielles aux veines profondes, des veines de la partie supérieure du corps à celles de la partie inférieure, de celles de l’intérieur d'une eavité à celles de la indie de cette cavité, etc. : d’autant plus multuipliées, que les veines sont plus petites et plus éloionées du cœur ,elles sont réellement innombrables dans les systèmes capillaires et dans les parenchymes.
Les veines varient beaucoup en chaque organe pour la capacité et la disposition ; on ne peut rien dire de leur volume, qui varie depuis la ténuité du cheveu jusqu’à la grosseur du pouce : généralement elles sont d’autant plus nombreuses et d'autant plus grêles, qu’elles sont plus éloignées du cœur, et d’autant moins nombreuses et d’autant plus grosses qu’elles s’en rapprochent ; d’où lacomparaison qu’on a faite du système veineux à un arbre qui a son tronc au cœur, et ses ramifications dans les parties : la seule diflérence, c’estque ces ramifications ne sont paslibres et isolées, Mais sont unies entre elles en réseaux pour constituer Îles
parenchymes des organes. Les divisions de ces veines se font! sous des angles très divers, droits, aigus, oblus, etc. Les gros troncs sont placés profondément et à l’abri de toutes! atteintes extérieures. Tantôt leur direction est droite, tan- 1ôt elle est flexueuse; mais plus généralement les veines offrent moins de flexuosités que les artères et surtout que les lymphatiques. Elles n’offrent pas dans leur ensemble une suite de cônes, mais bien une suite de cylindres successive: ment plus gros; et comme la capacité réunie de deux ra meaux veineux est supérieure à celle du tronc qu’ils forment par leur réunion, et cela dans toute l’étendue du système, il en résulte que la capacité du système veineux va en dimi: nuant des parties au cœur, et que cet appareil de vaisseaux offre dans son ensemble un cône dont le sommet est au cœur, et la base aux diverses parties.
Du reste, ces veines offrent presque toules des particularités dans chaque partie du corps; par exemple, au cerveau , elles aboutissent toutes aux sinus de la dure-mère ; au cordon spermatique , elles sont irès flexueuses, anastomosées très fréquemment entre elles, et forment ce que nous verrons y être appelé le corps pampiniforme ; autour du vagin, elles forment le corps rétiforme ; dans l’utérus, les sinus ulérins, etc. k +
Toutes se terminent enfin à trois troncs qui sont les abou- Ussants de tout le système, et qui s'ouvrent eux-mêmes dans l’oreillette droite du cœur , savoir , la veine cave supérieure, la veine cave inférieure, et les veines cardiaques. La veine cave supérieure est l’aboutissant de toutes les vei-: nes de la moitié supérieure du corps; c’est à elle qu’appar-: tiennent les veines sous-clavières, dans lesquelles nous: avons vu aflluer le chyle et la lymphe; elle a beaucoup de grosseur, et s'étend depuis le cartilage de la première côte. jusqu'à l’oreillette droite du cœur, étant en partie renfermée dans le péricarde. La veine cave inférieure est l’aboutissant de toutes les veines de la moitié inférieure du COTrps, et s'étend depuis la quatrième vertèbre des lombes jusqu’à l'oreillette droite du cœur. Enfin , les veines cardiaques ou . coronaires appartiennent au cœur lui-même , et nées de son
DE L'APPAREIL VEINEUX. 107 issu , elles vont s'ouvrir aussi dans l’oreillette droite. U ie inastomose très remarquable s'étend de l’une des veines aves à l’autre ; c’est la veine azygos, qui sert à rémédier aux Stacles que l’une ou l’autre pourrait offrir, surtout aux Bbarras de la veine cave inférieure, car elle est unie à la périeure beaucoup trop près de son entrée dans le cœur, our qu'on puisse supposer qu’elle serve à son dégorgemenL.
Enfin , les veines sont composées de trois membranes suerposées les unes aux autres et unies entre elles par de la éllulosité. 1° La membrane extérieure est celluleuse, et m'est guère qu’une condensation du tissu cellulaire envifonnant , de ce tissu jeté dans l’intervalle des parties pour mn remplir les vides. »0 Au - dessous est la membrane propre des veines, qui adhère beaucoup à la première. La upart des anatomistes la disent formée de fibres longitu- L nales qui sont plus marquées dans la veine cave inférieure que dans la supérieure, dans les veines superficielles et sous-cutanées que dans les veines profondes, aux rameaux l'aux troncs, et qui, à chaque bifurcation des veines , se rtagent elles-mêmes pour se continuer sur chacun des ux rameaux. M. Magendie dit les avoir vues entrelacées lans tous les sens. Cette membrane, quoique mince, est 't résistante et surtout assez extensible, ce qui était néessaire pour la fonction que les veines ont à remplir, la irculation dans ces vaisseaux étant exposée à éprouver fré- “uemment des retards. Différente de celle des artères, molle au lieu d’être sèche et élastique, sa nature est sui generts, ar elle ne ressemble à aucun des autres tissus de l’économie ; ‘videmment surtout elle n’est pas musculeuse, car li inspection anatomique n’y fait rien voir de tel, et on ne peut jaais déterminer en elle la moindre adrétéactitiiéls peut- être pendant existe-t-1l quelques fibres musculaires à l’origine e la vemne cave inférieure et à la veine azygos. M. Magendie dit qu’elle est de nature fibrineuse. 50 Enfin , la membrane terne des veines est mince , et semble analogue à celle qui apisse l’ intérieur des cavités droites du cœur ; elle est fort lisse , fort dilatable, non susceptible de s’ossifier comme la
membrane interne des artères, fort résistante, et capable dl supporticr sans se couper une higature fort serrée. On a vo ! qu'elle soit, comme celle qui tapisse les vaisseaux mphel ques, le siége d’une perspiration ,mais probablementavecaus peu de fondement, car ies veines s’oblitèrent quand le san! cesse de Les parcourir. Elle forme dans l’intérieur des veines d’espace en espace, des replis paraboliques, c’est-à-dire de Valvules comme celles qui existent dans les lymphatiques Ces valvules ont leur bord libre tourné du côté du cœur ce qui prouve qu’elles permettent le cours du sang des ex trémités du système au cœur. Dumas prétend qu’elles om des fibres tendineuses qui les renforcent. Elles sont, ou so litaires , ou doubles , ou triples, et interceptent compléte ment ou non le calibre de ces vaisseaux. II y a beaucoup dl variétés à leur égard , même sous le rapport de leur existence qui n'est pas constante en toutes les veines : généralement elles sont plus multipliées là où le sang marche contre s0!
propre poids, où les veines sont plus extensibles, où n’agis sent aucunes pressions extérieures, aux veines superficielle: à celles des membres, et des membres inférieurs surtout elles manquent dans la veine azygos, dans les veines dl cerveau , dans les ramifications de la veine-portle , etc. À ce trois membranes , il faut ajouter les éléments organiques qu existent en toute partie vivante quelconque, artérioles! veinules, nerfs, etc.
Cette texture donne aux veines une solidité assez grande mais qui est moindre que celle des artères; dans le cadavre les veines s’affaissent, et ne restent pas béantes comme Île artères. Elles ont aussi moins d’élasticité, ce qui, du reste est en rapport avec le rôle que ces deux genres de vaisseaul ont à remplir dans la circulation. Cependant elles se rom pent moins que les artères, comme le prouve la rareté aye laquelle les varices crèvent par opposition aux anévrysmes! fomme ca tntringham Va fait voir aussi par des expérience qui consistent à injecter dans des vaisseaux des poids dé terminés de mercure. Elles sont fort dilatables, plus qu les artères, et jouissent d’une certaine élasticité , puisqu'e! Jes voit revenir sur elles-mêmes quand elles ne sont plu
5% DE L'APPAREIL VEINEUX. 109 pleines, et même s'oblitérer quand le sang cesse de les traverser. Elles n’ont enfin qu’une vitalité assez obscure , mais qui est plus prononcée que celle des artères.
M Le système veineux se voit très bien, quand on l’injecte par les veines caves, ou quand, dans un animal vivant, on fait une ligature à ces deux troncs. Il est impossible d'en | pprécier la capacité. D’après quelles bases, en eflet, pourrait-on le faire ? Jugerait-on d’après le cadavre? mais il y a e grandes différences dans le volume des veinesselon legenre mort; ces veines sont plus vokumineuses daus le cadavre lune personne morte d’asphyxie , que dans celui d’une pernne morte d’hémorrhagie. Jugerait-on d’après des vivisec- D mais on ne peut les faire sur l’homme ; etla quantité de sang veineux doit varier selon les absorptions et les con- < itions peu connues qui président à sa formation. Tout ce qu'on peut dire, c’est que comme il y a deux plans de veines pour un seul plan d’artères, par conséquent deux veines au moins pour une artère, el qu'au plan profond les veines sont toujours plus grosses que Îes artères congénères, le sysième veineux est évidemment supérieur en capacilé au sys- -tèmeartériel. Maison ne peut évaluer en chiffres de combien Jun surpasse l’autre. Borelli dit que le système veineux à L uatre fois plus de capacité que le système artériel , et est À ce système comme de quatre à‘un; Sauvage dit comme meuf à quatre, c’est-à-dire qu’il a plus du double de capa- “cité; Haller comme seize à neuf, ce qui est un peu moins Au double; Keil comme vingt-cinq à cinq, ce qui est les quatre cinquièmes. N'ayant aucun moyen d'évaluer la ca- pacité de chacun de ces deux systèmes en particulier, com- “ment pourrait-on estimer leur différence sous ce rapport?
» Telle est la disposition générale du système veineux, qui flère du lymphatique en ce qu'il n'offre pas de ganglions dans son trajet, et en ceque les vaisseaux successivement de lus en plus gros, de moins en moins nombreux , représen- “tent dans leur ensemble un arbre. Il est cependant deux exceplions , qu'il importe de faire connaître. 1° L'une n’est. ne dans la forme des parties : c'est celle des veines du cer- Veau qui se rendent dans les sinus de ja dure-mère; nous
en parierons à l’article de Ja circulation. 20 L'autre est plu importante, et fonde ce qu’on appelle le système de la veine) porte, le système veineux abdominal. Toutes les veines qui reviennent des organes digestifs situés dans l’abdomen ss réunissent en un gros lronc qu’on appelle veine-porte : celle-ci, ensuite, au lieu de se rendre à une veine plu grosse, à la veine cave inférieure, par exemple, va se ramil fier à la manière d’une artère dans le tissu du foie ; et de ct foie naissent alors d’autres veines appelées sus-hépatique: qui se rendent à la veine cave inférieure, mais qui provien! nent autant des artères du foie que des rameaux de la veine: porte. Cette exception bien remarquable, et sur l’utilité di laquelle on a fait mille conjectures, ne porie que sur le! veines des organes digestifs situés dans l’abdomen , la rate: le pancréas, l'estomac, l'intestin, les épiploons ; les veine! de tous les autres organes de l’abdomen, de; reins, de 4: vessie, des capsules surrénalés, des organes génitaux, de: parois abdominales, y sont étrangères,
2° Mécanisme de l’ Absorption veineuse,
H faut suivre encore ici le même ordre que pour les ab! sorptions chyleuse et lymphatique, d’autant plus que beau! coup de traits sont les mêmes, et qu'ayant été développé à l’article de ces absorptions, il suffira de les rappeler! Nous allons aussi rechercher : 10 quels sont les matériau: sur lesquels agit le système veineux, ou autrement d’où pre vient ce fluide ; 20 ce qu'est l’action d'absorption qu’exécuti le système veineux à son origine, et d’où résulte, en partie au moine, le sang veineux ; 30 quel est le cours du sang ve. neux depuis l’origine du système jusque dans le centre de la circulation, dans le cœur, et rechercher s’il subit de: allérations dans ce trajet; 4° enfin,
faire connaître ce ; qu'est le san
g Veineux, en étudier les propriétés physiques. la composition chimique, la quantité , etc.
10 Matériaux du san anciens, et une grande dent le sang
$ veineux. Tous les physiologistes parue de ceux de notre temps, regar!
veineux Comme n'étant que le sang artériel
DE L'ABSORPTION VEINEUSE. QE qui a traversé les systèmes capillaires du corps, le parenchyme des organes , et qui a subi quelques altérations pendant ce trajet, pendant lequel il a servi aux nutritions, aux sécrétions et aux calorifications. Le sang veineux, disent-ils, n’est que le reste du sang artériel qui, pendant sa traversée dans les systèmes Sn ies: a été altéré d’une manière spéciale. Quatre arguments servent de base à cette opinion , la ressemblance assez grande qu’a le sang veineux avec le sang artériel ; la facilité avec laquelle une injection poussée dans les artères passe dansles veines; la remar quequ 1] me revient de sang veineux que des parties qui recoivent du sang artériel ; enfin, la particularité qu'offre le sang veineux de constituer une des moitiés du grand cercle circulatoire. Mais, sans nier que le sang veineux ne soit, pour la plus grande partie au moins, le reste du sang artériel qui a tra- versé les organes, s’il est vrai que les veines effectuent médiatement ou immédiatement les absorplions internes, il faut considérer les matériaux de ces absorplions comme concourant aussi à sa formation. Oril a été prouvé plus haut que les veines pouvaient être, à aussi bon droit que les vaisseaux lymphatiques, considérées commeles agents des absorptions internes; elles sont de même des vaisseaux de retour ;
elles ont également des communications faciles avec les surfaces externe et interne du corps; le fluide qui circule dans leur intérieur va, de même que la lymphe, se mêler au chyle, et se changer dans le poumon en sang artérie] ; elles eflectuent RC les absorptions AR PP etc. Dès lorson doit regarder les matériaux des absorptions internes comme concourant à former partie au moins du sang veineux. C’est ce que pensent aujourd’hui beaucoup de physiologistes, et ce que doivent admettre ceux qui croient à l’absorp- tion veineuse, s’ils veulent être conséquents ayec eux-mêmes : “et en vérité, ilest bien étrange que lorsqu'on ne reconnaissait d’autres agents à l'absorption interne que Îles veines On ait méconnu ce fait. Le sang veineux dérive donc, sou ne partie au moins, de Pb Épuisn interne, comme le hyle dérive de l'absorption digestive alimentaire. Il suflit ÿ de remarquer qu'il est plus abondant que le sang artériel ,
112 FONCTION DES ABSORPTIONS. | pour reconnaître qu’il ne peut être seulement le reste de ce sang artériel. F
Maintenant, nous n’avons pas besoin d’énumérer les ma = | tériaux dont il provient, ce sont les mêmes que ceux qui servent à la formation de la [ymphe ; s’ils donnent naissance ici à un autre fluide, c’est qu’ils sont saisis par un autre ordre de vaisseaux. Tout ce que nous ayons dit à l'article de labsorption lymphatique , sur l’impossibilité d'indiquer quelle quantité de ces matériaux est absorbée, s'applique ici; et il est également impossible de dire ce qui, dans le sang veineux, n’est que le reste du sang artériel, el ce qui provient des matériaux des absorptions internes.
20 Action absorbante des veines. Cette action est en tout semblable à celle des lymphatiques. Les radicules des veines, médiatement ou immédiatement, saisissent les matériaux des absorptions internes, et les changent aussitôt en un fluide, qui est le sang veineux lui-même, ou qui, se mêlant aussitôt avec lui, ne peut plus en être distingué, mais Qui au moins ne conserve rien des matériaux dont il dérive, puisque ceux-ci ne peuvent y être retrouvés. Leur action est moléculaire, échappe à nos sens, et ne se manifeste que par son résullat. On en ignore le siége précis, et l’on doute aussi, 1° s1 la veine absorbante a un orifice directement ouvert aux surfaces; 20 ou si elle a à son extrée mité et dans son pourtour un Lissu gélatineux chargé d’ef= fectuer labsorption; 30 ou bien, enfin, si elle se termine. par des vaisseaux d’un ordre plus délié, et qui seraient les agents directs des absorptions. Cette actien est, non-seule=. ment une action de pompement, mais encore une action d'élaboration, puisque les matériaux saisis ne se u'euvent pas dans le sang veineux sous leur forme première, et sont réellement changés dans la substance de ce sang. Enfin, l’es= sence de cette action est aussi impénétrable que celle de l’action de lyÿmphose ; et l’on ne peut assurer d’elle que les deux propositions que nous ayons dites des actions d’absorptions précédemment examinées ; que les veines ne sont pas passives pour la produire, et que, n'étant pas une ac
DE L’ABSORPTION VEINEUSE. 113 tion mécanique ni chimique, elle doit être dite organique et vitale.
Sous le premier point de vue, lorsqu'on méconnaissait que les matériaux des absorptions internes concourussent en quelque chose à la formation du sang veineux ,. on pouvait croire que les veines étaient sans action relativement à la formation de ce sang; on disait, en eflet, que le sang artériel, altéré par les nutritions, y était passivement
. poussé par l’action du cœur. Mais, sans agiter ici la ques-
tion de savoir si les veines n’aspirent pas elles-mêmes le
reste du sang artériel, si elles ne concourent pas à le faire
passer de l’état artériel à l’état veineux, il est sûr, au moins, pour ce qui regarde la portion de ce sang veineux qui dé rive des absorptions internes, que ce sont elles qui, par leur action, la font.
Sous le second point de vue, on a appliqué, mais avec
aussi peu de succès, à l’absorption veineuse, toutes les ex-
plications physiques, mécaniques et chimiques que nous avons rapportées à l’article de l'absorption lymphatique, On a voulu qu’elle ne fût qu’une introduction passive des matériaux absorbés à travers les pores des veines; on l’a dite un phénomène analogue à l’attraction des tubes capillai-
res, le résultat d’une pression exercée sur les matériaux à
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absorber et qui obligeait ces matériaux à pénétrer dans l’intérieur des veines, etc. Toutes ces théories mécaniques sont ruinées par cette seule remarque, que l’action d’absorption est, non une simple action de pompement, mais une action d'élaboration qui change aussitôt en sang veineux les matières saisies. Nous renvoyons à ce que nous avons dit à l’article de l’absorption lymphatique pour prouver que cette action est organique et vitale, car il y a parité totale entre ces deux absorptions.
Cependant M. Magendie, qui ne croit pas à l’absorption lymphatique, etqui ne reconnaît que les veines pour agents des absorptions internes, a présenté, en octobre 1820, un Mémoire à l’Académie des sciences, tendant à rattacher l’ac-
tion d absorption de ces vaisseaux au phénomène physique
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de l’attraction capillaire. Les expériences sur lesquelles ce
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physiologiste se fonde peuvent être rapportées à deux grou-
es. 10 M. Magendie injecte un litre d’eau chaude à 40 degrés, therm. cenlig., dans les veines d’un chien de moyenne taille; et mettant ensuite, dans la plèvre de cet animal, une légère dose d’une substance vénéneuse connue, il observe que les effets du poison se manifestent plusieurs minutes plus tard qu’à l'ordinaire. Répétant cette expérience plusieurs fois, il en obtient les mêmes résultats. Quelquefois cependant leseffets sontaussi prompts, maisalorsilssont plus faibles et plus prolongés. Enfin, dans un cas où il avait injecté dans les veines de l’animal autant d’eau que celui-ci pouvait en supporter sans mourir, deux litres, le poison ne manifesta plus d’effets. De ces premières expériences , M. Magendie conclut que, lorsque les effets du poison ont été plus tardifs ou nuls , c’est quel’absorption s’est faite plus tardivement, où même ne s’est pas faite du tout; et que ce défaut d’absorption a été dû à l’état de distension dans lequel, consécutivement aux injections, se sont trouvés les vaisseaux. Pour confirmer cette dernière assertion, 51 saigne, avrès une demi-heure, l’animal qui avait subi une injection de deux.litres, et il voit les effets du poison se manifester, à mesure que lesangcoule. S'il prend au contraire la
précaution de saigner d'avance l’animal qu’il va soumettre à | des expériences dece genre, et de désemplir les veines au lieu de les distendre; s’ilôte, parexemple, une demi-livre de sang, les effets du poison ; qui ne se montraient auparavant qu’au bout de deux minutes, éclatent après trente secondes. Enfin, pour savoir si la modification qu’il observe dans l’absorption , tient à un changement dans la nature du sang plutôt qu’à l’état de distension des vaisseaux, d’un côté il tire du sang à un animal , pendant que de l’autre il lui injecte de l’eau dans les veines, etil voit que les effets du poison sont aussi prompts et aussi intenses que si l’on avait opéré sur unanimal non préparé. Or, M. Magendie, croyant voir dans ces expériences que Pabsorption du poison se fait en raison inverse du degré de distension des vaisseaux, plus s’ils sont grèles, moins s’ils sont distendus, en conclut que l’absorption est un phénomène physique, un effet de l’atiraction
DE L’ABSORPTION VEINEUSE. 115 capillaire des parois vasculaires. Mais d’abord, M. Magendie ne juge de l’absorption que par les effets du poison, etil pourrait se faire que , lorsque le poison ne se manifeste pas, Pabsorption s’en soit faite de même. Si, par exemple, lors d’une pléthore aqueuse dans les veines, le poison paraît sans eflet, ne peut-on pas dire que c’est parce qu’alors il est étendu dans un véhicule plus abondant ? Cette conjecture ne serait-elle pas aussi vraissemblable que celle que
- fait ce physiologiste, que les veines trop distendues n’ont plus effectué l’absorption ? et n’explique-t-elle pas pourquoi, dans les expériences, les eflets du poison ont été tourà-tour plus tardifs et aussi intenses, ou aussi prompts, mais plus faibles ? N’a-t-elle pas pour appui cette observation de M. Magendie lui-même , que toute injection d’eau dans les veines atténue les effets d’un poison primitivement introduit dans le sang, du virus de la rage, par exemple ? Ensuite, il-ne s’agit ici que d’absorptions insolites : elles peuvent n’être que des imbibitions, surtout quand la matière saisie a pénétré à si faible dose ; et on ne peut conclure de ces absorptions insolites, aux absoïptions naturelles, dans lesquelles il y a élaboration de matière, Ce prerñier ordre d’expériences ne prouve donc rien contre notre thèse.
20 M. Magendie, faisant, d’après les expériences précédentes, de l’absorption un phénomène purement physique, était contraint d'admettre que cette absorption devait se produire après la mort comme pendant la vie, et ilfitles expériences suivantes pour le démontrer. Une portion dela veine jugulaire externe est mise à nu dans une longueur de trois centimètres sur un cadavre ; après l’avoir isolée , on la plonge dans une liqueur légèrement acide ; un tube est adapté à cha cunedeses extrémités ; par un des tubes, onétablitun courant
. d’eau tiède en son intérieur ; et l’on voit qu’au bout de cinq à six minutes, cette eau intérieure est acide. L'expérience répétée sur des animaux divers, sur l’homme, sur les carotides comme sur les jugulaires, a toujours les mêmes résul-
Dlats; et ces résultats sont jusqu’à un certain point d'autant
plus prompts, que la liqueur est plus acide et la tempéra-
“ture plus élevée. On la tente sur des animaux vivants : sur
un chien de six semaines, la veine jugulaire externe est ainsi mise à nu, isolée; une carte est passée au-dessous d’elle , et, pendant que la circulation se continue dans son intérieur, une goutte de dissolution d'extrait alcoolique de noix vomique est versée sur ses parois; Or, après quatre minutes, les effets du poison se manifestent. Sar un chien plus âgé, les effets se prononcent plus tardivement, après dix minutes seulement. Opérant sur les artères carotides, le résultat est encore le même, mais les effets sont plus lents, parce que les parois de ces vaisseaux sont moins spongieuses que celles des veines. On ne peut mettre en doute que le poison ait passé à travers les parois du vaisseau, el non par les veinules voisines, car on le retrouve en nature dans le sang de la veine sur laquelle on opere. Les phénomènes sont encore semblables, quand on opère sur de petits vaisseaux. Enfin , ayant rempli d’eau acide le péricarde, M. Magendie injecte de l’eau tiède dans l'artère coronaire, et cette eau, ramenée par la veine coronaire à l'oreillette droite, se montre au bout de six minutes aeide aussi. Or, ces faits sont, selon M. Magendie , des résultats de l’absorption; et, comme ils paraissent être des phénomènes de simple imbibition, ce médecin assigne ce caractère à l'action d'absorption. Mais tous les faits relatés dans cette seconde série d'expériences, sont-ils bien véritablement des phénomènes d'absorption ? et M. Magendie ne s'est-il pas trompé sur leur nature ? où est l’action élaboratrice qui est l’attribut caractéristique de toute absorption ? À ce compte, tout vaisseau serait absorbant, le lymphatique comme le veineux; et cependant M. Magendie nie l’absorption lymphatique. A la vérité, il dit bien que la matière absorbée pénètre dans les lymphatiques comme dans les veines , et que, si cette matière ne mas nifeste pas ses effets, c'est qu’il ne se fait aucune circulation dans ces vaisseaux, et que le poison n’est pas transmis aux centres nerveux. Mais il aurait dû au moins retrouver pa} l'analyse chimique la matière dans la lymphe, et il ne l'a pas pu. L’absorption aurait dû se faire aussi par les artères. Il nous semble qu'ici M. Magendie a pris, pour des actes d'absorption, des phénomènes de simple imbibition ; et il
DE L’'ABSORPTION VEINEUSE. 117 n’est pas étonnant dès lors qu’il leur ait trouvé une essence toute physique.
Nous en dirons autant de travaux, plus récents encore, entrepris sur l’absorption et l’exbalation , par M. Fodera.
Ce physiologiste veut prouver que la première action n’est qu’une imbibition, et la seconde une transsudation. Nous reviendrons sur l’exhalation à l’article des sécrétions ; et, quant à l’absorption, M. Fodera nous paraît commettre Ja . même erreur que M. Magendie, c'est-à-dire prendre de vé- ritables faits d’imbibition pour des phénomènes d’absorption. Ses expériences, en effet, consistent à placer dans une portion d’artère bien isolée du reste du corps, une solution d'extrait alcoolique de noix vomique; ou à remplir de ce poison une portion de vaisseau , d’intestin , et à placer ensuite ces parties dans une plaie ou dans l’abdomen d’un animal : comme il voit, dans ces divers cas, les effets de l’empoisonnement se manifester, il en conclut que le poison a pénétré par imbibition , et que l’absorption n’est qu’une .imbibition. La première de ces conséquences est juste; mais il n’en est pas de même de la seconde : nous pouvons lui opposer toutes les objections que nous avons faites à M. Magendie.
Enfin , il y a deux ou trois ans qu’un médecin anglais, M. Barry, dans deux mémoires présentés, l’un à l’académie . royale des sciences, et l’autre à académie royale de médecine, prétendit que le retour du sang veineux, de toute la périphérie du corps au cœur, était dû à la pression atmosphérique. Lors de l'inspiration, dit ce médecin, un grand vide se fait dans le poumon, la pression atmosphérique ex- térieure cesse d’être contrebalancée, et cette pression fait
affluer avec force dans le cœur tout le sang des veines. Or, M. Barry a conjecturé que l’absorption veineuse tenait à Ja même cause; et, comme preuve, il a cité des expériences dans lesquelles lPabsorption de poisons déposés dans des plaies paraissait s’eflectuer ou se suspendre , selon que ces . plaies restaient exposées à la pression atmosphérique 60 - étaient affranchies de l’influence de cette pression, au moyen … d’une ventouse, Nous ne partageons l’opinion de M. Barry,
ni relativement à la circulation veineuse, ni relativement à l’absorption ; mais nous renvoyons l’exposition de nos motifs à l’article de la circulation. |
Nous concluons donc que l’action absorbante des veines est encore une action élaboratrice, organique et vitale; et, comme elle se passe aussi aux extrémités capillaires d’un système vasculaire ; et qu’elle agit sur des molécules très divisées, on ne peut pas plus la saisir en elle-même que l’ac- | tion de la Iymphose. On ne peut en dire que les trois propositions communes à toutes les actions élaboratrices examinées jusqu'ici; savoir : 1° qu’une seule substance peut la subir : si, en effet, quelques substances étrangères sont mêlées aux matériaux des absorptions internes, ces substances pourront bien être saisies par les veines, mais elles ne seront pas changées en sang veineux; on les retrouvera en nature dans ce liquide, qu’elles altèreront par leur mélange avec Jui, 20 Qu'elle n’est pas une action chimique générale; et, en effet, le sang veineux n’existe pas tout formé dans les matériaux des absorptions internes; et, de la connaissance de la composition chimique de ceux-ci, on ne peut conclure chimiquement à la formation de celui-là. 30 Qu’enfin, son produit est toujours identique, du sang veineux. Et en effet, n’est-ce pas toujours le même appareil qui agit, etsur les mêmes matériaux que cet appareil opère ? IL n’y a aussi que des degrés inégaux de perfection, selon le degré d’intégrilé et d’énergie de l'appareil veineux, et selon l’état plus ou moins bon des matériaux qu’il élabore.
Cette dernière proposition, à la vérité, touche à une question sur laquelle les physiologisies sont divisés, celle de savoir si c’est un même sang veineux qui revient des diverses parties. La question est difficile à résoudre, parce que l'acte qui fait ce sang veineux n’est pas déterminé ; et que, comme on l’a vu, ce liquide provient peut-être de plusieurs | sources. En effet, c’est dans ce qu'on appelle les systèmes. capillaires que ce liquide est fait; car, d’artériel qu'était le sang en y entrant, 1] en sort veineux. Mais beaucoup d’actions sont effectuées dans ces systèmes capillaires; savoir : leur circulation propre, qui est autre que la cireulation