DU RIRE, DU SANGLOT
duction de ce phénomène : aussi succède-t-1l souvent à une plaie de son tissu. Le rire est d’ailleurs aussi involontaire que le bâillement. Quant à l’expression faciale du rire , elle est l’exagération du sourire; tous les traits de la figure sont s épanouis, la bouche est grandement ouverte, les commissures des lèvres tirées vers les oreilles, les joues sont proéminentes, le front ridé transversalement , etc. Un lien sympathique unit aussi le diaphragme et les muscles faciaux, el fait que leur convulsion est ainsi coïncidente. Du reste, les apparences extérieures du rire varient selon le degré. S'il est extrême, la tête, les épaules, les coudes, le tronc sont renversés en arrière , pour soutenir le thorax sur le- . quel le diaphragme, dans sa contraction convulsive , prend appui; les mains s'appuient sur les côtés du tronc, pour sou-
tenir de même les muscles abdominaux, qui éprouvent aussi des alternatives de contraction convulsive et de relàchement ; et là, éclate cette sensation qu’on a rapportée à la rate : le spasme convulsif du thorax, suspendant ou au - moins entravant un peu la circulation pulmonaire, le sang Stagne dans les parties supérieures , le visage rougit, la sueur ruisselle du front, les larmes coulent, mais mécaniquement, æt par la gène de la circulation, et non par une irritation “organique, comme dans le pleurer. Enfin, soit que le sang n’arrivant plus, ces parties soient momentanément paralysées , soit que toute l’influence nerveuse soit consumée par les muscles qui agissent , et soit retirée des autres, quelquefois le rire est porté au point qu’on ne peut plus se soutenir, qu’on se pdme, comme on dit, ainsi que cela arrive dans les sensations extrêmes, dans celles surtout qui ont un caractère de convulsibilité. Quant à la cause du rire, longtemps on la fit consister en de pures subtilités : ainsi Descartes croyait que la rate sécrétait deux espèces de sang, un fluide , très ténu, qui élait la cause de la joie; un autre plus tenace, qui était la cause de la tristesse; et, selon que la rate envoyait au cœur une quantité plus grande de l’un ou de l’autre de ces deux sangs, on était gai ou triste. C'était sur le dégorgement prétendu de la rate du sang grossier qui la remplit dans la tristesse, qu'était fondée cette locu-
200 FONCTION DE LA RESPIRATION. | tion vulgaire , s'épanouir, se désopiler la rate. Il est certain | que le rire succède à une impression qu’éprouvent les orga-| nes respirateurs, et plus particulièrement le diaphragme, ; soit que la cause de cette impression soit physique, comme! cela est dans les plaies de ce muscle, dans certaines asphyxies, | soit qu’elle consiste en une affection morale. Souvent des! irritations éloignées le provoquent, le chatouillement, par! exemple, l’hystérie. Le rire est aussi un de ces phénomè-! nes qui sont produits facilement par imitation et réminis:| cence.
Le sanglot est un phénomène expressif expirateur, qui, comme tel, se rapproche beaucoup du rire, excepté qu’il! est consacré aux affections tristes, et s'accompagne souvent du pleurer, 11 consiste aussi dans une convulsion du diaphragme, qui tour-à-tour s'élève et s’abaisse, mais dans une plus grande étendue que dans le rire, et avec moins de rapidité. Il est aussi susceptible de divers degrés, et a les mêmes effets physiques sur la circulation. Il est aisé de concevoir tous les traits de ce phénomène expirateur expressif, d’après ce que nous avons dit du rire.
Enfin, on appelle anhélation une succession rapide d’in: spirations et d’expirations; mais, comme le mécanisme de ces inspirations et expirations ést le même que dans l’état ordinaire , nous n’avons rien à en direen particulier. Seulement, ainsi que le soupir, le bâillement , elle succède sou vent à des causes physiques ; et, par exemple, elle éclaté quand on respire un air peu riche en oxygène, ou quand une maladie ne permet pas au poumon de se laisser pénétrer facilement par l’air, comme dans l’hydro-thorax ou la pneu- | monie; ou bien, enfin, à la suite d’une course, pendant laquelle le besoin de tenir le thorax immobile, a fait sus. pendre momentanément la respiration , et a amené un engorgement de sang dans le poumon.
RESPIRATION PROPREMENT DITE. 201 ARTICLE Ji.
De la Sanguification, Hématose, ou Respiration proprement dite.
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… Connaissant la manière dont l’air est introduit dans le poumon, et celle selon laquelle il en est expulsé, nous arrivons à rechercher ce qu’il y fait, c’est-à-dire à étudier les changements que cet air fait subir aux fluides qui doivent être sanguifiés dans cet organe; c’est ce qu'on appelle la respiration proprement dite, la sangutïfication , l’hématose. On à long-temps, à la vérité, séparé l’hémaiose en général et l’hématose en particulier, appelant du premier nom la conversion du chyle et de la lymphe en sang, et du second, celle du sang veineux en sang artériel. Mais on est autorisé à les réunir, quand on remarque que ces deux actions s’accomplissent en même temps, dans et par le même organe, t donnent lieu au même produit. Les trois fluides, chyle, ymphe et sang veineux, arrivent en effet de concert au poumon ; ils restent chacun ce qu'ils sont, comme nous le irons, jusqu’à leur arrivée dans le parenchyme de cet orjanc et jusqu’à leur contact avec l'air; et, lorsqu’ils sortent,
le ce viscère , ils sont également changés en un même fluide,
le sang artériel.
î Pendant long-temps on méconnut l’important usage que IOUS assignons ici à la respiration. Les Anciens voulaient ue cette fonction ne servit qu’à rafraîchir le corps ; et, dans es temps modernes, Helvétius renouvela cette idée, attri-
uant à la respiration l'office de rafraîchir, par le contact de
air frais qu’elle introduit sans cesse dans le poumon, le
ang que Îles frottements avaient échauflé dans les routes: ongues , et souvent étroites, de la circulation. On donnait
our arguments, 10 que l’air, qui entre frais dans le thorax,
n sort chaud ; 20 que les veines pulmonaires, qui rappor-
ent le sang du poumon , ont un volume moindre que lar-
ère pulmonaire qui l’a apporté à ce viscère. De ee dernier
ut, on concluait que le sang, pendant sa traversée dans le
Oumon, avait perdu un peu de son volume, c’est-à-dire
était un peu condensé en se refroidissant. Mais, de ces
deux faits, le premier s’explique en ceque l’aira dû nécessai-| rement, pendant son séjour dans le poumon, prendre un peu la température du corps ; etquantau second, il est faux, les! veines pulmonaires surpassant en capacité l’artère pulmoz naire. D'ailleurs, dans lPhypothèse d’'Helvétius, le sang de! lartère pulmonaire, c’est-à-dire le sang veineux, devrait être] plus chaud que celui des veines pulmonaires , ou le sang are: tériel; et c’est le contraire. On devrait ne pouvoir plus vivre! dans une température supérieure à la nôtre. Est-il possible de croire que Îe sang artériel ne diflère du sang veineux, que! parce qu’il contient un peu moiïrs de calorique libre? Enfin, les faits que nous allons voir être fondamentaux dans la! respiration , savoir, les changements survenant dans l'air respiré d’une part, et ceux qu’éprouvent les fluides à sanguilier de l’autre, étaient ici négligés.
D’autres dirent que la respiration ne servait qu’à faciliter, en déplissant par l'inspiration les vaisseaux du poumon, le passage du sang des cavités droites du cœur aux cavités gauches du même organe ; passage que l’on supposait impossi= ble lors de l’expiration , à cause de la grande flexuosité dans laquelle sont alors les vaisseaux du poumon. Cette autre hye pothèse sur le but de la respiration fut surtout préconisée! au moment de la découverte de la circulation du sang; ets, elle avait tellement frappé les esprits, que Haller encore; tout en reconnaissant que la respiration est la fonction quil fait Îe sang, attache une grande importance au prétendu déplissement des vaisseaux du poumon dans le temps del lPinspiration. On s’appuyait sur une expérience de Fésalel et de Hocke, dont on a fait grand bruit depuis, et dans la= quelle on voyait la circulation se suspendre ou se rétablir, selon que Pair cessait de dilater ou dilatait le poumon. Voiti! quelle était cette expérience : on adaptait à la trachée-artèrel d’un animal vivant, une pompe, afin d’avoir le pouvoir &'insufller à volonté de l’air dans le poumon de cet animal À puis on enlevait tout le thorax, et on mettait ainsi à nu tout le poumon. Le premier effet de ce grand désordre était | sans doute d’amener l’affaissement du poumon, par consé- | quent d'empêcher toate respiration , et alors aussi la circu=
RESPIRATION PROPREMENT DITE. 203 lation était suspendue ; mais on voyait celle-ci recommencer, aussitôt que, par la pompe adaptée à la trachée-artère, on insufflait de l’air ; de. sorte qu'il paraissait suflire de dilater le poumon , pour voir recommencer la circulation. A a vérité, une seule insufflation ne suffisait pas pour que la circulation s’entretint ; il fallait renouveler sans cesse l’air par une série d’insufflations : maïs on disait que ce gaz avait bientôt perdu de son ressort par la chaleur.du lieu, et que, devenant dès lors impropre à distendre les vaisseaux pulmo-. maires , il fallait. pour obtenir cet effet, en introduire du nouveau.
… De nombreuses objections s'élèvent aussi contre cet usage attribué à la respiration. 10 Il est faux que la circulation S'interrompe dès que la respiration est arrêtée; elle continue , au contraire , pendant quelque temps encore : il suffit, pour s’en convaincre, d'ouvrir un vaisseau quelconque du Corps ; Sur un animal ou sur un homme qui sont asphyxiés. Elle se continuait à coupsûr dans l’expérience de F'ésaleluimême , au moins dans jes premiers temps; nous la verrons, en eflet, se continuer dans des expériences de Bichat, qui AOUS occuperont ci-après , et qui, en quelques points, semblables à celles de Fésale, consistent à adapter à la trachéeartère et à l’artère carotide d’un animal vivant » une pompe d’une part, un tube de j’autre, teus deux armés d’un robinet, et de manière à ce qu'on puisse voir quel sang coule dans la carotide , selon que le robinet de la trachée-artère, ouvert ou fermé, permet ou empêche la respiration. D’ailleurs, dans les larges plaies pénétrantes du thorax , quand le poumon est affaissé par le poids de l’air extérieur, la circulation ne se continue-t-elle pas encore quelque temps ? ne se fait-elle pas de même dans l’hydro-thorax ? dans le cadavre , a-t-on besoin de distendre préalablement le poumon , pour faire pénétrer une injection de l'artère pulmonaire dans les veines pulmonaires? Le fait principal de l’hypothèse est donc faux; la circulation continue, el si, après quelque temps, elle s'arrête, c'est que son organe central, le cœur, est stupéfié, comme toutes les autres parties du Corps , par l’arrivée dans son tissu d’un sang qui est impro-
204 FONCTION DE LA RESPIRATION. | pre à entretenir Ja vie. 20 L'hypothèse fait supposer que le poumon, à chaque pra et CAPTAMPRE se remplit e! se vide complétement ; et c’est ce qui n’est pas, comme nou l'avons vu. 11 y a plus: l’extension que les vaisseaux peuvent éprouver lors de l’inspiration ne serait pas assezgrande pou l'effet qu’on lui attribue ; ; d'après les calculs de Goodwin il n’entre que 14 pouces te d’air par inspiration, et cela ne peut amener une suflisante dilatation du poumon ; quel: quefois même les inspirations sont si faibles, qu’elles doivent laisser les vaisseaux du poumon, à peu de chose près; dans le même état que lors de l’ expiration. 3° D’après l’ bhypothèse, tout gaz devrait être respirable ; et, pour remédier à une asphyxie quelconque, il devrait PR de distendre
le poumon par un gaz. 40 D'ailleurs, pourquoi le poumon existerait-il ? À quoi bon la nature aurait-elle crée en lui un obstacle à la circulation du sang ? 50 Dans tous les animaux qui ont la circulation simple, c’est-à-dire dont le cœur est à une seule oreillette et un seul ventricule, pourquoi exisierait-il un poumon , ou un organe respiratoire quelconque 60 Enfin, dans cette théorie, on méconnaît le fait principal de la respiration, la conversion du fluide apporté au pou mon par l’artère pulmonaire, en sang artériel.
Aujourd’hui, on admet comme démontré, que la respira: tion a pour usage de faire le sang artériel, de changer à l’aide de l'air atmosphérique en sang artériel 1 trois fluides des absorptions, le chyle, la lymphe et le sang veineux. Indiquons tout ce qu "on sait de cette importante action. |
D'abord, sachant maintenant comment l’air a été intr0*! duit dans le poumon , disons comment y est conduitle fluide!
à sanguifier. Ce fluide est un mélange de lymphe, de sang veineux et de chyle, s’il y a digestion; et un mélange de lymphe et de sang veineux seulement, s’il n’y a pas diges-| uon. Des veines sous-clavières où nous l’avons laissé, il est versé dans les cavités droites du cœur; de là, le ventriculé! pulmonaire le projette par l’artère AL et ses ramifications, dans le parenchyme du poumon. Tout ce méca- | nisme sera exposé à l’article de la circulation. Dans €! mélange, c’est, sans contredit, le sang veineux qui prédo-
RESPIRATION PROPREMENT DITE. 205 mine; car nous avons vu que le chyle et la lymphe n’y étaient versés que goutte à goutte; et ce mélange, d’ailleurs , s'achève dans le trajet à travers les cavités droites du cœur.
Voilà les deux éléments de la sanguification en présence en quelque sorte, et dans l’intérieur de l’organe qui doit les élaborer. La première question qui se présente est de savoir, si dans le trajet que l’un et l’autre ont parcouru , Îs n’ont pas subi une élaboration, préparatoire de celle plus importante qu’ils éprouveront dans le poumon. - D'abord , cela ne paraît pas être de l’air : de l’ouverture le la bouche ou des fosses nasales au fond du poumon, ce jaz n'a fait que s’échaufler un peu et se charger de l'humeur éreuse el muqueuse que sécrète la surface interne des voies espiratoires. M. Chaussier avait conjecturé qué-cet air, nm traversant les cavités anfractueuses et respirables du nez t de la bouche, était battu avec le mucus bronchique dans es ramifications des bronches par la succession des inspira- 1ons et des expirations, et éprouvait par suite une élaboation ; semblablement à ce qui, dans la digestion, arrive Paliment en passant de la bouche à l’estomac. Mais cela 1e nous paraît pas probable : l’air ne servira dans la respiation que par son principe oxygène, et l’on ne voit pas qu'aucune mutation puisse lui être imprimée dans ce traét; en outre, dans la digestion, l’aliment n’éprouve dans on passage de la bouche à l’estomac que des changements nécaniques en quelque sorte, des mutations dans sa forme eulement; et quelles mutations de ce genre peut éprouver air, qui est un gaz ?
Ensuite, il paraît que le fluide à sanguifier est aussi de on côté resté tel qu’il était à sa réunion dans le cœur droit, t qu'il s’est fait seulement une mixtion intime des trois tumeurs qui le forment. En cela, nous sommes encore en pposition avec un autre physiologiste, Legallois , qui pense que le travail de l’hématose commence dès le lieu où se rouvent réunis les trois fluides qui en sont les matériaux, est-à-dire aux veines sous-clavières. Ce physiologiste croit jue les trois fluides, chyle, lymphe et sang veineux, son,
aux veines sous-clavières, tellement calculés l’un sur l’autre, soit relativement à leurs qualité et quantité respectives, soit relativement à la vitesse avec laquelle ils affluent l’um dans l’autre, que le nouveau produit doit se faire presque instantanément par le fait seul de leur réunion. Ainsi le siége principal de l’hématose serait aux veines sous-claviéres, et cette action ne ferait que se terminer au poumon. Ses arguments sont, qu’au sortir du poumon évidemment le sang artériel est fait, et que ce qu’ont perdu ou acquis les fluides de l’absorption, pendant leur traversée dans cet or: gane, est trop peu considérable pour croire qu’un si grand changement ne se soit fait qu’en lui, et n’ait pas commencé avant. Il observe que les trois fluides, en venant se verser: dans l’intérieur de l’oreillette droite du cœur de primeabord , y sont agités, et par là mieux disposés à se changer en sang artériel. {| dit que c’est pour favoriser ces oscilla: tions , que cette oreilleite droite a. plus de capacité et plus de colonnes charnues dans son intérieur que la gauche, et que les veines caves, à la différence des veines cardiaques’, sont sans valvules dans leur intérieur. Enfin, le mélange de sang artériel et de sang veineux qui se fait dans le cœur unique des animaux à circulation simple, lui paraît un analogue de celui qu’il admet ici.
Beaucoup de considérations me font rejeter cette opinion. Legallois ne s'appuie pas sur des faits directs; il ne peut montrer que le sang artériel existe dès les cavités droites du cœur; l'inspection, au contraire, semble prouver que le fluide n’est encore que ce qu'il était aux veines sous-claviéres. Ce n’est que sur des raisonnements qu'il se fonde, et en voici qui sont contraires à sa doctrine, et qui nous| paraissent supérieurs à ceux qu'il invoque. 1° Nulle part, dans l’économie, on ne voit les fluides se former par le fait! seul de la réunion de leurs principes composants ; il faut toujours l'intervention d’un organe élaborateur, et qui agit| par des procédés qui ne sont aucunement mécaniques mi | chimiques. Voyez le chyme, le chyle, la lymphe, toute hu-| meur sécrétée quelconque ! Combien est-il done probable qu’il en est de même du sang artériel ? 20 Le concours des!
RESPIRATION PROPREMENT DITE. 207 trois fluides des absorptions dans les cavités droites du cœur ne peut tout au plus qu’en produire le mélange, mais non en changer la nature : lorsque dans le cœur unique des reptiles les sangs artériel et veineux viennent affluer, celui-ci ne se change pas en sang artériel, mais les deux se mêlent, Et la portion du sang artériel qui est mêlée au sang veineux suft pour vivifier celui-ci. Ajoutons même que le brisement des trois fluides dans le cœur n’est pas absolument néessaire pour en opérer le mélange ; car ce mélange est déjà ait, attendu Ja précaution qu'a prise la nature de ne verser e chyle et la lymphe que goutte à goutte dans Je sang veieux. 50 Si le fluide à sanguifier éprouve, avant d'arriver iu poumon, une élaboration quelconque, ce ne peut être [u’avant son arrivée à l'artère pulmonaire, c’est-à-dire ntre les veines sous-clavières et le tronc de cette artère pulnonaire. En effet, cette artère n’est évidemment qu’un gent de transport et de conduite, car le fluide n'éprouve ucune modification dans son intérieur; il n'y recoit flectivement aucun principe nouveau, n’y est dépouilié ’aucun de ceux qu'il contient, n’y traverse aucun ganlion , aucun organe élaborateur; il y circule avee viesse, et y est soumis partout à une même température. egallois pourrait d'autant moins contester celle première serlion, qu’il a, d’après ces mêmes raisons, judicieuseent assuré que le sang artériel n’éprouvait plus aucune odification dans la longueur de l'aorte ; et toutes les contions sont les mêmes entre ces deux vaisseaux. Reste donc, our siége de cette élaboration préparatoire, l’espace étendu >S Veines sous-ciavières au tronc de l'artère pulmonaire, surtout les cavités droites du cœur. Or, quelles causes )'yons-nous ici qui soient propres à produire l’élaboration 1'on suppose ? rien n’est ajouté au fluide, rien ne Jui est levé ; il ne traverse pas un système capillaire ; le cœur ne ut tout au plus influer sur lui, qu’en mélangeant plus timement les trois humeurs qui le forment. 4o Dans l’hythèse de Legallois, la nature qui suit toujours les voies les us courtes, n'aurait pas dû forcer le sang à traverser le pouon ; elle n’aurait même pas dû faire le poumon, organe qui
est si volumineux chez l’homme, et qui est si constant, lu ou ses analogues, dans la série des animaux. 50 Nous ver rons, d’ iles: que l’acte d’hématose se fait instantané rent, ce qui date contradiction avec cette idée d’un! élaboration préalable. 60 Enfin , quelque faibles que soieni les pertes ou les acquisitions que fait le fluide à sanguifien pendant qu’il traverse le poumon , il est certain que c es pendant son séjour dans cet organe, et consécutivement, ces acquisitions ou à ces perles, que se fait le sang artériel! c’est ce qui résulte d'expériences de Goodwin et de Bichat: dont nous parlerons ci-après, et dans lesquelles on verr que si la respiration ne se fait pas, le fluide à sanguifier s montre au-delà du poumon tel qu’il était en avant de ce organe. Cela achève, ce nous semble, de réfuter l’assertio: de Legallois. Du reste, ce physiologiste en convenait lui même, puisqu'il disait que la respiration était nécessaire! l’hématose; seulement il voulait restreindre son office n'être que le complément de cette action, et nous croyons d’après les considérations que nous venons d'offrir, que cetl restriction n’est pas fondée.
Aïnsi, de même que l'air était parvenu dans le fond d. poumon, à peu près tel qu’il était en entrant dans la bou che, de même le fluide à sanguifier n’éprouve aucune élabo ration préalable en son trajet , et arrive dans le parenchym du poumon tel qu’il était dans les cavités droites du cœux Voyons maintenant quels changements vont éprouver Vu et l’autre. j
L’air en éprouve d’assez considérables : 10 il est dépouilll instantanément d’une partie de l’un de ses principes com posants, l’oxygène. 20 On est en doute s’il perd quelqu partie de son autre principe constituant, l’azote. 30 Ile ( traîne, avec lui, en ressortant, une quantité d’acide caï bonique , toujours supérieure à celle qu’il contenait préal blement, et un peu de sérosité animale. 40 Enfin, l’absor] tion peut aussi l'avoir dépouillé d’une partie des substance étrangères qui étaient en suspension dans sou sein ; mais Ce n’est qu'accidentel, etnefait pas partie intégrante dé la respi ration, comme on le verra. Détaillons chacun de ces traits
+ in,
10 Enlèvement d'oxygène. Ce premier fait ne peut être révoqué en doute. Jamais l’air expiré ne contient autant … d'oxygène que l'air inspiré : si cet air expiré est respiré de … nouveau, il est dépouillé de plus en plus de cet élément, | jusqu'à ce qu'enfin il en contienne si peu, qu'il cesse d’être respirable. C’est ce qui est prouvé par mille expériences directes, par de nombreuses analyses faites coimparativement de l’air inspiré et de l’air expiré. De là même,
… ka nécessité de renouveler l'air qu'on respire, et cela pour … tels animaux que ce soit, pour les animaux aquatiques aussi- … bien que pour les animaux aériens. A la vérité, les animaux “ meurent dans cet air non renouvelé, ayant que cet air ne soit en entier dépouilié d'oxygène ; mais c’est qüe cet air en même temps se charge d’acide carbonique , gaz qui est con-
n traire à la vie; et, ce qui le prouve, c’est qu’un gaz qui contendrait 0,15 de cet acide, 0,40 d'oxygène , et le reste d’azote, ferait cependant périr, quoiqu'il contint plus d’oxygène que l'air atmosphérique, qui n’en a que 0,21. Pour que l’air non renouvelé soit respirable encore pour Îles animaux supérieurs , il faut qu’il contienne encore au moins 0,1
. d'oxygène, et qu’il ne contienne pas plus d’un sixième d’acide carbonique. Il est probable que si l’on pouvait, dans cet air non renouvelé, neutraliser l’acide carbonique, à mesure qu'il y est versé, on pourrait respirer cet air jusqu’à ce qu'il ait été complétement épuisé de son oxygène. Cependant, Spallanzani dit l'avoir ténté ; et avoir toujours vu les animaux périr ayant que tout l’oxygène n’ait été consumé. Ainsi, cet enlèvement d'oxygène est un phénomène capital dans la respiration , et il s’observe dans tous les ani- Maux qui respirent, dans les animaux aquatiques comme dans les animaux aériens. L'air atmosphérique ne sert à Ja respiration que parce qu’il contient le principe oxygène , et le cède avec facilité. Si un animal meurt dans le vide , c’est qu'il est privé de ce principe oxygène. Il en est de même de celui qui meurt, parce qu’il respire un air non renouvelé. I n’y à d'air respirable que celui qui contient l’oxygène, et qui le cède avec facilité. Beaucoup de gaz, plus riches en oxygène que l’air atmosphérique, ne sout pas respirables,