‹ Physiologie de l'homme (volume 2)Chapitre 38 sur 97 · CHAPITRE III · texte numérisé non relu

CHAPITRE III

Mécanisme de la Res piration.

La respiration, comme la digestion , exige la préhension: au dehors de nous d’une substance qui nous est étrangère, l'air; et cette préhension , ainsi que celle de l’aliment dans la digestion , est tout-à-fait laissée à notre volonté. De là, la nécessilé que la respiration comprenne, comme la digestion, dans sa généralité : 10 des sensations, pour inviter à cette préhension d’air sur laquelle elle doit opérer ; 20 des actions musculaires volontaires , pour effectuer cette préhension: C’est ce qui constitue le besoin d’inspirer et le mouvement d'inspiration. De plus, de même que la digestion ne faisait jamais servir à la nutrition tous les aliments sur lesquels elle avait opéré, mais qu’une partie de ces aliments était toujours rejetée à la fin de la fonction sous forme de fèces; de même aussi la respiration n’emploie jamais tout l’air qui est

introduit dans le poumon , et le reste est toujours rejeté à la fin de la fonction par ce qu’ on appelle l'expiration.

… Dès lors, de même qu'on avait pu rapporter tous les phénomènes de la digestion à quatre ordres, savoir: 10 sensation qui excite à prendre les aliments, ou appétition ; 20 action musculaire volontaire qui édéétüe cette préhension des aliments , et les conduit dans l’estomac, ou préhension buccale, mastication , déglutition ; 30 exposé des altérations qu'éprouve l’aliment dans l’estomac et l'intestin grêle , ou digestion proprement dite, chymification et chylification ; 49 enfin excrétion de Ja partie non nutritive des aliments, ou défécation : de même on pourrait rapporter à de semblables subdivisions tous les phénomènes de la fonction de respiration, savoir : 1° sensation qui nous avertit de prendre Vair que réclame cette fonction, ou besoin de l'inspiration ; 29 action musculaire volontaire qui effectue ceite préhension, ou mouvement de l'inspiration; 39 exposé des changements que l’air fait subir aux fluides à sanguifier dans l'intérieur du poumon , ou si pt proprement dite ; 4° enfin, excrétion de l’air qui n’a pas été employé dans la fonction, ou mouvement de l'expiration.

Mais nous ferons subir à cet ordre une légère modification. La digestion est une fonction qui emploie quelques heures à s’accomplir ; il s’écoule surtout un intervalle de temps assez considérable entre le moment où l’on a pris les aliments, et celui où, par la défécation, on en rejette les débris ; on a donc pu UÉinémnente séparer ces deux actes l’un de Mibtre, La respiration > au contraire, s’accomplit presque instantanément ; l'air est à peine ed dans le poumon que l'élément par lequel il est utile est employé; il doit alors en être aussitôt rejeté, et son excrétion suit de près son iagestion. De là, l’usage presque général de traiter en même nier et sous un même litre, des mouvements d'inspiration et d'expiration, quoique entre eux s'effectue la respiration proprement dite.

7". Les physiologistes ont généralement passé sous silence la ensation du besoin d’inspirer, qui cependant estaussi réelle h la faim, et qui est, pour la respiration, ce qu’est la

celle-ci pour la digestion. N'ayant égard qu'aux deux au: tres ordres de phénomènes de la respiration, savoir, le: niouvements inspirateurs et expirateurs par lesquels l’a est introduit dans le poumon et rejeté de cet organe, et le phénomènes profonds de la respiration, c’est-à-dire ceux di la sanguification qui se passent dans l’intérieur du poumer même , ils ont appelé les premiers les phénomènes mécant: ques, et les seconds les phénomènes chimiques de la respi: ration. Ces expressions sont également impropres. Les mou vements d'inspiration et d’expiration ne sont nullemen des phénomènes mécaniques, mais de véritables action musculaires volontaires, qui ne se distinguent de toute autres qu’en ce que le sommeil ne les interrompt pas; et quant à l'acte de la sanguification, il sera prouvé par suite que, quoiqu'on en ait dit, ce phénomène n’est pa chimique. C’est tout de même que si, dans la fonction di la digestion, on appelait la mastication , la déglutition les phénomènes mécaniques de cette fonction , et, au con traire, la chymification et la chylification ses phénomène chimiques.

Ainsi donc, dans l’étude que nous allons faire du mé canisme de la respiralion , nous en rapportons tous les phé nomènes à trois sections : étude de la sensation du besoin de respirer; étude de l’action musculaire volontaire, qu effectue l’ingestion et l’excrétion de l'air; et respiration proprement dite, sanguification , hématose. Nous termine rons en traitant du sang artériel, qui est le produit decet action. |

ARTICLE PREMIER

Sensation du besoin de respirer.

L'air sur lequel doit opérer la respiration n'est pas ap pliqué de lui-même, et par le fait seul de la position de o \ ? . Q r Q 4 parties, à l’organe respiratoire. Sa préhension réclame um action de notre part : cette action , comme toutes celles qu consistent dans l’établissement d’un rapport avec l’exté rieur , est laissée à notre volonté ;et dès lors il est nécessair

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