DU BESOIN DE RESPIRER
qu’une sensation vienne nous exciter à l’accomplir, et en soit, si l’on peut parler ainsi, la sentinelle. Cette sensation est celle du besoin de respirer.
… Cette sensation ne peut, non plus que toute autre, être veprésentée par le langage ; mais, pour quiconque l’a éprouvée, elle est bien distincte; et, d’ailleurs , elle est suffisamment caractérisée par le rapport auquel elle sollicite, la préhension de l’air. C’est une sensation interne ou organtque, c'est-à-dire que n’ayani pas pour cause le contact d’un corps étranger, elle éclate dans le poumon par cause interne, et consécutivement à l’office que ce viscère doit remplir dans l’économie. Comme telle dès lors, elle a le caracière de plaisir, quand on lui cède , et, au contraire, celui de douleur quand on ne satisfait pas son vœu; cette douleur devient raême très promptement déchirante, parce que le rapport que cette sensation nous commande nous est très prochainement nécessaire,
Elle éclate, dès que la portion d'air qui a été introduite dans le poumon a été employée, de même que la faim se faisait sentir dès que l’estomac avait élaboré les aliments qui lui avaient été donnés. Mais, comme à la diflérence de la digestion qui demandait plusieurs heures pour se faire, la respiration s'accomplira d’une manière instantanée, ainsi que nous le dirons ; il s'ensuit qu’à peine de l’air a pénétré dansle poumon, que déjà ce gaz est mis en œuvre, et a besoin d’être remplacé par du nouveau : d’où il résulte que le besoin de respirer se renouvelle presque d’instant en instant, de seize à vingt fois par minute, tandis que ce n’était que deux ou trois fois par jour seulement que revenait la faim. I] est possible cependant qu'il y ait quelques différences dans la fréquence avec laquelle revient cette sensation : d’abord, elon les individus, par suite du degré d’activité plus ou moins grand du poumon, de même que la faim revenait plus Ju moins fréquemment selon ie degré d’activité de l’estomac; ensuite, selon la richesse plus ou moins grande de fair que l’on respire. En effet, d’une part, chacun inspire ju nombre de fois différent, dans un même tem ps donné, à raison du degré d'activité de son poumon ; et d’autre part,
296 FONCTION DE LA RESPIRATION. | il est sûr que la sensation du besoin de respirer se fait sentir plus souvent, crie comme sans interruption , quand on inspire un air appauvri.
Quelque important que soit pour notre conservation le rapport auquel nous sollicite la faim, on peut cependant le retarder pendant quelque temps; et de là la possibilité de signaler les degrés divers d'intensité que présente celle sen=| salion, depuis l’état de simple appétit, jusqu’à celui de faim très vive. De même, comme la digestion emploie quelques, heures à se faire, il y a un intervalle assez long entre les épo:. ques de retour de la faim. On peut aussi signaler les degrés par lesquels passe cette sensation quand elle s’appaise ; on la voit, par exemple diminuer peu à peu, puisdisparaîlre toutà-fait, et même, si on prend plus d'aliments qu’il ne faut, être remplacée par une sensation opposée , celle de la satiété. Enfin , la faim a pu à elle seule constituer une maladie, une névrose, comme dans la boulimie, le pica , etc.
Rien de iout cela ne peut être distingué dans la sensation du besoiu de respirer; parce que, d’une part, la nécessité de la respiration, pour la conservation de la vie, est trop prochaine pour qu’on la diffère ; et parce que, d’autre part, cette fonction se fait instantanément, et emploie trop peu de temps pour s’accomplir. En effet, on ne peut pas résister au vœu de la sensation du besoin de respirer, pour en apprécier les divers degrés, comme on peut résister à celui de la faim ; ; notre volonté est Lrop pr PRES MES subjuguée par la douleur ; et d'autre part, la fps s accomplit d’ une manière Lrop soudaine pour qu’on puisse apprécier les nuances par lesquelles passe la sensation , selon qu’elle est contrariée ou satisfaite. |
Comme [a faim éclate lorsque l’estomac est vide d’aliments, ou du moins est dans le repos, et n’exerce pas son! action de digestion; comme surtout cette sensalion peut être néglhgée i 1m punément pendant quelque temps, on avait pu indiquer dans quel état particulier est l'estomac pendant que Îa faim se fait sentir, quel changements existent alors dans ce viscère. Mais cela n’est pas Désatile encore pour le
besoin de respirer; l'expiration suit de trop près l’inspira-