DE L'ABSORPTION VEINEUSE
générale; la transformation du sang artériel dans la substance des organes, pour la composition; l’action de la calorification , celle des sécrétions; peut-être une stimulation spéciale exercée par le sang artériel sur les organes, et de laquelle dépend la vie; enfin l’action de lPabsorption interne dont nous nous occupons ici. Or, chacune de ces actions peut avoir part à la production du sang veineux; et - comme on le conçoit, cela complique la question de l’identité, ou de la non identité de ce fluide.
La plupart des physiologistes professent que ce n’est pas | un même sang veineux qui revient des diverses parties : mais ce n’est pas sur des faits directs qu'ils se fondent; ils ne signalent aucunes différences entre des sangs pris à des parties différentes du corps; ce n’est que sur des raisonnements qu’ils s'appuient; et non-seulement aucun ne nous paraît convaincant, mais encore nous en trouvons d’aussi bons pour admettre une opinion contraire.
Ainsi Legallois , ne considérant le sang veineux que comme du sang artériel qu'ont modifié les parenchymes pour les nutritions, disait que, comme ce sang artériel avait fourni en chaque organe des matériaux divers, il avait dû être changé en beaucoup de sangs veineux différents. Mais, d’abord , c'était supposer que des cinq actions qui se passent dans les systèmes capillaires, et qui peuvent avoir part à la
roduction du sang veineux , c'était l’action de composition seule qui le faisait, et il est possib'e cependant que les autres y concourent aussi; cela est même sûr de Pabsorption interne et de décomposition. Bien plus, nous dirons ci-après que nous conjecturons que c’est J’acte de calorification qui a la plus grande part au changement du sang artériel en sang veineux dans les systèmes capillaires, et que la composition proprement dite ne fait que consumer une partie du sang artériel. Ensuite, même en admettant avec Zegaï+ lois, que c’est parce que le sang artériel a eflectué la composition des parties, que ce sang est devenu veineux, on ne “ pourrait pas en conclure pour cela qu'il ne serait pas le … même en toutes les parties. Les nutritions, comme on le verra, ne consistent pas en ce que le sang artériel dépose
cà et là divers de ses matériaux constituants; les substances: nutrilives n'existent pas toutes formées dans ce liquide, mais elles sont constituées par une action d'élaboration qu ‘exercent sur lui les parenchymes nutritifs; et le sang veineux ne serait plus dès lors que le débris fécal du sang artériel , si l’on peut parler ainsi. Alors, pourquoi ne serait-. il pas identique dans toutes les parties , comme étant formé partout par les mêmes systèmes capillaires ? on opposera peut-être la diversité des nutritions ; mais avec des aliments! divers, l'appareil digestif ne fait-il pas des fèces identiques ? D’autres ont invoqué, en faveur de la non identité du sang veineux , la diversité de la circulation capillaire dans les différentes parties du corps; mais ce n’est pas par elle-même que la circulation apilaire peut changer le sang artériel en sang veineux; ce n’est qu’ den ne en déterminant le caractère des nutritions et des calorifications ;et par consé-. quent la question rentre icidans ce que nousvenons de dire des nutritions,et ce que nous allons dire des calorifications. On ne peut s’appuyer non plusde la diversité des sécrétions, car ces sécrétions sont, parmi les fonctions auxquelles on peut attribuer la formation du sang veineux proprement dit, celles qui le plus probablement n’y ont aucune part. Ce n’est en effet qu’une action générale à tous ies organes. qui peut changer le sang artériel en sang veineux, et lPaction de sécrétion n’est propre qu’à quelques parties. Certainement, si c’est l’acte de calorification, ou une stimulation particulière exercée sur les organes qui amènent dans les systèmes capillaires la conversion du sang artériell en sang veineux , il y a toutes raisons de croire ce dernier. identique dans toutes les parties du ccrps; car cette double action doit évidemment être partout la même, et conséquemment imprimer au sang artériel la même altération. Pour ce qui est enfin de l’absorption interne, on objectera que les matériaux en sont très divers; mais avec ces mêmes matériaux, a été faite une même lymphe; avec des alimenis très nus est fait un même chyle : on peut appliquer ici les raisonnements que nous avons fait valoir pour prouver l'identité de la Iymphe.