‹ Physiologie de l'homme (volume 2)Chapitre 37 sur 97 · DE L'APPAREIL RESPIRATOIRE · texte numérisé non relu

DE L'APPAREIL RESPIRATOIRE

l’ouverture inférieure du thorax, c’est-à-dire aux extré- mités des six dernières côtes, et à l’appendice xiphoïde du sternum. Aponéyrotique dans son centre , ce muscle présente | trois ouvertures, une en avant, pour le passage de la veine - cave inférieure , et deux en arrière, dans l'intervalle de ses piliers, pour le passage de l’œsophage et de l'aorte; la première et la dernière ont leur contour aponévrotique, pour que le muscle, dans son jeu, ne puisse comprimer les vaisseaux importants auxqueis elles donnent passage. 20 Les muscles intercostaux , ainsi nommés à cause de leur situation dans l’intervalle de chaque côte, et qui , formant deux plans, sont partagés en inlercostaux externes el intercostaux internes. Les premiers sont placés en dehors, et leurs fibres obliques d’arrière en avant sont étendues du bord

inférieur de la côte supérieure au bord supérieur de la côte linférieure. Les seconds sont placés en dedans, ont leurs fibres obliques en sens inverse, c’est-à-dire d'avant en arrière, et sont étendus du bord inférieur de la côte supérieure au bord supérieur de la côte inférieure. 30 Le muscle sous-clavier ou costo claviculaire, qui semble n’être qu’une

. continuation vers le haut des muscles intercostaux, que le muscle intercostal de la clavicule et de la première côte ; il est, en effet, étendu obliquement en bas et en avant, depuis

. le bord inférieur de la moitié externe de la ciavicule, jus- - qu’au bord supérieur de la moitié antérieure de Ja première côte. 40 Les muscles sus-costaux , au nombre de douze, situés derrière les muscles intercostaux externes, et étendus depuis le sommet de l’apophyse transverse de chaque vertèbre dorsale, obliquement en avant jusqu’au bord supé-

meur de la côte inférieure. 50 Les sous-cosiaux, muscles . tout-à-fait analogues aux précédents, en même nombre, Si- tués seulement au-dedans des muscles intercostaux internes. 60 Le muscle triangulaire du sternum, costo-sternal, sous- ” sternal, qui est situé en dedans du thorax, étendu oblique- … menten hauteten arrière de la partie inférieure du sternum, ‘4 aux quatre ou cinq premières côtes. 7° Enfin , beaucoup de muscles qui n’appartiennent pas proprement au thorax,

mais à la tête, aux membres supérieurs, et qui, prenant,

en certaines circonstances, leur point d’appui fixe sur ces parties, meuvent alors les côtes : lesunslesélèvent, comme es muscles scalènes , les sterno-mastoïdiens , le grand et le petit pectoral , le grand dentélé, les petits dentelés postérieurs et supérieurs ; les autres les abaissent , comme le petit dentelé postérieur et inférieur, les muscles de l’abdomen , etc. Ils ont été décrits ailleurs. ARTICLE I.

De l'organe de la Respiration proprement dit, du Poumon.

D’après l’idée générale que nous avons donnée du pou= mon , cet organe doit être une espèce de sac, dans l’intérieur duquel Pair est reçu, et à la surface interne duquel vient se présenter au contact de ce gaz, le fluide à sanguifier. Les zoologistes, dans leur théorie des analogues, le disent un repli de la peau qui s’est modifiée pour la nouveile fonction qu'elle a à effectuer : ils s'appuient sur ce que c’est par la peau que les derniers animaux respirent. Mais cette forme, que nous assignons au poumon, n’est vraie que pour les animaux les plus simples; dans les autres , elle s’en éloigne, en ce sens que l'organe, au lieu de présenter une cavité unique, en offre une subdivisée en mille ramifications. Par exemple, dans la salamandre, cet organe consiste : 1° en un canal ouvert au fond de la bouche, qui évidemment est l’analogue de notre trachée-artère, quoiqu'il n’ait aucun cartilage dans sa texture, et par lequel l'air est saisi; 20 en un sac qui fait suile à ce canal , et qui, formant une cavité unique, est composé de trois membranes concentriques les unes aux autres ; savoir : une externe, fibreuse, qui donne sa forme à l’organe; une moyenne, qui est musculeuse : et une interne, qui est muqueuse, et à la surface de laquelle se voit un réseau de vaisseaux très fins; c’est dans ce réseau que se trouve le fluide à sanguifier, qui est ainsi le plus près possible de l’air qui doit influer sur sa sanguification. Déjà dans les grenouilles, cette cavité se partage en plusieurs cellules qui en augmentent fa superficie. Dans les serpents, les lésards, les tortues, les crocodiles, cette subdivision en

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DE L'APPAREIL RESPIRATOIRE. 143 ramifications successives augmente encore. Enfin, le poumon finit par ne plus paraître , comme chez l’homme, qu'un organe résultant des ramifications de Ja trachée-artère, cavs » Par une ouverture unique , la glotte, dans e fond de la bouche , et puisant l’air au-dehors par cette role.

Chez l’homme , en effet, le poumon est nn organe d’un issu spongieux , vasculaire , expansible, situé dans les paries latérales du thorax, paraissant formé par les ramificaions d’un canal unique appelé trachée-artère , dont il emble être la continuation , €t offrant ainsi une cavité inérieure résultant des milie et mille ramifications de ce caal. Il est partagé en deux moitiés, une droite, qui se comose de trois lobes, et une gauche, qui n’en offre que deux ; ‘où l’on dit qu'il y a deux poumons. Ces deux moitiés remlissent chacune exactement la moitié du thorax où elles nt siluées, et sont séparées l’une de l’autre par un repli lédian de la membrane séreuse du thorax ; et par le cœur. a couleur de cet organe est généralement d'un bleu marré, et son extérieur sillonné de figures qui sont hexagoales; cependant il y a des variétés à cet égard selon les es, le genre de mort à laquelle a succombé Je sujet sur ledel on fait l’examen , fa position dans laquelle a été mise le davre, les quantités d’air et de sang qui remplissent l'orne. Nous en dirons autant de son volume et de son poids, 1i du reste proviennent moins de sa parie substantielle solide, que de la quantité très variable d’air et de sang mt il est pénétré. |

Mais ce qu’il nous importe surtout d'exposer ici de l’anamie du poumon , c’est son organisation. Indiquons quels ments anatomiques le forment, et quel parenchyme spé- 1] constituent ces éléments par leur mode d'association. Les éléments constituants du poumon sont : 10 [Les rafications de ce canal aérien appelé trachée-arière , qui ns leur ensemble forment la cavité réelle de l’organe reslatoire ; 20 celles du vaisseau appelé artère pulmonaire, apporte à l’organe les flaides des absorptions qui, dans ete de respiration, doivent être changés en sang ; 30 celles

d’autres vaisseaux appelés veines pulmonaires , qui recueil- | Jent dans l'organe le sang une fois fait pour le porter à l’or-: gane de la cirenlation; 4° enfin, les éléments organiques | qui ‘sont propres à toute partie vivante; savoir : des vais! séaux sanguins artériels et veineux , des vaisseaux lymphats! ques , des nerfs et du tissu lamineux. | 10 Les’ramificätions du canal aérien sont l'élément prins cipal du poumon, ce qui forme la cavité réelle de l’organe respiratoire, le lieu où pénètre l'air etoù ce gaz est pris. La trachée-artère en est le tronc. Cette trachée est un canal) cyliñdroïde ; qui en haut est continu avec le larynx, pan l'intermédiaire duquel ilrecoit de la bouche ou du nez l'air extérieur, et qui en bas se perd par ses ramifications dans le poumon, à la composition duquel il concourt pour la plus grande partie, Placée sur la partie antérieure du col, elle se bifurque, lorsqu'elle est parvenue au niveau de Îai seconde vertèbre dorsale , en deux gros canaux, qu’on ap pelle bronches. Chacune'de ces bronches, ensuite, s'enfonce dans la partie moyenne et interne de chaque poumon ; s’accole là aux divers vaisseaux qui sont les autres éléments du viscère, et va par des ramifications successives et infinies en former le parenchyme. Beaucoup de recherches ont ét faites pour pénétrer le mode selon lequel se terminent ce: ramifications des bronches. Malpighi, d’après l’examen de: oumons des reptiles; poumons qui, étant le premier degri de la subdivision qu'offre le poumon de l’homme laissen mieux voir la disposition des parties , a dit que ces ra mifil cations se terminaient par des vésicules , à la surface intern! desquelles venait se ramifier l’artère qui apporte le fluide. sanguifier. Helvéiius, au ‘contraire, a dit que ces ra mi ficai tions finissaient par des oxifices libres dans les cellules qu: forment en dernière analyse, par leur association , les dive éléments constituants du poumon. M. Chaussier, ayant in jecté les bronches avec l’alliage fusible de Darcet, puis ayan détruit le reste de l'organe par la macération ou tout autn moyen, croit avoir observé que les dernieres ramification des bronches se terminent en canaux arrondis. Reisseissel les a vus aboutir à une extrémité ronde et borgne. M. Ma

DE L'APPAREIL RESPIRATOIRE. LS gendie, enfin , ne croit pas que ces ramificalions dernières parviennent jusqu'aux lobules que nous dirons former le tissu du poumon. Quoi qu’il en soit, il est sûr que la capacité de ces canaux aériens va toujours en augmentant, Quant à leur texture, il y a des diflérences au tronc central et aux - ramifications.La trachée-artère, proprementdite, estformée, 10 de seize à vingt segments cartilagineux, qui, tronqués en arrière, ne sont que des demi-anneaux , et qui sont unis entre eux par une membrane blanche particulière; 0 de Mibres musculaires, qui sont surtout placées en arrière, là où le segment cartilagineux est tronqué, afin de terminer le cylindre; 3° Enfin d’une membrane qui en tapisse la surface interne, qui est du genre des muqueuses, fine, perspi- rable, absorbante, et garnie de follicules qui lui fournissent un mucus de lubréfaction. Mais, à mesure que de cette irachée, l’on descend dans les dernières ramifications, gra- - duellement l’on voit les demi-anneaux car lilagineux diminuer, puis être remplacés par de petits fragments carlilagineux qui sont épars cà et à, enfin disparaître tout-à-fait ; de sorte que profondément il n’y a plus que la membrane muqueuse proprement dite, et, selon Reisseissen, des fi- | bres musculaires qui ont tous les caractères de celles qui composent la tunique musculaire des intestins. D'autres cependant, M. Zéclard, par exemple, disent que ces dernières sont fibreuses, et du même tissu jaune qui forme les artères.

20 Les ramifications du vaisseau qui apporte les fluides à sanguifier, sont on aulre élément constituant du pou- mon. Ce vaisseau est ce qu’on appelle l’urtère pulmonaire : ilnaît du ventricule droit du cœur, dans lequel nous avons vu aboutir les fluides des absorptions; et après un trajet d'environ deux pouces, il se partage comme la trachée - en deux branches , une pour chaque poumon. Chaque bran- * ches’accole à la bronche correspondante , et en suit toutesles divisions, en en restant néanmoins distincte; elle finit pai » devenir capillaire, et concout alors directement au tissu … de l'organe. On a fait aussi beaucoup de recherches pour “savoir comment elle se termine. Selon Malpighi, elle forme D Tome 18

ün réseau très fin, qu’il appelle rete admirabile, à la sur, face muqueuse des bronches; de sorte qu’ainsi les fluides à! sanguüifier sont placés le plus pres possible de Pair indis pensable à a cetle sanguification , n’en étant séparés que par

les parois: du vaisseau qui les contient. Retsseissen dit de.

même. Selon d'autres, l’artère pulmonaire, à ses ramifications dernières, se continue avec deux sortes de vaisseaux

particuliers ; d’an-côté, les origines des veines pulmonaires,

qui recueillent dans le poumon le sang qu’ a fait la respira-

tion ; et d’autre part , des ramuscules séreux per spiratoires,

qui vont exhaler à la surface interne des bronches l’excrétion de la pérspiration pulmonaire. 1] se fondent sur Ja continüuité de la circulation dans l'artère pulmonaire et les veines du même nom ; et sur ce qu’ une injection poussée dans l’artère pülmonaire, d’un côté a passé dans les veines pulmonaires, et de l’autre a suinté à la surface interne des bronches. On est ici dans le même doute que sur le mode de terminaison des ramificatiôns bronchiques; et ce doute est fondé sur l'impossibilité ,ou au moins la difficulté tant de fois reconnue , de pénétrer la disposition des parenchymes,

des systèmes capillaires. Bichat admet aux extrémités de

l’artère pulmonaire, et entre cette artère et les veines du même nom, des vaisseaux d’un ordre plus délié, jouissant d’autres propriétés, formant le parenehyme du poumon, étant le siége de l’action de respiration, et qu’il appelle les systèmes capillaires du poumon ; mais il avoue qu’il ne peut ‘en apprécier la disposition. Tout ce qu'on sait, c'est que ces ramifications de l’artère pulmonaire communiquent faeilement , et avec les bronches, et avec les veines pulmonaires, et sont probablement fort voisines, et des ramifications broneckiques qui apportent Pair, et des ramifications des veines pulmonaires qui exportent le sang. Quant à la

structure de ces ramifications artérielles , elle est celle des’

autres artères du corps; il ést bon seulement de remarquer

que ces ramifiéations n’établissent d’anastomoses entre els

que quand élles sont capillaires.

30 Le troisième élément organique spécial du poumon résulte des ramtifications des veines pulmonaires, vaisseaux

| DE L'APPAREIL RESPIRATOIRE. 147 qui recueillent le sang qu'a produit l'acte de la respiration, Ces veines commencent par des radicules Qui sont aussi inapercevables , Et par conséquent aussi peu connus que les dernières ramifications des bronches et de l'artère pulmomaire : disséminés dans le parenchyme du poumon , peutêtre continus aux ramificalions de l'artère pulmonaire, situés probablement aux mêmes lieux où aboutissent ces ramifications et celles des bronches , et où se fait la respiration , ces radicules deviennent bientôt des veinules assez grosses pour êtres vues; alors, en s’unissant ensemble , elles forment des veines de plus en plus grosses et de moins en moins nombreuses; toutes enfin aboutissent à quatre gros troncs qui s'ouvrent dans l'oreillette gauche du cœur. Leur structure est celle des autres veines du COrps ; seulement leur membrane moyenne est un peu plus épaisse, et paraît être un peu plus élastique ; elles n’ont pas de valvules dans leur intérieur , et elles cessent de s’anastomoser entre elles, dès qu’elles sont un peu grosses.

49 Enfin, à ces éléments premiers, qui sont sans contredit les parties constituantes principales du pouinon , iffaut ajouter tous les éléments qui se rencontrent en loutes parties vivantes quelconques, savoir, des vaisseaux sanguins äriériels et veineux, des vaisseaux lÿmphatiques, des nerfs et du tissu cellulaire. Le poumon, comme toüte autre partie, se nourrit, se récompose et se décompose ; il Jui faut donc des artères pour apporter le sang que réclame sa composition, et des veines pour effectuer sa décomposition. L’artère et les veines pulmonaires ne pouvaient remplir ces offices, puisque le rôle de ces vaisseaux est tout-à-fait rélatif à la sanguification en général, et non à la nutrition d u poumon en particulier. Celle-ci est accomplie par des artères et veines spéciales, appelées artères ct eines bronchiques, parce qu’elles se ramifient plus spécialement aux bronches. Leés artères bronchiques sont nées de laorte, conséquem ment Yersent dans le poumon un sang arlériel, à la différence de l'artère pulmonaire qui apporte les fluides à sanguificr ; elles se distribuent aux bronches, et se perdent particulièrement dans leur tissu, ce qui prouve bién que ces bronches for-

à LOS

ment l’élément principal du poumon. Les veines bronchis

quesremplissentdans le poumon l’officedes veines dans toutes les autres parties du corps, c’est-à-dire qu’elles recueillent le reste du sang des artères bronchiques et les produits de l'absorption décomposante : c’est du sang veineux qu’elles rapportent, à la diflérence des veines pulmonaires qui con= duisent un sang artériel : grossissant par degrés, elles vont s’aboucher dans la veine azygos et dans la veine cave inférieure. Haller. dit qu’il y a des anastomoses entre l’artère pulmonaire et les artères bronchiques, et entre les veines

pulmonaires et les veines bronchiques , ilappuiece dire sur

des injections cadavériques ; Reisseissen émet la même as

sertion. Mais ces deux anatomistes n’ont-ils pas jugé d’après

des injections cadavériques seulement ? est-il probable que, pendant la vie, des sangs si divers que ceux des artères pul= monaire et bronchique, ou des veines pulmonaires et bron= chiques, se mêlent? à moins qu’on n’admette que le sang

des artères bronchiques, à raison de sa dissémination dans.

le poumon et de son contact avec l’air, ne se revivifie en même temps qu'il est mis en œuvre. Toutefois, on conçoit que les mêmes difficultés qui existaient sur la terminaison

des bronches et de l’artère pulmonaire, et sur l’origine des veines pulmonaires, exisient aussi sur la terminaison des

artères et l’origine des veines bronchiques.

Indépendamment de ces vaisseauxsanguins propres, lepouzmon a des vaisseaux lymphatiques, qui, selon quelques-uns ‘sont en peti tnombre, selon d’autres, au contraire, en nombre plus considérable qu’au mésentère lui-même,cequifait penser à ces derniersque ces vaisseaux sontià pour effectuerquelque absorption , autre que celle qui se fait dans toutes les autres parties du corps. Ces vaisseaux commencent aussi par des radicules inapercevables dans le parenchyme du poumon et à la surface des bronches. Ayant ensuite, lorsqu'ils ont atteint la grosseur qui lesrend visibles, toutes les apparences des vaisseaux lymphatiques des autres parties du corps, ils se dirigent vers les troncs aboutissants du système. Dans leur trajet , ils affectent aussi deux plans, un superficiel et un profond, et ils traversent d’espaces en espaces de nom-

DE L'APPAREIL RESPIRATOIRE. 149 breux ganglions. Ceux-ci, qu'on appelle glandes bronchiques, sont placés en général dans le voisinage des bronches À et sont d'autant plus gros, qu’ils sont moins profonds; iis sontmous , eLont la particularité d’être noirs. Il est sûr néan-

moins qu'ils sont des ganglions lymphatiques, car Haller à suivi les vaisseaux qui en partent jusque dans le canal thoracique; et si on injecte dans les bronches une substance colorante , l’absorption la porte dans ces organes. Leur couleur noire , du reste, n’existe pas dans les enfants, et Four-

croy a cru l'expliquer en disant que ces ganglions étaient le

réservoir du carbone, dont il suppose, dans sa théorie toute chimique de la respiration , que æetle fonction dépouille le sang veineux.

Quantaux nerfs qui avivent le poumon , ils viennent pour

la plus grande partie, de la huitième paire ou pneumogastrique , et un peu du grand sympathique. Le nerf vague, après avoir fourni les nerfs supérieurs du larynx, et donné quelques filets au cœur , s’entrelace d’abord une première fois avec de nombreux rameaux du iri-splanchnique, et forme un grand réseau nerveux qu’on appelle pleæus pulmonaire antérieur. Ce tronc détache ensuite les nerfs inféieurs du larynx ou récurrents, et s’entrelace une seconde fois avec des rameaux du tri-splanchnique , pour former än autre réseau qu'on appelle plexus pulmonaire postérieur ;

“et enfin , il va se terminer à l’estomac. Or c’est de ces deux plexus que partent les nerfs qui se distribuent au poumon ; ceux-ci, s’accolant aux bronches, les accompagnent dans Loutes leurs divisions , etse distribuent spécialement à elles, à leur membrane muqueuse interne; c’est une nouvelle preuve que ces bronches sont dans le poumon l'élément principal. Le poumon recoit aussi quelques nerfs directement des trois ganglions cervicaux du tri-splanchnique, et du premier ganglion thoracique. La terminaison de ces nerfs dans l'organe est aussi peu connue que celle des bron-

:ches, de l’artère pulmonaire, que celle des autres nerfs dans quelque partie du corps que ee soit.

» Enfin, à tous ces éléments, il faut ajouter un tissu lami-

meux cellulaire, qui n’est jamais graisseux, el qu'on a ap

pelé im proprement tissu inter-lobulaire, car il n’est pas dif-

térent de ce qu’il est dans toutes les autres parLies. | Maintenant, quelle disposition affectent les uns par rap-

port aux autres ces divers éléments, et quel tissu en résulte ?

ou, autrement, quel estle tissu propre des poumons ? Cela n’a

pas encore été pénétré ; seulement ie parenchyme de cesorgaz

nes paraît étre lobulaire : on peut, eu effet, le subdiviser d’aborden lobes, puis les lobes en lobules, qui sont eux-mêmes de plus en plus petits jusqu’à l'infini, et qui sont formés d’un Lissu spongieux extrêmement fin. Les aréoles de ce tissu spongieux ne sont visibles qu’à la loupe, ellescommuniquent entre elles, el sont enveloppées par le tissu cellulaire qui isole les fobules. Pour bien voir cette disposition , il faut, dit-on , faire bouillir le poumon, et ensuite le déchirer, et regarder à ja loupe la surface de la déchirure. M. Magendie insuflle une portion du poumon, la fait sécher, et ensuite, la coupant par tranches, il examine la disposition des cellules profondes : elles lui ont paru n'être pas régulières, et être formées par les dernières ramifications de l’artère et les premières ramifications des veines pulmonaires; les celluies d’un lobule communiquaient entre elles, mais non avec celles d’un autre lobule. Du reste, chaque auteur les a décrites différemment : 7#illis les dit disposées en gra ppes; Keil et Lieberkun ont cherché à les compter , et en portent le nombre à 1,744,000,000. Tout ceci est aussi difficile à pénétrer que tout ce qui a trait à la texture profonde de nos parties , et, jusqu’à présent, on ignore comment se disposent Îles divers éléments que nous avons signalés pour former le tissu du poumon. Tout ce qu'on sait, c’est qu’une injection poussée dans l’artère pulmonaire passe dans les veines pulmonaires et dans les bronches; que de même une injection poussée dans les veines pulmonaires pénètre dans l’artère pulmonaire et dans les bronches; eu, qu’enfin, une in-

Jection poussée dans la trachée-artère transsude aussi dans

l'artère et les veines pulmonaires. |

Tel est le poumon chez l’homme. Cet organe est attaché dans la cavité du thorax par une membrane séreuse , qu'on appelle la plèvre, et qui lui sert de pédicule, de soutien.

DE L'APPAREIL RESPIRATOIRE, ne |

La plèvre, d’un côté, tapisse la surface interne du thorax, forme même une cloison , appelée médiastin , entre les deux poumons ; et , de l’autre côté, elle recouvre le poumon qu'elle unit ainsi à la cavité qui le renferme. Ayant la texture, les usages et les fonctions de toute membrane séreuse , elle est un véritable sac sans ouverture, dont une de ses faces est libre et correspond à sa cavité propre, et dont l’autre adhère au thorax et au poumon ; la première est le siége d’une exhalation albumineuse. Elle sert à attacher le poumon à la cavité splanchnique qui le renferme, et - à faciliter ses mouvements dans cette cavité ; seulement elle a moins de plis que les séreuses des autres cavités splanchniques, que le péritoine dans l’abdomen surtout, parce que le poumon n’est pas susceptible de prendre autant d’am-

. pliation que les organes digestifs. Elle est immédiatement appliquée au poumon, de manière qu'aucun air ne peut s'engager entre cet organe et le thorax, ce qui était absolument nécessaire pour que celui-ci pût remplir à l’égard du premier l'office d’un soufflet. Il est certain, en effet, que le poumon remplit hermétiquement la cavité du thorax : si on met à découvert cet organe sur un cadavre, sans ouvrir la plèvre, on distingue sa couleur à travers cette membrane ; et, lorsqu'on a ouvert celle-ci par une petite incision, on le voit, obéissant à la pression de l'air, s’en éloigner un peu. Long-temps on professa une opinion inverse, Galien , par exemple , admettait qu’il y avait de l’air incarcéré entre le thorax et le poumon; il s’appuyait sur ce qu'ayant ap- pliqué une vessie pleine d’air à la surface d’une plaie pénétrante de la poitrine, il avait vu la vessie se vider d’air au moment de l'inspiration. Hales pensa de même, disant avoir vu de lair sortir de la surface externe d’un poumon qui était soumis au vide sous le récipient de la machine pneumatique. Mais Haller a longuement et judicieusement réfuté ‘celle assertion ; il fit observer que , dans l’expérience de Galien , probablement il y avait , avec la plaie du thorax, une entamure du tissu pulmonaire lui-même; il dit que lexpérience de Hales s'explique par l’expansibilité naturelle de Paircontenu dansle poumon, expartibilité qui n’était plus

contrebalancée par l’air extérieur ; il assura avoir tou ours. vu, dans les nombreuses ouvertures de cadavres qu'il avait faites, le thorax et le poumon contigus l’un à l’autre. S’il existait , en effet, continuellement un vide plein d’air entre ces deux parties, les adhérences qui s’établissent si souvent entre elles devraient entraîner à leur suite de nombreux accidents; et ces adhérences, au contraire, le plus souvent sont sans importance. Enfin si, pendant qu’un cadavre est plongé dans l’eau, on ouvre le thorax, comme l’ont expérimenté Haller, Caldanti, Sauvages, etc., on nes voit aucune bulle d’air se dégager à la surface de l’eau. Ilest universellement admis aujourd’hui qu'aucun vide n'existe entre le thorax et le poumon.

Tel est l'appareil de la respiration. Quelques physiologistes ont pensé que la peau et les membranes muqueuses, qui sont dans un contact continuel avec Pair, absorbaient aussi ce gaz, et exercaient comine le poumon une action de respiration. Mais cette question sera discutée ci-après.

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