‹ Physiologie de l'homme (volume 3)Chapitre 20 sur 65 · NV · texte numérisé non relu

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LA pu MOUVEMENT D'EXPIRATION. 219 C. Action du thorax dans l'expiration.

Cette action varie selon le degré de l’expiration : tan- ‘dr, en effet, l'expiration est passive , c’est-à-dire con- Siste seulement dans la cessation d'action des agens qui avaient fait inspiration ; tantôt, au contraire , elle est active, c'est-à-dire qu'il y à contraction directe de cer- {ains muscles , pour rapprocher les parois du thorax et diminuer la capacité de cette cavité. Dans le premier Cas, les causes qui avaient agrandi le thorax cessant, il n’y a qu’un retour mécanique de ce thorax à sa dimension pre: mière. Ainsi, si le diaphragme se relâche, ce muscle qui, par sa contraction , s’étail enfoncé dans la cavité abdominale , par le {ait seul de son relâchement se relève dans le thorax, et en rétrécit l'étendue de haut en bas. D'ailleurs , les parois abdominales qui, dans l'inspiration, avaient été distendues , reviennent sur ellesmêmes, el cela contribue à refouler le diaphragme dans le thorax. Gependant cette réaction n’est pas une chose essentielle ; car l'expiration se fait de même, quand l’abdomen est ouvert. Nous n'avons pas besoiu de réfuter Arantius et Dulaurens, qui voulaient que le diaphragme se relâchât dans l'inspiration, et se contractât dans l'expiration; c’est trop évidemment contraire aux faits. De même ,'siles muscles qui avaient effectué l'élévation des côtes , serelâchent aussi , ces 05 reviennent à leur place , en vertu de l’élasticité seule des cartilages qui les unissent au sternum. C’est en ce sens que Haller a dit que les portions osseuse et cartilagineuse des côtes étaient antagonistes l’une de l'autre ; la première, effectuant l'inspiration consécutivement à la traction qu'exercent sur elle

les muscles ; et la seconde, faisant l'expiration par le fait seul de son élasticité naturelle. Ainsi les efforts qui avaient écarté les parois du thorax cessant , ces parois se rapprochent , et le thorax reprend sa capacité primitive.

Dans l'expiration active , au contraire ; I y a de plus action directe de certains muscles, pour abaisser le sternum et les côtes » €t ConCourir au rétrécissement du thorax. Ces muscles expirateurs sont le iriangulaire du sternum, les muscles larges de l’abdomen, le grand dorsal, le sacro-lombaire ,; le dentelé postérieur et inférieur , qui, sous ce rapport, est antagoniste du dentelé postérieur et inférieur. aller admet qu’il se passe ici une action inverse de celle qui a lieu dans l'inspiration , c’est - à - dire que les côtes sont successivement abaissées vers la côte dernière, comme dans l'inspiration elles étaient successivement élevées vers la première côte: il dit que la côté dernière est fixée et rendue immobile par les muscles abdominaux et le carré des lombes qui, sous ce rapport, sont antagonistes des scalènes; et qu’alors toutes les côtes sont abaissées vers elle par l’action des muscles intercostaux, qui sont ainsi tour à tour inspirateurs et expirateurs,, selon qu'ils prennent leur point d'appui en haut ou en bas. Nous n'avons pas besoin de dire que M. Magendie , qui a contesté celte partie de la théorie de aller sur l'inspiration , récuse aussi celte dernière partie de la doctrine de l'expiration.

Toutefois, soit que l'expiration soit passive , soit qu’elle soit active, toujours le thorax rapproche ses parois, et est rétréci. Or, cela ne peut se faire sans que

le poumon, qui est dans son intérieur et immédiatement contigu à sa paroi interne ne soit comprimé, et que l'air qui le remplit ne tende à en être exprimé. Cet air s’en échappe, en eflet, par l’ouverture de la glotte, qui communique au dehors par la bouche et les fosses nasales. À la vérité, c’est lors de l'expiration que les muscles arythénoïdiens se contractent, et que la glotte paraît se fermer, comme il résulte des expériences de Legallois, dont nous avons parlé plus haut; mais la glotte ne fait qu'être moins ouverte que lors de l’inspiration , et elle l’est assez pour permettre à l'air de sortir. Ainsi, cetair sort du poumon, commeil sort d’un soufflet dont on rapproche les branches.

Mais cetair que rejette l’expiration, est-il le même que celui qu'avait apporté l'inspiration immédiatement précédente ? Nous retombons ici dans la difliculté que nous avons déjà accusée à l'égard de l'inspiration. D’abord, on Verra qu'on expire moins d’air qu’on n’en inspire ; toujours une partie de l’air inspiré reste dans le poumon ; ainsi, déjà si c’est le même air qu’on vient d’inspirer qui est expiré, ce ne peut en être qu’une partie. Ensuite , si l'inspiration ne fait pas pénétrer du premier coup l’air jusqu’au fond des ‘bronches, il faut bien admettre que cet air n’y arrive que graduellement ; et dès lors il ne peut pas être expiré, dans l'expiration qui suit immédiatement l’inspiration qui l’apporte. Nous avons ici besoin de nouvelles lumières : les uns croient qu'il se fait une véritable circulation d’air dans les poumons ; mais alors quelles en sont les lois ? peut-on suivre une portion d’air depuis le moment de sa première entrée jusqu’à celui de sa sortie ? d’autres veulent que l'inspiration ne serve

qu’à renouveler sans cesse la masse considérable d'air qui est toujours dans le poumon.

Tel est le mécanisme de l’expiration , mouvement auquel les puissances musculaires prennent bien moins de part qu’à celui de l'inspiration, qui le plus souvent même est passif, conséquemment plus mécanique et plus court. On a fait beaucoup de recherches aussi, sur la forme que présente alors le thorax, sur la quantité dont il s’est rétréei, sur la quantité d’air qui a été expirée, celle qui est restée dans le poumon , etc. Ainsi, Willis qui avait dit que lors de l'inspiration le thorax avait une figure carrée dont les côtés étaient terminés par des angles droits, dit que lors de l'expiration ce thorax a une figure rhomboïdale dont les côtés sont réunis par des angles aigus : Bernoully, au contraire, établit que le thorax à alors la forme d’un cylindre elliptique , dont les divers diamètres sont diminués. Pour apprécier la quantité d'air qui est expulsée du poumon par l’expiralion , On à eu recours à divers procédés : les uns ont insuflé un poumon isolé du corps, et ensuite en ont exprimé l'air par une compression artificielle ; mais dans la première moitié de l'expérience, ils faisaient pénétrer dans le poumon plus d’air que n'en introduit l'inspiration ; et, dans la seconde moitié, ils en exprimaient plus aussi que n’en fait rejeter l’expiration. D’autres ont fait une ouverture au thorax , ont introduit de l’eau dans cette cavité, et ont jugé par la quantité d’eau qui est nécessaire pour affaisser tout-à-fait le poumon. Aujourd'hui on expire en une vessie dont on connaît la capacité, et dans laquelle on à fait préalablement le vide. Les résultats qu’on a obtenus ont élé différens : ce qui seulement à paru constant, c’est qu'il

DU MOUVEMENT D EXPIRATION. 219 est expiré moins d’air qu'il n’en a été inspiré , soit parce qu’il en a ététabsorbé dans le poumon, soit parce qu'il en reste après l’expiralion dans l'organe; la différence est d’un cinquantième , selon M. Cuvier, de 2 à 4 pouces cubes selon d’autres. G’est à l’air qui reste dans le poumon que cet organe doit de surnager quand on en jette des morceaux dans l’eau. j

On a cherché alors à évaluer la quantité d'air que contient le poumon qui a respiré; M. Cuvier dit qu'après l'expiration la plus forte, il y a encore de 100 à 6o pouces cubes d’air dans cet organe; d’autres disent la moitié au plus, le quart au moins de l'air inspiré. Godiwin prétend, qu’après l'expiration la plus forte possible , il reste encore 1786 centimètres cubes d’air dans le poumon. Selon ce Savant, il y a dans cet organe 125 pouces cubes d’air après l'inspiration ordinaire , et 109 après l'expiration qui suit. Voici d’après quelle base ila jugé: il a disposé dans un cadavre le diaphragme de manière à ce que ce muscle ne puisse aucunément se déplacer; ensuite , il a fait une ouverture extérieure au thorax, et l’air pénétrant dans cette cavité a aussitôt fait affaissér le poumon ; enfin , par cette ouverture, il a fait entrer dans le thorax toute la quantité d’eau qui est nécessaire pour affaisser tout-à-fait le poumon, et, re- -cueillant l’air qui sort alors et qui est celui qu'avait laissé lexpiration, il l’a trouvé être de 109 pouces cubes, terme moyen. Beaucoup d’expérimentateurs en portent plus haut la quantité, Menziés, par exemple , à 2925 centimètres cubes ; Thomson ,; à 4588 centimètres cubes. Davy donne surstous ces points les évaluations suivantes : le poumon contient encore 1953 centimètres cubes d’air après une expiration ordinaire, et 672 après

l'expiration la plus forte possible : après une inspirälion ordinaire , il contient 2212 centimètres cubes d'air, et après une inspiration la plus forte possible jusqu’à 6412 centimètres cubes : enfin la quantité d’air qu’une expiration forcée et qui succède à une inspiration forcée fait sortir du poumon, est de 5115 centimètres cubes; si cette expiration forcée ne fait suite qu’à une inspiration ordinaire, cette quantité n’est que de 1286 centimètres cubes; et si l’expiration est, comme Vinspiration qui l’a précédée, ordinaire, la quantité d’air rejetée est de 1006 centimètres cubes seulement.

Mais on conçoit que de pareils résultats ne peuvent être absolus, et doivent être soumis à mille variétés, non-seulement dans les divers individus , mais encore dans un même individu, selon la mesure dans laquelle il expire. En effet, d’abord l'expiration varie en étendue, comme l'inspiration, selon la conformation du thorax , et déjà cette conformationest diverse en chaque individu. Ensuite l'expiration , soit qu’elle soit passive , soit qu'elle soit active, est réellementcomme l'inspiration, une action musculaire volontaire , et, par conséquent , elle peut être effectuée en mille degrés. Entre l'expiration la plus faible et l'expiration la plus grande, il ÿ a une énorme disproportion , el mille degrés intermédiaires.

L’expiration, en eflet, varie, non-seulement quand elle est effectuée pour servir à des fonctions autres que la respiration, comme l’odorat , la locomotion , les excrétions , les expressions , elc. ; mais encore élant enchaînée irrésistiblement à l'inspiration, elle doit varier comme celle-ci, d’après le butfmême qu’elle va remplir dans la fonction dela respiration, but qui est d’expulser l'air ancien du poumon , et de préparer un libre accès à

l’air nouveau que réclame lhématose. Or nous avons vu que l'inspiration , considérée sous le point de vue de la respiration seulement, diffère selon trois circonstances, qui sont elles-mêmes fort changeantes ; savoir : la quantité de fluide veineux qui arrive au poumon, le degré de richesse de l’air qu’on respire, et le degré de facilité avec lequel le poumon se laisse pénétrer par l'air. Et bien, dans chacune de ces circonstances , les expirations se modifient aussi, sont plus longues, prolongées. De même que la sensation de l'inspiration avait réglé toutes les variétés de ce mouvement , de même, celle de l'expiration règle toutes les particularités de celui-ci ; et les déterminations de l'une et de l’autre sont devenues si promptes et si habituelles, qu’on est presque tenté d'y méconnaître l'influence de la volonté. De même, enfin, qu’on avait généralement reconnu trois degrés d'inspiration , la grande, l'ordinaire et la forcée, on en dit autant de l'expiration. L’expiration ordinaire est celle qui, toute passive, dépend du relâchement du diaphragme seulement : l'expiration grande offre de plus le relâchement des muscles élévateurs des côtes, et une légère action des muscles directement expirateurs ; enfin , dans l'expiration forcée, ces muscles expirateurs directs agissent le plus possible. Parmi les modifications que présente l'expiration, quelques-unes aussi ont recu des noms particuliers , comme le rire , le sanglot, la toux, l’éternuement , etc.

- Ainsi l’air est expulsé des poumons : il traverse la trachée- artère d’abord, puis la bouche ou les fosses nasales; à mesure qu'il sort de l’organe, il se met au niveau de la température extérieure , il se refroidit; et de là l’abandon qu’il fait des sérosités qu’il a dissoutes,

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Chemin faisant, en effet, il s’est chargé dans les voies respiratoires de la perspiration pulmonaire, et c’est celleci qu'on voit l'hiver tomber sous forme de nuage de l’air expiré. En parlant de la respiration proprement dite, nous dirons ci-après quels changemens cet air offre dans sa nature.

3° Association des mouvemens d'inspiration et d'expiration.

Comme c’est sans cesse qu’arrivent aux poumons les fluides qui doivent être changés en sang , et comme l’action de sanguification se fait instantanément , ainsi que nous le dirons, c’est aussi sans cesse que doivent se succéder les inspirations et les expirations. C’est ce qui est, en effet, depuis l'instant de la naissance jusqu’à celui de la mort.

Les auteurs ont beaucoup varié sur la cause qu’ils ont assignée à cetie succession non interrompue des inspirations et des expirations ; et souvent ils l’ont placée dans de véritables subtilités. Ainsi, selon les uns, si l’expira tion succède à l'inspiration , c’est que l'air par sa présence dans les bronches en stimule l’action contractile. Selon d’autres , c’est que la plèvre et le médiastin, qui, dans l'inspiration avaient été acculés au haut du thorax, reviennent sur eux-mêmes en vertu de leur élasticité propre. Geux-ci ont voulu que de l'air soit incarcéré entre le thorax et le poumon, et que cet air en réagissant, consécutivement à la pression que l'inspiration lui a fait éprouver, déterminât ainsi l'expiration. Ceux-1à accusaient le retour élastique de la peau extérieure du thorax, où la réaction de Fair extérieur que l'inspiration avait soulevé en même temps que les côtes et le olernum, ou celle des muscles abdominaux distendus

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