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ARTICLE IV

Circulation dans les Veines.

Dans les veines, le sang circule , d’une part, du sysième capillaire du poumon au cœurg gauche , et, d'autre part, du système capillaire du corps au cœur droit. [I s’agit encore ici de spécifier les causes qui président au cours du sang dans cette dernière partie de l’appareil circulatoire , de mentionner les résistances que ces causes ont à vaincre; et de déduire de la connaissance de ces élémens de la circulation veineuse, les traits

de cette circulation.

Harvey n’assignait encore d’autre cause, au cours du sang dans les veines , que l’action du cœur , dont l’influence impulsive s’étendait, à travers les artères et les systèmes capillaires 5 jusqu’à cette dernière parie du cercle. Mais nous répéterons ici ce que nous àvons déjà dit à l’occasion de Ja circulation capillaire. D’ abord, i

faut nécessairement ajouter à l’action du cœur, celle des artères que nous avons vu influer sur la progression du liquide. Ensuite, si ces deux puissances motrices avaient été en grande partie épuisées à la fin du système artériel , à plus forte raison doivent-elles l’être ici , Fespace qu'a eu le sang à parcourir étant bien plus grand, et les résistances à vaincre ayant été plus nombreuses. Enfin les systèmes capillaires qui influent tant sur la circulation capillaire, et qui par suite modifient tant la circulation générale, particulièrement celle des artères, pourraient-ils n’avoir aucune part à la circulation veineuse ? Ajoutons qu'évidemment les veines n’ont pas de pouls; que dans ces vaisseaux le sang offre encore , moins que dans les dernières artères , ces saccades qui coincident avec les contractions des ventricules, même coule en nappes d’une manière continue.

Arguant de ces considérations, Bichat rejette l’opinion de Harvey, mais pour tomber dans une erreur opposée : faisant cesser l'influence du cœur sur la circulation à l'extrémité du système artériel , il attribue la circulation veineuse à la seule action des systèmes capillaires. Cependant l'expérience précitée de M. Magendie , a fait voir la circulation dans les veines suivant celle qui se fait dans les artères , puisqu’en comprimant l'artère crurale on a arrêté instantanément la circulation dans la veine crurale, bien que ce vaisseau fût encore plein de sang. Qu’on ouvre d’ailleurs une veine sur un animal vivant , le jet de sang que fournit ce vaisseau est d’abord uniforme ; mais bientôt il offre des saccades qui coïncident avec les contractions des ventricules.

Nous croyons qu'il faut admettre comme causes moirices du sang dans les veines, d’abord toutes celles qui

ont agi antécédemment sur le fluide, mais dans une mesure d’autant plus grande que ces causes sont placées plus près du système veineux: ensuite une action des veines elles-mêmes. Ainsi, d’une part, action du cœur , action des artères , et action des systèmes capillaires qui peut-être n’agissent ici qu’en influant sur la circulation générale, sur la quantité de sang qui est aspirée dans le cercle : d’autre part, action des veines ellesmêmes. Cette action des veines n’esk pas certainement une action d'irritabilité du genre de celle dont jouit le cœur ; mais elle n’est pas non plus une simple élasticité , car le sang jaillit plus loin de ces vaisseaux , quand on les pique entre deux ligatures pendant la vie, qu'après la mort. Gependant on dit avoir reconnu une véritable irritabilité dans les gros troncs, dans la veine cave inférieure , par exemple, surtout dans les animaux à sang froid.

À ces causes de la circulation veineuse, on peut en ajouter d'accessoires ; savoir: 1°le battement des artères, qui à cause de cela sont généralement annexées aux veines. 2° La pression des organes voisins, surtout des muscles , etc. La peau, par exemple, en soutenant les veines aide la circulation veineuse, car si la résistance de cette membrane diminue, les veines deviennent variqueuses, preuve que le sang y stagne; et il faut recourir à un bandage mécanique. Une semblable influence est exercée par les mouvemens inspiraleurs sur le sang des veines du thorax et de l’abdomen, par ceux du cerveau sur les veines des sinus de la méninge , par tous mouvemens musculaires quelconques sur les veines voisines, comme le prouve le bon effet de ceux qu’on

Leë FONCTION DE LA CIRCULATION.

fait pratiquer pendant la saignée , pour que le sang coule,

Quant aux résistances , elles sont ici les mêmes que dans la circulation artérielle, savoir la masse du sang à mouvoir , et les frottemens : mais comme il n’est pas plus possible de les évaluer que les causes motrices ; on ne peut, en Gpposant les unes aux autres, acquérir une appréciation rigoureuse de la circulation veineuse ; et tout ce qu'on en sait peut se réduire aux considérations suivantes.

D'abord , évidemment les causes motrices ont ici une énergie moindre qu'aux artères, et dès lors la circulation veineuse doit être plus dépendante d’influences mécaniques que l’artérielle. Pour peu qu'il y ait affaiblissement de l’économie, la gravitation suffit pour ralentir la circulation veineuse, même dans les lieux où le sang doit naturellement circuler contre son propre poids : de là l’enflure , l’œdème des jambes chezles convalescens. La moindre pression a les mêmes résultats.

À cause de cela beaucoup de précautions paraissent avoir été prises par la nature pour faciliter mécaniquement la circulation veineuse , où remédier aux mauvais effets qui pourraient résulter de son retard. Nous avons déjà parlé de l’influence exercée par les battemens des artères voisines, par la pression des organes voisins : il faut ajouter encore, 1° les anastomoses qui sont ici trèsmultipliées , afin que lorsque le fluide est arrêté d’un côté , il trouve passage d’un autre. 2° Les valvules qui sont dans l’intérieur des veines, et qui ont le double usage ; de prévenir le reflux du sang , une fois qu’il est parvenu à un point quelconque du système, et de par-

MÉCANISME DE LA CIRCULATION. 409 tager ce fluide en petites colonnes qui sont conséquemment plus faciles à ébranler. 3° La particularité qu'ont les veines de pouvoir se dilater beaucoup , ce qui rend moins grave la stagnation du sang dans ces vaisseaux. 4° Enfin , la plus grande capacité du système veineux, qui a aussi pour but de prévenir les dangers qui résulteraient d’une stagnation du sang dans son intérieur. Gependant les différentes veines du corps diffèrent sous le rapport de ces précautions accessoires : là où le sang circule de haut en bas, et tend à se mouvoir par le fait seul de son poids ; là où il est soumis à des pressions extérieures, comme au thorax, à l’abdomen : ces précautions mécaniques sont moindres : parexemple , les veines sont sans valvules , ont des parois plus minces. Là où : existent des circonstances inverses, comme aux pieds où le sang remonte contre son propre poids, aux veines sous-cutanées qui ne sont pas soutenues , il y a des valvules nombreuses aux veines , et leurs parois sont plus épaisses; par exemple, la veine saphène interne à des parois plus épaisses que l’iliaque.

En second lieu , tout en convenant qu’on ne peut évaluer la vitesse des circulations artérielle et veineuse, il est certain que celle-ci est plus lente que la première. Si on ouvre une veine et une artère d’un égal volume, le jet fourni par la première est bien moins étendu que celui que lance la seconde. Comment pourrait-il en être autrement, puisque les forces motrices sont moindres, et les résistances plus grandes? Le cours du sang dans les veines n'offre pas non plus ces saccades intermittentes que présentait la circulation artérielle, et qui coïncidaient avec les contractions des ventricules ; il est uniforme.

En troisième lieu , examinée dans les plus petites vernes , il est probable que cette circulation varie dans les diverses parties du corps. Nous avons vu, en ellet, que la circulation capillaire y est différente ; nous verrons que les actions de nutrition , de calorification qui S'y produisent , Y diffèrent aussi ; dès lors, il est probable qu’il en est de même de la circulation veineuse, surtout à ce point où elle se confond avec la circulation capillaire. D'ailleurs , dans le cadavre comme dans je corps vivant, rien n'est plus fréquent que de voir telie portion du système veineux gorgée de sang , et telle autre vide.

Enfin , la circulation veineuse offre cette différence d'avec la circulation artérielle , que tandis que celle-ci va en s’affaiblissant , se ralentissant à mesure qu’elle s’éloigne du cœur , etse fait dans des vaisseaux plus petits ; la circulation veineuse va, au contraire , en s’accélérant. Le cours du sang qui est fort lent dans les veinules , est déjà plus rapide dans les rameaux, et encore plus dans les troncs. On explique ce fait par la diminution de capacité que présente le système veineux de son origine à sa terminaison, et qui semble permettre l'application de ce principe d’hydrodynamique, que le cours de tout fluide s'accélère, quand le tuyau où il circule se re trécit. On confirme cette explication, en faisant remarquer que pour hâter le cours du sang en quelques veines , il suffit d’oblitérer le calibre des veines voisines , comme le fait la ligature dans l’opération de la saignée. On indique cette disposition, comme une précaution qu'a prise la nature pour faciliter mécaniquement le cours du sang. Nous ne garantissons pas la justesse de cette application d'hydrodynamique : dans les êtres vivans, chez lesquels

MÉCANISME DE LA CIRCULATION. 4ai

les forces générales n’ont conservé qu’en partie leur empire, il est dificile souvent de préciser ce qui en reste ; et, comme nous l'avons déjà dit, c’est celte association des forces générales et des forces spéciales qui rend trèsdifficile et même impossible l’analise rigoureuse du phénomène de la circulation. Mais le fait que par cette loi en veut expliquer est certain.

Voilà donc le cercle de la circulation achevé , et le rôle de chacune des quatre parties de l’appareil circulatoire autant que possible apprécié. Le cœur fait l’office d’une pompe aspirante et foulante qui projette le sang dans les artères ; son influence s’étend dans tout le cercle, mais elle est d'autant moindre sur le sang que ce fluide s’en éloigne davantage. Les artères servent par une réaction , qui peut-être n’est que de l’élasticité dans les gros troncs , mais qui certainement a quelque chose d’organique dans les rameaux. Les systèmes capillaires font le partage du sang en deux portions ; l’une qui continue le cercle et passe dans les veines; l’autre qui est appelée dans les organes et y est mise en œuvre; et comme c’est pour cette fin qu'a lieu en dernière analise toute la circulation , c’est ce dernier acte qui règle toute la fonction. Enfin les veines rapportent le sang, par un reste des actions du cœur et des artères , par l'influence des systèmes capillaires, et par une action qui leur est propre. Dans le cœur, le cours du sang est intermittent : dans les artères , il est continu, mais saccadé, et de moins en moins rapide : dans les systèmes capillaires ilest oscillant , souvent rétrograde et différent dans chaque partie du corps : dans les veines, ilest à leur origine

spécial aussi dans chaque partie, du reste plus lent que dans les artères , mais de plus en plus rapide. Tandis que | les artères n'avaient qu’une seule origine aux cœurs , les | veines y ont plusieurs embouchures, et en concoitl’avan- | tage de cette double disposition. | Tel est donc le mécanisme par lequelle sang est porté | à chaque organe et en est rapporté. On a bien assigné à la circulation d’autres causes que celles que nous venons d'indiquer. Par exemple, on a parlé d’un gaz existant dans le sang , et qui, raréfié par la chaleur , poussait les globules de ce liquide dans la direction selon laquelle ik circule. On a dit que les globules du sang, à une pression, revenaient sur eux-mêmes par une véri<

étant soumis

table élasticité , et recevaient par là une impulsion en un sens déterminé. On a comparé les deux systèmes vasculaires artériel et veineux aux deux branches d’un syphon, le fluide remontant dans la seconde branche, par cela seul qu’il a été porté dans la première. On a dit que par cela seul qu’une des cavités du cœur s’était contractée , il en résultait dans le système un vide vers lequel devait dériver le fluide, et que cela imprimait l'impulsion à toute la masse du sang. Enfin on a parlé d’ébullition, d’effervescences survenant dans le cœur, par suite du mélange dans cet organe, du sang avec un principe igné, un ferment, une lymphe acide, les esprits ani maux, etc, Mais tout cela est trop évidemment hypos thétique pour mériter une réfutation.

Dans le cercle du corps, il existe une exception à la disposition générale du système veineux, qui est trop remarquable pour être passée sous silence : c’est celle qui constitue le système veineux abdominal. On sait que toutes les veines qui rapportent Je sang des organes dis

gestils situés dans l'abdomen , se réunissent en un tronc commun appelé veine-porte. Celui-ci, d’après la loi commune , devrait se rendre en un tronc plus gros encore , la veine cave inférieure , par exemple ; au lieu de cela, il se ramifie dans le tissu du foie, à la manière d’une véritable artère. Or c’est là ce qu’on appelle le système veineux abdominal, dans lequel on peut signaler deax arbres, réunis l’un à l’autre par leur tronc et dont la veine-porte est le centre , un abdominal et un hépatique. il s’agit d’en étudier la circulation. Voici d’abord quelle y est la marche du sang : ce fluide, revenant des organes digestifs par les veines de l’arbre abdominal, se rassemble dans la veine-porte; de là ilest projeté par celte veine dans le tissu du foie; et, enfin, les veines dites sus-hépatiques l'y reprennent pour le conduire dans la veine cave inférieure, et le rendre à la circulation générale. On voit par là que ce sang à traversé deux systèmes capillaires, celui des organes digestifs d’abord , et ensuite celui du foie. Jusqu'à son arrivée dans la veineporte , il est dans les mêmes conditions que le sang des autres parties du corps; mais il n’en est pas de même dans Farbre hépatique ; quelles causes le font circuler là de la veine-porte au foie, et du foie à la veine cave? D’après ce qui est dans la circulation générale, il semblerait qu'il devrait y avoir là un cœur, et cependant iln’y en a pas. On a bien voulu considérer comme tel la veine-porte; mais ce vaisseau n’a rien de musculeux, on ne voit et on ne peut déterminer en lui aucune contraction. Il faut absolument que les mêmes causes qui ont porté le sang du système capillaire des organes digestifs dans la veine-porte , le fassent cheminer de ce tronc à travers le parenchyme du foie jusque dans Les

veines sus-hépatiques. Ce système veineux abdominal fournit une des plus fortes objections qu’on puisse faire à la théorie de Jarvey, qui voulait que le cœur fût l'unique agent de la circulation. Comment croire qu'ici l'influence du cœur se soit conservée au-delà de deux systèmes capillaires ? et, si c’est un système capillaire qui est le mobile de cette petite circulation , quelle présomption pour que ce soit de même un système capillaire qui agisse dans la grande circulation ? d'autant plus, qu'il y a, comme nous l’avons dit, des animaux dans lesquels il n’y a pas de cœur pour la grande circulation. Toutefois on conçoit que tout ce que nous avons dit de la circulation veineuse en général, sera plus vrai encore de la circulation veineuse abdominale : elle sera plus dépendante encore d’influences mécaniques; les mouvemens du diaphragme, des parois abdominales ; des organes digestifs, la gravitation, auront empire sur elle. Cependant les veines de ce système n’ont pas de valvules, et ont des anastomoses moins nombreuses , surtout dans l’arbre hépatique : probablement c’est parce que le foie auquel aboutit cette circulation ne change que rarement de volume et d’état, offre toujours à peu près la même facilité au passage du sang; à la différence du poumon , auquel aboutit la circulation générale, qui change sans cesse, comme nous le verrons ci-après, dans les mouvemens de la respiration.

On indique encore deux organes où l'appareil cireulatoire offre quelques dispositions particulières , le cerveau et le cœur. Nous avons parlé, dans Le temps, de ce qui à trait au premier ; et, quant au second , l’exception admise n'est pas réelle. On avait cru que les artères cardiaques n'étaient pas pénétrées par le sang lors de Ja

contraction du ventricule, mais dans un temps autre que les autres artères, et cela parce que les valvules sigmoïdes , disait-on, en couvraient alors l’orifice. On avait cru aussi que le sang du cœur était rapporté directement dans les ventricules, par des veines dites de Thebesius, du nom de l’anatomiste qui les avait décrites. Mais, d’une part, quelque abaissées que soient les valvules sigmoïdes , elles laissent toujours libre l’ouverture des artères cardiaques ; d’autre part, les veines de Thebesius n’existent pas : le cœur a le même mode de circulation que tous les autres organes.

À l’histoire de la circulation se rattache celle du pouls. On appelle pouls le battement que fait sentir une artère au doigt qui la touche. De longues et anciennes controverses ont existé sur sa cause. Galien le rapportait à une force occulte pulsifique; {Harvey , à la force de contraction du cœur; ceux qui admettaient l’irritabilité dans les artères, à l’action contractile de ces vaisseaux, etc. On doit conclure de ce que nous avons dit sur la circulation artérielle, qu’il a sa cause à la fois dans le cœur et dans les artères : 1° dans le cœur, dont les contractions ventriculaires projettent le sang dans l'artère , et produisent dans ce vaisseau une dilatation et un léger déplacement; et les preuves sont, que les battemens du pouls sont généralement isochrones à ceux du cœur ; que ces battemens sont généralementles mêmes dans toutes les artères, ce qui démontre que la cause en est unique et centrale ; que ce pouls manque dans les animaux qui n’ont point de cœur , cesse chez ceux qui en ont lors d’une syncope, et varie toutes les fois que les mouvemens du cœar varient eux-mêmes. 2° Dans les arières qui, par leur réaction élastique et organique, re-

viennent à leur calibre ordinaire et à leur place prenière : et la preuve en est que, si on dirige le sang du cœur dans les veines , le pouls est bien moins marqué. I est sûr que le pouls tient à ces deux choses,etles auteurs ont presque tous commis celte faute de vouloir le rapportier à une seule: ÆHarvey, à la seule action du cœur ; Lamure, à la contraction supposée de l'artère; Jadelot, à la dilatation qu’éprouve ce vaisseau, consécutivement à l’ondée de sang que le cœur y projette ; IWeitbrecht, à la locomotion que produit en lui la même cause , etc. Si l’on en excepte la contraction de l’arière , qui n’a pas lieu, toutes les autres circonstances concourent à sa production , mais surtout après l’action du cœur, le déplacement, le redressement qu'éprouve l'artère. Voyez, en efet, combien le pouls est plus manifeste dans une artère flexueuse, et qui, à chaque contraction ventriculaire, éprouve un grand déplacement , que dans une artère qui est ouverte à son extrémité ! En somme, le pouls résulte de la projection du sang dans les artères à chaque contraction des ventricules , et des changemens qui, par suite , surviennent dans ces vaisseaux; changemens qui consistent en ce qu'alternativement ils se dilatent et se déplacent , puis se rétrécissent et reviennent à leur première place.

De même, en eflet, que les contractions du cœur sont alternatives , les changemens survenus dans l’artère ue durent pas ; et l’on signale dans le pouls les mêmes temps de diastole et de systole que dans le cœur. La diastole du pouls consiste dans le choc impulsif du sang dans l'artère , d'où résulte sa dilatation et sa locomotion ; elle coïncide conséquemment avec la systole du cœur. La systole du pouls consiste dans le retour de l’artère

MÉCANISME DE LA CIRCULATION. 417 sur elle même, et à son calibre et à sa situation première, et correspond à la diastole du cœur. C'est , en effet, Lors de la systole du cœur et de la diastole du pouls, que le sang sort par saccades d’une artère ouverte, tandis que dans les temps opposés le sang en coule seulement en nappe.

De là il résulte que le nombre des battemens du pouls est égal à celui des contractions du cœur. Or, le nombre des uns et des autres est d'autant plus grand que l'individu est plus jeune. D’après Sæœmmering , le pouls bat par minute de 150 à 140 fois dans l'enfant naissant ; 120 fois dans l’enfant d’un an; 110, dans celui de deux ans; 90, dans celui de trois ans ; 80, à la puberté; 50, à l’âge viril; et 6o et moins, dans la vieillesse. Dans l’état de santé il est grand , plein, fortsans dureté, souple sans laxité, et toutes les pulsations sont égales en grandeur , en force et en durée. Tout ceci cependant n’est pas absolu, et nous faisons abstraction des idiosyncrasies. On sait d’ailleurs qu’il offre beaucoup de variétés selon les sexes , les tempéramens, l’état de veille ou de sommeil, le mode d’emploi de la vie, l’état de santé et de maladie surtout : on sait que ce phénomène estheaucoup consulté par le médecin ; et il Pétait déjàdu temps d’{Zippocrate. Dans l’exploration qu’on en fait , il faut avoir égard aux six considérations sui- ‘vantes : 1° au nombre des pulsations dans un temps donné : quand il y a plus de 50 pulsations dans une minute, le pouls est dit fréquent ; quand il ÿ en a moins, Je pouls est dit rare : il y a de nombreux degrés de fréquence et de rareté. 2° À la vitesse spéciale de la diastole : quand la diastole s'effectue très-promptement , le pouls estuif; dans le cas contraire, il est lent : il y a aussi beaucoup de degrés de vitesse et de lenteur. 3° À l’am-

pliatron de l'artère , qui dépend de la quantité de sang qui est chassée par le cœur : sous ce rapport, le pouls est grand ou petit, plein ou vide. 4° À la résistance ou à la mollesse de l’artère, ce qui fait le pouls dur ou mou. 5° Au degré d'énergie avec lequel le cœur se contracte , d’où résulte le pouls fort ou faible. 6° Enfin, aux rapports qui peuvent exister entre les pulsations , ces pulsations pouvant être égales ou inégales en fréquence , en vivacité, en plénitude, en force, ce qui fait le pouls égal , le pouls inégal , le pouls intermittent : celui-ci pouvant même l'être avec régularité ou irrégularité.

Du reste, ce pouls n’est pas seulement un symbole de l’ordre dans lequel se font les mouvemens du cœur , et de Vétat de la circulation artérielle ; à raison des liens qui unissent la circulation capillaire et la circulation générale, il annonce aussi l’état de la première. Il est impossible qu’une portion quelconque du système capillaire général éprouve une modification dans sa circulalion, sans que tout l’ensemble de la circulation s’en ressente ; soit mécaniquement , parce qu’il en résulte une dérivation du sang des autres parties , ou un reflux de ce fluide dans ces parties; soit organiquement, parce que le reflet sympathique de l'organe affecté sur le cœur modifie les mouvemens de celui-ci. C’est pour cela que le pouls peut être un signe indicateur d’affections locales. Déjà Galien en avait fait l’objet de son attention sous ce rapport, et admettait , par exemple , le pouls de la sueur , celui des hémorræz gies , c’est-à-dire des pouls qui annoncaient que telles portions du système capillaire étaient actuellement, plus ou moins que dans l’état normal , accessibles au sang. Mais c’est Bordeu surtout qui a fait sur ce sujet un

travail étendu. Ge médecin spécifiait d’abord un pouls supérieur et un pouls inférieur , selon que la portion du système capillaire général qui était malade, et dont la circulation était conséquemment modifiée , siégeail audessus ou au-dessous du diaphragme. Il admettait ensuite des subdivisions dans chacun de ces pouls, selon que la lésion frappait tel ou tel organe : le pouls supérieur , par exemple , était #asal , pectoral, guttural , etc. , et l'inférieur, était gastrique, hépatique, splénique , intestinal, hémorroïdaire , utérin , etc. ; selon que la portion de système capillaire malade était le nez, ou la poitrine , la gorge, l’estomac, le foie , la rate, l’intestin, l'utérus. Enfin , il croyait reconnaître , par le pouls, l’époque de sa durée, à laquelle une maladie était parvenue ; et, sous ce rapport, il distinguait un pouls acritique ou de crudité, qui correspondait à l’époque d’invasion et d’augment des maladies, et un pouls er1itique ou de coction, qui correspondait à l’époque de leur terminaison. Dès lors, en combinant ce genre de pouls avec celui qui désigne quelle portion du système capillaire est atteinte, il disait deviner par quel couloir se ferait la crise. Fouquet et Dumas ont encore, sur ce point, renchéri sur Bordeu ; le premier, en sigaalant une modification spéciale du pouls, correspondante à chaque petite portion du système capillaire; le second , en spécifiant des pouls pour chacun des divers systèmes de notre économie, par exemple, des pouls . musculaire, nerveux , fibreux , etc.

Tout cela peut être vrai en théorie, et aux yeux de l'esprit; mais, indépendamment de ce que l’observation de nuances aussi fines est très-difficile , sujette à erreur, il est sûr que tout ceci au moins est très-exagéré = on

n’admet guère aujourd’hui que les pouls d'irritälion et de crudité, les pouls supérieur ét inférieur , et le pouls des hémorragies ou dicrote. On ne perd plus de vue qu'il ne faut pas prononcer d’après le pouls seul , mais qu'il faut s’aider des autres signes ; et même en ce qui concerne la circulation, que le pouls n’est pas le seul moyen qu’on ait d'apprécier l’état de cette foncton. Ainsi, on touche d’abord le pouls en divers lieux du corps, afin de juger de l’harmonie ou de la discordance qu’il peut présenter. Ensuite on examine la coloration des diverses surfaces , pour juger dela circulation capillaire en général , et des modifications qu’elle peut offriren certains lieux. Enfin, on touche les veines aussi bien que les artères; el, par opposition avec elles; on Jes touche en des lieux divers , afin de juger l’état de la circulation veineuse, et reconnaître s’il n’y à pas quelques congestions locales. C’est ainsi que dans les apoplexies , les convulsions des femmes en couche , on trouve souvent les artères céphaliques et fémorales dans un état tout inverse , les premières grosses el gorges, les secondes vides ; et souvent alors les veines jugulaires sont si serrées, qu'ouvertes , elles ne laisseraient pas couler de sang. Mais cessons cette digression , et terminons cette histoire du pouls, en disant que ses battemens ne sont pas tout-à-fait isochrones à ceux du cœur, ni parfaitement simultanés dans toutes les artères. Sous le premier rapport, il y a toujours un petit intervalle entre la dilatation artérielle qui le constitue et la contraction du cœur , et cela tient à la distance qui existe entre ces parties. Quant au second fait, il tient aussi à ce que les artères sont plus ou moins distantes du cœur.

Nous avons dit que c’étaient les systèmes capillaires

MÉCANISME DE LA CIRCULATION. 491 qui déterminaient les quantités de sang qui traversent les trois autres parties de l'appareil circulatoire : selon qu’ils appellent en eux plusde sang, ou refusent des’en laisser pénétrer, il en reste moins ou plus dans les gros vaisseaux. Sans doute leur état sous ce rapport est réglé organiquement, mais il peut être aussi modifié d’une manière mécanique , par exemple, par les pressions qui peuvent être exercées sur eux. Gette dernière cause éclate dans le poumon plus que dans tout autre organe , lors des mouvemens de l'inspiration et de lexpiration, d’autant plus qu’alèrs les gros troncs artériels et veineux sont, en même temps que le système capillaire du poumon, soumis à une pression directe : mais les effets ne restent pas bornés à la cavité thoracique; ils s'étendent au loin dans l’appareil circulatoire , jusqu’au cerveau et la moelle spinale, par exemple. Nous avons dit que long-temps on avait pensé que la respiration n’avait d'autre objet que d'effacer les flexuosités des vaisseaux du poumon, et de permettre le passage du sang des cavités droites du cœur aux cavités gauches de ce même organe. C’était un premier aveu de l'influence mécanique exercée par la respiration sur la circulation. Ensuite, on crut remarquer que les mouvemens alternatifs d’élévation et d’abaissement que présente le cerveau mis à nu chez un animal vivant, dépendaient des mouvemens de la respiration ; et l’on établit que, lors de l'inspiration, le système capillaire du poumon étant très-accessible, le sang des veines caves est attiré par une sorte d’aspiration dans le cœur , et qu’au contraire, lors de l’expiration, ce système capillaire élant moins accessible, Le sang reflue par les mêmes veines caves jusque dans les organes , et particulièrement jusque dans le cerveau.

Cet organe paraît en effet s’affaisser lors de l'inspiration , et se soulever lors de l'expiration.

Il est certain que, quand il y a expiration, le poumon est comprimé , son système capillaire est moins accessible au sang, et ce liquide reflue dans l'artère pulmonaire , les cavités droites du cœur , les veines caves, et plus ou moins loin dansles organes. De là, lemouvement d’ampliation qu'offre alors le cerveau. De là, le battement qu’offrent les veines du col dans les engorgemens du poumon. M. Magendie à mème rendu ce reflux plus manifeste : en ajoutant dans un animal vivant à la veine jugulaire une canule de gomme élastique, il a vu le sang sortir dela canule au moment de l'expiration seulement. M. Bourdon en donne encore, comme preuves, qu'il a vu toujours les saignemens de nez redoubler lors des expirations , s’affaiblir lors des inspirations, et même être arrêtés par des inspirations prolongées. En même temps que l’expiration entraîne ainsi un reflux dans le système veineux, ily à pression sur les troncs artériels, et par suite augmentation légère dans la circulation artérielle. Le jet de sang que fournit une artère , et même une veine ouverte , augmente toujours un peu lors du mouvement d'expiration, et diminue äâu contraire lors du mouvement opposé. Quand il y a inspiration, au contraire , le poumon cesse d’être comprimé, son système capillaire est plus accessible , et le sang abandonne mieux les cavités droites du cœur, et les veines en général : alors, la jugulaire , qui dans le temps précédent s’était dilatée , s’affaisse; le cerveau, qui s'était élevé , s’abaisse. C’est une véritable diastole passive, auxiliaire de celle du cœur, comme l'expiration avait été à l’égard des cavités gauches du cœur une espèce de systole.

À la vérité, ces phénomènes sont peu marqués dans les mouvemens ordinaires de la respiration ; mais ils sont évidens dans tous les cas où ces mouvemens sont augmentés , dans la toux , le rire , les cris , la course, les eflorts en général. Alors Le reflux est tel , qu'il survient rougeur de la face , gonflement des veines du col et du front, menace d’apoplexie , distension et quelque- {ois rupture de la veine cave supérieure, Si l’on réfléchit en même temps que dans les efforts il y a ce reflux du sang dans les veines , et une projétion plus grande de sang dans les artères, on concevra pourquoi l'effet commun de ces efforts est d’engorger de sang le système capillaire de toutes-des parties , et pourquoi ils ne peuvent jamais être soutenus long-temps. Cependant, la projétion plus grande de sang dans les artères n’est vraie qu’au commencement de l'effort; bientôt il n’arrive que peu de sang aux cavités gauches du cœur, parce qu'il n’en est pas envoyé au poumon par les cavités droites ; et, si l'effort se prolonge, il y a risque de syncope.

Toutefois , on voit que la circulation est modifiée lors des mouvemens de la respiration ; et comme ceux - CL changent mille fois dans la vie par l'exercice de beaucoup de fonctions , il doit survenir par eux de nombreux chan: gemens dans la circulation. Il est probable que c’est par leur intermède que quelques personnes qui ont paru modifier à leur gré les mouvemens de leur cœur , parvenaient à ce résultat.

Dans l'exposition que nous venons de faire de la circulation , nous avons supposé le cercle commencer au cœur. Mais on pourrait choisir encore deux autres points de départ; savoir : lesystème capillaire du poumon, où le sang artériel est fait; et les systèmes capillaires du corps

où ce sang est mis en œuvre, et redevient veineux. 1° Bichat est le premier qui ait envisagé la circulation sous le premier point de vue. Au poumon éclate la différence des deux sangs: c’est à cet organe que se fait le sang artériel , etqu’abouit pour cela le sang veineux ; ilest le siége d’une fonction qui se manifeste par des caracières extérieurs : à tous ces titres, on peut fixer au poumon le commencement de la circulation, et suivre le sang depuis cet organe juqu'à ce qu'il y soit revenu. Dans cette manière de concevoir la circulation , il n’y à plus deux cercles de décrits, mais un seul, dont une moitié constitue la circulation du sang rouge ou artériel , et l’autre moitié la circulation,du sang noir Ou veineux. Toutserait semblable dans chacune de ces deux moitiés : les appareils seraient composés des mêmes parties, un système capillaire , un système veineux, un cœur et un système artériel; dans chacun , ces parties seraient disposées de même, et dans l’ordre selon lequel nous venons de les dénommer : ces appareils représenteraient deux arbres vasculaires adossés par le tronc, et le cœur serait au point où se fait cet adossemeni : le rôle de ces parties serait absolument semblable dans l’une et dans l'autre; et erfin leur service s’accomplirait simultanément. Les seules différences consisteraient en ce que la circulation à sang rouge commence par un arbre veineux petit , et finit par un arbre ariériel grand, et que celle à sang noir Commence par un arbre veineux grand, etfinit par un arbre artériel petit. Toutes deux aboutiraient, du reste, l’une à l’autre , aux systèmes capillaires qui leur servent en même temps, à l’une d’origine , à l’autre de terminaison ; tout comme , dans la manière de voir de Harvey, on voit le cercle pulmonaire aboutir à loreillette

MÉCANISME DE LA CIRCULATION. 425 du cœur du corps, et le cercle du corps aboutir à l’oreillette du cœur pulmonaire. 2°Onpourroit aux mêmes droits fixer le commencement de la circulation aux systèmes capillaires du corps ; là aussi se fait le changement d’an des sangs dans l’autre; ce sont même ces systèmes capillaires qui déterminent la quantité de sang qui traverse les autres parties de l’appareil circulatoire; si on ne l’a pas fait, c’est que les actions quise passent ici ne semauifestent pas par des phénomènes extérieurs , comme le fait la respiration. Alors il n’y aurait aussi qu’un cercle dont chaque moitié serait consacrée à l’une des espèces de sang ; et tout ce que nous disions tout à l’heure de la circulation dérivée du poumon serait vrai encore , avec celte différence que la circulation veineuse paraîtrait précéder celle du sang rouge. Il est certain que chaque moitié du cercle ne renferme qu’une seule espèce de sang, et est tapissée d’une même membrane ; appelée pour l’une membrane du système vasculaire à sang rouge, et pour l’autre, membrane du système vasculaire à sang noir. Nous avons dit que la membrane qui tapissait l’un et l’autre cœur était la même que celle qui revêtait l’intérieur des artères qui en émanent et des veines qui y aboutissent , mais que cette membrane n’était pas la même dans l’un et l’autre cœur. On pourrait dire que la membrane de chaque système se revêt en raison des phénomènes mécaniques du cours du sang, d’abord aux veines d’un tissu lâche susceptible de se dilater, au cœur d’un tissu musculeux propre à la rendre un agent d’impulsion, et-enfin, aux artères d’un tissu élastiqueet ferme , propre à supporter le choc de l'agent d’impulsion.

Sans contredit, il y a de l’avantage à considérer ainsi

un même phénomène sous différens aspects ; cela éclaire d'autant la mécanique de l’homme. Mais, si l’on réfléchit que, dans l’homme, chacun des deux sangs doit d’abord revenir au cœur, avant d’être envoyé à leur destination respective; que, par exemple, les veines du corps ne portent pas directement le sang veineux au poumon, non plus que les veines pulmonaires ne portent directement le sang artériel aux parties : si l’on observe en outre, que , dans les animaux qui ont la circulation simple , la circulation pulmonaire n’est plus qu’une fraction de lx circulation générale , et qu’ainsi tout émane du cœur ; on concevra pourquoi, dans notre histoire de la circulation, nous avons plus particulièrement suivi la manière de voir de ÆJarvey.

On a aussi partagé la circulation , en circulation générale ou des gros vaisseaux , et circulation capillaire, ou des parenchymes. Il est certain, en effet, que, bien que ces deux circulations s’influencent réciproquement, elles sont distinctes ; elles ont chacune leurs altérations, leurs modifications propres. Tandis que la phlébotomie, l’artériotomie agissent sur l’une, les sang-sues , les veniouses, les bains de pied, les fomentations , les bains agissent sur l’autre.

On a cherché à préciser en combien de temps s'accomplit le cercle circulatoire , à savoir combien de temps un globule de sang qui sort actuellement du cœur emploie pour y revenir. On croyait pouvoir arriver à la connaissance de ce fait, en sachant , d’un côté , quelle est la masse totale du sang, et, d’un autre côté, combien il en est projeté à chaque contraction des ventricules. Chacun ayant évalué diversement ces deux données, a indiqué un temps différent pour l’accomplissement

de la circulation; Berger et Keil ont dit 2 minutes; Tabor, 53; Harvey, un peu moins d'une heure; Plempius, 5 heures; Rolfinek, 10 ; Floyer, 20, etc. Les différences, comme on voit, ont été extrêmes. La question est insoluble , et ne montre que le tort d’appli- quér le calcul à des faits qui ne le comportent pas. Éstil un moyen de connaître la masse totale du sang, ainsi que la quantité qui en est projetée à chaque contraction du ventricule ? Peut-on être sûr que le sang qui revient est le même que celui qui a été projeté? Ne faudrait-il pas auparavant connaître la vitesse des circulations artérielle, veineuse et capillaire, et n’avons-nous pas dit qué nous n’avions aucun moyen de les évaluer ? ces circulations, d’ailleurs, ne sont-elles pas susceptibles de varier sans cesse, la capillaire surtout? La physiologie de nos jours, plus judicieuse, a abandonné de semblables recherches.

On s’est demandé aussi comment le cercle pulmonaire , quoique bien plus petit que celui du corps, suflisait à l’alimenter. Bichat en a donné les raisons suivantes : 1° que l'étendue du système capillaire général est réellement moindre qu’elle ne le paraît, une grande partie de ce système étant composée de vaisseaux blancs, qui sont étrangers à la circulation ; 2° que, dans ce sysième , une grande partie du sang sort du cercle circulatoire pour servir aux nutrilions et sécrétions; 3° que, dans le cercle pulmonaire, le poumon étant plus rapproché du cœur, fournit dans un temps donné plus de sang, que le système capillaire général; 4° enfin, que comme tout est plein dans le système circulatoire, le système capillaire général ne verse jamais, dans le système capillaire pulmonaire, que ce que celui-ci peut

recevoir ; et, que, de son côté, le système capillaire général doit se contenter de la quantité de sang que lui fournit le système capillaire pulmonaire. Cette dernière raison est la seule bonne , et particulièrement il est faux que la vitesse soit plus grande dans un cercle que dans l’autre. Que de cas maladifs dans lesquels l'étendue du poumon est bornée encore, et dans lesquels cependant | le système capillaire de cet organe süflit pour alimenter le grand cercle ! seulement, dans ces cas, la quantité du sang est diminuée , et les organes en reçoivent moins. Telle est La circulation. Ses usages, sans contredit , sont : de porter au poumon les trois fluides d’absorption qui doivent s’y changer en sang artériel; et de porier aux divers organes ce sang artériel qu'ils doivent mettre en œuvre pour les nutritions, calorifications et sécrétions , et qui est pour eux un stimulus nécessaire à leur vie. Mais il paraît qu’elle est encore pour les organes une cause salutaire d’excitation, par le choc mécanique qu’elle exerce sur eux. N’est-il pas probable, en effet, que la disposition en cercle des artères de l’estomac est favorable aux fonctions de ce viscère ? et n’en est-il pas de même de celles qui sont à la base de l’encéphale, et qui impriment à cet organe un mouvement alternatif d’élévation et d’abaissement ? Quand on examine le cerveau à nu chez l’homme vivant, ou tout auire animal, on voit cet organe alternativement s'élever et s’abaisser; ces mouvemens se voient même sans apprêts chez les enfans nouveau-nés, à travers les fontanelles. De bonne heure , ces mouvemens occupèrent les physiologistes. Galien crut qu’ils étaient en rapport avec la respiration, et que le cerveau s'élevait lors de l'inspiration, parce qu’il aspirait alors l'air des narines,

et l'esprit vital des artères carotides et des sinus; et, qu’au contraire , il s’abaissait lors de l'expiration , parce qu'il exprimait alors dans les nerfs l'esprit animal. Baglivi et Pacchioni attribuèrent ces mouvemens à la contraction de la dure-mère, qu'ils regardaient comme un muscle. En 1750, Schlitting fit remarquer que Galien s'était trompé sur le fait lui-même , et que c'était lors de l’expiration que le cerveau s'élevait, et lors de l’inspiration qu'il s’abaissait : il en donna pour cause le reflux de sang qui se fait dans les veines lors du premier temps, et la plus grande dérivation de ce fluide dans le poumon lors du second. Enfin, Vicq -d’Azyr attribua les mouvemens que présente le cerveau, au choc mécanique que doit imprimer à ce viscère le cercle artériel qui existe à sa base. IL est certain , er effet, qu’on peut distinguer dans le cerveau deux espèces de mouvemens : les uns, qui sont en rapport avec la respiration , et qui consistent plus dans une ampliation, une turgescence du tissu de l'organe , que dans un soulèvement de sa masse; les autres , qui sont en rapport avec la circulation , et qui tiennent au choc mécanique qu’il recoit des artères qui, sont réunies à sa base. Or c’est de ces derniers seuls qu'il s’agit ici; et il paraît qu'ils constituent pour l'organe une excitation salutaire. Lamure à vu un chien mourir promptement, par cela seul qu'on lai avait enlevé la voûte du crâne ; et la même chose n’arriva pas dans un autre chien, chez lequel on avait pris le soin de laisser entre les couronnes de trépan des ponts qui soutenaient le cerveau. Si on lie quelques-unes des artères cérébrales ;, on diminue par suite le choc que ces artères impriment au cerveau, et on voit diminuer dans la même proportion l'énergie de cet organe. Or, si ce

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que nous disons ici de l'estomac et du cerveau est vrai ; pourquoi la circulation n’aurait-elle pas une semblable influence sur les autres organes du corps ?

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