‹ Physiologie de l'homme (volume 2)Chapitre 36 sur 97 · CHAPITRE IT · texte numérisé non relu

CHAPITRE IT

Anatomie de l'appareil de la Respiration.

Dans les généralités qu'au commencement de cet ouvrage nous avons présentées sur le règne animal, nous avons indiqué les différences qu'offrent les animaux sous le rapport de l’appareil de la respiration. Nous avons dit qu’au-dessous des insectes il n’y avait pas d'appareil respiratoire pro= prement dit, et que la même surface qui effectuait l’absorption des autres matériaux nutritifs accomplissait aussi Pabsorption de l'air. On a vu qu’ensuite la respiration était disséminée , c’est-à-dire était effectuée par un système de vaisseaux appelés trachées , qui, aboutissant à la surface du

corps, et saisissant au dehors l’air par des orifices, le conduisaient, par de nombreuses ramifications, dans toutes:

les parties. Ces trachées ont été de deux espèces, aéri-

fères ou aquifères, selon que les animaux ont été aé—

riens ou aquatiques , ont respiré l’air ou l’eau. Enfin , dans les animaux supérieurs , la respiration à élé locale , c'esi-à2

dire accomplie par un organe special dans lequel était reçu

l’air extérieur, et où se faisait l'absorption du principe par lequel ce gaz entretient la vie. Seulement, cet organe local de respiration a été uue branchie, ou un poumon , selon que

les animaux ont été aquatiques ou aériens, ont respiré l’eau

ou l'air. |

C’est dans cette catégorie dernière qu'est l’homme. Sa

respiration est locale, et l’organe qui l’effectue un poumon:

ti faut à l'étude de celui-ci joindre celle du thorax, 50n

parce que c’est la cavité qui le renferme, mais parce que La

DE L'APPAREIL RESPIRATOIRE. 157 c’est le jeu de ce thorax qui introduit dans le poumon l'air sur lequel cet organe opère.

ARTICLE PREMIER

| Thorax.

C’est la cavité splanchnique qui est située au-dessous du col et au-dessus de l’abdomen, qui contient le cœur et le poumon ;, et qui fait, à l’égard de ce dernier , l’office d’un ‘souflet , pour y faire entrer l’air. C’est une cavité conoïde, en partie osseuse , en partie musculeuse, ayant sa partie la plus étroite en haut , et sa partie la plus large en bas, et qui tout à la fois est assez solide pour protéger, contre toutes percussions extérieures , le cœur et le poumon qu’elle contient, et assez mobile pour introduire l’air dans ce dernier, Ven expulser, et remplir, à l'égard de ce viscère, l’office que les parois d’un soufllet remplissent à l'égard du vide que ces parois circonscrivent. he | ” La charpente de ce thorax est osseuse : elle se compose, en arrière, des douze vertèbres dorsales; en avant, du ster- Hum, qui est primitivement composé de huit à neuf pièces; et sur les côtés, de douze côtes, arés osseux qui sont étendus du sternum en avant, aux vertèbresen arrière. De ces côtes , les sept supérieures seulement vont réellement du rachis au sternum , et sont appelées’, à cause de cela, vraies côtes, ou cotes sternales , ‘sterno-vertébralés ; elles sont de plus en plus grandes, et de plus en ‘plus obliques en bas sur le rachis, à mesure qu’elles sont plus inférieures. Les cinq autres, appelées fausses côtes, ou cotes asternales ; ne s'étendent pas jusqu’au sternum , mais s'unissent successivement les unes aux autres, celle qui est au-dessous à celle qui est au-dessus; les deux dernières restent même libres, et à cause de cela sont dites flottantes. Elles sont de plus en plus courtes, à mesure qu’elles sont plus inférieures. = Ces divers os sont articulés entre eux, de manière à pou-

“Noir se mouvoir les uns sur les autres , et leurs articulations Sont importantes à étudier comme donnant le secret de la

mobilité du thorax. Nous n’avons pas besoin de parler des, articulations des douze vertèbres dorsales entre elles; ces n’est pas dans ces 05 que 5e passent les mouvements respirateurs proprement dits. Mais il faut étudier les articulations | des côtes , en arrière sur le rachis ou costo-vertébrales, eten avaut sur le sternum ou cosio-sternales. On se rappelle que dans l’étude générale du squelette sous le rap port de la lo comotion , nous avions , à l’article du tronc, omis la brisures du thorax, la renvoyant à la respiration , comme à l’article | de la tête, nous avions omis celle des mâchoires, dont nous devions traiter à la digestion. 10 Les articulations de la côte. en arrière avec le ae sont doubles ; l’une se fait par l’extrémité postérieure de la côte, et l’autre par ce qu’on appelle sa tubérosité. Dans la première , l’extrémité de la côte, encroûtée d’un cartilage, est reçue dans une facette également cartilagineuse qui est creusée sur le côté du rachis; cette facette est à moitié sur le corps de la vertèbre supérieure, à moitié sur celui de la vertèbre inférieure, et, par conséquent, en partie aussi sur le fibro-cartilage qui est intermédiaire à l’une et à l’autre. Là, les os sont attachés entre eux par plusieurs organes contentifs , savoir : un ligament situé en avant, et qui est étendu de la côte à chacune des vertèbres etau fibro-cartilage intermédiaire ; et un ligament dit inter-arliculaire qui, de la tête de la côte, va directement s'attacher à la facette articulaire du rachis. Quelque serrée que soit cette articulation , elle permet aux côtes de se mouvoir sur le rachis, puisque dans sou extérieur exis= tent deux membranes synoviales; la côte pourra, en effet, s'élever et s’abaisser par son extrémité vertébrale sur le ra « chis. Dans la première , la onzième et la douzième côte, la facette articulaire n’est creusée que sur une seule vertèbre,

et le ligament inter-articulaire manque. Dans l’autre articulation costo-vertébrale , la tubérosité de la côte, encroû* tée aussi de cartilage , est reçue dans une cavité eartilagis. neuse, quiest creusée sur l’apophyse transverse de chaque vertèbre correspondante; trois ligaments dits costo-transversaires , un supérieur , un moyen et un inférieur, donnent de la solidité à cette articulation. II y a aussi quelques dif=

DE L'APPAREIL RESPIRATOIRE. 139 férences pour la première, la onzième et la douzième côte : . dans la première, les ligaments costo-transversaires supéeur et inférieur manquent, il n’y a que le moyen ; et, dans les onzième et douzième côte, cette articulation costo-transversaire manque tout-à-fait. Cette articulation permet aussi quelques mouvements de la côte. Nous verrons par la suite que les physiologistes ne sont pas d'accord sur le degré de mobilité de ces articulations costo-vertébrales dans chacune des douze côtes; la plupart ont professé que ces articulations sont d’autant plus mobiles que les côtes sont plus inférieures; M. Magendie professe l’opinion in- - verse. 29 Les articulations des côtes en avant, avec le sternum, ne se font pas par la côte elle-même, mais par l’intermédiaire d’un cartilage qui la prolonge , et qui est d’autant plus long que la côte est plus inférieure; l’extrémité du cartilage est reçue dans une cavité qui est creusée sur le bord du sternum; un ligament en avant, un autre en arrière, donnent de la solidité à cette articulation; et une synoviale, qui est dans son intérieur , prouve qu’elle permet aussi quelques mouvements : les côtes peuvent aussi s'élever et s’abaisser un peu sur le sternum; ou du moins cette ar- üiculation est assez souple pour ne pas arrêter le mouvement qui se passe dans le corps de la côte et à son autre extrémité. Ces articulations costo-sternales sont d’autant plus làches que les côtes sont plus inférieures; elies n’existent qu'aux Vraies côtes, les autres sont articulées entre elles à l’aide de cartilages de prolongement qui vont de celle qui est au-dessous immédiatement à celle qui est au-dessus.

Voilà la charpente osseuse du thorax. Des muscles achèvent de former cette cavité , savoir : dans les intervalles des côtes , deux plans de muscles dont les fibres sont dirigées en sens inverse et se croisent, qu'on appelle muscles inter-costaux ; ei inférieurement le diaphragme , muscle qui forme à lui seul la paroi inférieure de la poitrine , et la clot de ce “coté. En haut, le thorax est ouvert, et laisse pénétrer dans

“on intérieur de nombreux vaisseaux et de nombreux nerfs. M LS thorai doit à cette:structure toute la solidité dont il avait besoin pour protéger contre toutes percussions exié-

rieures les organes délicats qu’il renferme. En effet, les os

qui en forment la charpente sont assez solidement articulés entre eux : des ligaments les attachent les uns aux autres;

les muscles qui complètent les parois de cette cavité sont

fort résistants ; ils sont appliqués les uns sur les autres, de

manière que leurs fibres se croisent, ce qui ajoute à la rési-

stance : d’ailleurs le thorax est encore défendu en arrière par le scapulum et les muscles des gouttières vertébrales. Enfin , si l'air ne remplit pas le thorax, les côtes cèdent en raison de leur flexibilité ; si l’air ,au contraire, rernplit cette cavité, il la soutient; et, dans certains cas, des muscles placés en dehors d’elle, et dont nous allons parler tout à heure, comme le sous-clavier , le sterno-mastoïdien , les pectoraux , le grand dentelé, la soutiennent en agissant sur les côtes à la manière de véritables arcs-boutants actifs. D'autre part, ce thorax a toute la mobilité qui lui était nécessaire pour remplir, à l'égard du poumon, loffice d’un soufllet. D’abord sa paroi inférieure est toute musculeuse, et partant toute mobile ; le diaphragme qui la forme peut s’élever dans le thorax ou s’enfoncer dans l’abdomen, et par là rétrécir ou agrandir la poitrine. Ensuite, les côtes sont mobiles sur le rachis ,et peuvent être abaissées ou élevées sur lui; elles ne peuvent le faire sansque leur portion moyenne, qui est un arc, se porte en même temps en dehors ou en dedans, et qu’ainsi le thorax ne soit agrandi ou rétréci en travers, comme par le jeu du diaphragme sa capacité avait varié de haut en bas. Les divers os qui composent le thorax sont précisément assez grêles pour se prêter à ces mouves ments, et les cartilages qui les prolongent leur donnent toute la souplesse nécessaire. Nous décrirons ci-après, avec soin, le mécanisme des mouvements respiratoires du thorax ; il nous reste ici à énumérer les muscles qui en sont les agents. Ils sont assez nombreux : 10 Le diaphragme, large muscle qui ferme par en bas le thorax, sépare cette cavité de celle de l’abdomen, et qui, attaché par deux faisceaux qu’on appelle ses piliers, au rachis, au corps des deux premières vertèbres des lombes, est fixé, d'autre part, par des fibres rayonnantes, à tout le contour de

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