‹ Physiologie de l'homme (volume 2)Chapitre 34 sur 97 · Tome IL · texte numérisé non relu

Tome IL

SECTION IIT.

CoNvaAISSANT les matériaux divers, tant externes qu'in-

ternes, que les absorptions recueillent pour la réparation du corps, ainsi que Îles fluides qui en sont les produits, il faut voir maintenant comment ceux-ci sont changés dans le fluide immédiatement nutritif et réparateur, le sang artériel. Cette conversion est ce qu’on appelle l’hématose, et elle se fait chez l’homme dans l’intérieur de l’organe appelé poumon, par l'intermédiaire de l’air atmosphérique , et dans la fonction connue sous le nom de respiration. C’est

donc de cette fonction que nous avons à traiter maintenant, \ si nous voulons suivre pied à pied le mécanisme de notre |

nutrition. À la vérité, nous avons laissé les trois fluides des w|

absorptions au cœur, et peut-être on pensera qu'il faudrait d’abord les faire arriver au poumon; à ce titre, il faudrait exposer ici l’histoire de la circulation qui remplit cet office.

Mais comme cette circulation a aussi l’usage de porter le sang

artériel , une fois fait, dans toutes les parties où il doit être

mis en œuvre, On voit qu'on à d’égales raisons pour en trai-

ter après qu'avant la respiration. Ce dernier ordre même nous paraît plus convenable; car, d’une part, il nous conduit plus directement aux actions assimilatrices; et, d’autrew part, la respiration n’est presque qu’une aclion d’absorp- k

tion, l’absorption de lair, et par conséquent son histoire

doit suivre immédiatement celle des autres matériaux réparaleurs | % 9 e ; r 0] \ . r r

L'air est nécessaire à toutêtre vivant, aux végétaux comme

aux animaux ; 1l est utile à tous en leur fournissant un de

ses éléments constituants, l’oxygène , et en faisant subir à leur fluide nutritif une élaboration essentielle. La première proposition est dérontrée par les faits sui-

FONCTION DE LA RESPIRATION. LT vants : 1° Tout être vivant péril plus ou moins promptement, quand il est placé dans le vide, 20 Tout ètre Vivant exige que l’air dans lequel il est plongé soit renouvelé de temps en temps ; dans le cas contraire, il périt plusou moins P'omptement, et, quand on examine l’air qui reste, on voit que d’abord il a diminué de quantité, ensuite qu’il a été épuisé en partie d’un de ses principes constituants, loxygène, etqu’il s’est chargé, au contraire, d’un autre élément, que l’on verra être opposé à toute vie, l’acide carbonique. Des expériences de Hales ont prouvé la vérité de ces faits par rapport aux végétaux. Si des plantes sont mises sous Je récipient de la machine Pneumatique , et qu’on fasse le vide, elles meurent. Si ces plantes sont placées sous une cloche pleine d’air, mais qui est disposée de manière 4 ce que cet air ne puisse pas se renouveler, après un temps plus Où moins long, elles meurent aussi; et, si on examine ce Qui est arrivé à l’air de la cloche, on voit qu’il a diminué de quantité, ce qui prouve qu’il a fourni quelque principe au végétal, qu’il a été épuisé en partie de son principe oxysène, et qu'il a acquis, au contraire, une Quantité assez considérable du principe appelé acide carbonique. D’autres >xpériences de Spallanzani, faites sur le même plan que elles de Hales ; et répétées de nos jours par M. V’auguelin, nt prouvé les mêmes vérités à l’égard des derniers animaux, bes faits les plus vulgaires de Ja vie prouvent leur réalité:à ‘égard des animaux supérieurs et de l’homme. Enfin , elles ont réelles pour les animaux aquatiques eux-mêmes ; comme Î résulte d'expériences faites par Spallanzani, et répétées le nos jours par M. Sylvestre. Placez sous le récipient de la nachine Pneumatique le vase plein d’eau qui contient un mimal aquatique, faites le vide, et vous verre ‘animal. Placez ce vase sous une cloche d’air, et disposée de nanière à ce que de nouvel air ne puisse pas y pénétrer, et ous verrez de même l’animal périr à la longue ; en examiant l’air de la cloche, vous verrez Que Ce gaz a aussi dimiué de volume , à perdu une partie de son principe oxygène, La acqu's une quantité assez considérable d'acide carboique. De là même cet usage de faire ; pendant l'hiver, des

Z AUSSI périr

trous à la glace des étangs, si l’on ne veut pas voir périr tous les poissons qui y sont contenus.

L'autre proposition, c’est-à-dire que air agit en faisant subir au fluide nutritif des êtres vivants une élaboration essenLielle , est égaiement évidente , puisqu'on voit, comme nous le dirons, ce fluide manifester des apparences el des | propriétés toutes différentes, selon qu’il est ou non frappés par l'air. 1 Or cette action de l'air sur les êtres vivants, et particuliè- | | rement sur leur fluide nutritif, estce qui constitue ce qu'on | appelle leur respiration. En beaucoup d'êtres vivants, dans les végétaux et les derniers animaux, par exemple, cette respiration ou absorption de l’air ne constitue pas une foncz tion séparée : elle est effectuée par la surface externe de l'être, en même temps que l'absorption des autres éléments nutritifs. Les fonctions d’absorption, de respiration, ui, dans les animaux supérieurs sont distinguées, parce qu’elles sont exécutées par des organes diflérentis , et qu’elles se sucz, cèdent les unes aux autres, sont ici confondues en une seule et même action. On avait bien, à la vérité, admis dans les végétaux des vaisseaux appelés trachées, qui étaient dits: ouverts et béanis à la surface de l'être pour y absorber l’air, | conduire ce gaz dans la profondeur de toutes les parties, et lux. faire modifier le fluide nutriuf partout à la fois, et au mo-| ment même où ce fluide va être mis en œuvre, ainsi que ce. sera dans les insectes, par exemple; mais on a reconnu de-! puis que ces trachées n'étaient pas des vaisseaux aériens ,. mais des vaisseaux séveux ordinaires.

Au contraire, à compter des insectes et dans tout le rest du règne animal, l'absorption de Pair se fait séparément de celle des autres éléments nutritifs; elle est effectuée par un! organe spécial affecté à cet usage, et c’est alors qu’appelée respiration elle forme une fonction distincte. Comme celte fonction exige, ainsi que la digestion, le concours d’une substance extérieure, d’un aliment, son histoire sera par- Llagée en trois chapitres : dans l’un, on traitera de l’aliment de la respiration, de l’air atmosphérique ; dans le second. on fera le description de l'appareil d’organes qui en est l'in:

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