SÉCRÉTIONS DES MUCUS COLORANS
tons spécialement le nègre, c’est que chez lui les phénomènes sont plus sensibles ; mais ce que nous disons de lui, est vrai aussi des autres races d'hommes. D’un autre côté, c’est bien l’absorption interne qui reprend cette matière colorante ; l'influence des maladies sur la couleur de la peau , en est la preuve: Bedidoës et F'ourcroy ont expérimenté que la peau d’un nègre qui était devenue blanche par suite d’une immersion dans une eau imprégnée de vapeur de chlore, a repris en peu de jours sa couleur noire. On peut d’ailleurs ici invoquer l’analogie des animaux , chez lesquels les couleurs deleurs envelop pes sont souvent variées dans les diverses parties de leur corps, etchangent en outre dans leurs divers âges , selon les saisons , etc. Nous faisons exhaler avec presque tous les physiologistes la matière colorante de la peau par les vaisseaux du corps muqueux du derme: M. Gaultier de Claubry veut qu’elle soit fournie par les bulbes des poils : il fait remarquer, qu'en effet, cette substance coloranie est en raison inverse dans les cheveux et dans la peau; que le nègre , chez lequel elle abonde, a les cheveux courts; que la femme qui a généralement la chevelure plus belle que l’homme , a la peau plus blanche: il argue surtout d'expériences dans lesquelles ayant appliqué des vésicatoires à des nègres , il a vu directement la matière colorante sourdre des bulbes pileux , et . venir se déposer à la surface du corps muqueux. Blumenbach avait dit depuis long-temps que cette matière colorante était formée principalement de carbone , et les observations chimiques de Davy l'ont récemment démontré. On n’en peut évaluer la quantité.
Quel est l'usage de ce pigmentum de la peau ? Sans auçun doute il aquelquesrapports avec la chaleur solaire ,
car on voit que généralement c’est dans les régions équatoriales et tropicales quesa couleur est plus foncée. Ev. Home a fait quelques expériences qui sembleraient prouver qu'il sert à défendre la peau contre l'effet rubéfiant des rayons du soleil : il dirigea comparativement sur so bras nu, et sur celui d’un nègre , les rayons du soleil ; et tandis qu’il ressentit de la douleur , et que sur sa peau il se forma des phlyctènes , le nègre n’éprouva aucun de ses effets : répétant l'expérience, en ayant soin de couvrir son bras d’un drap noir, il ne recut aucunes atteintes, tandis qu’elles furent les mêmes en se couvrant d’un drap blanc.
A l'histoire du pigmentum de la peau, nous rattachons celle de l’enduit noirâtre de la choroïde et des mucus colorés des faces antérieure et postérieure de l'iris et des procès cilaires. Nous les avons mentionnés en faisant la description anatomique de l'œil. Ils sont aussi le produit d’une exhalation , et ont sans aucun doute des usages physiques relatifs à la vision , comme d’absorber les rayons obliques. Cependant E£v. Home croit qu'ils servent, comme à Ja peau, à prévenir l'effet vésicant des rayons solaires, faisant remarquer que la couleur noire de la choroïde est plus foncée dans les régions tropicales que dans les régions du nord, et qu’existant dans tous les animaux qui ont les yeux dirigés en haut, elle manque, au contraire , dans les animaux de nuit.
$. VII. Æxhalations aréolarres.
Sous ce nom , nous comprendrons diverses sécrétions récrémentitielles qui se font, ou dans l’intérieur de quelques organes des sens, ou dans l'intimité d'organes parenchymateux.
SCRÉTIONS ARÉOLAIRES. 5$3
À la première catégorie, nous rapporterons les exha- Jations de l'humeur de Gotunni dans l'oreille interne, et des trois humeurs de l’œil, humeur aqueuse, cristallin et corps vitré. Nous ne ferons que les nommer, ayant dit aux articles de l'oreille et de l'œil tout ce que l’on sait de leurs usages, de leur quantilé , de leur nature chimique, etc.
À la seconde, nous rattacherons les exhalations d’une sorte de lymphe albumineuse , ou rougeâtre, ou blanchâtre , qui se font dans l’intérieur des ganglions lymphatiques, et des organes particuliers appelés par M. Chaussier ganglions slandiformes , et par M. Béclard ganglions SANGUINS ; savoir : le thymus, la thyroïde , les capsules surrénales et la rate. Mais, comme il n’est pas rigoureusement prouvé , que les sucs qu’on trouve dans les aréoles du parenchyme de ces organes, soient plutôt le produit d’une exhalation de ces organes, que celui d’une élaboration du fluide circulant qui les traverse , nous ‘renvoyons à ce que nous avons dit ou devons dire des usages de ces organes.
Plusieurs physiologisies ont prétendu que la surface interne des vaisseaux artériels, veineux et lymphatiques, perspirait une humeur destinée à la lubréfier et à la défendre du contact du fluide qui y circule. Mais, d’abord , à supposer que cela fût, cette humeur ne serait pas, à proprement parler , récrémentitielle , car ce ne serait pas une action d'absorption qui la reporterait dans le sang : ensuite, on peut douter de la réalité de cette sécrétion, car lorsque l’on interrompt la circulation dans ces vaisseaux, on les voit s’oblitérer.
ArTicze II.
Des Sécrétions excrémentitielles.
On appelle ainsi , celles dont les produits sont rejetés hors de l’économie , et fondent pour l’homme une excrétion par laquelle s’accomplit sa décomposition. Cellesci ont tour à tour pour agens des organes exhalans , des follicules et des glandes. Leurs produits sont toujours versés sur les surfaces externes du corps, ou du moins dans des lieux qui communiquent librement au dehors par quelques ouvertures naturelles. Souvent cependant, ces produits sont déposés d’abord dans des réservoirs où ils s’accumulent jusqu’à un certain point , et d’où ils sont ensuite excrétés d’intervalles en intervalles. Alors, on peut, dans l’histoire de la sécrétion , séparer nettement la sécrétion proprement dite , et l’excrétion , celleci consistant souvent en un mécanisme assez compliqué. Nous les partagerons en deux ordres : 1° celles qui, bien qu’excrémentitielles, ont été cependant édifiées pour des usages autres que ceux de la dépuration du sang et la décomposion du corps; et l’on verra que celleslà sont fort nombreuses et remplissent chacune des usages fort divers. 9° Celles, au contraire , qui n’ont pas d’autres offices que d’être dépuratives et décomposantes, comme la sécrétion urinaire , par exemple.
OrDRe [*, — Sécrétions qui ne sont décomposantes qu'accessotrement.
Ces sécrétions sont en fort grand nombre dans l’économie de l’homme, et ont chacune leurs utilités parti-