‹ Physiologie de l'homme (volume 3)Chapitre 57 sur 65 · EXHALATION CUTANÉE · texte numérisé non relu

EXHALATION CUTANÉE

toutes les boissons qu’on prenait dans un temps donné. On pouvait de même connaître celle de toutes les excrétions dites sensibles, les fèces, et l’urine, par exemple. On crut conséquemment que ce qui manquerait aux excrétions sensibles pour égaler en poids les ingestions , pouvait être considéré comme constituant la masse de la transpiration insensible. C’est sur ce plan que furent faites les fameuses expériences de Sanctorius. Ge médecin s’établit trente ans de suite dans une balance; et, notant à une époque déterminée le poids de son corps, il pesa scrupuleusement, d’une part, tout ce qu’il prenait pour sa nourriture, d’autre part toutes ses excrétions sensibles; et opposant la quantité des uns à la quantité des autres, lorsque son corps était revenu à son poids primitif, il considéra comme le poids de la transpiration insensible, tout ce qui manquait aux excrétions pour égaler les ingestions. Par ce procédé, il crut voir que la transpiralion était la plus abondante de nos excrétions, constituait à elle seule les cinq huitièmes de nos pertes; sur huit livres de matières ingérées , il n’y avait en effet que trois livres d’excrétions sensibles , dont 44 onces d’urine, et 4 de fèces; et il restait conséquemment cinq livres de perspiration cutanée.

Ces expériences furent répétées partout et employées à connaître , non-seulement le rapport de la transpiration insensible aux autres excrétions , mais encore les variations de cette excrétion selon les âges, les climats, les circonstances diverses de la vie. Dodart, par exemple, dit qu’en France son terme moyen est d’une once par heure , qu’elle est aux excrémens solides comme 7à1, et à toutes les excrétions en général , dans le rapport de 12 à 19, Robinson, expérimentant en Ecosse, établit que

dans la jeunesse, elle est à l’urine , comme 1340 à 1000, et dans la vieillesse, comme 967 à 1000. Sauvages qui habitait le midi de la France , trouva que sur 60 onces de matières ingérées , il y avait 5 onces de fèces, 22 d’urine , et 35 de perspiration cutanée. Gorter en Hollande établit à peu près les mêmes proportions ; sur go onces d’alimens, il y en a 6 de fèces, 56 d'urine, et ‘49 de perspiration. Keill, au contraire, dit la quantité de la transpiration moindre que celle de l'urine; il n’y avait que 31 onces de la première, sur 38 de la seconde. Aye dit que la perspiration était à l’urine , comme 14 à 10, et annonca entre les excrétions les proportions suivantes dans chaque saison : au printemps, la quantité d’urine était de 4o onces, et celle de la perspiration de 6o; en été, la perspiration avait augmenté de 3 onces, et Furine avait diminué d'autant; en automne, la quantité d’urine resta la même, mais la perspiration diminua et ne fut plus que de 50 onces ; enfin dans l’hiver , l'urine augmenta de 3 onces.Selon Linning, qui observait dans la Caroline méridionale, la perspiration lemporte en quantité sur l'urine pendant cinq mois, et l'urine au contraire sur la perspiration pendant 7; c'était en sepiembre que la perspiration cutanée était la plus abondante, et en décembre que la sécrétion urinaire était Ja plus active. Dans un climat septentrional, sur trois livres d’alimens pris , il y eut dans un jour d’hiver, 5 onces de transpiration, et deux livres 10 onces d’urine; dans un jour de printemps, 12 onces de perspiration, et deux livres 8 onces d'urine; dans un jour d’automne, 15 onces de perspiration, et deux livres 5 onces d’urine; et enfin dans un jour d’automne , 3 onces de transpiration, et deux livres 5 onces d'urine. On remarqua

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