‹ Physiologie de l'homme (volume 4)Chapitre 28 sur 35 · DES DOULEURS · texte numérisé non relu

DES DOULEURS

ni l’une ni l’autre de ces deux opinions , j'aime mieux adopter la dernière.

Mais ces nerfs sont perdus et disséminés dans le parenchyme des parties : ils sont de plusieurs sortes, des nerfs encéphaliques ou spinaux, et des nerfs du sysième ganglionnaire : et de là résulte qu'on ne peut pas préciser rigoureusement le siége de l'impression , comme on le faisait dans les sensations externes, ni même dire quelle est l’espèce de nerf qui agit. Quelques physiologistes ont voulu que les sensations de douleurs n’éclatassent que dans le grand sympathique, même quand ces douleurs siégeaient évidemment dansun nerf spinal ; mais on ne voit pas sur quelles preuves ils fondent cette opinion. Au contraire , les nerfs du trisplanchnique ne sont pas naturellement sensibles, et les autres sont les agens premiers des sensations.

2 La cause qui détermine cette action d'impression, est tantôt externe et mécanique , c’est-à-dire consistant dans l'application d’un corps étranger, et tantôt interne et organique. Ainsi, d’un côté , toutes les altérations mécaniques qu’on peut faire subir aux organes, comme coupure , piqûre, bràlure, contusion , etc. , sont causes de douleurs : ici se rapportent toutes les expériences qu’a faites Haller, pour constater la sensibilité des parties du corpsanimal; et dans ce cas, la cause de l'impression est aussi évidente que dans Les sensations externes. D'autre part, toutes les modifications morbides que peuvent éprouver les organes, sont aussi causes de douleurs; et ici le champ est plus vaste encore que dans les douleurs par causes externes , car quelque variées et nombreuses que soient les lésions physiques de nos organes, les lésions organiques le sont encore plus; et d’ailleurs , tandis que

toutes les parties du corps ne paraissent pas être aptes à développer de la douleur par causes externes , il n’en est aucune qui ne se soit montrée douloureuse par cause morbide. En ce dernier cas , la cause ne peut pas plus être spécifiée que celle.des sensations internes : elle consiste en un changement surveñu dans la disposition de la partie , et qui, ne tombant pas sous les sens ; ne peut être précisé.

On a dit que cette cause, soit externe , soit interne, était toujours destructrice de sa nature ; cela est trop absolu : elle consiste toujours en un état nouveau ; mais souvent elle n’est qu’un simple changement dans la manière d’être des organes.

3° Quant à l'impression en elle-même , on ne la connaît pas plus que celle de toute autre sensation ; elle est aussi trop moléculaire pour être saisie par les sens, et son résultat seul annonce qu'elle a eu lieu. On ne peut pénétrer son essence; et rien n'apparaît d'elle , sinon que produit de l’activité de l'organe , elle n’est pas une action physique ni chimique , et est par conséquent une action organique et vitale.

4 Enfin, quelles sont les diverses douleurs qui peuvent éclater dans le corps humain ? Il est impossible d’en faire l’énumération : il faudrait en effet pour cela, d’un côté , tenir compte de toutes les causes possibles de douleurs , tant externes qu’internes ; et de l’autre, appliquer successivement chacune de ces causes à chacun des nombreux organes du corps ; car il y a autant d’espèces de douleurs , qu’il y a de combinaisons possibles entre ces deux termes; chaque cause produisant sa douleur spéciale , et chaque douleur ayant ensuite une nuance propre en chaque organe. Ainsi , que d'un côté

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