DES EXHALATIONS MUQUEUSES
tous ces tilres, on ne peut en donner qu’une évaluation approximative.
. Nota. À l’occasion des exhalations muqueuses et cutanées , nous dirons un mot des sécrétions gazeuses , qu’on a appelées preumatoses. Chez les animaux, il en esi d’évidentes ; par exemple, telle est, dans les poissons, celle du gazquiremplit leur vessie natatoire. En existe-t-il de même dans l’homme ? II n’en est pas d’aussi locale que celle que nous venons de citer; mais certainement il sen fait à la surface des membranes muqueuses, et probablement de la peau. On sait qu’il existe fréquemment des gaz dans Pintesuün, et nous avons indiqué leur nature à l’article de Ja digestion. Certainement ces gaz ne proviennent pas de l’air qui a étéavalé, car on les trouve dans l'intestin du fœtus qui n’a pas encore respiré. [ls ne proviennent pas non plus, en enter au moins, de la décomposition des aliments, car Glisson, Combalusier, M. Magendie , les ont vus apparaître dans une anse d’intestin qu’on avait vidée et liée. Le météorisme, la tympanite, sont d’ailleurs des maladies qui sont à l’exhalation gazeuse intestinale, ce que les hydropisies sont à l’exhalation des sucs séreux. La perspiration pulmonaire est en quelque sorte une sécrétion gazeuse, car nous avons prouvé, à la fonction de la respiration , que l'acide carbonique, qui en forme la partie principale, n’était pas formé de toutes pièces dans cette fonction ; et des expériences nouvelles de M. Edwards, ont mis hors de doute que la muqueuse pulmonaire exhale aussi en de certains cas de l’azote, par exemple , constamment au printemps et en été. Ce que nous disons de la perspiration pulmonaire, peut certainement se dire de la transpiration cutanée, puisque le produit de celle-ci contient aussi de l’acide carbonique. Enfin, M. Ribes dit qu’ouvrant sous l’eau, dans un cadavre, la cavité du péritoine et celle de la plèvre , il a vu se dégager de ces cavités des bulles de gaz. Nous admettons donc qu’il y a des pneumatoses chez l'homme dans l’état de santé; mais elles se rapportent aux exhalations muqueuses etcutanées dont nous venons de traiter; etsi les produits en
sont recueillis quelquefois dans l'intestin, ce n’est qu'à | cause de la disposition des parties. $
ORDRE Il. — Sécrétions exclusivement dépuratrices el décomposantes.
Il n’y en à qu’une dans l’économie de l’homme , la sécrétion urinaire. Il est évident, que l’uvine n’a pas d’ autre | office dans l’économie que de fonder une excrétion. |
$ Ier. De la'Sécrétion urinaire.
Cette sécrétion n'existe que dans les animaux vertébrés, et est chez eux assez prochainement nécessaire à la vie; sà. suppression entraîne promplement la mort. Exposons successivement la disposition anatomique de l’appareil qui en est l'agent, et le mécanisme de son action.
1° De J’Appateil urinaire.
Cet appareil va en se compliquant successivement dans la série des animaux vertébrés. Dans les poissons, où cet appareil est le plus simple, il ne se compose que d’ une
glande et de son canal excréteur ; la première , appelée rein! rouge, granuieuse , située dans l’abdomen: le second , allant s'ouvrir aussilôt au dehors pour l'issue du fluide. Mais des poissons aux mammifères , l'appareil va en se compliquant de. nouvelles parties; et , ches l’homme , il se compose : 1° des. reins , glandes paires qui sécrètent l’urine; 0 des uretères… deux canaux excréteurs provenant de ces landes ,eten ré) cevant l’urine; 30 de la vessie, réservoir où l'urine s ‘accus. mule jusqu’à un certain point, pour ne plus en être rejetée” à que d’intervalles en intervalles; 40 enfin, de l’ urêthre , ca=. nal excréteur provenant de la vessie , et cosidaient il urine. au dehors.
10 Les reins sont deux glandes situées dans la cavité ab
dominale, sur les côtés du rachis, au-devant des dernières côles asternales et du muscle carré des lombes ; placés cepen-.
us
DE LA SÉCRÉTION URINAIRE. 527 dant hors la cavité du péritoine qui ne les recouvre qu'en devant, et plongés là dans une masse de ussu cellulaire graisseux assez abondant. Le rein gauche est un peu plus haut que le droit. Quelquefois il n'y à qu’un seul rein : d’autres fois il y en a {rois ; on observe à cet égard beaucoup de variétés. Ces organes ünt la forme d’un haricot, et sont Situés verticalement: la scissure qu'ils offrent dans leur milieu est dirigée en dedans. Leur volume n’est pas en rapport avec la quantité du fluide qu'ils sécrètent, Leur consistance est assez ferme ; leur couleur, d’un rouge tirant sur le brun ; et, par la scissure qu’ils offrent dans leur miheu , pénètrent et sortent les vaisseaux qui constituent leur parenchyme , l’artère et la veine rénales, l’uretère, etc. Ces reins sont des Organes sécréteurs du genre des glances, et voici les éléments qui les forment, 10 Un système vasculaire anguin , apportant les matériaux de Ja sécrétion; celui-ci est ane grosse artère, l’artére rénale, qui, naissant-de l'aorte ibdominale , et s’en détachant à angie droit , après un trajet très court aborde le rein > pénètre par sa scissure, et va sé amifier à l’infini dans sa substance. 20 Unsysième vasculaire écréteur, qui, né dans tous les points du parenchyme, Jartout où se terminent les ramuscules de l’artère rénale, st continu avec ces ramuscules, et vient aboutir en une avVité intérieure du rein , appelée bassinet. Ce sont là les leux éléments principaux du rein, comme leurs analogues e sont de toute glande quelconque. 3° Des veines qui reueillent le superflu du sang , EL Qui, se réunissant en troncs uccessiyement de plus en plus gros et de moins en moins ombreux, forment enfin la veine rénale ; celle-ci sort par la cissure du rein , et ya s'ouvrir dan: la veine-cave inférieure. 0 Des vaisseaux lymphatiques, disposés aussi sur deux plans, m superficiel et un profond, et qui se terminent aux gan- Bons lombaires. 50 Des nerfs qui proviennent des ganglions mi-lunaires, du plexus solaire, du nerf petit splanchniue, et qui, enveloppant d’un réseau l'artère rénale , la uivent dans toutes ses ramifications. 60 Enfin un tissu launeux , servant de canevas, de soutien , de lien à toutes es parties. Ces divers éléments se combinent entre eux dans
le üssu de l'organe, de manière à former un parenchyme assezdense. Celui-ci diffère du parenchyme des autres glandes! et l’inspection cadavérique y fait distinguer trois substan: ces : une extérieure, dite corticale, de deux lignes d’épais: seur, qui moins consistante que les autres, est d’une couleur rouge pâle, et reçoit presqu’en entier les ramifica: tions de lartère rénale : une moyenne, dite tubuleusé
rayonnée , qui, plus dense, plus solide que la précédente est moins rouge, et qui paraît formée de beaucoup de petit tubes ; réunis en faisceaux coniques d’une grandeur inégale dont la base est dirigée vers la substance corticale, et Al sommet du côté de la cavité appelée bassinet, ces petit tubes paraissent être les vaisseaux sécréteurs et excréteur: du rein : enfin, une tout-à-fait intérieure , dite mamillair! ou papillaire, formée par les sommets des tubules de 1: substance moyenne. Ces sommets, qu’on appelle mamelons! sont au nombre de cinq à dix-huit, d’une couleur vive ,"e les aboutissants des excréteurs du rein ; probablement re couverts d'une membrane muqueuse, 1 ont, quand ils son coupés transversalement, un aspect poreux et semblable : celui d’un jonc coupé en travers, Des anatomistes ont admi de petites glandes, intermédiaires à la substance cortical! et à la tubuleuse. D’autres, M. Chaussier, par exemple, re jettent cette distinction du parenchyme du rein en troi substances ; ils la considèrent comme un pur effet cadavéri. que, et arguent de ce que cette distinction est d’autant plu marquée, que la section du rein est plus ancienne: Un: membrane extérieure, probablement de nature fibreüse, en veloppe tout l’organe, lui adhère, s’en détache cependanl assez facilement, et s'enfonce au fond de la scissure, pou] accompagner au loin les artères. Au fond de cette scissure és une petite cavité membraneuse, dirigée suivant la longueu: du rein , appelée bassinet, large FR son milieu, étroite ses extrémités, el dans l’intérieur de laquelle se voient embouchures des divers mamelons qui y apportent l’uri Ces mamelons sont entourés là de petits entonnoirs membr neux, qu'on appelle calices. En bas, ce bassinet offre l'orifit de l’uretére qui, à cause de sa disposition en entonnoir, es
‘4 DE LA SÉCRÉTION URINAIRE. 529 : appelé infundibulum. Sa texture offre trois membranes superposées ; une extérieure, dépendante de la membrane extérieure du rein ; une intérieure, de nature muqueuse; et, entre les deux, une moyenne, blanche, fort résistante. Telest le rein, dont la texture intime semble un peu plus . facile à pénétrer que celle de toute autre glande : les injections et les hémorrhagies prouvent combien sont faciies aussi les communications entre l'artère rénale, d’une part, et les -excréteurs et la veine rénale de l’autre. | … 20 Les uretères sont deux canaux excréleurs qui, com- . mençant chacun à chaque bassinet du rein, s'étendent de Jà à la vessie. Ces canaux, de la grosseur d’une plume àécrire, commencent à linfandibulum, etdescendent d’abord un peu obliquement en dedans, jusqu’à la symphyse sacro-iliaque. De R ils se portent en avant et en dedans, et vont pénétrer la partie moyenne du bas-fond de la vessie, croisant successivement le muscle psoas eL Îles canaux déférents. C’est en dehors, et un peu au-dessus des vésicules séminales , qu'ils abordent la vessie, ne percant d’abord que les deux premières tuniques de ce réservoir, et rampant l’espace d’un pouce entre ses tuniques muqueuse et musculeuse, avant d'arriver dans son intérieur; ils s'y abouchent par un orifice étroit, aux angles postérieurs de ce que nous verrons être appelé le trigone vésical. Chaque ureière se rapproche, dans son trajet, de celui du côté opposé, et est formé de trois membranes; une extérieure , Celuleuse; une inlerne, muqueuse ; et entre.les deux, une troisième , qui est fobL-résistante : Les unes et les autres sont fort unies entre elles ,-et.rendent ce canal tout à la fois assez solide et assez extensible.
- 130 La vessie est une poche musculo-membraneuse, qui située dans l’excavation du bsssin, au-devant du rectum ou de l'utérus, derrière le pubis, sert de xéseryoir à l’urine. Sasitualion, du reste, varie; selon l’âge, dans enfant, cet organe étant plus élevé que le pubis; selon Le sexe, dans.la femme, l'utérus la séparant du rectum; selon son état de vacuité où de plénitude. Sa forme.ést ovoïde, conique. Son solume est variable selon l’âge, lesindividus , les habitudes,
Tous HIT. 34
tel cependant que dans l’âge adulte la vessie peut contenif
de six à huit onces d'urine. En avant, la vessie correspond à
la symphyse du pubis; et deux petits faisceaux fibreux,qu’on
appelle ligaments antérieurs de la vessie, Vy attachent. En
arrière, elle est recouverte par le péritoine, et est conLi-
guë, ou au rectum, ou à l’utérus, selon le sexe. En haut,
elle répond , dans ce qu’on appelle son sommet, aux intes-
tins grêles, et donne attache au ligament supérieur de la
vessie. Celui-ci est composé : 1° de l’ouraque, cordon fi-
breux, blanchâtre , étendu du sommet de la vessie à l’om-
bilic où il se confond avec les aponévroses des muscles
transverses, et reste d’un canal qui, dans le fœtus, s'étend. de la vessie à une poche membraneuse particulière, appelée
allantoïde ; 20 des-restes des artères ombilicales qui se sont
aussi oblitérées; 3° des petites faulx du péritoine, replis decette membrane séreuse, qui enveloppent l’ouraque et les: artères ombilicales. Sur les côtés, la vessie touche un tissu
cellulaire abondant, et est côtoyée par les artères ombili-
cales et les conduits déférents. Enfin, en bas, elle est divi-
sée en deux parties; une antérieure, plus élevée , étroite,
figurée en goulot, qu’on appelle son co/, et qui, embrassée
par la prostate, répond à Îa partie postérieure et inférieure
du pubis; et une postérieure, appelée son bas-fond, qui,
embrassée par Îles muscles releveurs de l’anus, est appliquée
sur les vésicuies séminales, les conduits déférents et le rec=
tum. En dedans, la vessie offre une surface grenue, couverte
de mucosités. On y voit 1° les rides qui résultent de la mem= brane muqueuse qui en tapisse l’intérieur; 20 quelquefois des
reliefs dépendants des saillies que forment les faisceaux de sa tunique musculeuse, et qu’on appelle colonnes charnues;
30 quelquefoisaussi des cellules résultant desintervalles de ces
colonnes; 4° en haut, l’orifice imperceptible de l’ouraque;
5o enfin, en bas, de devant en arrière, le col de l’organe, le“ trigone vésical , l’insertion des uretères et le bas-fond de la. vessie. Le col est un goulot assez large, à contour épais il arrondi , et qui se rétrécit bientôt un peu pour donner naiss sance à l’urèthre: chez l’adulte, il est un peu plus élevé ques le bas-fond ; de sa partie inférieure s'élève un tubercule,
DE LA SÉCRÉTION URINAIRE. 531 Charnu, appelé luette où caroncule vésicale ; c’est la fin de l’angle antérieur du trigone vésical. Celui-ci est un espace triangulaire , circonscrit par les deux ouvertures des uretéres en haut , et celle de l’urèthre en bas; ces ouvertures sont à un pouce et demi l’une de l’autre. Cette partie de la vessie est moins ridée que le reste de l'organe , d’une autre couleur, et paraîl avoir une autre organisation, du moins à juger par son épaisseur, sa couleur et l’adhérence de sa membrane interne; elle conservesa grandeurordinaire, même Lors dela contraction de la vessie, peut-être parce que c’est à elle qu’adherent les vésicules séminales , la prostate et le rectum. Les OTi= ficesdesuretèressontsituésaux angles postérieurs dece trigone Vésical; ils sont étroits, el souvent un pettrepli de la membrane interne de l’organeles recouvre. Enfin, le bas-fond de Ja vessie est la partiela plus déclive de l'organe, eLcorrespond au rectum chez l’homme , et au vagin chez la femme. Deux membranes propres, une muqueuse ét une musculeuse , forment la vessie. 10 La muqueuse en tapisse l’intérieur; continue à celle des uretères et de l’urèthre, elle est généralement avec rides, parce qu’elle est plus ampleque la tunique musculeuse qui lui est susjacente; elle est garnie de nombreux follicules qui versent à sa surface une humeur de lubréfaction ; enfin : elle est mince et blanche vers le col de l’organe, et, au contaire , rougeàtre dans le reste du réservoir. 20 La musculeuse , ont les Anciens avaient fait un muscle particulier, sous le nom de musculus detrusor urinæestcom posée de fibres pâles, disposées par faisceaux dirigés en tous sens. C’est à travers es mailles que forment ces faisceaux , que sont comprises es cellules dont nous avons parlé plus haut. De ces fibres, es unes , les plus extérieures, sont longitudinales, et dirijées du col de Ja vessie à son sommet ; les autres, siluées plus rofondément, sont obliques; d’autres enfin Sont transverales ou circulaires : quelquefois elles forment des reliefs aillants , auxquels on a donné le nom de colonnes Chärnnes. es anatomistes ont souvent reconnu trois autres luniques la vessie; savoir : une tunique nerveuse , qui s’entendait Lu tissu lamineux qui unit la tunique muqueuse à la mus-
uleuse ; une celluleuse , Œui consistait dans le tissu cellu-
laire extérieur à Ja tunique musculeuse; et, enfin, une péritonéale, qui consistait dans la portion du péritoine qui revêt la vessie. Mais évidemment les tuniques nerveuse el, celluleuse ne doivent pas être admises; et, quant au péritoine , il ne recouvre que le sommet de Ja vessie el sa face. postérieure , et forme les différents replis qui fixent cet organe , et peut-être servent aussi à permettre son ampliation. Dans tout le reste du viscère, ce n’est que du tissu cellulaire qui se condense à sa surface, de manière à le fortifier. De nombreuses artères portent à la vessie le sang qui est utile à sa vie, l’hémorrhoïdale moyenne, la honteuse interne; lischiatique , l’obturatrice , l’hypogastrique , l’épigastri que, eic. Des nerfs venant, les uns du plexus sacré, les autres du tri-splanchnique ; animent aussi ce viscère. Le cob n’est pas garni, comme quelques-uns l'ont dit, d’un sphincter actif, mais d’une substance blanchâtre, épaisse, ferme, continue avec la membrane musculeuse xel opposant une résistance mécanique à la sortie de l'urine. ( 4o Enfin, l’urèthre est le canal excréteur de la vessie. Plus ou moins alongé chez les animaux, selon qu'il sert ou, non à la génération, ce canal est, chez l’homme, à cause de ce dernier oflice, placé dans le centre de l’organe excitateur| de la copulation , le pénis, eta de sept à dix pouces de long: Chez la femme, il est plus court. Commençant au col de la vessie, dans la glande prostate, il se prolonge jusqu’à l’ex- | trémité de la verge où se trouve son ouverture externe : dans) ce trajet , il est recourbé deux fois sur lui-même dans l’état! de flaccidité du pénis, et au contraire est droit où presque droit, si le pénis est dirigé en avant et en hau, et si le rec | tum est vide. C’est à M. Amussat qu’on doit la découverte! de ce dernier faitimportant pour le cathétérisme. L’urèthres placé sous le corps caverneux du penis, est situé d'autant: plus superficiellement dans la verge, qu'il s'approche plus de son ouverture externe. On lui distingue trois parties 10 la prostalique , qui.est sa par Lie supérieure , et qui, étendue du col de la vessie à travers la prostate, a neuf à douze lignes de longueur; c’est la plus large de touies; en elle aboutissent , de chaque côté d’une caroncule qui existe en
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DE LA SÉCRÉTION URINAIRE. | 533 sonintérieur , et qu'on appelle verumonianum ou créte uréthrale, les deux conduits éjaculateurs, ceux de la prostate, et un peu plus bas, les orifices des glandes de Cowper. 20 La membraneuse, qui fait suite à la précédente, et qui longue de huit à dix lignes, est la plus étroite de toutes. 30 Enfin ; Ta spongieuse, qui forme les trois quarts antérieurs du canal, et quiest ainsi nommée parce qu'elle est entourée d’un tissu Spongieux érectile, semblable à celui du corpscaverneux.Cette dernière est, à proprement parler, la seule partie de l’urèthre qui soit située dans la verge ; les deux autres lui sont su périeures : elle est placée dans la gouttière inférieure du corps caverneux , et Va se terminer au-devant de celui-ci par ce qu’on appelle le gland. Nous ne nous arréterons pas sur la texture de ce dernier, parce qu’il intéresse plus la fonction de la génération que celle de fa sécrétion urinaire. Cette troisième portion commence en haut » par un renflement de la grosseur d’une noix, dit le bulbe, qui paraît résulter d’un tissu analogue à celui du corps Caverneux, et qui est coupé de mème par des brides intérieures. Quant à l’organisation de cet urèthre, elle varie en ses divers points. Il est d’abord , dans toute son étendue » Lapissé par une membrane muqueuse , dont les follicules sont d’autant plus nombreux qu’on examine le canal plus inférieurement , et qui offre des rides longitudinales dans la portion spongieuse. Ensuite, cette muqueuse est partout entourée en dehors par une tunique celluleuse plus ou moins dense. Enfin , Cette tunique externe est fortifiée; 10 à la portion membraneuse, par les fibres du releveur de l’anus, par l’entrelacement fibreux résultant du concours de ce muscle, du sphinceter de l’anus, du bulbocaverneux et du transverse, et par deux muscles constricteurs, décrits par #ilson, muscles qui l’entourent en forme d’anneau, et qui ont leur attache un peu au-dessus du bord inférieur de la symphyse pubienne ; 0 À la portion spongieuse, par un üssu érectile entouré de son enveloppe propre, lequel, à la vérité, a plus trait au service de l’urèthre dans la fonction de la génération , qu’à son oflice dans la sécrétion urinaire.
* A l’histoire anatomique de la vessie et de lPuréthre, il
faut rattacher plusieurs muscles qui servent à l’excrétion de l’urine ; savoir : ceux des parois abdominales, qui, en rétrécissant l’abdomen , soumettront la vessie à une pression favorable à son action d’excrétion ; et divers muscles siégeant au périnée, et qui, communs à l’ouverture anus, au col de la vessie et à la partie supérieure de l’urèthre, influeront également sur la défécation, sur l’excrétion de l’urine et sur celle du sperme. Ces derniers sont , outre le releveur de l'anus, le transverse du périnée, et le sphincter de l'anus, que nous avons déjà mentionnés à l’article du rectum, les iskio et bulbo-caverneux. Le muscle releveur de l’anus a quelques-unes de ses fibres, les antérieures, attachées à la prostate, el par conséquent au col de la vessie. Le sphincter de l’anus et le transverse du périnée, ont plusieurs des leurs confondues avec celles du bulbo-caverneux , que nous verrons avoir une part prochaine à l’excrétion urinaire et spermalique, et par conséquent sont associés à la même action. Quant aux muscles iskio et bulbo-caverneux, les premiers , éskio-sous-péniens (Ch.), sont deux petits muscles étendus depuis le côté interne de la tubérosité de l’iskion, jusque sur les côtés du corps caverneux, dans l'enveloppe externe duquel ils se terminent ; et les seconds, périnéoz uréthral (Ch.), au nombre de deux aussi, ont leurs fibres étendues depuis un entrecroisement charnu placéentre l’anus et l’urèthre, et qui leur est commun avec le transverse du périnée, le sphincter et le releveur de l’anus, jusqu’au bulbe de l’urèthre, et les parties voisines du corps caverneux. Cette disposition anatomique de ces muscles explique la simultanéité des excrétions de l’urine et des fèces.
2 Histoire physiologique de la Sécrétion urinaire.
La sécrétion urinaire est de celles dans lesquelles le pro= duit est déposé dans un réservoir, d’où il n’est plus rejeté, que d’intervalles en intervaïles : on peut donc séparer en. elle ce qui est de la sécrétion proprement dite, et ce qui est. de l’excrétion. ù |
10 Sécrétion de l'urine. C’est le rein qui l’effectue par!
DE LA SÉCRÉTION URINAIRE. 535 son action vitale, et par le mécanisme commun de toutes les sécrétions : des faits nombreux en fournissent la preuve. Gualien lie sur un animal vivant l’un des uretères, et voit Purine s’accumuler au-dessus.de la ligature, séjourner dans le rein , et ne plus descendre de ce côté dans la vessie. Sur un autre animal vivant, il lie les deux uretères, et il voit la vessie rester vide. Enfin il coupe les deux uretères, et il voit l’urine s’épancher dans l’abdomen. Ces expériences prouvent déjà que les reins sont les organes producteurs de l’urine. En outre, ces reins ont Ja texture des glandes; l’urine se montre déjà dans leur intérieur, dans Jeur bassinet et les mamelons qui y aboutissent; une plaie de ees organes donne issue à l’urine; toute maladie de leur tissu modifie cette humeur. Rien donc de plus certain , que les reins sont les organes fabricateurs de l’urine. Mais leur action à cet égard, est couverte des mêmes ténèbres que celle de tout autre organe sécréteur, et nous ne pouvons en dire que cè que nous avons dit des sécrétions en général. Le sang de l’artère rénale, arrivé aux ramifications dernières de cette artère, est saisi par les radicules des sécréteurs, élaboré et changé en urine, et cela par une action qu'on ne peut dire physique ni chimique, et qui conséquemment est organique et vitale. Cette action paraît s’effectuer dans la
partie du rein que nous avons appelée substance corticale, ear c’est là surtout que se sont terminées lesramifications des artères; l’urine, d’ailleurs, s’y fait remarquer déjà, en coule, si elle est blessée : la substance tubuleuse paraît n'être qu'une agglomération de vaisseaux excréteurs. On a renouvelé, à l’occasion du rein, la discussion de Malpighi et de Ruisch sur la texture intime des glandes; on a voulu que la substance corticale ne füt, selon les uns, qu’un amas de follicules, et selon les autres qu’un assemblage de vaisseaux exhalants. |
La sécrétion urinaire se fait instantanément et d’une manière continue ; on voit l’urine couler sans interruption par la sonde qu’on laisse dans la vessie, par la plaie faite à ce réservoir par l’opération de la taille, par les fistules urinaires, dans ce qu'on appelle les extrophies ou renversements de
536 l'ONCTION DES SÉCRÉTIONS. | vessie. Le fluide, après avoir été sécrété par la substance cor: ticale fillre par la substance tubuleuse, et coule goutte à goutte, par le sommet dés excréteurs, dans le bassinet ; celuici le dirige dans l’uretère, et ce él x son tour le con du} dans la vessie. On s’est démandé si la substance tubuleuse né faisait que transmettre lurime, ou ne concourait pas aussi à la former, ou au moins à la modifier; il paraît que cette humeur y est filtrée, car quand on presse sur celte substance tubuleuse, on en exprime une urine plus trouble
et plus re que quand on laisse cette humeur en couler |
d’elle-même. On à recherché aussi quelles causes faisaient couler ainsi l'urine dans la vessie. D'abord les parties sonts disposées de manière à cé que mécaniquement le fluide suive cé cours. En second lieu , la sécrétion étant continue; la nouvelle urine qui est faite doit nécessairement pousser devant elle, celle qui était déjà dans les excréteurs et les, bassinet. En troisième lieu, on peut admettre ici comme ailleurs une action contractile des vaisseaux sécréteurs , des vaisseaux urinifères, et une influence des mouvements du diaphragme ét des muscles de l'abdomen pour fa respira=
tion. Sans doute Bellini a exagéré, quand il a dit que sans éette dernière cause, l’urine resterait dansles tubes du rein,
comme le lait, hors les temps dé succion, reste dans les vaisseaux factifères; il y a au mamelon du sein un sphincten
qui n’existe pas au bassinet du rein. D'ailleurs, quelle press sion accessoire fait circuler le fluide dans beaucoup d’autres
glandes, le spermé, par exemple, dans les vaisseaux sémis nifères du testicule? Mais il est certain que la pression du diaphragme facilite le coùrs de l’uriné dans fa vessie ; cette
pression doit d'autant plus avoir cet effet, qu’elle est moine. dre sur la vessie dans le bassin, que sur le ‘rein dans l’ab2"
domen, et que les reïns et les uretères présentent plus de. surface que la vessie. Enfin, on peut encore indiquer comme causes de la progression de Purine, mais séulément comme w causes accessoires, le battement dés artères rénales derrière, lesquelles'sont situés les bassinets, éelui dés artères iliaques\ Hp deriière fes st s, ét Pvfluencé dl dé la Mn
* DE LA SÉCRÉTION URINAIRE. 537 puisque souvent ce fluide a le temps d’y précipiter quelquesuns des sels qu’il charie , d’y former des calculs. On ne voit pas qu’elle puisse y éprouver d’autres modifications que d'y être dépouillée, par l'absorption, de sa partie la plus aqueuse , el par conséquent de s’épaissir.
L’urine arrivant dans la vessie s’y accumule jusqu’à un certain point : ce réservoir se distend à cet eflet : lPexpansibilité de ses parois rend cette distension possible ; et son mode de sensibilité, d’ailleurs, le met en rapport avec la présence d’une certaine quantité d'urine dans son intérieur. Ge fluide va y faire un certain séjour. D’une part, il ne peut refluer par les uretères ; l'embouchure de ces canaux dans la vessie est trop étroite, trop oblique ; un repli de la membrane muqueuse de la vessie en recouvre l’orifice; d’ailleurs, à mesure que la vessie se remplit, les uretères sont aplatis ; une nouvelle urine arrive continuellement par eux; enfin faudrait que l’urine refluât de bas en haut et contre son Propre poids. Tous ces obstacles au reflux de l’urine de la vessie au rein par l’uretère, sont tels, qu’une. injection poussée avec force et abondance par l’urèthre dans la vessie, nerpénètre pas dans les uretères. D’autre part, l’urive ne peut couler non plus par l’urèthre, d’abord, à cause de laugle que fait le col de la vessie avec le bas-fond, et qui st Lel que le col est situé plus haut; ensuite à cause de a résistance qu'oppose le sphincter fibreax de ce col, et jui ne peut être vaincue qu'autant que la vessie se conacte et presse de toute sa force sur l’urine. Ainsi, l’urine ne pouvant sortir par aucune des ouvertures que présente awessie , ni par les uretères , ni par l’urèthre , est obligée de ester en dépôt dans ce réservoir. Cependant il faut pour ela qu’elle y arrive avec lenteur ; si elle yafilue trop vite, facLion de contraction de la vessie est excitée , et l’excré- Aou se fait; c’est ce qui arrive, par exemple, quand on ousse brusquement dans ce réservoir une injection. “Pendant son séjour dans la vessie, l’ürine est privée var l'absorption de sa partie aqueuse ; par conséquent elle ’épaissit et se colôre davantage, C'est là aussi qu'elle est plus lisposée à laisser déposer des sels, et à former des calculs.
Toutefois, son accumulation dans cet organe n’est possible quejusqu’à un certain degré; à la fin, la vessie se fatigue, soit parce que l’urine a augmenté en quantité, soit parce qu’elle : est devenue plus âcre ; et alors l’excrétion doit avoir lieu. 20 Excrétion de l'urine. Comme dans toute excrétion de | matières solides ou liquides quelconques, nous avons trois | choses à y considérer ; la sensation qui en annonce le besoin} | l’action expulsive de la vessie, et l’action musculaire auxi= liaire que la volonté peut y ajouter. | A. Comme l'excrétion de l’urine constitue un rapport avec l’extérieur , et que nous avons conscience de tous nos rapports extérieurs , on conçoit pourquoi éclate en nous une sensation spéciale, quand la vessie éprouve le besoin de se vider. Cette sensation ne peut pas plus être définie que touté autre : il faut aussi, à son égard, en appeler au sentiment de chacun : mais elle est bien distincte en elle-même et par son but. À coup sûr, elle n’est pas une sensation externe ; c’est-à-dire, produite par le contact d’un corps étranger. A la vérité, on pourrait regarder comme tel l’urine, puisque celle-ci est un fluide excrémentitiel; mais ce n’est pas l'urine, qui, par son contact, fait éclater la sensation dont nous parlons, car il y a de l’urine dansla vessie, bien avant, que Ja sensation se prononce, el souvent il n y en à pas; lorsque celle-ci sévit. C’est donc une de ces sensations que nous appelons organiques, un besoin physique du genre de | ceux de la faim, de la défécation. Elle exige, du reste, \ comme toute sensation quelconque, trois actions nerveuses}. j’une, qui consiste en une impression que développe law vessie; l’autre, due à un nerf qui conduit cette impressions etenfin, l’action du cerveau, qui perçoit cette impression" De ces trois actions , les deux dernières sont ce qu’elles ont, été en toutes autres tensions et ne peuvent d’ailleurs être contestées; il n y a aucune sensation sans elles ; 3: le
cerveau est altéré, les sensations de la vessie sont paralysées, comme celles de toutes les autres parties du corps; il en. est de même, si on coupe les nerfs qui se distribuent à ce ré servoir. Ce n’est donc que dans l’action d’i impression qu äL l:
faut faire aussi consister l’histoire de cette sensation.
DE LA SÉCRÉTION URINAIRE. 539 Or, nous avonsà en indiquer le siége, le caractère et la cause. 1° Son siége paraît être à la vessie; c’est en effet là que notre sentiment intime nous Ja fait rapporter; et 1l était naturel qu’elle y fût attachée, puisque la vessie est lorgane qui va agir. Mais cette vessie est un organe complexe assez étendu; et peut-on préciser quelle est en elle la partie où éclate l’impression ? Est-ce au col, au corps, au bas-fond, dans la membrane muqueuse on la musculeuse? Est-ce dans les nerfs qu’elie reçoit de la moelle spinale; ou dans ceux qui lui viennent du trisplanchnique ? On ne peut rien préciser. Sans doute, cette action d’impression siége dans les nerfs de l’organe ; mais ces nerfs ne sont pas ici séparés des autres éléments organiques qui le forment, et par conséquent le siége de l'impression ne peut pas être déterminé, comme il l’est dansun organe desens. 20 En second lieu, cette action d'impression est inapercevable en elle-même, et l’on ne peut dire d’elle que ce qu’on a dit de l’action analogue dans les autres sensations ; savoir, qu’elle est le produit du travail des nerfs de la vessie, et que l’œuvre de ceux-ci est un acte vital. Ne faut-il pas, en effet, l’intégrité des nerfs de la vessie pour la production de cette sensation ? Et quelle est la force physique ou chimique générale qui puisse donner naissance à une sensation, ce phénomène le plus élevé de la nature vivante ? 30 Enfin, la cause de cette action d’impression est inconnue , comme elle l’est en toute sensation interue. On a cité comme telles; le contact de l’urine sur Ja vessie, après que, par son séjour dans cette cavité, cette humeur a éprouvé un certain degré d’altération; le poids de l’urine accumulée en certaine quantité ; le degré d’extension du viscère , etc. Mais aucune de ces circonstances n’est absolue ; et il en est ici comme de la nausée , de la défécation, où certainement les causes ne sont pas aussi évidentes que le sont celles des sensations externes. Toutefois, à certain degré de l’accumulation de l’urine dans la vessie, cette sensation , très distincte par elle-même et par son but, éclate. On ne peut préciser les époques fixes de ses retours; cela varie , selon la quantité de la sécrétion, la qualité de l’urine, lirritabilité de la vessie; et chacune
540 FONCTION DES SÉCRÉTIONS. | de ces conditions diffère selon les âges, les constitutiéns Comme toute sensation interne, elle est plaisir, si l’on cède à son VŒœu ; peine , Sion Ja Éotbats et arrivant promp= tement à son summum, elle est bientôt suivie de l’ avi 0 expulsive du réservoir. À.
BP. Celle-ci consiste évidemment en une contraction de F | { véssie, mais sur le mécanisme de laquelle il y a encore beau- | coup de débats. Quelques-ans ont dit que cette contraction était, comme celle des autres muscles de la Jocomotonr, tout-à-fait laissée À notre volonté. Selon eux, lorsque 18 besoin d’uriner se fait sentir, avertis par cette sensation , 2 nous Contractons la vessie, Re par là de la résis stance mécanique du col de cet organe, et obligeons l’ uriné | à passer dans l’urèthre , et à Lou au dehors. Ils ont argué | de ce que la vessie recoit des nerfs spinaux, et partant vo® lontaires; de ce que cet organe est PRESSE dans les lésions | de la moelle spinale, comme les muscles des mémbreés ; de cé qu'une sensation précède loujours son action, et sem b1l | destinée à avertir la volonté. D’autres, au contraire, avec raison, ont nié que la vessie füt contractile à volontés | ils ont invoqué l’analogie des autres réservoirs, l’estomac, le rectum , dont les actions d’excrétion sontévidemment i invo- Jétta rés. ils ont ditqu’ on n’a pas plus le sentiment de lacona traction de la vessie que celui de la contraction d’un intestin, | parexemple ; enfin, selon eux, on a confondu avec l’action de | la vessie elle-même, celledes muscles qui luisontannexés, et que nous verrons, en eflet , tour-à-tour aider ou empêcher l’excrétion, selon qu'ils comprimeront ou non la vessie, et Uendront fermé ou laisseront libre son orifice. Il nous pas vaît certain , en effet que cC ’est moins par son influencé sur l’action sd Te de la vessie, que sur celle des nus, cles de l’abdomen et du périnée , que notre VOIRE a pou= voir sur l’excrétion urinaire. À Toutefois, la vessie, stimulée par la présence de l’urine, se contracle; ses parois se pressent de toutes parts sur @
Î 1 fluide, et triomphent de Ja résistance que présente soi orifice uréthral. La nature, en effet, a tout disposé pouf ü que eet ob:tacle soit forcé. une par L les fibres du fond'dew
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