ToME LIT
parce que leur oxygène tient trop en eux aux autres prin-
cipes avec lesquels il est combiné. Enfin, les animaux qu'on |
isole dans loxygène pur, survivent plus long-temps que ceux qu’on isole dans Pair ordinaire.
Cependant ce dépouillement d’oxygène paraît ne se faire qu’en quantité déterminée ; et quand même Pair en contiendrait plus, il n’en serait pas pris davantage. Il paraît que l'air atmosphérique est un mélange fait dans les proportions les plus convenables, et que lPazote y sert à
tempérer l’action de loxygène qui, en proportion plus
forte, serait nuisible. En effet, la respiration de l’oxygène pur a déterminé des Mae Dumas a tenté sur ce point des expériences ; il forçait des chiens à respirer deux fois par jour de l’oxygène pur, pendant six heures : à la fin de chaque séance leur respiration: était précipilée , ils manifesaient un malaise évident; ce malaise fut tel, qu'au bout de vingt-huit jours il fallut diminuer la longueur des séances ; cependant les épreuves furent continuées quinze jours encore , après quoi ces animaux furent atteints de phthisie, on les tua , et à l’ouverture de leur corps , on trouva la plèvre enflammée, des déchirures, des tubercules, et mêmedes ulcères suppurants dans le tissu du poumon. De semblables observations ont été faites par Beadoës.
On a cherché à apprécier la quantité d'oxygène qui est
consumée à chaque inspiration, et chaque expérimentateur
a indiqué un résultat dillérent. Goodwin, par exemple, dit
que sur dix-huit parties d'oxygène que contient en volume l'air atmosphérique, il en est enlevé à chaque inspiration treize parties; Menziès dit, pas tout-à-fait lequart; MM. Dapy et Gay-Lussac , deux ou trois parties seulement , ete. M. Du-\ long à trouvé que cette quantité variait. On s'explique aisé-u ment ces différences : le dépouiliement d’oxyg oène étant le.
fait de la vitalité du poumon, et celle-ci étant diverse en chaque individu , et dans un même individu selon les cir-
constances dans lee il est, il faut bien que cet enlève
ment d'oxygène varie aussi.
20 Enlèvement d'azote.Il y a discussion pour savoir si l'air perd également de son autre principe constituant, l’azoles
| RESPIRATION PROPREMENT DITE. 241 Spalianzanidit avoir vu sur des reptiles et desanimaux à sang
chaud qu’il en étaitabsorbé ; MM. de Humbolds et Provencai ont yu la même chose sur des poissons; et M, Davy sur his même. Allen, Pépys, Daltan, disent ,au contraire, que l'air respiré leur a paru rester toujours le même relativement à l’azote. Enfin, Berthollet, Nysten et M. Dulorg disent avoir toujourstrouvédans l'air respiréunequantité plusgrande d’azo te; de sorte que la respiration , au lieu d’absorber une quantitéde ce principe, en fournirait. M, Edwards, auteur d expériences récentes sur la respiration, dit qu’en effet on observe tourà-tour l’une ou l’autre de ces trois choses, parce que, en même temps que la surface interne du poumon est le siége d’une absorption , elle est aussi celui d’une exhalation dont le produit contient de l’azote. Il appuie cette opinion sur des expériences d’ Allen et de Pépys, expériences qu’il a répétées, et dans lesquelles un animal est placé dans un appareil disposé de manière qu’on peut faire respirer à cet animal l’air que l’on veut, renouveler cet air À son gré, el recueillir celui qui est expiré. Si c’est l’air atmosphérique qui est respiré , la quantité d’azote paraît être restée la même. Si c’est du gaz oxygène presque pur, ne contenant que 0,05 d'azote, l’air expiré en contient davantage, preuve qu’il en a été exbalé par le poumon. On ne peut pas dire, en effet, que cet azote en plus qu’on remarque, provient de celui qui, des inspirations précédentes, était resté dans le poumon , puisque son volume surpasse celui de l’animal. Enfin , Sion fait respirer à l’animal un mélange d’oxygèneet d'hydrogène, dans les mêmes proportions que sont l’oxygène et l’azote dans l'air atmosphérique , d’une part l’air expiré contient encore beaucoup d'azote qui, conséquemment, a été exhalé, et d’autre part il a été en même temps absorbé plus d'hydrogène qu'il n’a été exhalé d’azote. Ainsi des actions d'absorption et d’exhalation se font en même temps dans le peumon. Quoi qu'il en soit, on peut conclure pour la question qui nous occupe ici, què l'absorption de l'azote, si elle a lieu dans la respiration , n’est pas un phénomène aussi capital que lPabsorption de l’oxygène.
… 3° L'air expiré, en même temps qu’il est moins riche en
oxygène , est chargé d’une quantité d’acide carbonique su-
périeure à celle que contenait l'air de l’inspiration , et d’un.
peu de sérosité animale. Déjà, en effet, l’air qui est expiré une première fois offre ces deux nouveaux principes ; et si on le respire de nouveau à plusieurs reprises , on le voits’en 2 % Q É 4 r #. .
charger de plus en plus. C’est ce qui est prouvé par mille
expériences. Lorsqu'on laisse un animal sous une cloche. respirer le même air, à la longue l’animal périt; et, lors-.
qu'on examiné après sa mort l’air qui est resté dans la cloche, on voit que cet air, en même temps qu’il a perdu beaucoup d'oxygène, est devenu très humide, et surtout contient
beaucoup d’acide carbonique. Nous avons dit plus haut que.
c'était à cause de l’acide carbonique dontse charge l’airexpiré, que cet air cessait d’être respirable avant que d’être privé de tout son oxygène. On a aussi cherché à indiquer quelle
quantité de ces deux éléments nouveaux est fournie à cha-
que expiration ; Goodwin a porté celle de l’acide carbonique à o,11 ; Menziès, à 0,05, et MM. Davy et Gay-Lussac, à 0,03, ou 0,04. Quant à la sérosité animale, sa quantité est de 2 grains par minute, selon Menziès ; de 12 selon d’autres. S’il est vrai, comme nous le démonirerons , que la production de ces deux nouvelles substances soit le fait de la vitalité du poumon , on conçoit que leur quantité doit être aussi variable que l’est la vitalité de cet organe.
49 Enfin, il est possible que l'air inspiré, pendant le sé-
jour qu’il fait dans le poumon, soit dépouillé par labsorption de quelques-unes des matières étrangères qui sont en suspension dans son sein. On sait, en effet, que la respi-! ration est très fréquemment la voie par laquelle pénètrent! les contagions ; la surface interne des bronches est certaine. ment un lieu où l'absorption est très active; et sur cette!
propriété Beddoës avait fondé l'espoir de rendre l’air qu’on respire médicamenteux. Mille faits attestent la possibilité de l’absorption que nous accusons. La respiration d’un air humide a souvent donné lieu à une sécrétion d’urine plus abondante. La respiration d’un air chargé de l’arôme de l’essencé de térébenthine a été accompagnée de l’absorption de cet
arôme, car on a vu l’urine manifester une odeur de violette.
RESPIRATION PROPREMENT DITE. 213 Dans les asphyxies , les gaz délétèrés ont souvent été reconaus en nature dans le sang. Enfin, souvent des substances solides ou liquides accidentellement portées dans Îles voies respiratoires , y ont été également absorbées. Mais cette ab sorptuiôn n’est qu'accidentelle , et toujours étrangère à l’hématose ; elle ne sert pas plus à la sanguification , que les parties des aliments qui passent avec le chyle sous leur forme physique première ne servent à la chylification ; et, conséquemment, nous pourrons l’omettre dans nos considérations ultérieures.
Tels sont les changements éprouvés par l'air; on peut les démontrer par cette expérience si connue de physique, qui Consiste à tenir un animal vivant sous une cloche , jusqu’à ce qu’il y meure faute du renouvellement. de l’air ; en examinant, après sa mort, l’air qui est resté dans la cloche, on voit que cet air a perdu beaucoup de son oxygène, et conüent, au contraire , une sérosilé animale qui lui était d’abord étrangère, et beaucoup plus d’acide carbonique qu'il n’en contenait auparavant.
Comme on peut apprécier les quantités respectives d’air
qu'introduit chaque inspiration et qu’expulse chaque EXpiration , et qu’on peut éxaminer successivement et isolément ces deux espèces d’air, on a cherché à calculer la quantité d'oxygène qui est consumée en un jour, et celle d’acide carbonique et de sérosité animale que l’on expire dans le même espace de temps. La quantité d'oxygène consumée est de 822,655,28 ou de ;61,575,61 décimètres cubes, selon ZLavoisier ; de 848,687,50, selon Menziès; de 749:976,36,
selon Goodwin ; de 749;574,14, où 745 décimètres cubes,
selon M. Davy. La quantité d’acide carbonique formée, est
de 296,157,48, ou 6 1,000,71 décimètres cubes, selon La-
vorsier ; la même que celle de l'oxygène employé, c’est-à-dire
848,687,50, selon Menziès ; de 560,1 37,84, selon Goodsvin :
selon Thompson, elle représente à peu près, en volume, la
quantité d'oxygène qui a disparu, c’est-à-dire est de 655
centimétres cubes, lesquels contiennent 340 grammes de carbone :elle est un peu supérieure, selon MM. Davy et . Gay-Lussac, à celle de l’oxygène enlevé, puisqu'elle est de
687,200,93 décimètres cubes. Enfin, la quantité de sérosité
animale fournie est de 560 grammes, selon Lavoisier et Séguin; de 590, selon Thompson. Très certainement ces calculs ne peuvent être qu’approximatifs, puisque linspi-
ration et l’expiration sont en elles-mêmes très variables, et.
que la mesure dans laquelle l’oxygène est enlevé dans l’une, et l’acide carbonique et’la sérosité animale fournis dans l’autre, dépend, comme nous le prouverons, de la vitalité du poumon, qui est elle-même extrêmement variable.
Voyons maintenant Îles changements qui se font dans le fluide à sanguifler; ils sont aussi fort importants, et l’on peut les reconnaître en examinant dans quel état nouveau est ce fluide, quand il sort du poumon. Ilest changé en ce qu’on appelle le sang artériel, c’est-à-dire qu'il est dater un sang vermeil, rutifant, écumeux, plus léger, plus chaud de 1 degrés que le sang veineux, et qui surtout en est distinct, parce que seul il est apte à nourrir et à vivifier les parties. En voici les preuves.
Goodwin ouvre le thorax d’une grenouille, met à nu le cœur et le poumon, et cherche à voir, au travers de ces organes, qui sont un peu transparents chez ces animaux, ce qui arrive au fluide veineux en traversant le poumon. Il reconnaît que ce fluide, noir et d’apparence veineuse en arrivant, prend instantanément, en traversant le tissu de
cet organe, et par la respiration, une couleur rouge el l’ap-.
parence artérielle. Comme on pouvait tirer une objection du genre d'animal sur lequel il avait opéré, il répète l’expérience sur un chien : il adapte à la trachée-arière de cet animal une seringue, afin de pouvoir insufler à volonté de Pair dans le poumon de cet animal, à la manière de Fésale ; il enlève ensuite le sternum, met à nu l’artère et les veines pulmonair es , remplace , par insufllation artificielle d’ air, la respiration qui ne pouvait plus se faire, et il ceco 10 le même changement qu’il avait déjà vu se faire dans la grenouille. Il conclut donc que c’est dans le poumon que se fait le sang artériel.
Bichat répête ces expériences de Goodhwin, mais en les
combinant d’une manière encore plus ingénieunse. I] adapte
RESPIRATION PROPREMENT DITE. a15
à la trachée-artère d’un animal vivant un tube armé d’un
mobinet , et en fait autant à l’artère carotide : on voit qu'il avait ainsi un moyen de permettre ou d'empêcher, à sa vo-
lonté, toute entrée de l'air dans le poumon, et d'observer
en même temps lechangement que chacun de ces cas amèneiait dans le sarg de la carotide. Le sang de la carotide était pour lui comme le sang sortant du poumon lui-même, parce qu'en eflet ce fluide n’a éprouvé aucune altération nouvelle “depuis cet organe jusqu’à ce vaisseau. La carotide n’était
choisie qu’à cause de la facilité avec laquelle ce vaisseau se
rête à l’expérience. Voici la série des résultats que cet a0- P P q P
pareil ingénieux le mit à même de constater : 10 le robinet «le la trachée-artère étant ouvert , et conséquemment la res- ptraon de l’animal se faisant comme à l'ordinaire, le sang
sort de la carotide, rouge ou artériel. 20 Si on ferme alors le robinet de la trachce-artère, et conséquemment qu’on empêche la respiration de se faire, le sang sort de Îa caroüde, rouge encore pendant quelques secondes, muis bientôt noir, el d'autant plus qu’on laisse plus long-temps fermé le robinet de la trachée-artère, 30 Si alors on ouvre ce robinet, et que conséquemment la respiration se rétablisse, le sang sort de la carotide, rouge, et cela soudain; il n’en sort de noir que la très petite quantité qui existait entre le poumon et la carotide au moment où la respiration a été rétablie. 40 Enfin, si on ouvre de nouveau le robinet de la trachéearlère, de manière à ne laisser entrer dans le poumon qu’une petite quantité d’air, là coloration du sang qui sort de la carotide est moins vive, mais aussi soudaine. Ainsi, nul doute que le fluide à sanguifier ne soit changé pendant sa traversée dans le poumon et par fa respiralion , en sang artériel, et cela instantanément. On juge artériel le sang qui est d’un rouge rutilant, parce que la rougeur est la principale différence physique que le sang artériel ait avec le sang veineux.
Enfin, les phénomènes des asphyxies viennent confirmer ce que démontrent ces diverses expériences. On appelle asphyxie toute interruption de la respiration, soit parce qu'il My à pas d'air, ou que cet air ne peut être introduit dans
le poumon, soit parce que l'air respiré ne contient pas d'oxygène, où ne cède pas ce principe, et par conséquent |
ne peut alimenter la fonction. Or, toutes les fois que cette
asphyxie survient, le fluide veineux ne s’artérialise pas dans |
le poumon; il se remontre veineux au-delà de cet organe ; et va, sous cette forme, imprégrer toutes les parties. On voit, en effet, dans les cadavres des asphyxiés, tous les tissus, et particulièrement tout le système artériel, pleins d’un sang de couleur noire, et qui a toutes les apparences d’un sang veineux ; et, comme le sang veineux est impropre àentretenir la vie , de là la mort qui saisit promptement tous les organes. Ne sont-ce pas là des preuves que le fluideà sanguifier a traversé le poumon sans être changé en sangartériel ?
Voilà les changements qu'ont éprouvés dans le poumon, el instantanément aussitôt qu’ils y sont arrivés, l’air d’une part, et le fluide à sanguifier de l’autre. Maintenant il s’agit de savoir quels rapports existent entre les altérations qu'a | éprouvées l’une de ces substances, l’air, et ceiles qu'a su bies l’autre, le fluide des absorptions ? Dans l'air, il yaeu; comme on l’a vu, dépouillement d’oxygène, et acquisition de gaz acide carbonique et de sérasité animale ; le fluide des absorptions a été changé en sang artériel : quels rapports, existent entre la première et la seconde de ces choses, entre les pertes et les acquisitions qu'a faites l’air, et l’hématose : artérielle qu’a subie le sang veineux ? Y a-t-il aussi un raps port entre la perte qu’a faite l’air de son oxygène, et l’acs, quisition qu'a faite ce même air de gaz acide carbonique et de sérosité animale ?
D'abord , il est sûr que lenlèvement de l’oxygène à Pair, respiré est un phénomène capital, et une condition absolue! pour l’hématose. En effet, 10, par cela seul que ce corps, extérieur, l’air, est introduit dans le poumon , on peut déjà | présumer que c’est pour fournir au corps humain quelques: uns de ses principes. 20 Dans quelque respiration que €) soit, 1l y a enlèvement d’oxygène, et un air quelconque | s’est respirable qu’autant qu’il contient de loxygène,;et qu’il peut céder ce principe avec facilité. 30 Enfin, l’appa-| reil de Bichat, et les expériences de ce physiologiste, ont,
anis hors de doute cette proposition. Dans ces expériences, neflet, l’état du sang qui sortait de la carotide s’est tou- Durs montré dépendant de l’entrée de l'air et de la nature le cet air. S'il n’entrait que peu d’air, comme dans la derière expérience que nous avons citée, la coloration du sang lait moins vive. Si l’on fermait le AE de Ja trachéerière immédiatement après une expiration, c’est-à-dire Drsqu 1] restait moins d’air dans le poumon, ou même après Voir pris la précaution préalable de faire fe vide dans cet rgane , et d’en retirer tout l’air avec une seri ingue, le sang Ortait noir de la carotide bien plus tôt qu’à l’ordinaire, robablement parce qu’il y avait alors moins d’air dans l’orane pour continuer encore quelque rps J’hématose. Si, u contraire, le robinet n’était fermé qu'après une inspira- ON c’est-à-dire lorsque plus d’air restait de le poumon, u même après avoir pris la précaution préalable d’en inufiler une assez grande quantité dans cet organe, le sang ortait rouge de la carotide pendant un temps un peu plus ong , probablement parce que plus d’air existant dans le oumon , pouvait entretenir plus long-temps l’hématose. orsque, après une occlusion quelque temps continuée de à trachée-artère , on ouvrait tout à coup le robinet, le sang @la carotide se montrait d'autant plus promptement rouge, avec une couleur d'autant plus vive, que l’air qui se préhtait dans le l'E En était plus riche en OXYS ène, ou iême était de !” oxygène pur. Si cette expérience élait faite vec un air peu riche en oxygène, ou qui en manquàt toutfait, le sang de la carotide était plus tardivement rougi, u ne l'était que peu , ou même restait tout-à-fait noir. Si nfin , on attachait au robinet de la trachée-artère une essie pleine d’air, et qu’on forcât ainsi l’animal à respirer e même air, et un air non renouvelé, on voyait le sang de a caroticle passer graduellement du rouge au noir, à mesure ue l'air était épuisé de son principe oxygène. Ainsi, de oute certitude, l’enlèvement de lV’oxygène est un phénoaène capital dans la respiration , il a une influence absolue ur l’hématose, et sans lui cette hématose n’a pas lieu.
En est-il de même de la production de l acide carbonique
et de la sérosité animale? et la respiration effectue-t- t
l’hématose, d’abord en fournissant au fluide à sanguifier élément A Ets l’oxygène, et, ensuite, en dé pura ce fluide de quelques-uas de ses principes, d’où réuil raient l'acide carbonique et l’eau ? La production de i 2 | carbonique et de la sérosité animale ne poumers en tal ètre chose essentielle pour l’hématose, qu’autant que ce malières proviendraient du fluide à de , Soit direct Te soit sous la forme de leurs éléments seulement, c 4 à-dire de carbone et d? hydrogène, que lPoxygène enley changeraitensuite en acide carbonique et en eau. On ne peu répondre à.cette question par des faits directs. On n’a pas! en ellet, des moyens de suspendre et de rétablir alternative ment ces excrétions , afin de voir ce qui, dans chacun de cel cas, arrive par contre au fluide à sanguifier ; comme dan! l'appareil de Bichat, on a pu, à son gré , permettre où emi pêcher l’enlèvement de oxygène, et examiner quelle il fluence avait l’une et l’autre circonstance sur le sang de 4 carolide. On ne peut prononcer que d’après des raisonnel menis. | La plupart des physiologistes considérant l'acide car: nique el la sérosité ra comme provenant du sang di
l’artère pulmonaire, c’est-à-dire dn fluide à sanguifier|
croient que le dégagement de ces matières est un phénomell capital de l’hématose. Ils se fondent , 10 sur ce qu’une nb tière injectée dans l’artère pulmonaire va sourdre à la sur. face des bronches; 20 sur l'extrême facilité avec laquelle des substances étrangèr es qui sont dans le sang VeIneux , ou qué dans des expériences instiluées exprès on y a injectées, viennent soriir par lexhalauon pulmonaire. Les diverse inatières étrangères que l'absorption a introduites dans l sang veineux, viennent en effet se montrer dans la >erspi: ration pulmonaire, aussilôt que dans toutes les autres excrétions. Des expériences de M. Magendie semblent même prouver que cette voie d’excrétion et de dépuration est plus librement ouverte que toutes Îles autres. Ayant injecté dans les veines d’un animal, ou de l’eau pure , ou mieux une eau mêlée d’éther, de musc, de camphre, c’est-à-dire d’une
RESPIRATION PROPREMENT DITE. 219 bstance dont le moindre atome trahit la présence , ce phylogiste a vu celte eau sourdre aussiLôt pe Ja per spir ation imonaire, être entrainée avec l’air expiré , bien que toutes
autres surfaces exhalantes , et la peau ,n’en ésenassent aucune trace. L'expérience était pi us frapnte , si la substance injeetée était une huile tenant en dis- Dion du phosphore, car le phosphore étant exhalé avec perspiralion pulmonaire, s’enflammait aussitôt, et l’amal expirail de la flamme. Or, si la perspiration pulmoire provient + sang veineux , comme semblent le proue ces faits divers , ilest d'autant plus permis de croire que LLe excrétion concourt à lhématose , que toutes les autres réLions proviennent d’un sang artér io ;et l’hématose alors pendrait autant de la dépur ation que le poumon fait su- “au sang veineux, que de l acquisition de l’oxygène. Telle it en eflet l’opinion que s'étaient faite de la respiration, ppocrate, Galien. Ces maîtres de l’art croyaient que dans respiration , d’une part nous puisions dans f’air un prin- Je subtil, qu’ils disaient être la source de toute chaleur, toute animalité , et qui du poumon était conduitau cœur au cerveau pour être versé de [à dans toutes les parties 4 les artères et par les nerfs; et d'autre part, que notre g se dépouillait de ses bte Au contraire, d’autres professent une opinion inverse, au moins sont dans le doute. Ils s'appuient d’abord sur qu'il n’est pas certain , comme nous allons le dire, qu’il it un rapport entre Ja formation de ces produits excrénnels et l’enlèvement de l'oxygène ; et ensuite sur ce que matière de Ja perspiration pulmonaire peut provenir si bien des artères bronchiques, c’est-à-dire d’un sang ériel qui n’a plus besoin de subir l’hématose, que "4 g de l'artère pulmonaire. En eflet, une injection pous- Bin: les artères bronchiques va sourdre aussi à la sure des bronches; et les matières étrangères portées dans système veineux peuvent aussi-bien parvenir à la perration pulmonaire , en supposant que cette sécrétion vienne du sang des artères bronchiques. Ne les voit-on en eflet ètre éxpulsée s par d’autres couloirs, la peau,
par exemple , le rein ? et ne sont-ce pas des artères qui fol nissent à ces organes sécréteurs ? Le qui Dee en à outre]
CRC.
HO pue Uon a re à a PNR PRE es la même nat ; même LT 1e celle de la RS are cutang
nique et ks sérosilé Forts or à coup sûr elle émane | sang artériel ; pourquoi n’en serait-il pas de même dès M6i de la perspiration pulmonaire? D'ailleurs, si la d’ ui ro et de sérosité animale avait une gra}
ne hrs pas pour faire Re toute e part des excrétiol de l’expiration sur l’hématose ; mais ils sont assez for pour ébranler l’opinion opposée, et commander le dou! sur cette quesiion. ail
Enfin, y a-t-il un rapport, une dépendance, entire l'en] vement de l'oxygène dans l'air inspiré, et PRES l’acide carbonique et de l’eau dans l’air expiré? Nous n vons aucun moyen non plus de répondre directement à cet
: al
question ; car, lorsque dans l’appareil de Bichat, on artè l'enlèvement d'oxygène, en empéchant Pair d’entrer da le poumon, on empêche aussi la sortie de la perspirati pulmonaire, et par conséquent on ne peut voir s1 cette pe spiration a éprouvé des changements consécutivement à
suppression de l'air, comme en avait éprouvé l’hématos
On ne peut aussi avoir une opinion à cet égard, que d” près des raisonnements. Ainsi, si l’excrétion de “L pers P ration pulmonaire avait à l’hématose une part aussi gran( que la préhension de loxygène, certainement il y aure des rapports entre ces deux causes constituantes d’une mê action élaboratrice; mais nous venons de voir qu’on ne pot vait prononcer sur la première question , et le doute où est sur elle doit s'étendre à la seconde. Ensuite , par cexa! port entre l'oxygène enlevé, et l'acide carbonique et lea qui se montrent en plus, entend-on que le premiér a ser!
RESPTRATION PROPREMENT DITE. 221 à formation des seconds , soit dans le poumon même par sontact de l'oxygène au sang veineux, soit dans les voies culatoires, consécutivement à une absorption et à un nsport en nature de cet oxygène dans Île sang veineux ? , les uns l’admettent , se fondant sur ce que la quantité xygène qu'on retire de l’acide carbonique que rejette la Fspiration pulmonaire égale celle qu’a perdu Pair inspiré. s autres le nient , récusant la réalité de ce dernier fait ; sant remarquer d’ailleurs que l’assertion ne serait au plus plicable qu’à l’acide carbonique , et non à la sérosité anile ; établissant que l’acide carbonique et la sérosité de la Pspiralion pulmonaire sont les produits d’une action sétoire du poumon; s'appuyant enfin de faits dans lesels la perspiration pulmonaire a contenu de même de ide carbonique et de la sérosité animale, bien que Pair on avait respiré avant fût un air qui ne contint pas xygènc. Nous reviendrons là-dessus ci-après, quand us débattrons la théorie des chimistes sur la respiran.
Ainsi, pour résumer ce que nous avons déjà dit, conséivement à la dissémination dans le parenchyme du poumn, de l’air atmosphérique d’une part, et du fluide à guifier de l’autre, celui-ci instantanément s’est changé sang artériel; sa conversion a exigé comme condition lue l'intervention de l’oxygène; et peut-être il a falla on outre 1l se dépurat de quelques parties qui forment la tière de la perspiration pulmonaire.
Mais nous n’indiquons là en quelque sorte que les résuls les plus évidents. Que de questions à résoudre, si l’on at approfondir pleinement l’histoire de la respiration ? elle est la part qu’a le poumon dans cette fonction, soit ur prendre l’oxygène, soit pour efleetuer les excrétions de xpiralion, et, en un mot, pour accomplir par suite l’arlélisation du sang? À supposer que cet organe agisse, etqu’il fasse pas l’office d’un simple réservoir , de quel genre est ction à laquelle il se livre ? Par quelle voie pénètre l’oxyie, et comment ce gaz est-il appliqué au sang veineux ? fin , en quoi sert ce gaz au grand changement que subit
ce fluide? Voilà autant de questions bien importantes , Su lesquelles il reste encore beaucoup de choses obscures, mai sur lesquelles nous allons exposer l'état actuel de 1 science. |
D'abord, on ne peut assister à cette aelion d’hématos et on ne peul connaître que ses résultats. C’est en premié lieu une action dont nous n’avons pas perception, et q is produit indépendamment de notre volonté, comme toute les autres actions nutritives de notre économie qui co sis
tent en une élaboration de matière. En second lieu, et
Des [l
une action trop moléculaire pour qu’elle puisse être « préciée par les sens, et qui se passe d’ailleurs dans un lie où ces sens ne peuvent parvenir, dans le système capillal du poumon, aux extrémités dernières des bronches ou dé ramifications de l'artère pulmonaire. Il y a plus, l’ignora ( où nous sommes surle mode de terminaison des bronches d l'artère pulmonaire, et sur l’origine des veines pulmonaire l'impossibilité de saisir les rapports qu'aflectent entre eu dansleurs divisions capillaires ces trois systèmes, dont lu apporte Poxygène, élément indispensable de l’hématose; doi l’autre apporte le fluide à sanguifier, et dont le troisièm exporte le fluide nouveau qui est Île produit de l’élabora tion, notre ignorance, dis-je, sur tous ces points, do ajouter à lim possibilité de voir et d'apprécier par quelque uns dé nos sens l’action élaboratrice de l’hématose. El n’est donc connue que par son résultat. Son siége précise même inconnu , et l’on dit vaguement que c’est le systèn capillaire du poumon. Enfin, cette action d’hématose el impénétrable en son essence, aussi-bien que toute autrt et nous ne pouvons dire d’elle que ce que nous avons dite toutes les autres actions de l’économie; savoir : 1° qu’el est l’œuvre du poumon, et que cet organe n’est pas pass lors de sa production ; 20 qu'aucune action physique, méce nique ou chimique ne peut lui être assimilée , et qu’il fa la considérer conséquemment comme une de ces actions sp« ciales aux corps vivants, et qu'on appelle, à cause de cela
res = DE
organiques et vitales.
10 Le poumon n'est pas passif dans l’acte de la respir'à
ion , dans l’hématose. Comme je pr incipe de l'air qui sert D cc, l’oxygène , est un des agents les plus avides combinaison ; comme, dans le fond des ramuscules bronques ce principe est fort rapproché du fluide à sanguifier ; à chimistes, dont nous combattrons ci-après la théorie, ent pensé que l’hématose résultait seulement de ce que xygène par son affinité se portait brusquement sur le ide à sanguifier , et le changeait en sang artériel. Le pounm dès lors était passif dans l ee et n’y servait, it au plus que comme le récipient des matières qui se nbinent. Mais rien n’est plus faux que cette assertion : poumon agit dans la respiration ; c’est par son œuvre que te fonction s'accomplit; c'est lui qui, d’un côté, saisit is l'air inspiré l'oxygène que réclame l’hématose , et qui, utre part, dans son parenchyme profond , effectue cette natose. Voici les faitset les raisonnements qui le prou- LE. Yabord, nous avons déjà dit souvent que jamais aucun de de notre économie ne se formait par le fait seul de la nion de ses principes composants, mais qu’il fallait tours l’intervention d’un organe, d’un solide. Or, notre Duo trouve déjà un appui dans ce principe.
nmsuile, nous avons dit aussi que la quantité d'oxygène était enlevée dans chaque inspiration , était toujours à hprès la même, quelle que soit la richesse de l'air inspiré. On respire en eflet de l'air ordinaire, ou de l'oxygène , c’est toujours la même quantité de ce principe qui disait. Dans les expériences de Bichat, le degré de rougeur ilante du sang de la carotide n’était en rapport avee le ré de richesse de l'air qu’on portait dans le poumon que qu’à un certain point; au-delà de ce point, cette rougeur agmentait pas, même lorsqu'on insufflait de l’oxygène dans la trachée-artère. Dans ces expériences , le sang de arotide ne sortait pas plus noir, soit qu’on se content mpêcher toute respiration, soit qu’en outre on insufflàt s le poumon un air d’une qe délétère : et cela s’exque aisément, car le sang n’est pas noir parce qu’il deci tel , mais bien parce qu’il ne devient pas rouge, et
reste ce qu’il était. Or, cet enlèvement de l'oxygène, dan! une quantité toujours constante, peut-il se concevoir nie c’est en vertu de son affinité intrinsèque que cet élémen! s’unit au sang? quand l'oxygène abonde, ne devrait-il pa
tt
du corps, peut se trouver, pendant le cours de Ja vie, dar des conditions de vitalité différentes; et dans chacune de ce conditions aussi, la mesure dans laquelle l'oxygène de l’a est enlevé dans la respiration , et celle dans laquelle se fa l’hématose, varient. Ainsi, le poumon a une vitalité Sp ciale dans chaque âge, chaque sexe, chaque tempéramen chaque idiosynerasie ; il diflère surtout dans l’état de san et de maladie; et à coup sûr, dans chacun de ces cas, mesure dans laquelle l’oxygène est absorbé, ainsi que ler ractère de l’hématose, diffèrent. À la vérité, on n’a pas fa encore les expériences propres à démontrer rigoureusemel cette assertion ; on n’a pas expérimenté, par exemple, quel quantité d'oxygène est enlevée par inspiration dans chall âge, chaque sexe, chaque tempérament, ou quel caraclé spécial offre le sang artériel en chacun de ces cas. Mais l’an Jogie de ce qui est dans toutes les autres fonctions porté croire qu'il y a ici des variétés comme dans toutes les auti actions. D'ailleurs, voici quelques premiers essais faits à égard. Il paraissait probable que la respiration consul d'autant plus d'oxygène qu’on est plus jeune, tout dans! premier âge tendant à laccroissement ; M. Edwards à ,] expérience ; W'OUVÉ le contraire, et a vu qu'on consom: d'autant plus d'oxygène qu’on est arrivé à l’âge où l'ont veloppe le plus de chaleur. Il a vu aussi que les divers ai maux ne consumalent pas cet oxygène aussi vite, et que différence à cet égard pouvait être d’un uers. Probableme que ce qui est des diverses espèces animales, est aussi ! divers individus d’une même espèce, des divers homm! par exemple; et probablement que chacun a, sous ce port, sa mesure propre, comme il a sa dose d’appétit. Mysi est le seul jusqu’à présent qui ait tenté des expériences pt prouver que les altérations qu'éprouve Pair dans la respil
RESPIRATION PROPREMENT DITE. 235 ton, sont un peu différentes dans l’état de maladie de ce qu'elles sont en santé ; mais il n’a pas expérimenté en même temps si l’hématose avait éprouvé des modifications coïncidentes, sans donte parce qu'il ne savait comment les apprécier. L’impossibilité de prolonger ces expériences un peu long-temps, et les quantités très petites d'oxygène qui sont consumées dans la respiration , ont empêché Nysten d'arriver à des résultats précis ; mais ces expériences ont montré qu’il était très probable que, dans l’état de maladie, les phénomènes dits chimiques de la respiration , c’est-àdire les altérations de l’air et l’hématose , Offraient quelques différences d’avec ce qu’ils sont dans l’état de santé. A l’appui de cette assertion, on a rapporté que dans les fièvres adynamiques , dans le sommeil, dans l’asthme, on expirait moins d'acide carbonique. Mais il est douteux que la production d’acide carbonique soit partie essentielle de la respiration ; et de plus, dans les circonstances que nous venons d'indiquer, il y a lésion des phénomènes inspirateurs et expirateurs , et il est possible que les différences qu'offrent les phénomènes dits chimiques tiennent au trouble des premiers. Une preuve bien meilleure est ce fait > qu'aux approhes de la mort l’air sort du poumon à peu prés tel qu'il y stentré, sans avoir été dépouillé de son oxygène, le poumon d'ayant plus assez de force pour en effectuer la préhension : e fait , s’ilestavéré, est bien propre à prouver que la respiation est le produit d’une action quelconque du poumon.
Pour résoudre la question qui nous occupe, on a fait la ection ou la ligature de la huitième paire de nerfs, afin le paralyser l’action du poumon, et d'empêcher toute 1ématose , comme par cette ligature on avait paralysé estomac etarrêté la chymification. La respiration , en eflet ; st une fonction qui est encore assez éloignée du dernier erme de l’assimilation , pour qu’elle soit dépendante d’une nfluence nerveuse ; et il importait de voir si elle se suspend quand on la prive de cette influence, quand on coupe ou qu’on lie la huitième paire de nerfs. Cette expérience a été aile un grand nombre de fois; et comme le nerf de la roisième paire se distribue à beaucoup d'organes en même … Tome III. 15
temps, particulièrement au larynx , au poumon, aû cœur
et à l'estomac, il en résulte que; si sa section est pratisl quée à un lieu supérieur à celui d’où partent les rameaux! qui vont à ces divers organes, au-dessus du col, par exems=" ple, elle amène des lésions dans toutes les fonctions de ces
organes, dans la voix, la circulation, la respiration et Jar”
digestion. De là, pour le dire en passant, les dissidences des auteurs sur la cause de la mort qui suit toujours plus. ou moins prochainement cette section ; les uns la faisant consister dans la suspension de la circulation, les autres: dans celle de la respiration , et d’autres enfin dans celle de la digestion. On conçoit que, pour apprécier l’influence de ce nerf sur chacune de ces quatre fonctions, il fallait ne couper que ceux de ses rameaux qui vont à un de ces quatre
appareils , laissant les autres intacts, et cela successivement |
pour les quatre organes. C’est ce qu'a tenté M. Dupuytren;
dans des expériences dont il a fait le sujet d’un Mémoire à VInstitut. Dans une première expérience , n'ayant coupé que les nerfs laryngés supérieurs , il n’a observé que la lé=. sion de la voix, qui était affaiblie et devenue rauque. Dans, d’autres expériences, il a tenté de couper les nerfs cardia= ques seuls, pour n’avoir que des lésions de la circulations mais il n’a pu y parvenir. Au contraire, il a pu couper sés! parément les laryngés supérieurs et inférieurs, et alors il ar eu une aphonie complète. Enfin , il a tenté la section du
nerf au-dessous des plexus pulmonaires; cette section est fort difficile à faire ; le plus souvent l'animal est mort subi= tement; mais enfin quelquefois il a survécu , et il n'existait
alors de lésions que dans la digestion. | Pour nous borner ici aux seuls effets de cette expériencel
sur la respiration; pendantlong-tempson ne constata que les : troubles qu’elle entraîne dans les phénomènes locomoteurs | de cette fonction. Par exemple, on se contentait de dire qu'il | y avait dyspnée , respiration précipitée, et que la mort arrivait plus ou moins promptement, six heures, douze heures, deux jours, trois jours après l’expérience, selon l’espèce d'animal , son âge et le degré d'importance que noû$ | offre dans son organisation le nerf vague par opposition au
ils
RESPIRATION PROPREMENT DIE. 227 D à
grand sympathique. Bichat lui-même ne pensa pas à rechercher quelles lésions cette section peut entraîner dans les phénomènes profonds de la fonction, c’est-à-dire dans les altérations de l’air d’une part, et dans l’hématose de l'autre. Voyant que, lors de cette section, la mort ne survenait qu'après quelques heures, et même après un et deux Jours, et sachant de quelle nécessité prochaine était pour la vie l’hématose ,ilconclut quecette hématose se faisait toujours. Pour en être sûr, il aurait fallu examiner, d’une part, quelles altérations avait éprouvées l'air de l'inspiration consécutivement à cette lésion, et, d’autre part, quelle espèce de sang sortirait d’une artère. Il est bien étonnant que l'appareil que ce physiologiste avait imaginé, et dont nous avons déjà parlé, ne luien ait pas inspiré l’idée,
… C'est M. Dupuytren qui l’a conçue et exécutée sur des chevaux et deschiens. D’un côté, il Cou pa à ces animaux les nerfs vagues et grands sympathiques; de l’autre, il ouvrit une artère de la face, et il vit que le sang qui, avant la section des nerfs, coulait de cetteartère rouge etartériel, sortait alors noir et veineux, et d'autant plus noir que la section était plus ancienne. En même temps les membranes de la bouche ftaient toutes violettes, indice que c'était un sang veineux t non arlériel qui leur arrivait. Toutes les artères du Corps aient pleines d’un même sang; cependant celui-ci était un peu moins noir que celui qui remplissait les veines » Ce qui >rouvait que l’hématose s’était faite encore en partie. Enfin, M. Dupuytren remarqua que, si, au lieu de couper les nerfs, ne faisait queles comprimer, tour-à-tour le sang sortait de Partère faciale, noir ou rouge, selon qu’il continuait ou 2essait la compression. De tous ces faits, ce professeur conclut lonc, que lors de la section des nerfs vagues, l’hématose ne e fait plus, ouau moins ne se fait que très imparfaitement, parce que le tissu du poumon est paralysé. [1 a grand soin de aire remarquer que les troubles qui sont survenus dans les >hénomènes inspirateurs et expirateurs ne sont pas sufhans pour expliquer la cessation ou la moindre perfection le l’hématose. La mort arrive après dix heures chez les “hevaux, et après deux ou trois jours chez les chiens. Il É EE
se fit bien cette objection, que si l’hématose avait cessé tout-à-fait de se faire, la mort aurait dû être subite : mais, il lui parut aisé d'expliquer pourquoi l’hématose continuait de se faire encore quelque temps; c’est que l'influence nerveuse avait employé quelque temps à s’éteindre. On sait ,en effet, que l’influence nerveuse d’un organe isolé s'éteint d'autant plus tardivement, que cet organe est chargé d’une fonction moins animale ; que le système nerveux d’un organe est d’autant moins dépendant du cerveau, que cet organe est chargé d’une fonction moins animale : or c’est ce qui est du poumon, considéré dans sa fonction élaboratrice profonde. D'ailleurs, il y a une observation de Bohn, où la mort survint subitement.
M. Dupuytren, dans ses expériences, n’avait constaté, des effets de la section de la huitième paire, que ceux qui sont relatifs à l’hématose ; il avait négligé de rechercher ceux qui concernent l'air. M. Provençal , en répétant l’expérience, répara cette omission ; ce physiologiste vit qu’en même temps que l’artère faciale avait fourni un sang noir consécutivement à la section du nerf, l’air inspiré avait perdu moins d'oxygène; l'air expiré contenait moins d’acide carbonique, et l’animal était froid. Ainsi était confirmée l’idée que le poumon agissait dans la respiration, et n’était pas un simple récipient pour les matériaux de l’hématose.
A la vérité, Dumas dit avoir vu le sang veineux devenir artériel, chez les animaux auxquels il avait coupé les nerfs vagues, et cela en leur insufilant du gaz oxygène dans le poumon. M. Blainville protesta avoir répété les expériences. de MM. Dupuytren et Provençal sans en avoir obtenu les. mêmes résultats; de sorte que le sang des artères lui avait, paru être également rouge ;el l'air être également privé de son oxygène. Enfin, M. Brodie, en Angleterre, assura avoir vérifié que, lorsque sur un animal décapité on entretient! la vie quelque temps encore par l’insufilation pulmonairé | c’est du sang artériel qui est projeté dans les artères. Mais! d'autres physiologistes confirmèrent les conséquences de | M. Dupuytren, MM. Magendie et Legallois, par exemple.
M. Magendie dit que lorsque la mort ne suit pas sOu-|
| RESPIRATION PROPREMENT DITE. 229 dain la section des nerfs vagues, elle arrive toujours après quelques jours, et avec des phénomènes qui prouvent que le poumon paralysé n’a plus effectué qu’imparfaitement l’hématose , et à la fin s’y est refusé tout-à-fait. Le premier jour, dit-il, l’hématose se fait encore ; mais il y a gène de la respiration : les mouvements d'inspiration sont plus étendus et plus rapprochés; l’animal paraît y apporter une attention particulière. Le second jour, ce trouble augmente, et déjà le sang tiré d’une artère paraît plus sombre, moins chaud. Le troisième jour, tous ces phénomènes sont encore plus prononcés : l’animal emploie pour respirer toutes les puissances de l’inspiration ; le sang , qui remplit les artères, paraît être veineux; l’air, qui est respiré, perd de moins en moins d'oxygène; il se forme aussi de moins en moins d'acide carbonique ; l’animal est manifestement refroidi.
Enfin, l’animal meurt, et l’on trouve dans son cadavre toutes les bronches pleines d’un liquideécumeux, quelquefois sanguinolent, le tissu du poumon engorgé, et toute l’artère pulmonaire distendue par un sang d’une couleur noire très foncée.
M. Zegallois surtout, en consacrant les mêmes effets de la section des nerfs vagues, répandit une nouvelle lumière sur la question, en démontrant que ceseflets tenaient plus à la lésion des phénomènes profonds de la fonction, qu’à celle des phénomènes d’inspiration et d’expiration. La section des nerfs de la huitième paire doit, en effet, porter sur les uns et sur les autres; car, en même temps que quelques-uns des filets de ces nerfs se distribuent au tissu pulmonaire , d’autres se distribuent aux muscles de la glotte ; et dès lors celle-ci doit être paralysée comme le poumon lui-même. Or nous avons vu qu’il fallait que celle-ci s’ouvrit à chaque inspiration : dès lors la section de la huitième paire devait gêner les inspirations, amener de la dyspnée ; et peut-être que la diminution de l’hématose et l’engorgement du poumon dépendaient du trouble des inspirations. Pour séparer ces deux effets, Legallois imagina de faire à la trachée-artère une ouverture qui permît l’entrée de l’air malgré la paralysie de la glotte; et il vit, en eflet, qu’a-
lors, les phénomènes d'inspiration et d’expiration n'étaient, plus gênés, maisque néanmoins le sang sortait toujours de l’artère , noir ou moins rouge. La respiration était d’abord fa= cile; elle ne devenait anxieuse qu’à mesure que, conséculivez. ment à la paralysie du poumon, le tissu de cet organe s’en: gorgeait , et n’offrait plus un libre accès à l’air. L’hématose allait en s’affaiblissant jusqu’à la mort; le poumon devenait | le siége d’un engorgement, sanguin si la mort était prompte; séreux si la mort était plus tardive, mais qui était porté au point d'empêcher le poumon de surnager, et qui, en s’opposant au libre accès de Fair, produisait cette dyspnée qui va en croissant jusqu’à la mort.
Restent , à la vérité, les faits contradictoires de MM. de . Blainville et Brodie. Mais que peuvent-ils contre les faits positifs des autres expérimentateurs ? D'ailleurs ,on peut encore en donner une explication. On peutaccuser ici; ou quelqueomission dans la manière de faire l’expérience , le tort, par exemple, d’avoir laissé lesextrémités du nerfcoupé en contact; ou la persistance pendant quelque temps encore de l’influence nerveuse qui ne s’estéteinte que graduellement.Remarquons; en eflet, qu’on ne détruit pas directement les nerfs du pou mon; on ne les attaque que par l’intermédiaire des systèmes nerveux supérieurs, du cerveau, parexemple, ou des nerfs qui sont intermédiaires à eux et au cerveau. Or, l’influence des systèmes nerveux supérieurs, du cerveau, sur les systèmes nerveux inférieurs, est en raison de l’animalité de la fonc=: tion à laquelle ces derniers président; et comme la respiraz! tion n’est pas au premier rang dans ces fonctions, qu’au contraire, elle en est assez éloignée , en ce qui concerne: l’action du parenchyme du poumon lui-même, on conçoit qué le travail de cet organe sur l’air doit continuer encore, un peu, malgré la lésion du cerveau, ou la ligature de la, huitième paire. Dès lors ce n’est qu'après quelques heures, que l’asphyxie doit survenir, et cette asphyxie devra être | graduélle. C’est ce qu’on observe, en effet, dans les expés! riences de MM. Magendie et Legallois; et si MM. Brodie | et Hlainville. avaient examiné le sang des artères, non pas: seulement dans le commencement de-lexpérience, mas
pendant toute sa durée et à sa fin, probablement ils auxaient vu ce sang devenir graduellement veineux. D'ailleurs, la différence des résultats peut tenir à ce qu'on a expérimenté sur des animaux de diverses espèces et de divers âges, chez lesquels, conséquemment, la respiration n’est pas d’une égale nécessité, et l’innervation cérébrale d’une égale importance.
Ainsi, puisque la perte pour le poumon de son influence nerveuse , la paralysie de cet organe , affaiblissent d’abord, et enfin arrêtent complétement les phénomènes profonds de la respiration, l’hématose, on ne peut admettre que cet organe soit passif en cette action.
Enfin, ce qui achève de le prouver, c’est que si le poumon n'était dans la respiration que le récipient où se passe Vaction , en poussant de l’oxygène dans le poumon d’un cadavre, on devrait artérialiser tout le sang qui y est contenu. Or, c'est ce qu’a tenté, mais en vain, M. Dupuy de Lyon.
Ainsi, le poumon agit dans la respiration. Nous ‘nous sommes étendus sur ce premier point, parce qu’il est déjà une des objections les plus fortes qu’on puisse faire à la théorie des chimistes sur la respiration , comme on le verra ci-après.
29 Nous venons de prouver que le poumon agit dans la respiralion ; maintenant, en quoi consiste son action ?Si l’on peut prouver qu'elle n’est ni physique ni chimique, il en résultera qu’elle est organique et vitale. Exposons pour cela les diverses théories mécaniques et chimiques qui ont été proposées sur la respiration.
Théorie mécanique. Plusieurs physiologistes , tout en reconnaissant que l’oflice de la respiration est de faire le sang, ont pensé que cette fonction arrivait à ce but d’une manière mécanique; ils ont établi que le mélange de chyle, de Tymphe et de sang veineux se change en sang artériei pendant la respiration, par suite desattritions, des altérations comminutives que ces fluides éprouvent en traversant les fi- Lères capillaires du poumon. Mais, si une pareille théorie était fondée , pourquoi la respsration serait- elle en quelque
chose dépendante de Ja vitalité du poumon ? A quoi bon le dépouillement d’oxygène, que nous avons vu être un phénomène capital de la fonction ? Certainement , entre le sang veineux et le sang artériel, il n’y a pas de simples différences de forme et d’état, mais bien des différences de nature; et celles-ci ne peuvent jamais être l’effet d’une action pure=
ment mécanique. |
Théorie chimique. Un plus grand nembre de physiologistes | ont supposé toute chimique l’action quelconque quise passe | dans le poumon, et dont le résultat est l’hématose ; ils voulaient exprimer par là, non-seulement que cette hématose était une transformation de matière , se faisant de molécule à molécule, mais encore qu’elle reconnaissait pour cause les lois chimiques générales. Des chimistes de notre temps, et. dont les noms fondent à juste titre d’imposantes autorités , ont même professé ce point de doctrine comme désormais: irrécusable : cependant nous le croyons erroné , d’après les! détails dans lesquels nous allons entrer.
Lä théorie chimique de la respiralion, que l’on pourrait supposer l’œuvre des chimistes de notre àge, date d’une; époque plus ancienne. Mayow , qui fut sur Île point de dé-: couvrir la chimie pneumatique, l’imagina en son temps: Ce chimiste établissait, en effet, que dans la respiration; une partie de l'air, qu’il appelait sel vital, igné, fermentatif, esprit nitro-üérien, s’'unissait aux parties sulfureuses: du sang pour en dépurer ce liquide, et lui fournir des moz lécules dont il avait besoin pour se mouvoir; que consécutivement à cette combinaison entre une partie de Pair et certaines parties du sang veineux, ce sang veineux était artérialisé : il ajoutait en même temps que cette fonction de la respiration était, d’autre part, la source de la chaleur animale. Or, on va voir que c’est là réellement la thécrie des chimistes de nos jours, avec une différence dans les termes; le sel œital, igné, nitro-aérien de Mayow étant ce qu’on appelle aujourd’hui l'oxygène; et les parties sulfureuses du sang veineux étant le carbone et l'hydrogène qu'on dit être enlevés au sang veineux. k
Dans la théorie chimique actuelle, on professe que l’oxy-
RESPIRATION PROPREMENT DITE. 239 ne qui est enlevé à l’air s’'unit à quelques parties du sang ineux, à du carbone et de l’hydrogène de ce sang; que le sultat de cette union est l’acide carbonique et Monet qui
montrent dans l'air expiré; au’ainsi le sang veineux, ce qu’il est dépuré de son carbone et de sun hydrogène, t'artérialisé ; et qu’enfin , par suite de toutes ces combinains, il se dégage assez de chaleur pour entretenir le corps à température propre. Le fond de cette théorie est de faire oduire l’acide carbonique et l’eau de l'expiration, avec xygène qui a disparu dans l'inspiration, et d’assimiler respiration au phénomène chimique de la combustion. atrons dans les détails.
On sait que le contact de l’air est nécessaire à toute respition; que dans toute respiration l’air est dépouillé de son ygène ; qu'il n’y a d’air propre à entretenir la respiration 1e celui qui contient de l’oxygène, et qui cède ce principe ec facilité; que toute respiration consumant de l’oxygène, ige, pour se continuer, que l’air soit renouvelé; que sans renouvellement , elle cesse bientôt d’être possible ; qu ’elle rrête cependant avant que tout l’oxygène de l’air où elle fait soit épuisé, et cela à cause de l’acide carbonique que xpiration fournit; qu'enfin elle se continue plus longmps lorsqu'elle s’eflectue dans du gaz oxygène pur. Tous S faits résultent de tout ce qui a été exposé jusqu’à prént. Or, il est remarquable que toutes ces propositions nt vraies aussi de la combustion. Toute combustion exige contact de l’air; elle consume une partie de l'oxygène de ur dans lequel elle se fait ; 11 n’y a d’air propre à permettre à entretenir la combustion que celui qui contient de oxygène , et le cède avec facilité ; toute combustion consuant de l’oxygène , exige, pourse continuer , que l’aix dans quel elle se fait soit Le sans ce RO.
le cesse bientôt d’être possible; elle s'arrête cependant ant que tout l’oxygène de l’air dans lequel elle se fait soit uisé , et cela aussi à cause de l’acide carbonique que cette mbustion dégage; enfin, elle se prolonge plus long-tempe ins l’ oxygène pur. Tout ie donc commun au premier pectentre la respiration et la combustion; d’autant plus
234 l'ONCTION DE LA RESPIRATION.
que l'air qui a servi à l’une de ces actions n’est plus prop à l’autre, que celui qui a été respiré ne peut plus entre! el nir la combustion des corps, et que celui qui à servi all combustion ne peut plus entretenir la respiration. Or, dal près ces analogies et plusieurs autres que nous allons ra ppi ler à mesure que nous exposerons la théorie chimique, #e chimistes ont assimilé la respiration à une combustion Ainsi , que se passe-t-il dans toute combustion ? L’oxygèn! de l'air dans lequel se fait la combustion: se combine au éléments carbone et hydrogène du corps qui brûle; il enr sulte formation d’acide carbonique et d’eau, qui se dégagenl en fumée; et comme dans cette combinaison, l’oxygèn passe de l’état d’un gaz très rare, c’est-à-dire contenar beaucoup de calorique interposé entre ses molécules , à le tat d’un gaz beaucoup plus dense, ou mème d’un liquide tout le calorique que contenait cet oxygène en son premié état, ne peut être contenu dans la matière nouvelle qu forme dans le second, il se dégage; et de là, la productio! de la chaleur qui est observée. De même, dans la respiri tion , l'oxygène de l’air inspiré se combine avee le carbon et l'hydrogène du fluide à sanguifier; il en résulte formi tion d’acide carbonique et d’eau, qui sont expirés ; et commu dans ces combinaisons, l’oxygène passe aussi de l’état du gaz fort rare, à celui d’un gaz plus dense, même d’un Î! quide , il y a aussi grand dégagement de calorique, et ceci lorique devient ja source de la haute température à laquell se maintient constamment le corps humain. Ainsi, Phém Lose est due à la combustion par l’oxygène de l’air, des pal ties carboneuses du sang veineux, probablement de la m! Lière colorante de ce sang, dit M. Thénard.
Telle est la théorie chimique de la respiration en général Mais cette théorie a subi successivement diverses modific tions, dont nous devons faire connaître au moins les prit cipales. Voici comme Lavoisier la présenta en premier heu l’oxygène, qui a disparu dans l’air inspiré, a été partagée
deux parties dont on ne peut connaître les proportuons re! pectives; l’une a traversé la membrane muqueuse des broi ches, s’est portée sur le sang veineux, et en a brülé le ca
RESPIRATION PROPREMENT DITE. 235 ne, d’où est résulté l’acide carbonique que contient l'air piré; l’autre, traversant de même la muqueuse , a pénétré inature dans le sang, a circulé avec ce fluide, et, chemin isant, en a brûlé le carbone. Lavoisier admettait ce parge de l’oxygène, non qu'il ait retrouvé une partie de ce gaz ns le sang veineux, mais parce que, ne trouvant pas dans Gide carbouique expiré autant d'oxygène que l’air de nspiration en avait perdu, il fallait indiquer ce qu'était venu le surplus d'oxygène, et par conjecture il le faisait n$umer par cette voie. En mème temps la quantité de carique dégagé était la source de la chaleur animale. Lavoimétablit sa théorie, et surles analogies qui ont été rappor- > plus haut, et sur quelques expériences que voici. igna, Priestley , Goodwin , expérimentèrent que du 1g veineux mis en contact sous une cloche avec du gaz ygène , rougit, parut devenir artériel , et que, dans la cloe, se retrouva de l’acide carbonique; cetie expérience
présentait ces résultats qu'avec des gaz qui contenaïent l'oxygène, et qui, cédaient ce principe avec facilité. ssenfratz remplit de sang veineux une vessie, plaça le it sous une cloche pleine de gaz oxygène, et obtint les mes résultais. L'expérience semblait ici offrir cette simiude de plus avec la respiration, que l’oxygène modifiait Sang veineux au travers d’une membrane, comme cela raîit être dans le poumon. Enfin, pour confirmer cette tie de la théorie , qui fait du calorique dégagé par la resration la source de la chaleur animale, on faisait remarer qu’il y a en effet dans la série des animaux un rapport astant entre la chaleur du corps et l’étendue de la respi- HOn : mais, pour ne pas trop compliquer la question , négeons cette partie du système, qui retrouvera sa place leurs.
Dans cette première expression de la théorie chimique de respiration , il n’était question encore que de la comstion du carbone du sang veineux ; on ne parlait pas de le de l’hydrogène. Ce fut en 1780, que Lavoisier, de icert avec de Laplace, y fit ceite importante addition : Voici sur quels motifs. Nous avons dit que Lavoisier,
\ | 236 FONCTION DE LA RESPIRATION. | ne retrouvant pas dans l’acide carbonique expiré tout l’oxy. gène qui avait disparu , avait émis qu’une partie de cet oxy gène avait passé en nature dans le sang. Or, ce fait lui fu contesté ,on lui objecta que vainement on avait cherché de l'oxygène dans le sang ; il lui fallut dès lors trouver une autr cause de la disparition de ce principe.D’autre par t,ilremarqu que la solidification de l’oxygène dans l’acide carboniqu ne pouvait sufhre à donner tout le calorique nécessaire à haute température que présente l’homme ; et ce fut pour une nouvelle raison de penser que, dans la respiration , étai encore brülé un corps autre que le carbone , corpsqut düi employer le surplus d’oxygène, et dans la combustion duque l’oxygène , encore plus solidifié que dans l’acide carbonique dût donner lieu à un dégagement plus considérable de calo rique. Il pensa dès lors que le produit de cette autre com bustion devait, comme celui de la combustion du carbone) l’acide carbonique , se trouver dans Pair expiré; et, ml voyant de plus dans celui-ci que de la sérosité, il conçut qui l'élément qui était brûlé avec le carbone était de l’hydra gène. Dès lors, dans la respiration, l’oxygène de l'air ins piré brülait le carbone et HESAPserE du sang veineux, dot l'acide carbonique et l’eau qu’on retrouve a l'air expiré Lavoisier observa, d’ailleurs , à l'appui de son addition! qu’ en mettant du sang artériel en contact avec de l” hydro gène, ce sang artériel prenait une couleur sombre, et paraié sait devenir veineux. De ce moment, la respiration fut tout à-fait assimilée à une combustion. Dans un Mémoire qu Lavoisier publia, de concert avec Séguin, en 1789, cet fonction est mise en parallèle avec la combustion d’u lampe, le carbone et l’hydrogène du sang veineux étant bn L lés dans la respiration, comme le sont ceux de l’huile et# la mêche dans la lampe. Le Mais bientôt quelques physiologistes objectèrent que 1 pénétration mécanique de l’oxygène à travers les parois d Ja membrane muqueuse des bronches était un phénomèn! contraire à toutes les lois connues de la physiologie. Alon les chimistes dirent que les dernières ramifications de l'an tère pulmonaire exhalaient dans les vésicules des bronche
RESPIRATION PROPREMENT DITE. 237 u gaz hydrogène carhoné, et que c'était là qué l’oxygène en ectuait la combustion.
Ensuite, Lagrange fit remarquer que, d’après toutes ces iéories , le poumon devrait être brûlé, par suite du grand fgagement de calorique qu’entraînent les décompositions mtinuelles qui ont lieu dans son intérieur; il s’étonna ae cet organe n'ait pas au moins une chaleur supérieure à Île des autres parties. Dès lors on cessa de placer le siége de combustion dans le poumon , et on le transporta dans les es mêmes de la circulation. On établit que, dans le pouon, l’oxygène était simplement absorbé; qu’introduit en ture dans le sang veineux , ce gaz circulait avec ce fluide, » chemin faisant, en brûlait le carbone et l'hydrogène; d'ainsi il en résultait de l’acide carbonique et de l’eau ; que s produits circulaient avec le sang , lui restaient mêlés ielque temps, et à la fin venaient s’exhaler dans le vumon. On cita, comme preuves de l’introduction de >xygène en nature dans le sang, des expériences de Gürnner, dans lesquelles du sang artériel de brebis ayant été acé sous une cloche pleine de gaz azote, avait, après trente ures , dégagé assez d’oxygène pour qu’une bougie ait pu üler deux minutes dans la cloche. On ajouta que la prénce de l’oxygène dans le sang, était nécessaire pour exciter contractions des cavités gauches du cœur, et pour oxyder fer et produire la couleur rouge de ce fluide. Quelques chimistes n’admirent qu’à moitié cette modifiuon de Lagrange. Professant que partie de l’oxygène de ur est absorbée pour aller brûler le carbone et Phydrone du sang veineux dans le torrent circulatoire, ils ajourent que la combustion de ces deux éléments ne s’y faisait à moitié ; au lieu d'acide carbonique et d’eau, l’on n’avait 1e de l’oxyde de carbone et de l’oxyde d'hydrogène ; ceux-ci naient s’exhalerdansle poumon, etacheverdes’y brûler par reste de l’oxygène de l'air inspiré : l’oxyde de carbone était qui donnait au sang veineux sa couleur noire et l’oxyde hydrogène ce qui lui donnait sa plus grande fluidité. Enfin , d’autres chimistes continuèrent de regarder le umon comme le siége de la combustion ; et, pour échap-
per à la difficulté qu'avait élevée Lagrange , ils dirent quel sang artériel ayant beaucoup plus de capacité pour le ca lorique que le sang veineux, s’emparait, à mesure qu'il était fait, de tout le calorique qui était dégagé; et qu’ainsie calorique ne pouvait plus exercer aucune action sensible st le poumon. Il leur fut même beaucoup plus facile par las concevoir le phénomène de la chaleur animale, puisque ta le calorique dont s'était chargé le sang artériel n’était dég à de ce fluide que lorsque, disséminé dans les organes, celui ci y changeait de nature et redevenait veineux en accompli sant les nutritions , les sécrétions, etc. él
Telles sont les principales variantes de la théorie d chimistes sur la respiration. Leur nombre seul est déjà un présomption contre la vérité de cette théorie ; mais, € outre, elle est susceptible d’objections telles qu’elle ne peu plus être admise. Nous allons séparer ces objections, sell qu’elles s’appliquent à l'hypothèse qui place le siége del combustion dans le poumon lui-même, ou selon qu’elles on trait à celle qui le place dans les voies circulatoires. LU
Et d’abord , une objection capitale à faire à la première] c’est qu’elle attribue à la seule affinité intrinsèque de Poxy gène son application au fluide à sanguifier, son enlèvemen à air respiré, quel que soit le mode selon lequel ce prinei} concourt à l’hématose. Ainsi elleréduit le poumon à n’êtrequ le récipient passif danslequel se produisent lescombinaison Or nous avons prouvé que l’hématose en général, et pa conséquent chacun des éléments desquels elle résulte ,# part qu'y a l’oxygène, par exemple, sont des œuvres d poumon , et les résultats de son mode d'action. N’avons-not pas vu, en eflet, les altérations qu'éprouve l’air et la con version du fluide à sanguifier en sang artériel, se fairee des mesures diverses, selon les états divers de vitalité d poumon ? être diverses, par exemple, en chaque âge chaque individu , selon l’état de-santé, de maladie? ne ll avons-nous pas vues être tout-à-fait impossibles apres mort, et être rendues nulles par la section des nerfs du poi mon, et par la paralysie de cet organe ? À supposer dor que la théorie chimique ait bien spécifié le mode selon le
RESPIRATION PROPREMENT DITE. 239 el l'oxygène concourt à l’hématose, et que ce soit en brûit le carbone et l'hydrogène du sang veineux que ce prineagisse, il faudrait déjà admettre que ce n’est pas l’affinité mique générale qui règle son application , mais bien la alité du poumon.
Une seconde objection à la théorie chimique de la respiran , est qu’elle suppose le passage inorganique de l’oxygène ravers les parois de la membrane muqueuse des bronches. us rechercherons ci-aprës comment pénètre loxygène ; is il est sûr que le mode selon lequel on le fait pénétrer choque toutes les lois connues de la physiologie. Comnt, d’ailleurs, accorder cette introduction toute passive oxygène, avec les faits qui prouvent que c’est ja vitalité poumon qui règle la mesure dans laquelle cet oxygène est ployé ? Les membranes animales sont généralement trop ises pour permettre une telle perméabilité, et surtout la mbrane du poumon, quiest toujours enduite d’un mucus ez épais. Enfin, des expériences ont prouvé que l’on ne uvait, pendant la vie, à l’aide de l’oxygène, changer en g artériel du sang veineux, à travers les parois de la veine ile contient. Goodwin a mis à nu les veines du col sur un mal vivant , il a dirigé sur elies un courant de gaz oxyïe, el, après deux minutes et plus, il n’a pas vu que le ig de la veine ait changé de couleur. Bichat a de même assé de l’oxygène dans des portions d’intestin, dans la sie, dans les aréoles du tissu cellulaire; et, bien que le iyait fait un long séjour, il n’a pas vu que le sang rapporté r les veines de ces parties ait changé de couleur.
En troisième lieu , la théorie chimique que nous discu- 15, admet que l'acide carbonique et la sérosité animale e présente l’air expiré ont été formés de toutes pièces r l'oxygène de l’air inspiré, et par quelques parties du ide à sanguifier. Or, elle admet sans preuves une pareille »Jposiliôn, contre laquelle militent beaucoup de faits et raisonnements. D'abord on a vu que ce n’était pas dès principe que les chimistes avaient admis la formation de ites pièces de la sérosité animale, par la combustion de ydrogène du sang veineux; ce n’est que lorsqu'ils recon-
240 FONCTION DE LA RESPIRATION. | nurent que l’oxygène qu’on retirait de l'acide carboniqu ne pouvait pas représenter tout celui qu'avait perdu Pai inspiré, et lorsqu'ils eurent conçu la nécessité de trouve! pour leur théorie de la chaleur animale, la combustio d’un principe qui solidifiàt encore plus l'oxygène que nel fait celle du carbone. Or, on peut déjà contester ces deu motifs. Quelques chimistes, MM. Davy et Gay-Lussac, pa exemple, trouvent une coïncidenceentière de quantité, entr l'oxygène qu'on retire de l’acide carbonique, et celui qw perdu l'air inspiré. D’autre part, on peut nier ou expli quer autrement la grande part que les chimistes accorden à la respiration pour la production de la-chaleur animale Enfin, voulant bien oublier que c’est l’imagination seul qui conduisit les chimistes à admettre la formation d toutes pièces d’eau dans la respiration, n’y a-t-il pas de faits qui s’opposent à ce qu’on croie à cette formation! 19 Dans nos laboratoires de chimie, et dans la nature inox ganique, nous ne voyons jamais l’oxygène se combiner! l'hydrogène pour former de l’eau, que par l’intermédiai d’un corps en ignition ou de l'électricité ; et toujours la com binaison est accompagnée d’un grand dégagement de calor! que et de lumière. Or, rien de tout cela n’existe dans] poumon. Un a dit que c'était l’influx nerveux qui décida! la combinaison ; mais ce n’est là qu’une hypothèse fondé sur l’analogie qu’on suppose entre le fluide électrique etl fluide nerveux, analogie qui n’est encore elle-même qu’un autre hypothèse. Y a-t-il, lors de la respiration, dégage ment de calorique et de flamme dans le poumon ? Cet orgar pourrait-il résister à de pareils phénomènes ? Séguin, pou échapper au besoin qu’a l'oxygène d’un corps en ignitio pour effectuer la combinaison qu’il faut admettre, dit qu l'hydrogène, dans le sang veineux, n’est pas à l’état de gaz mais à l’état naissant; mais qu'est-ce que l’hydrogène. l’état naissant? ce ne sont pas là des faits, et l’onn voit que l'esprit qui s’agite pour concevoir et imaginer € qu'il ne peut voir. 2° En second lieu, cette sérosit qu’on dit être formée directement par l’oxygène de lai inspiré » existe en tel air expiré que ce soit, même dan
celui qui est rendu, quand on a respiré un air qui ne contenait préalablement pas d'oxygène. C’est ce que prouvent des observations recueillies par $pallanzani, et des expé- riences faites par Nysten, M. Coutanceau et M. Edwards, | que nous allons exposer tout à l’heure. 30 En troisième lieu, Ja sérosité que l’on trouve. dans l'air expiré devrait être de
l’eau pure, et cela n’est pas; c’est une sérosité chargée d’albumine, qui, avec le temps, se putréfie, qui ressemble à celles que fournissent les autres perspirations du corps. 4° Enfin, ne peut-on pas assigner une meilleure origine à “cette sérosité, la rapporter à l’exhalation dont la membrane muqueuse des bronches est le siége ; exhalation qui recon- “nait le même mécanisme, la même nature que les autres exhalations du corps, et dont l’air expiré seulement entraîne avec lui les produits ? Ainsi, déjà l’on peut admettre -que la sérosité , qui se trouve dans l'air expiré, n’esten rien formée par l’oxygène de l’air inspiré, et qu’elle est une excrétion vitale du poumon. En vain les chimistes disent avoir vu du sang artériel devenir livide par son contact avec du gaz hydrogène; peuvent-ils dire en avoir fait par là du sang weineux ? peut-on juger des sangs artériel et veineux par la seule couleur ? et peut-on conclure de ce qui se fait dans des vases, hors l’influence de Ja vie, à ce qui se fait dans l’intérieur de nos organes ?
… Les mêmes considérations peuvent être appliquées à l’aide carbonique. On l’a retrouvé aussi dans l'air expiré, lors même que l’on avait respiré ayant un air qui ne contenait pas d'oxygène. Spallanzani a vu des animaux plongés dans du gaz azote, du gaz hydrogène, dans des gaz qui ne Contenaient nullement d’oxygène, expirer de l’acide çarbonique. M. Coutanceau, de concert avec Nysten, a fait, en 1806, des expériences qui prouvent le même fait. Ila fait respirer à cinq chiens du gaz azote pur, pendant qu'il injectait d’autre part dans le système veineux diffé Tents $az propres à modifier la prétendue combustion du garbone ; il a vu que ces animaux rendaien près la même quantité d’acide carbonique : il prenait cependant la précaution de faire préalablement le vide dans 2, Tome III. 16
L Loujours à peu
le poumon, de sorte qu'on ne pouvait atiribuer la forma= tion de l’acide carbonique à l’air qui restait dans cet organe. Enfin, M. Edwards a encore confirmé ce fait par des ex= périences récentes; pendant l'hiver, époque à laquelle les batraciens supportent mieux l’asphyxie, il a fait respireh pendant huit heures de l'hydrogène à une grenouille, du poumon de laquelle 1l avait auparavant extrait l'air; et ila vu cet animal expirer de lacide carbonique dans une quantité supérieure à son volume. Lés résultats ont été les mêmes, avec des poissons rouges qu'il laissa deux jours dans du gaz hydrogène, et avec un jeune chat de deux jours, qu’il y laissa vingt-trois minutes. Ainsi la production de l’acide carbonique est, comme celle de la sérosité animale, due à ane excrétion vitale du poumon, et Lout-à-fait indépendante | de lenlèvement de loxygène. Ft d’ailleurs, qui pourrait s’en étonner, s’il est vrai qu’une semblable excrétion d'acide : carbonique se fasse en d’autres parties du corps? Or, toutes les membranes muqueuses et la peau sont le siége d’une exy halation, dont le produit contient de l’acide carbonique: Si ce fait n’est pas bien sûr à égard de toutes les membranes muqueuses, au moins est-il évident pour la peau? Séguin et Jurine ont prouvé l’analogie complète de nature qui existe entre la matière de la transpiration cutanée et celle de la transpiration pulmonaire; l’une et l’autre sont une sérosité : animale chargée de 0,03,à0,12 d’acide carbonique; on sait que ces deux excrétions sont solidaires l’une de l’autre, se! suppléent, s’équilibrent, et il y a une assez grande analogie de texture entre les deux organes qui les produisent. Or, à coup sûr, la matière de la transpiration cutanée n’est pas formée de toutes pièces par J’oxygène de Pair extérieurs, pourquoi donc celle de la perspiration pulmonaire le serait-. elle davantage ? a.
Ainsi, tout s'élève contre la théorie chimique qui établit | que l’acide carbonique et l’eau de l'expiration ont été formés de toutes pièces, par une combustion qui s’est faite dans les vésicules bronchiques: Les objections que nous venons de présenter sont également fortes; soit qu’on veuille que le | carbone et l'hydrogène soient brûlés en entier dans Je pou-
vd "A
ae
d'oxyde d'hydrogène , et achèvent de se brûle gane. Dans ce dernier Cas, On peut même a
à brüler dans le torrent circulatoire,
Mon ; soit qu’on admette que ces principes ayant comme
nee Viennent s’exhaler dans le poumon sous forme de &az oxyde de carbone et
r dans cet or.
jouter quelques nouvelles objections. En eflet, cette théorie établit que l'oxygène de l'air ne fait que brûler le gaz hydrogène car-
boné qui s’exhale dans le poumon. Or, 10 c’est supposer que
la matière de la perspiration pulmonaire provient du sang de l’arière pulmonaire, et non de celui des artères bronchi-
Ques, et nous avons Vu que c'était un point en litige. 20] Serait alors inutile que la combustion de ce gaz hydrogène
Carboné se fit ; il suffirait » pour lPhématose, que le sang vei.
neux en fût dépuré; el son excrétion se ferait aussi bien sous Ja forme de gaz hydrogène carboné > Que sous celle des nou-
veaux produits qui, dit-on, résultent de sa combustion. So Ce gaz hydrogène carboné devrait $e retronver dans l’air expiré, toutes les fois qu'on respire un air qui ne contient pas d'oxygène. 40 Enfin, le gaz hydrogène carboné que l’on connaît en chimie, ne brüle jamais que par l’intermédiaire d’un corps en ignition, ou de l'électricité : il donne tou- Jours , pour produits de sa combustion, des substances huileuses , résineuses et alcooliques ; et certes la matière de Ja perspiration pulmonaire n’a pas plus de rapport avec ces substances, que le poumon n’à j’élément igné ou électrique Propre à amener Ja combustion.
- Ainsi l’on peut déjà rejeter cette première variante de la théorie chimique, qui fait consister la respiration dans une combustion , et qui place le siége de cette combustion, en tout ou en partie, dans le poumon. Celle qui recule le siége le la combustion dans les voies circulatoires, n’est pas plus dmissible, Ici, à Ja vérité, la respiration ne consistant lus que dans la préhension de l'oxygène, on peut moins rguer de la vitalité du poumon , et de l'impossibilité que "oxygène pénètre mécaniquement à travers les pores de la nembrane muqueuse de cet organe. Cette théorie , en effet É le préjuge rien sur la manière dont oxygène a été introduit ; Me ne fait que spécifier le mode selon léquel agit ce principe fi 16.
après son introduction. Mais il y a aussi beaucoup de considérations qui doivent la faire récuser. |
En premier lieu, elle ne fut pas admise non plus de primes | abord et sur des faits, mais seulement sur la crainte élevée par | Lagrange , que le poumon ne fût calciné per le grand déga= gement de calorique qui devait se faire dans son intérieur Or, nous ayons vu que quelques chimistes avaient expliqué ce dernier fait en admettant que le sang artériel avait une capacité pour le calorique bien supérieure à celle du sang veineux, etfixaitainsi tout le calorique à mesure que ce fluide | était dégagé. Déslors il n’y aurait plus de motifs à admettre la modification de Lagrange. Bien plus, Legallois, en calculant d’après les données de la chimie elle-même, a fait voir que le calorique , qui est supposé se dégager dans le pou-| mon lors de la combustion prétendue du carbone et de l’hydrogène, n’était pas suflisant pour combler toute la capaz=! cité pour le calorique qu'a le sang artériel ; que celui-ci, dès, lors, était forcé d'en absorber à la substance du poumon! lui-même; et qu’ainsi, il y avait lieu de s'étonner, non pa$ que le poumon ne füt pas brûlé et calciné, comme Va. vait dit Lagrange, mais, au contraire, qu'il ne füt pas) congelé.
En second lieu , des faitset desraisonnements viennent s’é-=| lever contre cette idée d’une combustion progressive dans le Lorrent de la circulation. 1° Les expériences dé Bichat, que nous avons citées plus haut, portent à penser que laction d’hématose est instantanée, et surtout qu’elle est achevée au! poumon ; le sang, en effet, sortait rouge de la carotide , au! moment même où l’on ouvrait le robinet de la trachée-ar-! tère. Or, cela implique contradiction avec cette idée d’une combustion progressive dans les voies circulatoires. 2° Jamaison n’a pu retrouver l'oxygène en nature dans le sang; l'expérience de Girtanner à été en vain répétée. 30 Si la, théorie que nous combattons était vraie, on devrait relrouver de l’acide carbonique dans le sang, et d'autant plus, quel ce sang se rapprocherait plus des confins de la circulation; et serait plus avancé dans le système artériel et dans le sys-| ième veineux. /’auquelin, Fogel, Brande, etc., disent, à la,
RESPIRATION PROPRÉMENT DITE. 245 vérité, que ce fluide en contient ; mais ils ne font aucune distinction sous ce rapport entre le sang veineux et le sang artériel , et rien ne prouve que ce soit l'oxygène de la respi- . ration qui ait concouru à sa formation, D'ailleurs , cet acide carbonique n'aurait dès lors qu'à s’exhaler au poumon. Il faudrait être sûr que l’excrétion pulmonaire vient du sang de l’artère pulmonaire , et non de celui des artères bronchiques. Cette excrétion aurait sur l’hématose une influence aussi prochaine que la préhension de l'oxygène. Enfin, la perspiration pulmonaire ferait une exception à toutes les sécrétions du corps, puisqu’au lieu d’être fabri- .quée par l’organe sécréteur , elleexisterait toute formée dans. le sang. On objectera peut-être que des chimistes ont fait rougir artificiellement du sang veineux par de l’eau de “chaux ; mais peut-on juger, par la couleur seule, qu’un. Sang est artériel? 40 En admettant la combustion progressive , les produits excrétionnels de cette combustion resleraient méêlés au sang, jusqu’au retour de ce fluide au poumon. Or, est-il probable que le sang traîne ainsi dans son sein des débris qui lui sont étrangers, et cela aux lieux mêmes où il est mis en œuvre ? Et que lui servirait d’en être dépuré au-delà par le poumon, puisqu'il aurait auparavant accompli les nutritions et les sécrétions ? Il'y a plus même : jamais le sang n’arriverait pur aux organes qu'il doit nourir; car, tout en se dépurant au poumon, il absorberait dans cet organe une nouvelle quantité d’oxygène, qui, en brûlant de nouveau du carbone et de l’hydrogène, formerait de nouveaux produits excrétionnels. D'après cette théorie de l’hématose , le poumon devrait être placé à l’origine du système veineux, afin que la combustion prétendue ait tout le temps de se faire, avant que le sang soit de retour aux cavités gauches du cœur. 50 Enfin, ce qui achève de réfuter cette théorie, c’est qu’il est sûr que l’hématose se fait complétement dans le poumon ; et que , n'ayant pas commencé avant cet organe, quoi qu'en. ait dit Legallois, elle re se continue pas non plus au-delà. Pour prouver cette importante assertion,nous avons besoin d'entrer ici en quelques détails.
Tandis que Legallois voulait que l’hématose commencçät dès avant le poumon , d’autres physiologistes ont émis l’opinion que cette action se continuait au-delà de ce viscère; mais ils se sontappuyés plutôtsur des raisonnements que sur des observations directes. Leurs arguments se réduisent aux quatre suivants : 1° on a vu l’odeur , la couleur , et d’autres qualités des aliments se montrer dans les fluides sécrétés, dans la substance des organes. N'est-ce pas une preuve ; dit-on , que le chyle, qui était empreint de ces qualités des aliments, a pénétré jusqu'aux extrémités de la circulation artérielle, et par conséquent n'était pas en entier changé eu sang lors de son passage dans le poumon ? 20 La matière de la perspiration cutanée contient, comme celle de la perspiration pulmonaire, de l'acide carbonique. Or , si le dégagement de l’acide carbonique au poumon est un effet de la respiration, de l’hématose, n’est-ce pas une preuve que cette hématose se continue à Ja peau, aux extrémités du système artériel ? 30 Le lait participe avec promptitude et facilité de toutes les qualités des aliments ; il a la couleur du chyle; sa sécrétion redouble après chaque repas ; ne peut-on pas en conclure qu’il émane du chyle, et conséquemment que celui-ci existe dans le sang au-delà du poumon”? 40 Enfin, si on examine le sang tiré quelques heures après un repas, on y distingue nettement les molécules du chyle qui ne sont pas encore sanguifiées ; et ce fait direct prouve , non-seulement que l’hématose n’est pas achevée lors du premier passage à travers le poumon , mais encore que cette hématose exige plusieurs passages successifs à travers cet organe. En eflet, il faut bien que ce chyle, vu: dans le sang tiré de la veine du bras ou du pied , ait déjà | Waversé , au moins une fois, le poumon , le système artériel et les systèmes capillaires du corps, pour qu’il se. trouve ainsi dans le système veineux.
Or, on peut réfuter chacune de ces assertions. D'abord, de ce que des particules alimentaires ont été retrouvées dans les fluides des sécrétions et dans la substance des organes, 1] ne s’ensuit pas qu’elles y ont eté apportées par le chyle Jui-même; elles peuvent avoir passé avec le sang au
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, … avec le chyle sans faire parue de ce fluide, elles suivront
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moment où celui-ci a été fail, comme elles avaient déjà passé avec le chyle lors de la formation de celui-ci, 11 ya
plus même : une fois que ces malières étrangères ont passé
le cours des fluides qui successivement en dérivent, mais
en conservant toujours leur nature étrangère, et en résistant conséquemment à la série des actions élaboratrices qu’elles ont à subir. Loin donc que la présence de ces mo-
Jécules étrangères dans nos parues les plus profondes prouve que le chyle y ait pénétré, il faut reconnaître qu’elles ne s’y montrent que parce qu'elles ne font pas partie du chyle, sinon elles auraient éprouvé toutes les conversions que ce-
Jui-ci subit : ayant franchi une fois la première filière , celle de la chylification , elles ont traversé, en conservant leur mature propre, toutes celles qui font suite, celles de l’hé-
matose, des nutritions, des sécrétions, etc. Nous revien-
drons là-dessus lors des services des sécrétions.
Le second argument est encore moins plausible. D'abord, nous avons dit qu’il était douteux que la production de l’acide carbonique eût une part prochaine à l’hématose , et que ce füt du sang de l’artère pulmonaire que provint cette sub-
*stance. Ensuite, il est sûr que la perspiration cutanée dé-
rive d’un sang artériel , et que le sang qui revient de la peau
est lui-même du sang veineux. Enfin, si la perspiration cu-
tanée dérivait du chyle qui aurait résisté à l’action du poumon et serait parvenu jusqu’à la peau, il faudrait dire pourœuoi tout le chyle n’est pas portéacetite membrane au sortir du poumon , au lieu de n’y être projeté , comme cela est , que par fraction, et de teile manière encore qu'il est impossible Que jamais sa totalité y parvienne.
L’idée de faire dériver le lait immédiatement du chyle est encore moins soutenable; elle contredit toute théorie des sécrétions. Nous avons expliqué tout-à-l’heure comment des matières étrangères pénétraient jusque dans les profondeurs de l’économie; il est facile dès lors de concevoir comment le lait manifeste si promptement et si aisément les qualités des aliments. Il est bien certain qu’il n’y a pas d’au- . tre analogie entre le chyle et le lait que celle de la couleur.
À supposer que le chyle résiste à l’action du poumon, etqu'l existeencore au-delà dece viscère, il serait projetéégalement | dans toutes les artères; et, comme celles du sein ne sont
qu'une très petite partie de tout le système, il n’arriverait, pas assez de chyle à la mamelle pour subvenir à la sécrétion Il sera démontré en son lieu que celle-ci émane du sang.
Restent enfin les observations dans lesquelles on dit avoir vu du chyle au-delà du poumon. Sans doute on ne peut rien opposer à des faits positifs : mais ceux-ci sont-ils bien. certains ? combien il est probable que ceux qui les assurent ont été induits en erreur? D’abord , on peut citer d’autres observateurs, et en grand nombre, qui n’ont jamais pu retrouver du chyle dans le sang, Cullen, Hunter, Mascagny, M. Deyeux ; et cependant il semble qu’un pareil fait aurait dû souvent se rencontrer, s’il était vrai que l’hématose ne füt pas achevée au poumon. Ensuite, que de raisonnements contredisent la possibilité de ce fait! Et qu’on ne vienne pas dire que des raisonnements ne prouvent rien contre des faits; ils prouvent beaucoup quand ils sont judicieusement déduits, et que les faits ne sont pas bien avérés. Si Le chyle n’est pas encore changé au-delà du poumon en. sang artériel, c’est certainement, où parce qu’il doit subir” cette conversion en quelque autre lieu du système circulatoire, ou parce qu’il a besoin pour cela de subir à plusieurs. reprises l'influence du poumon. Or, ces deux Opinions sont également inadmissibles.
D'un côté, dans quel autre lieu du cercle circulatoire le chyle peut-il subir une nouvelle conversion ? Certainement ce ne sera pas dans Lout le système artériel , car nous verrons. que dans son trajet du poumon aux extrémités des artères le sang reste identique. Ce ne peut donc être que dans les | systèmes capillaires, ou dans le système veineux. Or, d’abord, n'est-il pas probable que le sang a toutes ses qualités, | et est parfait aux lieux où il est employé? et, n’est-ce pas immédiatement aux extrémités du système artériel qu’il est mis en œuvre ? que lui servirait-il dès lors d’être modifié au-delà de ce point? et combien il est vraisemblable qu'il est achevé quand il y arrive ? Cette seule réflexion conduit |
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RESPIRATION PROPREMENT DITE. 249 nême à admettre que si le sang artériel tenait de l’oxyène en dissolution, loin que ce principe aille en effecuant une combustion progressive dans le cours de la irculation, il devrait rester tel jusqu’à la fin du système rtériel, parce qu'il ferait partie intégrante de ce sang. l'en serait de même du chyle; si le sang en offrait ncore aux extrémités du système artériel, c’est que ce hyle entrerait comme élément nécessaire dans sa composi- On , et il ne disparaîtrait que lorsque ce sang, par l’œuvre és nutritions et des sécrétions, disparaîtrait lui-même. Mais nsuite , que peuvent faire ici les systèmes capillaires et veieux ? Dans les premiers, le sang est employé aux nutritions taux sécrétions; mais ces actions élaboratrices n’ont rien e commun avec celle de l’hématose; et vouloir qu’elles y Oncourent, en même temps qu'elles remplissent leur office ropre, c’est confondre tous les objets. Quant au système eineux, je ne vois dans ce système que le foie qui soit apte faire subir une modification au sang : il est certainement ossible que le sang veineux alimente la sécrétion de la bile, L qu'il en résulte queïques changements dans sa crâse ; ous agiterons cetie question à l’article de la sécrétion biaire : mais, en admettant cette action élaboratrice du foie, [le serait autre que celle de la respiration ; et, relativement celle-ci, le sang, lors de son retour au poumon, serait ‘ellement dans les mêmes conditions que lorsqu'il y a été orté pour la première fois. Ainsi donc, tout s’élève contre tte première cpinion , qué le chyle éprouve sa conversion ans quelque autre lieu de l'appareil circulatoire, situé auelà du poumon.
Quant à la seconde, où l’on prétend que le chyle à besoin e subir, à plusieurs reprises, l’action élaboratrice du pouon , elle est également réfutée par ce fait, que le sang arriel ne change pas dans toute l’étendue du système de ce om. Encore une fois, n’est-ce pas aux extrémités des artères ue le sang est employé ? et n'est-il pas raisonnable de croire u’alors ce fluide est achevé? Si le fluide à sanguifier a bein pour être changé en sang artériel, de subir, à plusieurs prises, l'influence du poumon, c’est; ou parce que dans
l'intervalle d’un passage à l’autre et dans le cercle circul| toire, il a éprouvé des élaborations nouvelles qui ly o! disposé davantage : ou parce que l’action du poumon : peut suffire à l’artérialiser en une seule fois, et a beso d’être répétée. Or, nous venons de prouver que le premil fait ne peut être admis ; et quant au second , il n’est qu’un con ecture, contre laquelle plusieurs considérations mil tent. En effet, les quantités de chyle et de lymphe qui so versées dans le sang veineux, et conduites à chaque cor traction du cœur au poumon , sont assez petites pour qu’ell! soient aussitôt sanguifiées. Il n’est pas douteux que la côn version du sang veineux en sang artériel ne soit soudaine pourquoi n'en serait-il pas de même de la sanguification d chyle et de la lymphe, qui, comme nous venons de Je dire ne se présentent à celle action qu’en quantité très petite Foutes les autres élaborations nutritives enfin, si l’on ex cepte celles de Ja digestion, se font instantanément, les mi tritions, les sécrétions, par exemple; l’analogie conséquem ment indique qu’il ea est de même de l’hématose.
Les doutes sur Ja question que nous agitons sont venu de ce qu'on a, dans l’hématose, séparé la conversion qu'€ prouve le sang veineux, de celles qu’éprouvent le chyie et lymphe. Ces fluides paraissant , au premier aspect, plu éloignés du sang artériel; on a pensé que leur conversio:
devait être plus difficile et exiger plus de temps. Cependant comme ces trois fluides, chyle, lymphe et sang veineux) sont évidemment au-delà du poumon, changés en un seule même fluide, le sang artériel; que même avant le poumor ils formaient déjà un mélange où tous trois étaient confon: dus, nul doute que ces fluides ne soient soumis en même temps à une même action , et ne soient en même temps aussi et par suite de cette même action, changés en sang artériel nul doute que la nature, en les mélangeant avant de les porter au poumon, n’ait eu pour but de former un fluidé unïque, sur lequel seul pouvait s'exercer l’action élaboratrice de ce viscère. On a dit que le chyle prenait une teinte de plus en plus rosée, à mesure qu'il s’approchait du canal thoracique; nous avons dit nous-mêmes qu'il s’élaborait à mesure
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‘ RESPIRATION PROPREMENT DITE. 251 ul cheminait dans les vaisseaux chylifères ; mais ce n’est
ue comme chyle qu’il s’animalise. D’autres ont avancé que chyle arrivé dans le poumon y était recueilli par les Iymtiques de ce viscère, conduit au canal thoracique, versé ms Ja veine sous-clavière, renvoyé au poumon pour être pris par les lympbatiques, et cela plusieurs fois de suite ; s ont pensé que c'était ainsi que se faisait la sanguification. lais ce n’est là qu’une conjecture qui n’est pas prouvée, et à quelle on peutopposer la considération suivante: le chyle, 3 la nouvelle filière qu’on Jui fait parcourir, est soumis une action semblable à celle qu'’exerce sur lui la filière ul quitte; cette nouvelle filière n'étant encore qu’une lière lymphatique ne peut que le changer en lymphe, que perfectionner comme chyle; et c’est d’une filiére sanune , si nous pouvons parleï ainsi, dont a besoin ce chyle ur être changé en sang.
Ainsi done, l’hématose est complétée dans le poumon luiême , ne se continue pas au-delà ; et par là se trouve renrsée celte autre variante de la théorie chimique, qui plait le siége de la combustion dans le torrent circulatoire. tte variante supposait d’ailleurs que la matière de la #spiration pulmonaire provient du sang de l’artère pul- Onaire, et nous avons déjà dit que des physiologistes élelent de justes doutes sur ce point; M. Couianceau., par emple, fait provenir cette matière du sang de l’artère onchique. Ajoutons encore que cette théorie suppose que excrétions du poumon ont à l’hématose une part aussi
ande, et même plus grande que l’enlèvement d'oxygène,
que nous avons dit n’être nullement démontré.
Nous pouvons encore reprocher aux ehimistes d’avoir,
ms leurs expériences, jugé trop légèrement de la qualité Sang par sa couleur, Ainsi, ils out, disent-ils, fait rou- » artificiellement du sang veineux par le contact de loxy-
ne, et fait noircir du sang artériel par le contact de l'hy-
ogène. Mais, pour cela, le premier était-il du sang
tériel, et le second du sang veineux? Le sang veineux
ugit par bien d’autres réactifs que l'oxygène, par le gaz
drogène carboné, par exemple, l'acide carboneux ; comme
le prouvent les expériences de M. Chaussier, de Beddoës| l'observation des cadavres des personnes qui ont été as phyxiées par ce Bar D'autre part, le sang artériel noirci! souvent sans qu ‘on puisse savoir comment 1l aurait perdi de l’oxygène , ou acquis du carbone et de l’hydrogène ; pa exemple, quand il est renfermé entre deux ligatures, ou con! tenu dans une tumeur anévrysmale , ou reçu dans un vas bien clos. Comme il est certainement possible de faire vou gir artificiellement du sang après la mort, sans qu'il soil pour cela artériel, on conçoit que les chimistes ne peuven| juger de la qualité du sang par sa couleur seule, et qu il ont pu être ainsi souvent induits en erreur. | | Nous récusons donc complétement la théorie des chimis| tes modernes sur l’hématose et la respiration. Selon nous! la chimie n’a fait que signaler l'élément par lequel laires! utile à la Re mais ce ne sont pas les forces don! cette science s’occupe qui règlent l’emploi de cet élément ; el elle ne fait pas connaître comment il a servi à lhématoses | Les chimistes avaient, dans leur théorie, séparé ce qui est de l’hématose générale, ou de la conversion du chyleën sang, de ce qui est de l’hématose artérielle, ou de la con version du sang veineux en sang artériel. Or, ieur théort de la sanguification du chyle n’est pas plus admissible qu celle de l’hématose artérielle. Remarquant que le chyleæ Ja lymphe sont déjà fort semblables au a, ils prétendaien que ces liquides ne difléraient du sang qu’en ce que la brine des premiers n’est pas aussi CE que celle dt sang, et en ce que la matière colorante des premiers tient un phosphate de fer au minimum d’ GX Ua TION et de couleur blanche, tandis que celle du second tient à un phosphate! de fer au maximum d’oxydation et de couleur rouge. Dès lors la sanguification du chyle leur a paru devoir consister en une action qui, d’un côté, a animalisé davantage sa fibrine, et de l’autre a RE son phosphate de fer, del manière à Le faire passer de l’état de phosphate de fer-bl à l’état de phosphate de fer rouge. Voici comment ce dou-| ble objet leur avait paru être rempli dans la respiration. L’oxygène de l’air inspiré s’est uni à une grande partie du.
$ RESPIRATION PROPREMENT DITE. 253 carbone du chyle, ce qui a donné lieu à l'acide carbonique qu’entraîne l’expiration; le chyle ainsi a été décarbonisé, Pazote est devenu prédominant dans la composition de ce liquide , et le résultat de cette prédominance a été d’animaliser davantage sa fibrine, une substance animale étant généralement d’autant plus animale qu’elle contient plus d’azote. De plus, au moment où le chyle arrive dans le sang veineux , la soude qui existe dans ce liquide s’est emparée d’une petite quantité de l’acide phosphorique du phosphate le fer du chyle, et a mis à nu un excès de fer ; alors l’oxyjène de l’air inspiré s’est combinée à ce fer, l’a suroxydé , Pa fait passer ainsi de l’état de phosphate de fer-blanc à l’état le phosphate de fer rouge ; et la sanguification du chyle a té achevée.
… Mais, on peut objecter que cette théorie réduit encore le Poumon à un rôle tout passif dans la respiration, qu’elle uppose la pénétration mécanique de l'oxygène à travers les jores de la membrane muqueuse, qu’elle renferme enfin ‘idée d’une combustion directe eflectuée dans le poumon ; t déjà chacune de ces trois propositions a été démontrée ausse. Erfuite, est-il vrai que le chyle soit un fluide trop arboneux, et que pour le sanguifier il faille l’azotiser ? comnent croire que celui des animaux carnivores, par exemple, O1 Lrop carboneux? il devrait certainement f’être moins que celui des herbivores, et par suite les carnivores devraient xpirer moins d'acide carbonique que les herbivores; or, ela n’est pas. En troisième lieu, la quantité de carbone nlevé au chyle est trop petite, pour que par cela seul l’aote prédoraine dans ce liquide; et alors, d’où viendrait ‘azote nécessaire pour animaliser la fibrine ? Fnfin, pour e qui est du phosphate de fer-blane, porté par oxydation u rouge, la présence de ce sel n’est pas bien démontrée lans le chyle; souvent on n’a pas trouvé de fer dans ce liuide, bien qu’on en ait mêlé exprès aux aliments: que d’aiments qui ne contiennent pas de fer ! et que d'animaux à ang rouge, qui cependant usent d'aliments qui ne contienlent pas de fer ? Le phosphate de fer d’ailleurs n’est soluble que dans les acides, et le chyle ne est pas. Est-il bien vrai,
en outre, que ce sel soit moins oxydé que le phosphate rouge ?| et ce que l'air inspiré fournit d'oxygène suffit-il pour le suroxyder ? Comment croireaussiqu’unliquideaussi peu alkakin que le sang puisse enlever un peu d’acide phosphsrique à ée sel, lorsque pour obtenir ceteflet dans la teinturealkaline de Sthal, il faut employer une dissolution alkaline très chats gée ? Enfin, est-ce bien le phosphate de fer rouge qui pros! duit la couleur rouge du sang, comme l'ont professé d’a bord Fourcroy et M. F’auquelin ? À juger d’a près les derniers travaux de MM. Brande et Berzélius, la matière colorante du sang n’est pas un sel à base de fer, mais une matière animale particulière. 4
matose n’est bonne sous aucun point de vue; et de cetté) manière se trouve démontrée notre seconde proposition 1 que puisque l’action d'élaboration qui se passe dans le pouë| mon ne peut être assimilée à aucune action mécanique | ou chimique de la nature, elle doit être dite organique et | vitale. j |
Dès lors, nous pouvons dire de cette action, qui ne tombe] pas sous les sens, et qui est insaisissable en son ëssence , ce! que nous avons dit des autres actions élaboratrices précéz| demment examinées. 10 Elle ne peut s'exercer que sur uñ| fluide approprié, le mélange du chyle, de lymphe et de! sang veineux. Ce fluide est pour elle ce que sont les aliments pour la digestion, par exemple : tout ce qui n’est pas c fluide subit en vain son influence; comme dans la digestion; | tout ce qui a franchi l’estomac sans être changé en chyme n’est pas non plus changé en chyle. Cependant il faut avouer. qu'il ya ici une plus grande latitude: des trois humeurs. qui forment le fluide qui va se soumettre à l’action d'hématose, l’une, le chyle, n’est apportée que par intervals | les , et même peut manquer pendant un temps assez long: Encore sait-on qu’alors le sang, non-seulement diminue de quantité , mais encore se détériore dans sa nature. 20 Cette action élaboratrice est une altération sui generis, el n’a:en elle-même rien de chimique. I] n’existe en effet nul rapport | chimique, entre Je sang artériel qui est le produit de cette
Ainsi, la théorie des chimistes sur la respiration et l'h&l
RESPIRATION PROPREMENT DITE. 255 action, et les matériaux avec lesquels ce produit a été fait c'est-à-dire l'air d’une part, et le mélange de chyle , de lymphe et de sang veineux de l'autre ; de la composition chimie de ceux-ci on ne peut conclure chimiquement à Ja Drmation chimique de celui-là; et quand bien même la ransformation matérielle qui se produit ici serait une ontinuation de celles qu'ont faites précédemment la chyk ose et la Jymphose, il est sûr que ce ne sont pas les lois chimiques générales qui y président. 30 Enfin, cette action nne toujours naissance à un même produit : el en eflet , mment pourrait-1l en être autrement, puisqu'il y a idené des matériaux, et que c’est toujours un même organe ricateur qui agit? Il n’y a de variations que celles qui lennent à l’état plus ou moins bon du fluide qui subit l’action de l’hématose, et au degré de perfection avec lequel agit l’organe de cette action. C’est la répétition des mêmes Proposilions déjà exprimées lors de la chymification, de la chylose, de la Iymphose, etc.
Nous devons dire encore que cette action élaboratrice d’hématose s’accomplit insiantanément, à l'instar de la médaille qu'on frappe. Dans les expériences de Bichat, on vu le sang sortir rouge de la carotide, aussitôt qu'en oujant le robinet de la trachée-artère on permettait à la res- Piration de se faire librement. Puisque d’ailleurs le sang ériel n’éprouve plus aucun changement depuis sa sortie 1 poumon jusque dans le parenchyme des organes où il doit tre employé, il faut bien qu'il ait été fait dans l’acte rapide le la respiration.
reste, enfin, la question de savoir comment l'oxygène , ans lequel l’hématose ne se ferait pas, a pénétré et a été mis en contact avec le fluide à sanguifier. Cette question ntre dans celle qui est relative à la partie du poumon s laquelle se passe l’action élaboratrice de la respiration, sur laquelle nous avons avoué notre ignorance. Encore
ine fois , ne connaissant pas quels ra pports ont entre eux à
eurs extrémités capillaires les trois systèmes vasculaires des
fluide à sanguifier, ou au moins est soumis en même temps! que Jui à l’agent de l'élaboration. Faisons remarquer , en| eflet, qu’admettre que l’oxygène, par sa seule application! au fluide à sanguifier , effectue sa conversion en sang artériel, c’est retomber dans la théorie chimique dont nous! avons démontré la fausseté. On ne doit que rechercher Ja! voie par laquelle l'oxygène est introduit, pour être soumis! avec le fluide à sanguifier à l’action de l’agent élaborateur. Or, celui-ci ne pouvant être spécifié, comment cette voie! pourrait-elle être indiquée ? On peut toutefois faire deux conjectures à cet égard. 1
Dans l’une, on peut supposer que l'oxygène, entraîné par: son affinité intrinsèque, se porte sur le sang veineux à tra: vers la membrane muqueuse des bronches, et les parois des vaisseaux qui le contiennent. Mais nous avons vu que la vi-| talité du poumon était ce qui réglait ia quantité dans laquelle! l’oxygène est consumé; aucune de nos ingestions ne s’opère d’une manière aussi mécanique ; et il est bien plus raisonnable de penser qu’ici comme ailleurs , c’est une absorption qui l’effectue. Dans les animaux qui respirent par la peau, c’est à coupsûr une absorption qui saisit l'oxygène ; il est donc probable qu’il en est de même dans les autres animaux; et en effet, on doit se rappeler qu’à la fonction d'absorption, nous avons distingué une absorption aérienne ou respira= toire. Dès lors, on a dû rapporter celte absorption à l’un ou l’autre des deux systèmes vasculaires qu'on considère comme absorbants, les lymphatiques et les veines. nm :
Plusieurs physiologistes ont pensé que c’étaient des yais-| seaux lymphatiques qui absorbaient l'oxygène dans le poumon , et que dès lors ce gaz était conduit par la filière de! ce syslème au sang veineux. Là-dessus même a été fondée une théorie de la respiration, qui est assez séduisante par l'analogie complète qu’elle établirait entre cette fonction et la digestion. 10 L'air éprouve une première élaboration en traversant la bouche et les fosses nasales, et en circulant jusqu'au fond des vésicules bronchiques, comme l’aliment. en éprouve une dans son trajet de la bouche à l'estomac. 20 Cet'air parvenu au fond du poumon fait une impression
Ce
en. ‘ol ainle 4
FE
sur cet organe, et selon sa qualité, bonne ou mauvaise, que le poumon à le digérer ou à le rejeter, c’est-à-dire à absorber son oxygène ou à effectuer l'expiration ; comme l'aliment exerce sur l’estomacune im pression qui décide cet organe à le digérer ou à le rejeter par le vomissement, 30 Alors, l’oxygène de l’air inspiré est absorbé par les vaisseaux lÿmphatiques du poumon : et l’on cite comme preuves de cette partie de la théorie , en premier lieu le grand nombre de vaisseaux lymphatiques qui existent danse poumon, et qui semblent réellement accuser qu'il se fait une absorption externe dans cet organe ; eten second lieu les faits nombreux qui montrentque très souvent, eneffet, les matières étrangères qui sont mêlées à l’air y sont absorbées pendant la respiration. 40 L’oxygène ainsi absorbé par les vaisseaux lymphatiques suit la voie de ces vaisseaux, c’est-à-dire traverse les ganglions bronchiques, parvient au canal thoracique, et est versé dans le sang veineux aux veines sous-clavières, ayant éprouvé dans ce trajet une certaine élaboration. 50 Mis alors en contact avec le fluide à sanguifier, il en brûle le carbone et lhydrogène pendant le trajet, qu’ils parcourent ensemble , des vei-nes sous-clavières au poumon, à travers les cavités droites du cœur. 60 Enfin, viennent s’exhaler au poumon les produits de cette combustion , d’où l’acide carbonique et l’eau
provo-
qu’on retrouve dans l’air de l'expiration. Ainsi, la respira-
uon sert à l’hématose, et parce qu’elle fournit l’oxvoène ,et DO q yE parce qu’elle dépure le sang veineux des produits de la com-
bustion du carbone et de l'hydrogène de ce fluide. L’oxygène
est appliqué au sang veineux, un peu au-dessus du lieu où se fait l’exhalation des produits excrétionnels, de sorte que la combustion a le temps de s'effectuer; et d'autre part , celte exhalation se fait avant que le sang soit mis en œuvre | desorte que celui-ci arrive aux organes, pur et purgé de tous
ses débris. Enfin, la voie par laquelle on le fait parvenir à
e— + Em
l’économie est celle par laquelle pénètrent toutes les sub-
stances ingérées.
Mais, quelque séduisante que soit ectte théorie, beaucoup d'objections s'élèvent contre elle et la ruinent. 10 D'abord, les ‘élaborations prétendues de l'air, dans son trajet de la