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DU BESOIN DE RESPIRER. 157 üon , et l’une et l’autre durent trop peu de temps pour qu'on puisse apprécier quelles différences peut présenter le poumon dans ces deux états.
… On avait, dans la digestion, rapporté à l’histoire de la faim tout ce qui à trait à l’abstinence; et cela toujours , parce que la digestion n'étant pas d’une manière très prochaine nécessaire à la vie, et employant quelques heures à se faire , on pouvait observer ensemble et les progrès de la sensation et les effets locaux et généraux de l’abstinence. 1] m'en a pas été de même encore ici ; personne n’a rattaché à la persistance du besoin de respirer les phénomènes qui suivent la privation de l’air, c’est-à-dire Pasphyxie ; la différence qu’il y a entre ces deux choses, qui seulement coïneident le plus souvent, mais dont l’une n’est pas la cause de Pautre, éclate ici avec évidence, et justifie le reproche que nous avons fait aux physiologistes, d’avoir rapporté à lhistoire de la faim les eflets de l’abstinence. La faim , comme le besoin de respirer, ne sont que des sensations locales, développées dans les organes spéciaux de la digestion et de la respiration, pour annoncer leur disposition à agir; et les phénomènes généraux de l’abstinence et de Pasphyxie tiennent à ce que le rapport extérieur auquel ces sensations nous invitent n’a pas été effectué, et par conséquent à ce que la série des mouvements nutritifs a manqué.
… La sensation du besoin de respirer; considérée en ellemême : résulte, comme toute autre sensation . du concours de trois organes : l’un qui développe une impression; un autre qui conduit cette impression au cerveau; et enfin un troisième, le cerveau, qui perçoit cette impression: À la vérité, la nécessité où nous sommes de céder aussitôt à cette sensation, et Ja dépendance très prochaine dans laquelle la vie est de la respiration , ne permettent pas de prouver par des faits directs la réalité de cette assertion. Tandis qu’on peutimpunément paralyser la peau, en int errompantsa communicalion avec le cerveau , et avoir le temps, avant la mort, de constater l’insensibilité de cette membrane: tandis qu'on D utparalyser semblablement l’estomac à l'égard de la faim ; où ne peut, au contraire, paralyser le ponmon sans que la
mort arrive promptement. Maïs l’analogie de ce qui est dans toute sensation doit nous faire croire qu il en est de même | dans la sensation du besoin de respirer. | Or, de ces trois actions nerveuses qui constituent la sen=
sation , la première , c'est-à-dire l’action d’i impression , est Ja ne qui doive nous occuper; les deux autres sont 1e1 ce! qu’elles sont en toute sensation quelconque, et sont d’ailleurs! calquées sur la première. C’est partout de la même manière! que les nerfs conduisent des impressions au cerveau; c’est toujours aussi par le même mécanisme que cet organe per= coit; ce qui spécifie HR sensation, et par conséquent doit en fonder l’histoire, c’est l’action di impression que 1en deux autres ne font que is
À cet égard nous avons à faire les mêmes recherches que: dans l’histoire de toute sensation ; savoir : indiquer quel est: l'organe qui en est le siége et qui la développe, ce qu'est cette: impression en elle-même, et enfin quelle en est la cause Mais, sur chacun de ces points, on est dans la même igno= rance que pour toute autre sensation interne.
10 Quel est l’organe du corps qui développe l'impression? On a dit tour-à-tour le cœur, le diaphragme , le poumon. Il est probable que c’est ce dernier. C’est, en eflet, dans le poumon qu'est introduite la substance que réclame cette! sensation, et il était convenable que cette sensation füt attachée à l’organe qui est l’instrument de la respiration. Mais ce poumon est un organe fort complexe , et quelle par: tie de ce viscère développe cette action ? sont-ce les bron-! ches, ou les ramifications de l’artère pulmonaire, ou les! FRE des veines pulmonaires? On croit que ce sont les! bronches: parce qu elles paraissent être l’élément principal du poumon, le siége de la respiralion ; parce que la mem-| brane muqueuse qui les tapisse paraît surtout, en de nome | breuses circonstances , régler le mode des mouvements respit rateurs, par exemple, commander la toux, l’expectoration} l’éternument, etc. IL est certain, en eflet, que dans cé. cas une irrilation de la membrane muqueuse des bronches : est ce qui détermine le jeu de l’appareïil locomoteur de la respiration; et l’on peut en conclure que cette membrane le
Le
DU BESOIN DE RESPIRER. 15q décide de mêmé dans l'exercice naturel de Ja fonction. Enin, ces bronches ont une surface très étendue; deux sortes le nerfs s’y distribuent, les uns venant du preumo-gasti ique, les autres du tri-splanchnique. Peut-on dire quel est lui qui développe l'impression ? A Coup sûr au moins, celle- 1 n’est pas produite en un lieu circonserit de l’organe , puisque ces éléments nerveux sont fondus avec les autres élénentis organiques constituants du viscère. On voit donc que e siége de l’impression ne peut pas être aussi bien spécifié que dans un organe de sens, où l'élément nerveux forme ine couche séparée des autres Lissus.
20 L’impression en elle-même consiste à coup sûr en un hangement quelconque dans l’état des nerfs du poumon ; nais ce changement est trop moléculaire pour être saisissalépar les sens, et il n’est reconnu que par son résultat, On € sait.de cette action d'impression que ce qu'on sait de pute autre : qu'elle n’est pas une action physique ni chique, mais bien une action vitale; et que le poumon n’est a$ passif dans sa production. À la vérité, nous ne pouvons as encore vérifier ce dernier fait, à cause de la nécessité ès prochaine de la respiration pour la vie : mais combien est-il pas probable que cette sensation n’a pas la même itensité dans les divers états du poumon , etselon l’état de nié et de maladie? Peut-être même que la ligature ou la etion de la huitième paire de nerfs, en paralysant en partie poumon, l’affaiblit, comme elle empêche le développeent de la faim en paralysant l’estomac; et si on continue icore d’inspirer pendant le temps qui reste à vivre après ‘tie section , c’est sans y être provoqué par cette sensation ? 30 Enfin, quelle est la cause qui amène dans les nerfs du umon ce changement d’état auquel est due la sensation ? n a dit que c’était le contact d’un air non respirable, privé oxygène ; mais cette sensation éclate aussi-bien quand il y à plus d’air dans le poumon, quand or est dans le vide. est probable que cette sensation ne reconnaît pas plus une use tactile que la faim, mais qu’elle est comme elle orgaque, et que, par conséquent ,Oün ne peut préciser la circonimce qui la développe. La même nécessité prochaine dont
est la respiration pour la vie, empêche encore qu'on ne véri fie ceci par des faits; lignorance où l’on est, est d’ailleurs augmentée, en ce que les sensations de l’ingestion de Pair ou de lPinspiration, et de son excrétion ou de Pexpiration!t, bientôt se confondent ensemble , de sortequ’on ne peut plus dire ce quiest de l’uneetcequiestde l’autre. Du reste, comme cette sensation du besoin de respirer n'avait pas encore o€cupé les physiologistes, 1ls n’ont pas fait sur sa cause autant d’hypothèses et de conjectures qu'ils en avaient faites sur celle de la faim.
Toutefois, telle est la sensation qui va commander et dé= cider l’action musculaire volontaire par laquelle fair sera porté dans le poumon, et qui en règlera toutes les modifications. | ARTICLE Il.
Action musculaire volontaire respiratoire.
Nous avons déjà dit que dans l’h omme et les animaux su périeurs, ce n’était pas de Iui-même que l'air était applique à l’organe de la respiration ; il ne l’est que consécutivemen: à une action de préhension laissée à la volonté de l'être, e effectuée sous inspiration de la sensation interne dont nou: venons de faire l’histoire. En certains animaux, cette action de préhension consiste en une véritable déglutition effee. tuée par la bouche, ‘et par laquelle l'air est poussé dan l’intérieur du poumon, comme des aliments sont porté dans l’estomac, etc. Mais, dans l’homme, c’est par le je du thorax que l’air entre dans le poumon eten sort alterna tivement. Ce thorax remplit à l'égard de l’organe respira toire proprement dit l’office d’un soufllet. Comme il est mo bile, il peut faire varier sa capacité intérieure, l’agrandi ou la diminuer. Or, quand il l’augmente , le poumon voi! aussi agrandir fa sienne; conséquemment l’air que ce der nier Organe contient est raréfié, cet air ne fait plus équi libre avec l’air extérieur; et celui-ci alors se précipite dan l’intérieur du poumon par l’ouverture libre que ce poumor a au dehors, c’est-à-dire par l’orifice de Ja trachée-artère
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