‹ Physiologie de l'homme (volume 2)Chapitre 86 sur 97 · LEE · texte numérisé non relu

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que, consécutivement au vide qu'a fait Pinspiration dans

le poumon, cette pression cesse d’être contrebalancée. Or,"

MM. Preschet et Edwards, remarquant que l’exhalation ne“

diffère d’une absorption qu’en ce qu’elle se fait dans une

direction inverse, ont conjecturé que cette exhalation de-

D UE DEUX r ’ r o° . . 0 LA vrail être accélérée par toute force qui attirerait les fluides” du dedans au dehors, et ils out cru trouvercette force dans® l'inspiration. Selon eux, l'inspiration appelle mécamique- |

ment les fluides de l’économie à la surface de la membrane

Je

DES EXHALATIONS MUQUEUSES. 521 muqueuse du poumon, au même titre qu'elle fait pénétrer l'air extérieur dans cet organe. [ls appuient leur conjecture sur les expériences suivantes. 10 Is ont adapté à la trachée artère d’un chien, un luyau communiquant à un souflet , eL ont ouvert largement le thorax à cet animal; la respiraton naturelle s’est aussitôt suspendue; mais, à l’aide du souflet , ils ont pratiqué une respiralion artificielle , et ils ont obtenu ainsi que la surface intérieure des cellules pulmonaires fût constamment soumise à la même pression , et ne présentàt plus, sous ce rapport, les différences qu’elle offre dans l'alternative des mouvements d'inspiration et d'expiration de Ja respiration naturelle. Alors, ils ont injecté dans le péritoine de l'animal ; Six grains d'alcool camphré ; et tandis que, sur un autre chien dont la respiration était nalurelle, et sur lequel on faisait l'expérience comparalive , cet alcool camphré apparut, dans la perspiration pulmonaire, au bout de trois à six minutes, chez l’autre chien il ne s’y montra Jamais. Avant ensuite mis à nu ,en un endroit, les muscles de l’abdomen , et y ayant appliqué une ventouse, ils ont vu la surface ventousée déceler bientôt odeur de l'alcool camphré. Ainsi, par cela seul que la surace pulmonaire avait cessé d’être soumise à l’action aspiante de l'inspiration , l’exhalation dont cette surface est le lége avait cessé d’excréter les substances contenues dans le ang; el, au contraire, l’exhalation dont la peau est le lége , avait décelé ces substances, aussitôt qu’une partie de elle membrane avait été soumise à l’action aspirante d’une entouse. 2° Ï]s ont injecté, dans la veine crurale , de l’huile ssentielle de térébenthine , Chez deux chiens, dont l’un éspirait naturellement, et dont l’autre était disposé comme lans expérience précédente. Ils ont vu que, chez le prenier, l'huile essentielle de térébenthine se montrait bientôt ans la Perspiration pulmonaire , et qu’à l’ouverture du c2avre, cette huile imprégpait bien plus fortement le pouaon et la plèvre que les autres tissus. Dans le second chien . u Contraire, l’huile avait à peine apparu dans Ja perspiraion pukmonaire, et, lors de l'ouverture du cadavre, il n’y Bavait pas en plus grande abondance dans le poumon que

dans les autres tissus, dans la plèvre que dans le péri-: Loine; c’est comme si on avait fait l’expérience sur un ca-: davre, tous les tissus se montraient également imprégnés.| Ainsi, dans le premier chien, l’action aspirante de l’inspi= ration semblait avoir appelé, dans la perspiration pulmonaire, toute la térébenthine, et avoir éloigné cette térébenthine des autres tissus; et au contraire, dans le second chien, la surface pulmonaire , privée de toute force d’aspiration, n’avait été pénétrée de la térébenthine que comme tous les autres tissus, et dans la même proportion, De ces expériences, MM. Breschet et Milne-Edwards concluent quel chaque mouvement d'inspiration constitue une espèce de succion qui appelle, à la surface pulmonaire, le sang, et qui fait rejeter par cette surface les substances liquides et ga= zeuses mêlées à ce liquide, plus particulièrement que par les autres surfaces exhalantes du corps.

Le jugement que nous avons porté sur la théorie dé M. Barry, touchant la cause de la circulation veineuse et de l’absorption, doit faire pressentir notre opinion sui ces idées d’un même ordre de-MM. Breschet et Edwards. Nous ne voyons encore dans cette influence de l’inspiration: sur l’exhalation pulmonaire , qu’une influence accessoire; qu’un de ces faits où la puissance, constamment agissanté d’une force physique, vient s’associer à la production d’un phénomène organique, et quelquefois domine la cause dé celui-ci. Est-il possible de considérer toute exhalation comme l'effet d’un appel provoqué par une action aspirante physique vers la membrane qui est le siége de cette exhala: tion? Etla propriété qu’a toute exhalation de dépurerle sang des substances étrangères que ce liquide contient , dépend t-elle d’un semblable appel ? Il est trop évident qu’on doit répondre négativement à ces questions, soit qu’on les applique à toutes les exhalations en général, soit qu’on les restreigne à l’exhalation pulmonaire en particulier. D’a: bord , les expériences de MM. Breschet et Edwards nous fournissent elles-mêmes des arguments contre leur manière de voir. Ayant injecté dans la veine crurale d’un chien, qui n'avait qu'une respiration artificielle, de l'huile tenant

DES EXHALATIONS MUQUEUSES. 523 en dissolution du phosphore, ils ont vu le phosphore se montrer de même dans la perspiration pulmonaire , et , au contraire , ne pas être appelé sous une ventouse appliquée à la surface externe de l’estomac. Pourquoi ce résultat en- Uèrement opposé à celui obtenu dans les expériences précédentes? Et une telle opposition devrait-elle se présenter, si le phénomène de l’exhalation pulmonaire reconnaissait pour cause la puissance toute physique que l’on invoque ? D’autre part, MM. Breschet et Edwards disent que toutes les parties de la peau ne répondent pas aussi facilement les unes que les autres , à l'appel que leur fait la ventouse : la peau de la cuisse, par exemple, n’accusait pas aussi promptement l’odeur de l’alcooi camphré que la peau de la région de l’estomac. Or, cela peut-il se concevoir encore, dans l’hypothèse qui attribue l’exhalation à une action physique d'aspiration ? Enfin, la perspiration pulmonaire v’est pas la seule exhalation que présente Île corps humain ; ? cette exhalation n’est pas la seule qui dépure le sang des ubstances liquides et gazeuses , qui sont accidentellement nêlées à ce liquide. Or, quelle est l’action physique d’as- 1ration qui produit les autres exhalations, lesexhalations éreuses, celluleuses, et autres ? Et pourquoi ces exhalations ccusent-elles de même la présence des substances étranères mêlées au rang ? Cette objection s’étend même à toutes es sécrétions , car toutes dépurent le sang; une d’elles surout, la sécrétion urinaire, a spécialement cet office; nous errons l'urine se charger de toutes les substances étranères que contient le sang; or, est-ce une action physique “aspiration qui préside à cette sécrétion ? Il esl.trop évient que , dans cette combinaison inévitable de forces phyques et de forces vitales que présentent les corps vivants ans la production de tous leurs phénomènes, on a encore 1 exagéré l’influence de la force physique, et paru méconaitre que l’action organique est Loujours Ja principale. Toutefois le produit de la perspiration pulmonaire est mblable à la matière de la transpiration cutanée: c’est un élange de gaz acide carbonique , et d’une sérosité albuineuse à l’état de vapeur. Il est excrété avec l'air de l’ex-

piation , qui le dissout en partie, et l’entraîné avec Jui. Il se voit en hiver, ou quand on expire sur un Corps poli ou! dans un vase entouré de glace et qui le condense. | Les usages de cette sécrétion sont jugés plus ou moins importants, selon l’espèce de sang de laquelle on la dérive. Si on la dit alimentée par l’artère pulmonaire, elle servira à l’hématose. Si elle vient du sang des artères bronchiques} ce qui est plus probable , elle servira seulement à mainteni! humide la membrane muqueuse du poumon, et peut-être à conserver à un degré fixe sa température.

Sa quantité fut d’abord confondue par Sanctorius, avéa celle de la transpiration cutanée ; mais depuis, on a cherché à évaluer chacune d’elles en particulier. Lavoisier et Séguin s’enveloppèrent d’un grand étui de taffetas gommé , qui s’é: tendail au-dessus de leur tête, mais qui était garni d’un tube , qui communiquait au dos pour leur permettre de respirer. Connaissant le poids de leur corps avant de com: mencer l’expérience, ils se pesèrent d’abord ayant létui | afin de voir de combien les matières des pérspirations Cu: tanée et pulmonaire augmentaient leur poids; ensuite il! se repesèrent de nouveau, ayant la tête dégagée de l’étui de manière à ne recueillir que la matière de la transpira! tion cutanée; dès lors, ce qui manquait à ce poids, pou égaler le précédent, leur parut être la quantité de la pers! piration Éubinéiirine en un temps donné. Ils reconnuren! ainsi, que ces deux excrétions occasionaient , terme moyeni une perte de 2 livres 15 onces en un jour, dont une livn 14 onces pour Ja transpiration cutanée , et 15 onces pour pulmonaire; Ja quantité de celle-ci était de 7 grains pa’ minule, 5 gros 60 grains par heure. à Mais nous pouvons appliquer à ces calculs jes réflesii que nous avons faites peur Ja transpiration cutanée. Li perspiralion pulmonaire varie selon l’âge, le sexe, le tem pérament, la constitution individuelle, le Hat la saï son, l'excitation directe ou saphir de la menbil muqueuse qui en est l’agent, De de santé ou de malal die , le besoin de dépuration it sang, l’état des autres ex crétions avec lesquelles elle entre en solidarité , etc:

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