CHAPITRE II
Des Sécrétions en particulier.
en Se. Dans cette HER on peut suivre dus Re dres : un anatomique, dans one) on décrit les sécrétions
DES SÉCRÉTIONS RÉCRÉMENTITIELLES. 469 selon le genre d’organes sécréteurs auquel elles sont dues, ur autre physiologique , fondé sur l’office que remplissent les diverses sécrétions dans l’économie. Dans le premier, qu'a suivi Pichat, on partage les sécrétions en trois classes, les exhalations, les sécrétions folliculaires et les sécrétions glandulaires. Dans le second, on les divise en deux sections ; les récrémentitielles , c’est-à-dire celles dont les produits sont repris par l'absorption interne , et rentrent dans le torrent de la circulation ; et les excrémentitielles, c’est-à-dire celles dont les produits sont rejetés au-dehors, et fondent les ex- crétions. C'est ce dernier ordre que nous suivrons , toutes les considérations que peut inspirer le premier ayant été exposées lors de l’étude anatomique des organes sécréteurs et de l’énumération des humeurs, et le second nous ramenant à l’acte de décomposition qui clôt la série des fonctions organiques et nutritives de l’homme. Nous serons ainsi conduits à étudier toutes les excrétions du corps, et à en apprécier Putilité et la quantité.
ARTICLE PREMIER
Des Sécrétions récrémentitielles.
Toutes ces sécrétions , ainsi nommées parce que leurs produits sont repris par l'absorption interne, et rentrent dans le torrent de la circulation, ont pour agents des organes exhalants, et sont versées dans des cavités intérieures et qui ne communiquent nullement au dehors. De là résulte que leurs humeurs remplissent deux sortes d’offices ; des services locaux relatifs à la partie sur laquelle elles sont versées, et des services généraux , comme retournant dans la Jymphe et le sang veineux. Nous allons les décrire successi-
vement , mais en passant avec briéveté sur celles qui ont pu déjà nous occuper.
Ç Ier. Exhalation séreuse du Tissu Cellulaire, ou Lamineux.
LA
Le tissu cellulaire, où lamineux, ce solide organique qui,
en même temps qu'il forme le canevas de tous nos organes , A . KT ° » .
semble être une Spongiosité Jelée entre toutes nos parties
pour en remplir les vides, exhale dans ses aréoles une sé-
rosité sous forme de vapeur. Dans les lames de ce tissu s’ou> |
vrent en effet de véritables vaisseaux séreux, qui perspirent |
une vapeur albumineuse, analogue à celle que nous verrons être fournie par les membranes séreuses. On a des preuves
de cette sécrétion dans la vapeur qui s’exhale de l’intérieur d’un animal récemment tué et ouvert, et dans la maladie appelée anasarque. Ce suc est repris par lPabsorption interne, dans la même proportion qu’il estexhalé, et ne s’accumule dans le tissu cellulaire que dans le cas maladif que nous venons de dénommer. A tort on a supposé qu’animé,
dans ce tissu, d’un mouvement de circulation dans une
direction déterminée, et dont le diaphragme ; par ses mouvements alternatifs d’élévation et d’abaissement, serait le
principal moteur, il y suivait des couranis dans des diréc-.
tions diverses. Son usage est évidemment de faciliter les :
mouvements, les glissements des parties. Etudié chimiquement , il paraît contenir une certaine quantité d’albumine, de l’eau et quelques sels. On ne peut en évaluer ja quantité totale, les diverses parties du corps différant beaucoup les unes des autres, relativement à la quantité qu’elles en présentent.
$ 11. Secretion des Sucs séreux.
Toutes les membranes du corps, appelées séreuses ou villeuses simples, qui lapissent les cavités splanchniques , et servent de pédicule et de soutien aux organes qui y sont contenus, sont de véritables organes exhalants qui sécrètent un balitus albumineux. Ces membranes ont été décrites à l'article des organes divers euxquels elles appartiennent : ce sont les arachnoïdes cränienne et rachidienne , la plèvre, le feuillet interne du péricarde , et le péritoine. I} faut encore ÿ ajouter la membrane vaginale du testicule, dont nous parlerons à la génération. Indiquons du reste, selon notre ordre accoutumé, leur disposition anatomique d’abord , et ensuite leur action de sécrétion.
Ces membranes ont la forme d’un sac sans ouverture,
a DO os
SÉCRÉTIONS SÉREUSES. 471 d’un côté lapissant la cavité splanchnique dans laquelle elles existent, de l’autre revêtant les viscèresqui y Sont contenus, servant ainsi de lien à l’une et aux autres, et repliées conséquemment au-dedans d’elles-mêmes , comme l’est la lame interne d’un bonnet de coton relativement à l’externe. Par leur face externe, elles adhèrent dans une de leurs moitiés à la cavité splanchnique, et dans l’autre aux viscères auxquels elles servent de pédicule. Leur face interne , au contraire, est libre et répond à la cavité qu’elles forment dans leur ensemble. C’est à celle-ci que suinte l’humeur qu'elles sécrètent. Quant à leur texture, elles sont des organes sécréteurs exhalants, c’est-à-dire qu’en elles le système vasculaire sanguin qui apporte les matériaux de la sécré- Lion se continue sans aucun intermédiaire avec le système vasculaire exhalant. Ce sont des membranes très minces, transparentes, blanches, Iuisantes à leur surface libre, dont le fond est celluleux, et dans la trame desquelles les artères devenues capillaires se continuent avec de nombreux vaisseaux exhalants. On n’y a pas découvert de nerfs.
Ces membranes sécrètent , par le mécanisme général des sécrétions, un sue sous forme de vapeur, d’halitus, qui entretient la souplesse de la membrane, et est repris par Pabsorption interne en même proportion qu’il est exhalé. On avait rapporté ce suc: à l’action de glandes qu’on disait logées dans leur tissu; mais Ruisch a prouvé que ces glandes n’exislaient pas. Hunter en assimilait la formation à une transsudation à travers les aréoles, les interstices, les porosilés des vaisseaux; mais c’est d’autant plus évidemment une sécrétion, que son produit, quoique assez semblable au sérum du sang, cependant en diffère encore un peu. C’est le sang artériel qui fournit les matériaux de cette sécrétion ;. elle est visible à l’œil nu, quand on met à découvert une membrane séreuse et qu’on l’examine.
L’humeur qui en est le produit est un suc albumineux, qui a la plus grande analogie avec le sérum du sang , qui en différe cependant en ce qu’il contient moins d’albumine. Hewson , l'ayant recueilli sur des animaux qu’on lLuait exprès, l’a vu, par le repos et sou exposition à l’air, se coagu-
ler comme Ja lymphe coagulable du sang. Bostock a trouvé
en lui, de l’eau, de l’albumine en moindre proportion que
dans le sérum du sang, de la matière incoagulable et des. sels. Béclard dit que cette matière incoagulable est du mucus gélatiniforme, semblable à celui que l’on trouve dans. l’albumine coagulée du sérum du sang. Schwilguéy a signalé |
encore une matière extractive et une matière grasse. Dans l’état naturel, jamais ce suc ne fait amas dans la eavité de la membrane séreuse, parce que l’absorption interne
le reprend à mesure qu’il est exhalé. Mais dans l’état maladif, cela n’est pas de même, par exemple, dans les diverses » hydropisies.: toujours aussi il s’y accumule un peu après la
mort. Il est versé au lieu où il doit agiraussilôt qu'il est fait,
par le seul fait de la disposition mécanique des parties; et l’on ne peut pas séparer son excrétion de sa sécrétion.
Ses usages locaux sont de former à la surface des viscères une atmosphère chaude, humide, qui entretient leur température, leur souplesse, et facilite leurs mouvements, leurs
ae mnt. Pa
EN cree
glissements. À juger par les douleurs que causent les moin-
dres obstacles aux glissements des organes les uns sur les autres, 1] paraît que de la facilité dans ces glissements est une condition d’intégrité bien importante pour notre écono-
mie; etce sont les sucs séreux qui servent à l’établir. Quant à
ses usages généraux,comme Ce suc est repris par l'absorption
interne, et qu’il retourne à la lymphe et au sang veineux, il concourt, à la crâse de ces fluides, et il doit compter parmi les matériaux que l’économie puise en elle-même pour sa con-.
servation. M. Chaussier conjecture mème que ces sucs sont
plus propres que tous autres à cet office, comme étant déjà
le produit d’une élaboration organique, qui a dü les rap-
procher davantage de l’état de matière vivante.
Les exhalations séreuses diffèrent probablement dans chaque membrane ; les légères différences qu'on peut signa-"
ler entre ecs membranes, et la diversité des sucs des hydropisies de chacune, portent à le croire. Leur quantité totale
est impossible à évaluer. Bichat croit que cette quantité.
surpasse celle des sucs muqueux et cutanés, et cela parce que les surfaces séreuses Jui semblent avoir plus d’étendue
SÉCRÉTION DE LA SYNOVIE. 473 e les membranes muqueuses et la peau : mais cela n’est ’une conjecture dont ilest d'autant plus permis de dou- *, que la quantité de la sécrétion varie certainement dans aque membrane séreuse particulière.
Ÿ IL. Sécrétion de la Synovie.
On appelle synovie l'humeur grasse qui, versée dans les äculations mobiles, y enduit les surfaces des os et en facie les mouvements. Nousavons parlé de cette humeur à l’arle locomotion. Nous avons rappelé les opinions erronées ‘on a eues successivementsur sa production, savoir: celle de Opton-Havers, qui plaçait la source de cette humeur dans prétendues glandes synoviales , considérant comme telles masses cellulo-rougeatres qu’on trouve en quelques artilations , et qui ne sont que des repiis de la membrane sy- Viale analogues à ceux qu'offrent toutes les membranes séises; celle de Haller, qui regardait la synovie comme la elle qui avait transsudé à travers l'extrémité spongieuse s os. Nous avons dit que tous les physiologistes la rapporent aujourd’hui, avec Bichat , à l’action exhalante d’une mbrane dite synoviale, qui a la même forme qu'une mbrane séreuse, et qui, par beaucoup d’anatomistes, est isidérée comme une dépendance du tissu séreux, Ces membranes sont multiples. Il en existe dans tou- les articulations mobiles, dans toutes les coulisses et mes où se meuvent des tendons ; enfin, on en trouve quelques endroits sous la peau, partout où cette mbrane recouvre des parties qui exercent de grands et quents mouvements, comme entre la peau el la role, entre l’olécrâne et la peau, etc. Ces dernières sont pelées bourses synoviales sous-cutanées. Toutes, comme membranes séreuses, forment des sacs sans ouverture ; es adhèrent par leur face externe à la cavité de l’articulan, de la coulisse de tendon qu’elles tapissent ; et par leur e interne, elles sont libres et ne répondent qu’à ellesmes. C’est de ce côté qu’ellesexhalent. Leur textureintime celle des membranes séreuses, savoir, une trame cellu-
474 FONCTION DES SÉCRÜTIONS. | leuse, pénétrée par des vaisseaux capillaires sanguins , quil changent promptement en vaisseaux exhalants. Il y à que
ques différences dans chacun des trois genres que nous avol distingués, synGviales des articulations , synoviales des à dons, et bourses synoviales sous-cutanées. 1 C’est par exhalation que ces membranes produisent synovie, dont nous avons indiqué, à l’article de la loc motion, les qualités physiques et la composition chimiqu Peut-être y a-t-il quelques différences dans celle de chacu des trois genres d'organes synoviaux. La synovie des bours| sous-Culanées est trop peu abondante pour qu’on ait pu recueiHir et l’examiner. Celle des synoviales des tendons el visqueuse, d’un jaune rougeâtre, oléiforme, en pariic Co! gulable, et contient de l’albumine et du mucus. Enfin , c'e! à la synovie des articulations que se rapporte l'anilsd M: Margueron ; aux principes , eau , albumine, fibrine! soude, muriate de soude, phosphate de chaux, que ce ch! miste y a trouvés, il faut ajouter une matière animale qu'on dit être de l’acide urique. 4 C’est aussi du sang artériel qu’émane cette sécrétion; « l’absorption interne en reprend le produit à mesure qu’il es exhalé, de sorte que ce produit ne forme aucun amas dan les articulations, et les tient seulement humides. Les partit sont encore disposées de manière, que le suc est versé ausfi tôt sur les surfaces où il doit agir , et que l’excrétion succèd irrésistiblement à la sécrétion. Ses usages sont évidemmen! de faciliter les glissements et les mouvements des os et dé tendons. On ne peut pas plus évaluer la quantité totale de exhalations synoviales , que eelle des exhalations séreuses ;1 y à même plus de différences entre les membranes 4 10 Viales, l’activité de la sécrétion dans chacune étant en gé néral en raison de la mobilité de l'articulation à laquelle elle appartient.
Ÿ IV. Æxhalation de la Graisse. 0) af Il ÿ à eu beaucoup de coutroverses anatomiques sur l'or.
gane producteur de Ja graisse, Haller prétendait que cettl