EXHALATION CUTANÉE
que dans la vieillesse l’urine prédomine , tandis que dans l'enfance la perspiration l'emporte; que dans les mois chauds de l’année, la perspiration est à l’urine, comme 9 à 5; que dans les mois froids elle ne lui est plus que comme 2 à 5; el qu'en avril, mai, octobre , novembre, et décembre, il y a égalité entre les deux excrétions. Enfin , de semblables travaux ont été faits de nos jours encore , par Lavoisier et Séguin d’une part, et M. Edwards de l’autre. D’après les premiers , la plus forte quantité de transpiration est de 32 grains par minute, 5 onces, 2 gros, 48 grains par heure, cinq livres par jour : sa moindre quantité est de 11 grains par minute, une livre, 11 onces, 4 gros par jour : elle est à son minimum pendant la digestion, et à son maximum après l’accomplissement de cette fonction : les mauvaises digestions la diminuent , on a plus de poids pendant quelques jours ; mais , à mesure que l'équilibre de santé se rétablit, on revient à son état primitif. Selon M. Edwards , la transpiration , examinée de six heures en six heures , entraîne des pertes qui vont en diminuant successivement; elle augmente après le repas , pendant le sommeil , par l’état de sécheresse de l'air, son agitation , sa chaleur surtout : admettant en elle l’action physique de l’évaporation , il croit même que le degré de pression atmosphérique n’est pas sans influence sur elle, l’ayant expérimenté sur des animaux à sang froid qu’il placait sous le récipient de la machine pneumatique et qu’il soumettait au vide.
Tous les résultats obtenus dans ces expériences sont divers, et il ne pouvait pas en être autrement. D'abord, le procédé employé donne lieu à des erreurs inévitables. D'un côté, l’air que l’on respire , ainsi que les différens
fluides aériformes que l’absorption cutanée peut introduire dans l'économie, ne sont pas compris dans la somme des matières ingérées : d’autre part, les expérimentateurs ne comptèrent pasavecun égal soin toutes les excrétions sensibles, et plusieurs se bornant aux fèces et à l’urine, négligèrent de tenir compte des crachats, de la matière du moucher, par exemple : on rapportait, au contraire , à La transpiration cutanée la matière de la perspiralion pulmonaire : enfin , il pouvait arriver que le corps füt revenu à son état primitif, avant que toutes les substances ingérées fussent assimilées à sa substance. En second lieu, et ceci est surtout la raison principale, la perspiration cutanée varie à l’infini selon diverses conditions de l’univers extérieur et de l’organisme, et participe de la mobilité qui est propre à la plupart des phénomènes vitaux. Par exemple, abondante chez l’enfant où elle est acidule, et à la puberté qui lui donne comme un caractère musqué , elle est rare chez le vieillard. Dans l’homme, elle est généralement plus abondante que chez la femme, chez laquelle elle devient acidule à l’époque des règles. Chaque individu offre à l'égard de cette sécrélion sa constitution propre, élant abondante chez l’un, moindre chez l’autre. Elle augmente dans l’été, diminue dans l'hiver, prédomine dans les pays chauds , est plus faible dans les pays froids. Elle est surtout en rapport avec le degré d’excitation de la peau, et le besoin de la dépuration du sang et de la décomposition du corps, dont elle est un des agens. Si la peau est excitée, soit directement par des frictions, soit symphatiquement par suite de ses connexions avec les autres organes du corps, l’action de transpiration s’exalte, Si le sang est surchargé de parties aqueuses , si
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l’on est à l’époque de la vie où la décomposition du corps est active, la transpiration qui est une des voies par lesquelles ces besoins s’accomplissent , redouble. Etant en solidarité avec les autres excrétions, les sunpléant, si elles sont inactives, diminuant, au contraire, si elles sont plus abondantes, les équilibrant, sa quantité doit être un peu en raison de ce qu'est La leur. Il n’y a donc rien de plus mobile que la perspiration cutanée. Chercher à en déterminer la quantité , était, dit Bichat , une chose aussi vaine, qu'il le serait à un physicien de spécifier quelle quantité d’eau est vaporisée à chaque heure sous l'influence d’un foyer dont on fait à chaque instant varier l'énergie. L'évaluation est encore plus impossible à obtenir, si l’on admet que la transpiration est un phénomène mixte, moitié physique , moitié organique; car il faudra faire la part de ces deux actions, et apprécier l'influence que chacune recoit des circonstances extérieures et organiques.
Ce qu’il y a de sûr, c’est que dans l’état de santé, cette excrétion est fort abondante; qu’elle est la plus ordinaire aux gens forts, celle qui soulage le plus. Les variations dont elle est susceptible, ne portent pas seulement sur sa quantité, mais peut être aussi s'étendent à sa nature: il est possible que la matière de la transpiration soit quelquefois différente d’elle- même; la chimie aurait pu apporter ici quelques lumières, mais elle ne l’a pas fait. On a vuseulement que dans les animaux, les sels de la transpiration sont d’autant plus abondans que l’urine est moins chargée de radical acide phosphorique ; ces sels s’attachent à la peau en telle quantité, que des soins particuliers, l’étrille, par exemple, deviennent nécessaires pour les en détacher. Chez l’homme
où ils sont moins abondans, il suffit pour les enlever de changer de temps en temps de linge, et de recourir à des bains.
Quant aux usages de la transpiration , peut-être cette excrétion a-t-elle encore quelque utilité locale, ou autre que la décomposition du corps: ainsi, on a dit qu’elle servait à entretenir la souplesse de la peau; que son produit en se vaporisant, enlevait au corps de son calorique , et en maintenait la température à un degré fixe. Mais il est sûr, à juger d’après son abondance, qu'elle est une des sécrétions prochainement dépuratrices et décomposantes , et sous ce rapport, une de celles qui a les rapports les plus intimes avec la sécrétion urinaire. Cela est si vrai, qu’il y a beaucoup d’animaux dans lesquels elle accomplit à elle seule la décomposition du corps , la sécrétion urinaire n’existant pas.
À cetitre , on concoit ses liens avec toutes les autres secrélions ; et combien il importe qu’elle ne soit, ni supprimée , ni contrariée. On pressent aisément quels ravages doit causer dans l’économie la suppression de la sécrétion urinaire; il en résultera d’analogues de la suppression de la transpiration. Ges deux excrétions, en effet, sont les seules qui aient pour usage spécial d’accomplir la décomposition du corps: et si l’on réfléchit, d’autre part, combien la peau est disposée à être contrariée dans l'exercice de cette fonction, et par les influences qu’elle recoit des corps extérieurs auxquels elle est immédiatement exposée, et par celles qu’elle recoit des autres organes du corps, au moindre phénomène organique un peu intense , à cause des nombreuses et délicates sympathies qui l’unissent à eux, surtout par les rapports qui existent entre la température extérieure eb