‹ Physiologie de l'homme (volume 3)Chapitre 9 sur 65 · DE L'APPAREIL VEINEUX · texte numérisé non relu

DE L'APPAREIL VEINEUX

est de nature fibrineuse; 5° enfin la membrane inierne des veines est mince , et semble analogue à celle qui tapisse l’intérieur des cavitésdroites du cœur ; elle est fort lisse , fort dilatable , non susceptible de s’ossifier comme la membrane interne des artères , fort résistante, et capable de supporter sans se couper une ligature fort serrée. On a voulu qu’elle soit comme celle qui tapisse les vaisseaux lymphatiques, le siése-d’une perspiration; mais probablement avec.aussi peu de fondement : car pourquoi des veines s’oblitèrent-elles quand le sang cesse de les parcourir ? Elle forme dans l’intérieur des veines, d’espeace en espace, des replis paraboliques, c’est-à-dire des valvules comme celles qui existent dans les Iymphatiques. Le bord Jibre de ces valvules est tourné du côté du cœur , ce qui prouve qu’elles permettent le cours du sang des extrémités du système au cœur. Dumas pré tend qu’elles ont des fibres tendineuses qui les renfor cent; elles sont solitaires, doubles ou triples , et interceptent complètement ou non le calibre de ces vaisseaux. il y a beaucoup de variétés à leur égard, même sous le rapport de leur existence , qui n’est pas constante en toules les veines : généralement elles sont plus multipliées là où le sang marche contre son propre poids ,où les veines sont plus extensibles, où n’agissent aucunes pressions extérieures , aux veines superficielles , à celles des membres, et des membres inférieurs surtout ; elles manquent dans la veine azygos , dans les veines du cerveau”, dans les ramifications de la veine -porte, etc. A ces trois membranes , il faut ajouter les élémens organiques qui existent en toute partie vivante quelconque, artérioles , veinules , nerfs, elc.

Cette texture donne aux veines une assez grande soli-

dité, mais qui est moindre que celle des artères ; dans le cadavre les veines s’affaissent , et ne restent pas béantes comme les artères. Elles ont aussi moins d’élasticité, ce qui du reste est en rapport avec le rôle que ces deux genres de vaisseaux ont à remplir dans la circulation. Cependant elles serompent moins queles artères , comme le prouve la rareté avec laquelle les varices crèvent, par opposition aux anévrismes ; comme Wintringham l'a fait voir par des expériences qui consistent à injecter dans des vaisseaux des poids déterminés de mercure. Elles sont fort dilatables, plus que les artères ; et jouissent d’une certaine élasticité, puisqu'on les voit revenir sur elles-mêmes quand elles ne sont plus pleines, et même s’oblitérer quand le sang cesse de lesotraverser. Elles n’ont enfin qu’une vitalité assez obscure , mais qui est plus prononcée que celle des artères.

Le système veineux se voit très-bien, quand on l'injecte par les veines caves , ou quand , dans un animal vivant, on fait une ligature à ses deux troncs. Il est impossible d'en apprécier la capacité : d’après quelles bases , en effet , pourrait-on le faire? jugerait-on, d’après le cadavre? mais il y a de grandes différences dans le volume des veines selon le genre de mort; elles sont plus volumineuses dans le cadavre d’une personne morte d’asphyxie , que dans celui d’une personne morte d'hémorragie. Jugerait-on d’après des vivisections ? mais on ne peut les faire sur l’homme; et la quantité de sang veineux doit varier selon les absorptions et les conditions peu connues qui président à sa formation. Tout ce qu'on peut dire, c’est que comme il y a deux plans de veines pour un seul d’artères, par conséquent deux veines au moins pour une artère; et qu’au plan profond les veines

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