‹ Physiologie de l'homme (volume 2)Chapitre 33 sur 97 · DE L’ABSORPTION VEINEUSE · texte numérisé non relu

DE L’ABSORPTION VEINEUSE

Ilya donc, pour croire le sang veineux le même dans toutes les parties du corps, autant de raisons que pour penser qu’il difère. 11 ne peut y avoir de doutes, 1° que pour celui qui revient de la rate, parce que l'on soupçonne que cel organe est un ganglion sanguin destiné à préparer un sang particulier pour le système veineux abdominal;

20 et pour celui qui revient du foie, dans l'hypothèse que l'exception de la veine-porte a trait, non-seulement à la sécrétion de la bile, mais à l’hématose en général. Mais ce n'est encore que d’après des raisonnements, et non d’après des faits, qu’on élève un pareil doute. Les sangs des veines splénique et sus-hépatiques , comparés au sang des autres veines, n’ont pas offert de différences , ou du moins les auteurs ne sont pas d'accord sur ces Hdisidoe , Ce qui prouve qu’elles sont peu sensibles : tandis que la plupart disent que le sang de la veine splénique est plus aqueux, plus albumineux, plus noir, plus onctueux, moins coagulable, et a moins de fibrine, et une fibrine moins animalisée que celui de la veine mésentérique, MM. Gmelin et Tiédemann disent l’avoir trouvé également coagulable. D'ailleurs, l’usage qu’on assigne à la rate n’estqu’une conjecture ; el à son égard, comment croire que la nature fasse à grands frais un sang Spécial, celui de la veine splénique, pour l’atténuer en- Suite, en le mélant dans la veine-porte avec le sang de la Veine mésentérique ? Il semble que cette veine splénique aurait dû aussitôt aller au foie, ou constituer à elle seule la neporte. Le même doute existe à l’égard de l’usage qu'on assigne à la veine-porte ; rien ne prouve ie elle ait trait à l’hématose; peut-être n'est-elle relative qu'à la sécrétion de Îa bol ou que le reste d’une disposition qui existait dans le fœtus. Mais tout ce qui a trait à la rate etau sn veineux abdominal se représentera ailleurs.

. 30 Circulation du sang veineux. Le sang veineux, prouit en partie de l’action que nous venons d étudier, se difige comme la lymphe du côté de Porgane central de la cirulation ; des premières veinules où ï se laisse apercevoir, ôn le voit passer dans les veines qui leur font suite, chemi-

ner vers les troncs centraux qui sont les aboutissants de tout

le système; et enfin être versé dans l’oreillette droite du cœur. Chemin faisant, il a recu aux veines sous-clavières! les fluides des deux absorptions précédentes, c’est-à-dire le! chy'e et la lymphe ; et dés lors il les entraîne avec lui.

Il s'agirait aussi de dire quelles causes font circuler ce fluide dans la direction que nous venons d'indiquer; de mentionner quelles sont les résistances mécaniques à sur-| monter; de chercher à évaluer les unes et les autres; et d’en conclure enfin avec quelle rapidité le sang veineux cir-! cule, si la circulation de ce fluide est uniforme dans les! diverses parties du corps, ou si elle va en s’accélérant où en diminuant graduellement, à mesure que le fluide se rapproche des troncs centraux du système. Sous ces divers rapports, beaucoup de traits seraient les mêmes que dans la circulation lymphatique, et d’autres, au contraire, see! raient différents. Mais, comme le cours du sang veineux forme la moitié du grand cercle circulatoire; qu'il est , àl cause de cela, mis en opposition avec le cours du sang ar=: tériel qui forme l’autre moitié, je préfère renvoyer tous ces détails à l’article de la circulation. 1 suffit pour notre objet: d’avoir indiqué quel est ce cours : il est visible à l’œil nu dans les expériences sur les animaux vivants. Ce cours est! prouvé d’ailleurs, par la disposition de l'appareil veineux! el la réunion de toutes les veines en troncs centraux qui aboutissent au cœur ; par la disposition des valvules qui sont dans l’intérieur de ces vaisseaux , et qui est telle que le sang! peut circuler des parties au cœur, et non du cœur aux par=| ties; par l’effet des ligatures, qui font gonfler la veine aw dessous et non au-dessus du point lié; enfin, par les injections, quiréussissent beaucoup mieux des rameauxaux troncs! q'e des troncs aux rameaux.

Nous agiterons seulement la question de savoir si le sang! veineux reste identique dans ce long trajet, ou si, à l'instar: du chyle et de la lymphe, il va en s’animalisant, en se per-| fectionnant toujours davantage. On ne peut encore répondre par des faits directs ; on n’a pas non plus examiné comparativement des sangs veineux pris aux origines et à la fin du système. Mais, d’après des raisonnements, on a pro-|

DE L'AESORPTION VEINEUSE. 125 fessé tour-à-tour l’une ou l’autre de ces deux opinions. Ainsi, Legallois, partant de l’idée que chaque partie du corps fournit un sang veineux différent, croit que le sang veineux change à mesure qu’il chemine dans le système : à mesure, en eflet, que des sang veineux divers viendraient se mêler les uns auxantres, devrait varier le fluide commun qui en résulte. Mais nous avons établi qu’il était douteux que ce fussent des sangs veineux différents qui revinssent des diverses parties du corps, et conséquemment le même doute s’étend à l’assertion que l’on en avait déduite. Il ya plus : en admettant même que chaque partie fournisse un ‘sang veineux propre, ce sang veineux ne se monirerait différent que dans les capillaires; car dans les troncs il résulteait évidemment du mélange de tous les sangs veineux quels qu’ils soient. On peut conjecturer que le sang veineux, est le même dans toute l’étendue du système, parce qu'ici manquent les trois causes qui ont fait croire à une élaborauon graduelle du chyle et de la lymphe. 10 Les veines ne restent pas grêles comme les chyliferes et les Iymphatiques; bientôt elles acquièrent un volume qui ne permet plus de es considérer que comme de purs canaux de transport et de conduite. 20 La circulation y est assez lente , à la vérité, mais moins que dans le système Iymphatique; et d’ailleurs nulle part dans notre économie on ne voit des fluides se modifier par la réaction seule de leurs principes con- Stituants; il faut toujours l’action d’organes élaborateurs. 30 Enfin, ces organes élaborateurs, les ganglions , n’existent pas.

Il n’y a encore de doute que pour le système veineux abdominal. Si, en effet, le sang de la veine splénique est un sang particulier, ce sang, en venant se méler à celui de la yeine mésentérique, doit imprimer à celui-ci une modification particulière. En outre, ces deux sangs , mêlés ensemble dans la veine-porte, se disséminent dans le tissu du Hoie , et il est possible que cet organe leur fasse subir une élaboration quelconque. Mais ce ne sont là que des conjecures, evil est pour les combattre autant deraisonsque pour les admettre. En somme, puisque le sang veineux parcourt

124 FONCTION DES ABSORPTIONS. k et assez vite de gros vaisseaux ; puisque dans ce trajet il ne re= coitrien, ne Pa rien,etn’est soumisà aucun organe élabora® teur; on a tout lieu de croire qu'il est le même dans toute l’é due du système, sauf l’exception de la veine-porte , qui peut laisser quelques doutes. Cependant nous n’étendons cette identité que jusqu'aux veines sous-clavières ; car , reces vant là la lymphe et le chyle, on conçoit qu’il devient ïe férent de ce qu'il était auparavant. {|

4° Du sang veincux étudié en lui-méme. Bien que Île sang 4 veineux ne soit pas le produit exclusif de l’absorption de | terne , et que nous devions revenir sur la formation de ce. fluide à chacune des fonctions qui se passent dans les systè= mes capillaires, et qu’on peut présumer avoir part à cette formation, nous allons ici l’étudier en lui-même : il nous importe de le connaître, puisqu'il forme, avec le chyle et la lymphe, un fluide sur lequel opèrera la respiration. I: est aisé de s’en procurer en ouvrant une veine et en recueil lant celui qui en coule. C’est un liquide d’un rouge brun$, d’une odeur fragrante d’ail ou fade, sui generis, d’une sas veur légèrement salée, d’une chaleur égale à celle du corps humain, visqueux au toucher , coagulable, et d’une pesanieur spécifique supérieure à celle de l’eau distillée. Haller dit que la diflérence de l’un à l’autre est comme 1,0527à

1,0000 ; d’autres disent comme 105 à 100.

C’est surtout à l’étude de ce fluide qu’a été appliqué le

HAGrO CO PE : le sang examiné avec cet instrument a paru

com posé d’un véhicule séreux, dans lequel sont en suspens sion de petits globules rouges, sur la forme desquels les observaleurs ne sont pas d’ di et dont le volume d’ailleurs n'est pas le même dans les He animaux. Leuvenhoeck à dit ces globules sphériques, égalant en volume la millio= nième partie d’un pouce, et etes t chacun de la réunion de six autres globules qui ne sont pas rouges. Della Taur& dit au contraire qu’ils sont des espèces de disques, d’ans neaux percés d’un trou dans leur centre. Guil. Hewson enfin les prétend lenticulaires, et c’est l'opinion qu'émettent MM. Dumas et Prévost de Genève, qui récemment ontfait encore des recherches sur cet objet : ils disent qu’à tort

À DE L’ABSORPTION VEINEUSE. 125 Ev. Home a pensé que leur aplatissement était l’effet de la mort. Hewson disait que ces globules différaient dans les divers animaux pour la couleur et la grosseur ; que dans les uns 1is étaient blancs, verts, dans d’autres rouges, et qu’ils étaient composés d’une vésicule contenant dans son intérieur un globule très dense à son centre. Telle a paru être aussi leur composition aux observateurs modernes, MM. Bauer et Ev. Home à Londres, et MM. Dumas ct Prévost de Genève : formés d’un globule central , transparent , blanchètre, et d’une sélog Dé rouge , MOINS transparente, ces iles sont de forme sie dans les oiseaux, Mlipuique dans les animaux à sang froid, et circulaire dans les mammifères et dans l’homme. Leur grandeur varie dans les divers animaux. Chez l’homme, selon Bauer, ils égalent un dix-sept centième de pouce avec leur enveloppe colorante, un deux millième sans cette enveloppe ; et pour en couvrir un pouce carré, il en faut 2,890,006 dans le premier cas, et 4,000,000 dans le second. Le noyau central se retrouve tout semblable our la forme et les dimensions dans le chyle, la Ilymphe; Bauer a reconnu qu'il se forme dès le système chylifère, et ce n’est que par la respiration qu'il acquiert la vésicule de matière colorante qui l’enveloppe. Ayant grande tendance à former des agrégats, des rangées, c’est lui qui, par sa réunion avec d’autres, forme la fibrine qu'offre le sang abandonné à lui-même ; et, réunis en série linéaire, ces globules imitent la fibre musculaire , qui, à son tour, par la macération, semble se réduire à eux. Ces globules enfin, paraissent être, pour le nombre, dans une certaine relation avec la chaleur des animaux; ils sont, par exemple, en plus grand nombre dans le sang des animaux à sang chaud , que dans celui des animaux à sang froid.

Quoi qu’il en soit de ces recherches profondes sur RS nature du sang veineux, ce fluide extrait des vaisseaux qui le contiennent , et D onné à Jui-même, d’abord exhale, endant tout le temps qu’il conserve sa 1h ;, une vaeur formée d’eau et d’une matière animale putrescible. Ensuite il se coagule en dégageant une grande quantité de

gaze acide carbonique. Ce dégagement n’est manifeste quand le sang est laissé à l’air libre , que par les canaux qui en résultent dans l’intérieur du coagulum; mais on en recueille le produit en plaçant le «ang sous le récipient d’une machine pneumatique où l’on a fait le vide. Enfin, il se partage en deux parties, le sérum et le caillot. Le premier est exprimé du caillot, et augmente de plus en plus jusqu’àl l’époque de la putréfaction, à mesure que celui-ci se resserre. C’est un liquide d’un vert jaunâtre, transparent, visqueux, aikalin, composé d’eau, d’albumine, de soude et de sels de soude; son analyse offre sur 1,000 parties, d’après M. Berzélius : eau, 903; albumine, 80,0; substances solubles dans l’alcool, savoir, lactate de soude et matière! extractive, 4,0; muriate de soude et de potasse, 6,0; substances solubles dans l’eau, soude et matière animale, ét phosphate de soude, 4,0 ; il y a eu 3,0 de perte. M. Marcet: indique la composilion suivante : sur 1,000 parties, eau, 900; albumine, 86,0; matière mucoso-extractive, 4,0%! muriate de soude avec un peu de muriate de potasse, 7; sous-carbonate de soude, 1,65 ; sulfate de potasse, 0,35; phosphates de chaux, de fer et de magnésie, 0,60. Le caillot est une masse solide d’un brun rougeâtre, spongieuse, ek qui , lavée doucement et long-temps sous un filet d’eau , se parlage en deux parties, la matière colorante ou le cruor, et la fibrine. Dès que le sang est hors de ses vaisseaux, là matière colorante des globules abandonne le noyau central; et ceux-ci, débarrassés de leur enveloppe, s'unissent. entre eux et forment un réseau dans lequel se trouvent en: core renfermés de la matière colorante, et beaucoup de globules entiers. Mais quand on pétrit et qu’on lave le caillot, on entraîne en entier la matière colorante libre et les! globules, et il ne reste que la fibrine. Ainsi le sang veineux, est formé de trois parties, le sérum, dont nous ayons indiqué. la composition , le cruor ou matière colorante, et la fibrine. Le cruor, appelé encore zoo-hématine, est insoluble dans! l’eau ; les premiers chimistes français le croyaient un oxyde de fer uni à de l’acide phosphorique ; mais MM. Brandeet Berzelius disent qu’il est une matière animale en combi-

DE L’ABSORPTION VEINEUSE. | 127 iaison avec du peroxyde de fer. Desséchée et fondue , cette natière colorante brüle avec flamme, et donne un charbon qu’on n’incinère qu'avec difficulté, qui, pendant sa comustion , laisse dégager de l’ammoniaque, et qui fournit la 00° partie environ de son poids d’une cendre composée k oxyde de fer, 55,0; de phosphate de chaux et de trace de hosphate de magnésie, 8,5; de chaux pure, 17,5 ; et d’aide carbonique, 19,5. La fibrine, ou lymphe coagulable,

l'apparence de fibres feutrées, ténaces, élastiques, et au nicroscope elle paraît composée des tale blancs qui sont u centre des particules colorées du sang. Solide, blanchàre , inodore, insipide, fournissant à la hide beauoup de carbonate d’ammoniaque, et un charbon volumieux dont la cendre contient beaucoup de phosphate de baux, un peu de phosphate de magnésie, de carbonate de haux et de soude, elle est composée, selon M. Berzelius, ur 100 parties, de carbone, 53,360; d'oxygène, 19,685 ; Fe hydrogène, 7,021; el d'azote, 19, y

Telle est la composition chimique du sang. Nous n’avons as besoin de dire que les proportions de sérum, de matière olorante et de fibrine ou de globules blancs varient selon 2 âges, les sexes , les tempéraments, l’état de santé, de maidie. Dans le fœtus, le sang n’a presque pas de fibrine : ans l’homme adulte et sain, les particules colorées et deséchées font un peu plus d’un huitième du poids du sang. lieussens disait que sur 100 parties de sang, il y en avait 38 e sérum, et.62 de cruor et de fibrine; Quesnay, au conrare, disait qu'il y avait trois fois plus de sérum que de ruor et de fibrine, Encore une fois, ces proportions sont ans cesse variables. On avait admis encore dans le sang un az, un effluve odorant auquel il devrait sa liquidité; mais existence de ce gaz, admise par Rosa et Moscati, est généalement contestée. La coagulation qui saisit le sang, dès ul est hors de ses vaisseaux , avait été attribuée à son reroidissement ; mais Hunter ayant fait geler du sang, l’a vu edevenir FE quand il a dégelé , puis se a tlr après omme à à l’ordinaire. On en a accusé le contact de l’air et le epos, mais il se coagule de même hors ces conditions. On

avait dit qu'il devenait plus chaud lors de cette coagulation; mais J. Hunter et Davy le nient.

Quelle est enfin la quantité du sang veineux ? on w aucun moyen de la déterminer. Si on ouvre dans un am mal vivant, les gros troncs veineux, et qu’on recueiile tou le sang qui en coule, la mort arrivera avant qu’on aï all tout le sang veineux ; d’ailleurs alors, bientôt tout le sang devient tel, la respiration cessant de se faire aux approches de la mort. Chaque physiologiste a indiqué des quantités diverses, les uns ont dit huit livres de sang en tout, d’autres vingt-huit livres; et généralement on a dit qu'il n’y avait qu'un üers de cette quantité dans les artères. et que les deux autres étaient dans les veines et les système: capillaires. Nous reviendrons là-dessus à l’article du sang artériel. Mais la plupart s’accordent à dire que le sang veï. neux est plus abondant que le sang artériel, jugeant sur le capacité bien plus grande du système veineux relativemen! au système artériel ; il serait possible cependant que cela eüi pour but de remédier aux obstacles et à la lenteur de la circulation veineuse.

EL

Telles sont les absorptions nutritives, et l’on voit qu leurs produits sont trois fluides, Îe chyle, la Iymphe et sang veineux, avec lesquels nous verrons la fonction suivante , la respiration , faire le fluide immédiatement nutri: tif et réparateur, le sang artériel. On a vu ‘que ces troi fluides confluaient successivement l’un dans l’autre, le chyl affluant d’abord dans la fymphe, puis celle-ci dans le san; veineux. À chaque confluent la proportion de ces fluides és telle, que le fluide le moins vivant est le moins abondant et se perd, en quelque sorte, dans l’autre. Cependanti pourrait se faire qu'au moment où le chyle coule, il arrivà peu de Îymphe; mais ce que nous disons est, sans aucuür

doute, vrai pour le sang.

Peut-être s’étonnera-t-on de nous voir ranger parmi le: matériaux de l’hématose, le sang veineux qui est déjà di

sang; mais on ne devrait Sp sang que le fluidé qui es

DE L'ABSORPTION VEINEUSE. 129 apte à nourrir et à vivifier les parties : or, le sang veineux n’est pas tel, et il n’acquiert ces qualités qu'avec ie chyle et la Iympbhe, et consécutivement à l'influence de la respira-

. tion. Les auteurs d’ailleurs disent implicitement la même … chose, car ils reconnaissent deux hématoses ; la générale,

qui s'entend de la conversion du chyle et de la lymphe en sang ; et l’artérielle, qui s’entend de la conversion du sang veineux en sang artériel : or, il n’est pas déraisonnable de

ramener ces deux hématoses à une seule, puisqu'elles se font, . ainsi que nous le dirons, en même temps, au même lieu, et donnent naïssance à un même produit.

Il est impossible d'indiquer la proportion respective de ces trois fluides : l’un d’eux, le chyle, n'arrive que par intervalles, tandis que les detre autres, la Iymphe et le sang veineux, coulent d’une manière continue. Cependant le premier est le ne ipal pour l’hématose ou la réparation du

sang; s’il ne s’en fait pas du tout, comme quand il y a ab-

stinence, la mort arr 1ve après un temps assez court. Il Y aurait un moyen de juger la part qu'a la Iÿmphe à la réparation du sang; ce serait de prendre deux chiens d’une même

ortée et d’une même force, de priver l’un de chyle seule-

ment, en le laissant mourir de faim; et de priver l’autre de

chyle et de lymphe, en ne Jui dti pas d’aliments non plus, eten lui liant en outre le canal thoracique. Toutefois, par ces considérations se trouve justifiée l’idée

que nous avons donnée de la fonction des absorptions dans

les animaux compliqués et dans l’homme, de servir à préparer, avec des matériaux pris au-dehorsetau-dedans de l’être, les éléments de l’hématose, les éléments du sang.

Page 1