‹ Physiologie de l'homme (volume 3)Chapitre 41 sur 65 · EE EE · texte numérisé non relu

EE EE

MÉCANISMi DE LA CIRCULATION. 393

6, ce même fait ne peut se démontrer dans le cercle du corps; mais comme tout est semblable dans les deux cercles, on peut étendre aux systèmes capillaires du corps ce qui est évident du système capillaire du pou mon. 5° Arguerait-on des mutations qu'éprouve le sang dans ces systèmes capillaires? Mais il se fait une de ces mutalions dans le système capillaire du poumon, et cependant on vient de voir que la circulation y est continue; ilest donc probable qu’il en est de même dans les systèmes capillaires du corps. N’est-il pas possible, d’ailleurs , que ces opérations se passent en dehors du cercle ? 6° Enfin, dans les observations microscopiques, Malpighi, Leuvenhock et Spallanzani ont vu le sang passer directement et sans interruption des artères aux veines, à travers les systèmes capillaires et le parenchyme des organes.

Ce premier fait établi, maintenant quelles sont les causes de la circulation capillaire? Æarvey n’en reconnaissait pas d’autres que l’action du cœur , et croyait les systèmes capillaires entièrement passifs dans la circula. tion. Mais , d’abord , ce dernier fait, fût-il vrai, il faudrait ajouter à l’action du cœur l'influence exercée par les artères ; car c’est par le concours de ces deux puissances que le sang est arrivé jusqu’au point du cercle où nousétudions son cours. Ensuite, ces deux puissances ne suflisent plus pour faire traverser au sang les systèmes capillaires : il existe des raisons de croire, que leur influence est en grande partie épuisée , lorsque le fluide arrive à ce point du cercle. On a vu, en effet, qu'à Ja fin du système artériel, le sang artériel cessait de circuler par saccades coïncidentes avec les contractions du cœur , et cela, parce que les résistances successivement

croissantes, avaient beaucoup affaibli l’action impulsive de cet organe; que par la même raison le cours du sang avait été en diminuant successivement de vitesse dans le système artériel. En troisième lieu , n’est-ce pas dans les systèmes capillaires que se font les nutritions , les calorifications , les sécrétions , J’hématose ? Or , de quelque manière qu’on concoive le mécanisme de ces fonctions , il est difficile de croire qu’elles n’aient pas une influence très-prochaine sur le cours du sang qui les alimente. Enfin, dans des observations microscopiques sur des animaux vivans, on a vu directement le sang dans les petits vaisseaux, non-seulement circuler des artères vers les veines , à travers les systèmes capillaires, avec des phénomènes tels, que sa progression ne pouvait pas être attribuée à l’action du cœur; mais souvent encore s'arrêter, être comme hésitant sur la direction qu'il suivrait, et même rétrograder avec une promptitude étonnante, et pendant un temps fort long. En irritant une partie blanche , on voyait le sang aflluer tout à coup dans le système capillaire de cette partie; et ce système paraissait exercer une sorte d'aspiration sur ce ‘liquide. *

D’après ces faits, on a abandonné l’opinion de Harvey, mais on est tombé alors dans un extrême opposé. On a prétendu que les puissances impulsives du cœur et des artères élaient désormais épuisées à ce point du cercle , et que le sang ne circulait plus ici que par l’action des systèmes capillaires. Telle est, par exemple, l'opinion de Bichat. Sans contredit ces deux forces motrices ont perdu une grande partie de leur puissance par suite des résistances qu’elles ont eu à vaincre ; mais rien ne prouve qu’elles l’aient perdue en entier, et ül

paraît , au contraire , qu’elles en conservent encore. Nous avons, par exemple, cité une expérience de M. HMagendie, dans laquelle l'artère et la veine crurale d’un chien vivant ayant été mises à nu, on a vu la circulation dans l’artère régler celle qui se fait dans la veine; la circulation dans la veine s'arrêter, s’affaiblir même avant que le vaisseau füt vide de sang, quand on arrêtait ou affaiblissait la circulation dans l'artère. Gette expérience prouve que ces puissances s'étendent jusqu’à la circulation veineuse. Comment dès lors pourraient-elles n’avoir pas de part à la circulation capillaire, qui est plus rapprochée d’elles ? pourquoi, d’ailleurs , tant de troubles dans la circulation capillaire, dès que les mouvemens du cœur se pressent ou s’affaiblissent ? par exemple, la pâleur , le froid des parties les plus éloignées du tronc, quand le cœur manque de force ?

La vérité nous semble être dans la combinaison de ces deux opinions trop exclusives. Les deux puissances qui jusque là ont mû le sang, plus une action spéciale des systèmes capillaires, telles sont les causes de la circulation capillaire. Mais probablement cette dernière est la principale. Ge sont, en effet, ces mêmes systèmes capillaires qui font les nutritions, les calorifications , les sécrétions ; et nous avons déjà dit qu'il était difficile de croire que ces actions ne fussent pas liées en quelque sorte à la circulation. Que d'animaux d’ailleurs qui n’ont pas de cœur ! Le défaut de cet organe a même été observé dans des fœtus humains, chez lesquels la circulation ne se faisait pas moins. Enfin, dans les végétaux et les derniers animaux, c’est le parenchyme même des organes , c’est-à-dire les systèmes capillaires, qui emploient les fluides et en déterminnte la progression; le

cœur n'existe que dans les animaux supérieurs ; or, l’ae tion de ces systèmes capillaires doit être aussi importante chez l’homme, les actes inférieurs étant les mêmes dans tous les animaux, et les différences ne portant que sur les phénomènes antécédens à ceux-là, et qui en sont, en quelque sorte , l’échafaudage. Ajoutons qu'ici les vaisseaux sont si déliés et si divisés, qu'il n’est guère possible de croire à une grande influence de la part du cœur.

Mais maintenant en quoi consiste cette action des sysièmes capillaires ? elle ne tombe pas plus sous les sens que leur texture ; et l’on ne peut en juger que par les observations microscopiques , et certains phénomènes organiques de santé et de maladie. On admet généralement que le sang obéit ici à deux impulsions : l’une, qui lui fait suivre le grand cercle , et passer des dernières artères dans les premières veines; l’autre, qui l'appelle dans le parenchyme des organes, pour y être mis en œuvre : il est comme hésitant, oscillant entre ces deux directions ; le cœur est ce qui le pousse dans la pre: mière ; et l’action propre des systèmes capillaires est ce qui l’entraîne dans la seconde. Il est difficile, en effet, de nier cet appel du sang dans les sysièmes capillaires , en raison de leur excitation ; on l’a observé directement dans les expériences microscopiques : qu'on irrite un tissu , aussitôt le sang y afllue. Sur ce fait, repose en entier l'emploi thérapeutique des topiques irritans et sédatifs, ainsi que l’axiome ubr stimulus, ibi fluœus. L’in- {lammation est surtout un phénomène qui le prouve. De là même, résulte que c’est réellement cette action aspirantc des systèmes capillaires , qui règle la quantité de sang qui traverse les trois autres parties de l'appareil

circulatoire. On dit généralement que le cœur lance dans les artères autant de sang qu'il en a recu des veines; que les artères, à leur tour, rendent cette même quantité aux systèmes capillaires ; ceux-ci aux veines ; et qu’ainsi, id y a équilibre dans les quatre parties de l’appareil circulatoire. Gette proposition est vraie à l'égard des veines, du cœur et des artères, mais elle ne l’est pas des systèmes capillaires. Ges systèmes peuvent appeler plus eu moins de sang, ou se refuser à se laisser pénétrer par celui qui leur est envoyé; par suite, ils modifieront le cours du sang dans les gros vaisseaux, feront varier le pouls , et détermineront la quantité de sang qui passera par les veines, le cœur et les artères. Ne voit-on pas , en effet, grossir les veines et les artères de tout organe surexcité ? celles de l’utérus dans la grossesse, par exemple; de la mamelle, lors de la sécrétion du lait, etc. ? N'est-ce pas l’action aspirante exercée par les systèmes capillaires des parties , plus que l’action impulsive du cœur, qui, en certains cas de ligature du tronc principal d’une arière, fait développer les artères collatérales ? Rien ne paraît donc mieux démontré que cet appel effectué par les systèmes capillaires, et l’on pourrait dire que le cœur ne sert qu'à envoyer, dans les gros vaisseaux, le sang que ces systèmes capillaires doivent employer. Qu’une portion du système capillaire aspire plus de sang, celui de tous les vaisseaux voisins se dirige vers elle, la fluxion s'étend de proche en proche jusqu'aux gros vaisseaux , selon que cette portion du système capillaire a plus ou moins d’étendue et d'importance. Je sais bien que quelques auteurs placent cette circulation capillaire en dehors du grand cercle; mais on ne fait par là qu’éluder la difficulté ; comme il est sûr qu’elle influe prochaine

ment sur lui, on doit la considérer comme en faisant partie. C’est Bordeu qui, le premier , a séparé la circulation capillaire , de la circulation dite générale, ou des gros vaisseaux : sans doute cette distinction est fondée , et est des plus importantes en pathologie et en thérapeutique ; mais il est évident aussi que ces deux circulations sont liées, et que la première modifie trop la dernière pour qu’on puisse complètement l’en isoler.

Du reste, cette action d'aspiration, exercée par les systèmes capillaires , ne peut nullèment être déterminée ; on l’a dite une succession de contractions et de dilatations actives, mais ce n’est là qu’une conjecture; cette action étant tout-à-fait moléculaire, on ne peut rien savoir d’elle, sinon que les systèmes capillaires ne sont pas passifs pour sa production , et qu'elle n’est ni physique ni chimique, mais organique et vitale ; ce que nous venons d’en dire, démontre en effet, la vérité de ces deux propositions. Pour que les systèmes capillaires n’eussent aucune part à la circulation capillaire , il faudrait que le sang les traversât mécaniquement : et cela n’est pas. Ensuite, est-il possible de rapporter à une action physique , à l'attraction des tubes capillaires , par exemple , le rôle qu’ils jouent ici? Mais ils fondent une force qui sert à vaincre des forces physiques. Leur action de circulation est assez prochainement liée aux actions de nutrition, sécrétions, qui sont des actions vitales. Tout ce qui modifie la vitalité des capillaires , applications irritantes, sédatives , en modifie la circulation. Cette action , enfin, paraît même être assujetie à une influence nerveuse, comme le prouvent la pâleur ou la rougeur qu’éprouvent certaines parties lors des affections de l’âme. À tous ces traits, qui pourrait mé-

connaître une action organique et vitale ? Ou, si l’on veut néanmoins qu’elle soit physique, il faut reconnaître au moins que la condition matérielle qui en rend possible l'accomplissement, est Lout-à-fait dépendante des nerfs qui entrent dans la texture des parties, et varie sans cesse sous leur influence,

Telles sont les causes organiques de la circulation capillaire. On peut en ajouter de mécaniques ; savoir : les influences de la gravitation, des mouvemens généraux du corps ou de quelques-unes de ses parties, des battemens des artères voisines, etc. Mais il faut remarquer que ces influences fondent aussi souvent des résistances que des puissances motrices. Ainsi que nous l’avons dit, dans la circulation des fluides des corps organisés, il y a toujours des considérations mécaniques auxquelles il faut avoir égard, et qui compliquent considérablement l’analise du phénomène,

Quant aux résistances , elles sont ici ce qu’elles étaient dans la circulation artérielle , la masse du sang à mouvoir, et les frottemens qui doivent être ici encore plus considérables en raison des subdivisions infinies des vaisseaux , de leurs courbures , de leurs entrelacemens. Aussi, il y a déjà plus de ces dispositions mécaniques qui sont destinées à faciliter la circulation, comme des anastomoses plus fréquentes ; d’où résulte que, si le sang trouve un obstacle d’un côté , il peut refluer de l’autre, ainsi que l'ont vu ceux qui ont observé sur des animaux vivans la circulation capillaire avec le microscope.

Maintenant , de cette connaissance des causes qui président à la circulation capillaire, et des résistances à vaincre , pouvons-nous déduire les traits de cette circulation , savoir, sa vitesse, le rapport des puissances aux

résistances, etc. ? Il est évident qu'on ne peut évaluer, fi les causes motrices , niles résistances, et par conséquent qu’on ne peut analiser avec toute rigueur le phénomène; voici tout ce qu’on assure. D'abord , on dit la circulation capillaire assez lente, probablement parce qu'on juge celte lenteur nécessitée par les actes de nutrition, de sécrétion, dont cette circulation fournit les matériaux. Mais peut-être cette lenteur est- elle moindre qu'on ne l’a dit ; à juger par les expériences de Bichat sur lærespiration , elle est assez prompte dans le cercle pulmonaire, et par analogie on peut la croire aussi prompte dans le cercle du corps. D'ailleurs , avec quelle rapidité des boissons parviennent de l’estomac aux reins ! Ensuite, on professe que cette circulation capillaire n’est pas la même dans chaque partie du corps. En effet , nous avons vu que déjà le sang est versé par les artères dans les parties , dans des quantités et avec des vitesses inéga- Les : et en outre, chaque partie aspire dans les gros vaisseaux des quantités diverses de sang , selon sa vitalité, l'activité de sa fonction. Dès lors ; ce que l’on disait de la circulation capillaire dans un lieu, ne serait pas applicable à un autre; et il faudrait dire les circulations capillaires, comme on dit les nutritions. Enfin cette circulation capillaire change dans chaque partie , selon scn état d'activité, les excitations directes ou sympathiques auxquelles elle est soumise ; et à cet égard elle est bien plus variable que la circulation artérielle. Nous ne parlons pas de l’état de maladie; il est trop évident qu'un changement dans la circulation capillaire d’un organe, est un phénomène inséparable de toute lésion de cet organe ; Mais NOUS entendons que cette circulation se modifie selon Les divers degrés d'activité que peut pendant

MÉCANISME DE LA CIRCULATION. Aot

Pétat de santé présenter tout organe. Par exemple, il est des organes dont les fonctions sont intermittentes; et il est bien sùr que le sang qu’ils appellent en eux, n’est pas aussi abondant lorsqu'ils sont en repos, que lorsqu'ils sont en action. Tout organe, dont le travail redouble, voit sa circulation capillaire activée ; il en est de même de celui soumis à une excitation quelconque , soit directe, soit sympathique. Or, des variations de ce genre surviennent sans cesse dans le cours de la vie. Ainsi s'expliquent toutes les différences que présentent entre eux les organes sous le rapport du sang qui les pénètre ; toutes celles que présente un même organe selon son état d’excitation ou d’atonie; etenfinles modifications que présentera Ja circulation générale dans les divers états de la santé et de la maladie. Des modifications dans une partie importante du système capillaire,sont en effet bien- {ôt partagées, comme nous l'avons dit, par la circulation générale. On peut admettre queles gros vaisseaux, considérés séparément des systèmes capillaires, et comme constituant à eux seuls le cercle, sont comme un réservoir qui fournit sans cesse aux systèmes capillaires, mais dans lequel ceux-ci ne puisent que la quantité qui leur convient. Seulement , si par un accident quelconque une portion importante du système capillaire cesse de puiser , il y a surcharge dans les gros vaisseaux, et menace d’une congestion fatale dans quelques points. Par exemple, dans les opérations d’anévrisme, on est souvent obligé de saigner, jusqu’à ce que la circulation soit rétablie dans le membre, si l’on veut éviter des apoplexies ou des inflammations du poumon. Il en est de même à la suite de l’amputation d’un membre, L’effet est semblable , si l’action du système capillaire étant la même, 3. 26

Ae2 FONCTION DE LA CIRCULATION.

il y a par une cause quelconque surcharge de sang dans les gros vaisseaux , pléthore ; il peut survenir aussi quelques congeslions mortelles ; et on en produit en quelque sorte d’artificielles dans les animaux, par des injections d’eau dans les veines, ou mieux par la transfusion du sang. A ce propos, il a été professé par beaucoup de physiologistes , que sur le trajet de l'appareil circulatoire, étaient placés çà et là certains organes dont la fonction était de servir de diverticulum au sang, dans les cas où d’autres parties se refuseraient, par une raison quelconque , à se laisser pénétrer par la quantité de ce liquide qui doit d'ordinaire leur arriver. Ge rôle a surtout élé altribué à ces organes dont on n’a pas encore découvert la fonction, et sur lesquels on fait à cause de cela de continuelles conjectures, comme la rate, le thymus, la thyroïde , les capsules surrénales. Ainsi, Lieutaud , remarquant que la rate était toujours plus grosse lors de la vacuité de l’estomac, que lors de la plénitude de ce viscère, disait que le sang dans l’intervalle des digestions refluait dans la rate, qui était ainsi un diverticulum de sang pour l'estomac : il trouvait à cela cet autre avantage, de faire fournir par la veine-porte plus de sang au foie, dont le produit se prépare aussi dans Fintervalle des digestions. D’autres ont admis l’idée de Licutaud avec celte modification, que, lorsque le sang qui s’est accumulé dans la rate lors de la vacuité de l’estomac , en est exprimé dans le temps de sa plénitude, ce n'est p2s pour alimenter la sécrétion biliaire, mais bien celle du suc gastrique. Rush à étendu davantage encore cette idée: il fait aussi de la rate un diverticulum du sang, non pour l’estomac seulement , mais pour tout le corps en général, lorsque la circulation trop excitée ferait courir

MÉCANISME DE LA CIRCULATION. 405 le risque de voir se former des congestions sanguines dans quelques organes , comme dans les Passions, les mouvemens violens , la course : il argue de la nature spongieuse de la rate, dela fréquence de ses distensions \ de la grande quantité de Sang qui lui arrive, de son voisinage du cœur et du centre de la circulation, et de la sensation qui lui est rapportée dans la course, le rire, Enfin, M. Broussais a tout-à-fait généralisé cette idée des diverticulums. D’une part, il avance qu’il en existe toujours à côté des organes dont les fonctions sont évidemment intermittentes; chez le fœtus , par exemple, près des parties qui ne sont pas encore en exercice, se trouvent des organes destinés à distraire le sang qui devra plus tard leur arriver : tels sont, selon lui ,le chymus et la thyroïde, relativement au poumon; les capsules surrénales, relativement aux reins. Ces organes ensuite à la naissance, ou s’oblitèrent tout-à-fait, si ceux dont ils devaient recevoir le Sang ont des fonctions continues, ou ne s’oblitèrent qu’en partie, quand Jes fonctions de ces derniers présentent des alternatives d’activité et de repos. C’est ainsiquela rate persiste , comme diverticulum de l’estomac, dont les fonctions sont bien pendant toute la vie intermittentes ; tandis que le thy mus disparaît, quand la respiration est établie. D'autre part, ce que Aush avait dit de Ja rate comme diverticulum pour toutle corps, M. Broussais l'étendau foieet au système de la veine-porte; il regarde celui-ci comme un réservoir servant à recevoir le sang dans les divers cas où survient quelque retard , quelque arrêt dans la cireulation , ou comme propre à imprimer à ce liquide une nouvelle cause d’impulsion.

Tout cela sans doute est fort ingénieux, mais ne peut 26*

être accueilli que cemme conjecture à méditer. D’abord, Bichat et autres ont contesté l’assertion de Lieujaud, savoir , que la rate soit plus grosse lors de la vacuité de l'estomac, el nous avons déjà dit que les physiologistes tour à tour niaient ou accordatent le changement qu'on à dit se faire dans la circulation de l’estomac et des organes Voisins ; selon qu'il y a où n'y à pas digestion. Cependant nous revieudrons sur cet usage attribué à la rate , à l'article de la sécrétion biliaire. Quant au thymus, à la thyroïde et aux capsules surrénales , peut-on direavecM. Broussais, que ces organes nê sont que des diverticulums ? n’ont-ils pas une texlure trop compliquée , pour n'avoir ainsi à remplir qu'un ofhice mécanique ? À supposer qu’une dérivation fût ici nécessaire , pourquoi n’aurait-il pas sufli pour l’effectuer , de simples trous où Canaux , comme nous verrons que le font dans le fœtusle trou de Botal et le canal artériel? Pourquoi, par opposition , la disparition du thymus avec ’âge, etau contraire la persistance de la thyroïde et des capsules surrénales ? Ilesttrop évident que tout ce point de doctrine n’est qu'une hypothèse. Mais ce qui n'en est pas une, d’après ce que nous avons dit avant celte digression , c’est que la circulation capillaire est diltérente dans chaque partie ; variable dans une même partie; que par ses variations , elle modifie la circulation générale , le pouls; etenfin , queses divers départemens dans le corps s’influencent au loin les uns les autres.

C’est pendant que le sang traverse les systèmes capillaires, qu'il est changé dans ceux du corps d’artériel en veineux , ct dans ceux du poumon de veineux en artéviel, On est sûr que ce n’est pas la circulation capillaire

proprement dite qui effectue cette dernière conversion ;

MÉCANISME DE LA CIRCULATION. 405 puisque nous avons Vu , à l'histoire de la respiration, que celte conversion exigeait l’intervention de l’oxigène. Nous devons conséquemment en dire autant, de la conversion du sang artériel en sang veineux , dans les systènes capillaires du corps. C’est bien pendant la circulation capillaire qu’elle s'effectue ; mais il faut probablement de plus, que quelque principe soitenlevé au sang; comme dans l'acte inverse , il avait fallu que quelque principe nouveau lui fût fourni; et si la circulation capillaire influe sur la formation du sang veineux, ce n’est qu'indirectement , parce qu'elle influe sur les actions d’élaboration qui se passent dans les parenchymes, c’est-àdire les nutritions et les calorifications,

Page 1