‹ Physiologie de l'homme (volume 5)Chapitre 2 sur 53 · ppareil de fécondation · texte numérisé non relu

ppareil de fécondation

ll faut étudier, dans cet appareil : les parlies qui le composent; le mécanisme par lequel ces parties préparent, fabriquent et conservent le fluide fécondant; enfin ce fluide fécondant lui-même, le sperme.

1° L'appareil de fécondation chez l'homme est pair, et se compose de deux glandes, les testicules; de leur canal excréteur , les conduits déférens; et de deux réservoirs, les vésicules séminales.

A. Testicules. Les testicules sont deux glandes situées dans une cavité placée au bas du pubis, et appelée scrotum ; le droit est un peu plus élevé que le gauche. Leur forme est celle d’un ovoïde comprimé de droite à gauche ; leur volume, celui d’un petit œuf de pigeon; leur poids, de trente à trente-deux grammes. Puisque les testicules sont des glandes , parmi leurs élémens sont deux systèmes vasculaires opposés l’un à l’autre par leurs ramifications dernières. L'un est l'artère spermatique qui apporte le sang qui fournit à la sécrétion : née de l'aorte dans l’abdomen, sous un angle très-aigu , cette artère, fort petite, fort flexueuse, gagne l'anneau inguinal ou sus-pubien, le traverse, atteint le testicule, et s’y divise en deux sortes de rameaux, les uns qui se distribuent à ce que nous verrons être appelé lépididyme, les autres qui pénètrent dans le testicule par son bord supérieur et concourent à former son tissu. L'autre est le système vasculaire sécréteur , dont les radicules probablement continus aux dernières ramifications de l’artère spermatique , font le sperme, ou au moins exCrètent ce fluide : les vaisseaux de ce système constituent dans l'organe ce qu’on appelle les vaisseaux séminifires, et aboutissent à un cordon blanc situé au bord supérieur et.interne de lorgane, auquel commence le canal excréteur, et qu'on appelle corps d’'Hygmor, ou sinus des vaisseaux séminifères. À ces deux premiers ordres de vaisseaux, il faut ajouter comme élémens com-

posans des testicules : 1° des veines, dites spermatiques, qui rapportent de l'organe le superflu du sang qui a servi à sa nutrition et à la sécrétion : ces veines, nées par des racines capillaires dans le tissu du testicule, y forment d’abord un plexus appelé spermatique , dont les divisions se rassemblent en plusieurs branches qui passent par l'anneau inguinal, et se fondent en un seul tronc : ce tronc alors se divise de nouveau en un autre plexus appelé corps pampiniforme, que l’on dit être particulier à l’espèce humaine , et que l’on croit servir.de diverticulum du sang pour le testicule dont les fonctions sont presque intermittentes : enfin, au-delà, ces veines vont s’ouvrir du côté droit dans la veine cave, et du côté gauche dans la veine rénale; 2° des vaisseaux lymphatiques en fort grand nombre, dont les troncs, après avoir traversé l'anneau, vont aboutir aux £anglions lombaires ; 3° des nerfs fournis ; en partie par les plexus ré- . naux, mésentériques , le grand sympathique; en partie par les nerfs lombaires, et qui sont si petits qu’on ne peut les poursuivre jusque dans le tissu du testicule; 4° enfin une membrane extérieure à tout l'organe , appelée albuginée , périteste. Cette membrane , d’un blanc opaque, évidemment fibreuse, d’un tissu serré, d’abord enveloppe l'organe dont elle détermine la forme ; ensuite elle envoie dans son intérieur beaucoup de prolongemens filiformes, aplatis, constituant des espèces de cloisons incomplètes , Séparant des espèces de loges triangulaires remplies par les vaisseaux séminifères, et se dirigeant tous avec une espèce de symétrie vers le bord supérieur, vers ce que nous avons appeléle corps d’Hygmor. De ces divers clémens résulte le tissu du testicule, qu’il est difficile de spécifier; la substance en est molle, d’un gris

jaunâtre , et partagée par les prolongemens de la membrane capsulaire en un crand nombre de lobes et de lobules. Son parenchyme semble être formé d’une immense quantité de filamens très-ténus, très-flexueux, entrelacés et repliés en tout sens, lâchement unis les uns aux autres, et entre lesquels se voient les ramifications des artères et veines spermatiques. Ces filamens sont les conduits séminifères, dont Monro à évalué le nombre à 62,500 , la longueur à 5,208 pieds, le calibre à un deux centième de pouce de diamètre , et qui sont si fins qu'on n’a pu encore les injecter, ni par le canal excréteur, ni par l'artère spermatique. Disposés le long des cloisons que fait dans l'intérieur de l'organe la membrane albuginée , ils présentent de distance en distance de petits renflemens que les uns ont pris pour des granulations glanduleuses , les autres pour des replis. Se dirigeant vers le bord supérieur de l’organe , ils se réunissent en douze à vingt troncs, alors assez considérables pour qu’on puisse les injecter par le canal excréteur; et traversant le corps d'Hygmor , ils s’abouchent pour former le conduit qui constituera l’épididyme. Nous avons déjà dit qu'on appelle corps d’'Hygmor une saillie oblongue, blanche, située le long du bord supérieur du testicule, et que M. Chaussier dit être un canal dans lequel se réunissent ces troncs communs des vaisseaux séminifères , lorsqu'ils vont former le canal excréteur.

Le testicule est soutenu dans la cavité du scrotum , par ce qu’on appelle le cordon des vaisseaux spermatiques, assemblage des vaisseaux et des nerfs appartenans à cet organe, Savoir : l'artère spermatique, les veines spermatiques, les vaisseaux lymphatiques, les nerfs de l'or gane, etle conduit déférent qui estson canal excréteur. Un

tissu Jamineux unit entre elles toutes ces parties. Extérieurement une gaîne membraneuse, de nature fibreuse , enveloppe ce cordon , et l’isole des parties circonvoisines, et spécialement du scrotum. Du bord supérieur du testicule , lieu de son attache, ce cordon se porte verticalement vers l'anneau inguinal ; et après l'avoir traversé , ses divers élémens se séparent pour se rendre chacun à leur destination respective.

Quant au scrotum, c’est une cavité membraneuse , dépendance de l’abdomen, et formée par la superposition de quatre tuniques : 4° extérieurement la peau, qui ici est de couleur brune , ridée et parsemée de follicules et de poils : un raphé règne sur sa ligne médiane , et annonce le partage du scrotum en deux moitiés ; 2° audessous, une membrane cellulo-filamenteuse , rougeâtre, appelée dartos, et formant une cloison médiane qui sépare les deux testicules : il y a eu beaucoup de débats sur sa pature , dite tour à tour musculeuse, vasculaire , celluleuse : MM. Breschet et Lobstein ont trouvé qu'elle n'existait pas dans le scrotum avant que les testicules y fussent descendus, et la croient formée par l’épanouissement du cordon qui y attire cet organe ; 3° au-dessous du dartos, une couche musculeuse, appelée membrane érythroide, formée par un muscle nommé crémaster, quitté du petit oblique de l'abdomen , près l’épine iliaque antérieure et supérieure, traverse l’anneau, concourt à la formation du cordon, et va se terminer insensiblement à Ja surface interne du scrotum; 4° enfin tout-à-fait en dedans, la membrane vaginale ou élytroïde , véritable membrane séreuse, enveloppant le testicule, ayant conséquemment deux portions, une scrotale qui tapisse le scrotum , et une testiculaire qui revêt le testicule. À sa

surface externe, elle offre un feuillet fibreux , analogue à celui qui fortifie en dehors la membrane séreuse du péricarde : quelques anatomistes en ont fait une cinquième tunique distincte, sous le nom de tunique fibreuse. Cette tunique vaginale est évidemment une dépendance du péritoine. Le testicule en effet, jusqu’au septième mois de la vie fœtale est placé dans l’abdomen, au-dessous du rein, sur la partie antérieure du muscle psoas; ce n’est qu'après cette époque que, par le jeu d’un ligament appelé gubernaculum testis, il est attiré dans le scrotum. Or , pour cela il traverse tout l’abdomen , et entraîne devant lui le péritoine : avec le temps, la portion du péritoine qui a accompagné l'organe se sépare, et forme la tunique vaginale. Si cette séparation n’a pas lieu , que l’anneau reste très-ouvert, des portions d’intestins peuvent passer dans le scrotum , et il en résulte ce qu’on appelle des hernies congéniales. Gette descente du testicule n’est pas, du reste, une chose nécessaire; on a vu des hommes chez lesquels elle ne s’était pas faite, et se reproduire de même : dans beaucoup d’animaux, le testicule est -toujours intérieur; et chez quelques-uns ilrentre et sort tour à tour; dans les rats, par exemple, il n’est dans le scrotum que lors de l’époque du rut.

B. Conduits déférens, canaux excrétleurs. Le longdu bord supérieur de chaque testicule , règne un petit corps oblong , de couleur grisâtre, qui est comme surajouté à l'organe, et qu'on appelle épididyme. Ce corps est un conduit formé par la réunion des vaisseaux séminifères qui ont traversé le corps d'Hygmor. Roulé beaucoup de fois sur lui-même, des brides celluleuses unissent ses différens contours ; et déplissé, il a, selon Monro, une

longueur de trente-deux pieds, Son calibre augmente de sa partie supérieure, qu’on appelle sa tête, à sa partie inférieure , ou sa queue. Gelle-ci se continue par un canal blanc, très-ferme , appelé conduit déférent, et qui est, à proprement parler, l’excréteur. Ge canal, après avoir quilté le testicule, se joint au cordon des vaisseaux spermatiques , traverse l’anneau, se sépare des vaisseaux sanguins à son entrée dans l’abdomen , et descend en arrière et en dedans, gagnant la partie postérieure et inférieure de la vessie, croisant en cet endroit l’urefère : là, changeant de direction , il marche presque horizontalement d’arrière en avant, et de dehors en dedans, le long du côté interne des vésicules séminales. Parvenu à la base de la prostate, il recoit un canal né de ces vésicules , et se continue sous le nom de canal éjaculateur. Traversant alors la prostate, placé près du canal du côté opposé, mais sans communiquer avec lui, l’un et l’autre vont s’ouvrir dans l’urètre sur les côtés du vérumontanum ; sa longueur dans ce dernier trajet est d’un pouce. Assez grêle à son origine, le conduit déférent éevien£ plus gros du double au-delà de l’anneau, et près les vésicules ; mais il redevient capillaire à sa terminaison. Quoique ayant des parois fort épaisses , son calibre est presque capillaire. Il est formé de deux tuniques; une extérieure , très-ferme, pour ainsi dire cartilagineuse , qui en forme presque toute l'épaisseur; et une intérieure, muqueuse , si mince qu’on ne peut la démontrer.

C. Vésicules séminales. On appelle ainsi deux petites poches membraneuses , longues de deux pouces et demi, larges de six à sept lignes à leur fond, situées audessous de la vessie, et servant de réservoirs au sperme.

Placées au-devant de l'insertion des uretères dans la vessie, derrière la prostate, et en dehors des conduits déférens, elles ne communiquent chacune qu'avec le testicule qui est de leur côté, et sont dirigées obliquement de derrière en avant, de dehors en dedans et un peu de hauten bas; elles sont irrégulièrement conoïdes , et ont une apparence bosselée en dehors. Leur cavité est anfractueuse, présente des cellules séparées par des cloisons , et consiste dans un canal flexueux terminé supérieurement en cul-de-sac, mais dans lequel s’ouvrent latéralement dix à douze appendices unis entre eux par des brides celluleuses ; en détruisant celles-ci on voit la vésicule s’agrandir de cinq ou six fois sa longueur, De leur partie antérieure, qu’on appelle leur col, se détache un petit canal fort court, qui va s’unir sous un angle très-aigu avec le canal déférent , pour former le canal éjaculateur. Ces vésicules sont formées par la superposition de deux membranes, une extérieure, dense , blanche , assez semblable à celle qui forme le canal déférent , et qui probablement n’est que celluleuse, quoiqu’elle se contracte dans l’acte de l’éjaculation ; une intérieure , fine , blanche , un peu semblable à celle qui tapisse l’intérieur de la vésicule biliaire , et probablement muqueuse : on n’a jamais pu démontrer de fibres musculaires dans ces organes. Un fluide opaque, épais, jaunâtre, qui, par son aspect , diffère du sperme qui est éjaculé pendant la vie, remplit ces vésicules. Elles n’existent pas dans tous les animaux.

À la description de ces parties qui, chez l’homme, forment l'appareil de fécondation, nous ajouterons celle d'organes qui ont quelque rapport avec leur fonction, la prostate et les glandes de Cowper. La première est

un organe d’un blanc grisâtre, d’un tissu fort dense, ayant le volume d’une grosse châtaigne, la forme d’un cône tronqué, et qui par sa base embrasse le col de la vessie, et par son sommet se termine en s’amincissant sur le commencement de l’urètre. Jadis elle était considérée comme une glande; mais aujourd’hui on la regarde comme une agglomération de beaucoup de petits follicules remplis d’un fluide visqueux et blanchâtre : de ces follicules naissent des conduits excréteurs qui, au nombre de douze ou quinze , viennent s’ouvrir dans l’urètre , sur les côtés et à la surface même du vérumontanum. Les glandes de Cowper sont deux petits corps oblongs , du volume d’un pois, d’une couleur rougeâtre, d’un tissu assez ferme, et placés parallèlement au-devant de la prostate, sur les côtés du canal de l’urètre : elles ont chacune un canal excréteur long d’un demipouce, qui, rampant obliquement dans le tissu spongieux du bulbe de l’urètre, va s'ouvrir aussi devant le vérumontanum. Leur volume est considérable en certains animaux, ce qui peut faire croire qu’elles sont plus importantes qu’on ne l’a dit.

2 Les parties, que nous venons de décrire ; ont pour usages de fabriquer , préparer et conserver le fluide fécondant, le sperme. Ge sont les testicules qui en sont les agens fabricateurs; la preuve en est donnée par l’opération de la castration, et par les maladies de ces organes ; ils le produisent par une action de sécrétion ; le sang de l’artère spermatique, arrivé dans leur parenchyme, est changé par une action vitale en sperme. Les Anciens croyaient que c'était le système nerveux qui fournissait les matériaux de la semence; arguant du grand affaiblissement , des douleurs lombaires qui s’observent

APPAREIL GÉNITAL DE L'HOMME, 17 à la suite des excès vénériens : mais le premier fait s'explique assez par la volupté vive qui accompagne l’accomplissement de la génération; et, quant au second, il tient à ce que le testicule recoit plusieurs nerfs du plexus lombaire; d’ailleurs , ces douleurs se font sentir dans toutes les maladies de cet organe. C’est certainement du sang de Fartère spermatique que provient le sperme , bien qu’on ne puisse d'avance signaler ce sperme, ni aucun de £es élémens , dans ce fluide , pas plus que ceux d'aucune autre humeur sécrétée.

Fait aux dernières extrémités de l’artère spermatique , au point où les ramifications de cette artère se confondent avec les premiers radicules du système vasculaire sécréteur, le sperme chemine dans les conduits séminifères dont ces radicules sont les origines ; il arrive à l’épididyme, au conduit déférent, et enfin dansles vésicules séminales, où il reste en dépôt jusqu’au moment où il est projeté au dehors pour l’accomplissement dela génération. Ce cours est sans doute assez indiqué par la disposition des parties et les nécessités de la fonction; mais , de plus, de Graaf l'a prouvé par une expérience : ayant lié sur un chien le canal déférent , ce savant a vu le testicule se gonfler, et à la fin le canal déférent se rompre entre le testicule et la ligaiure. Les causes qui font cheminer le fluide, sont : la continuité de la sécrétion dans ie testicule ; une contraction tonique des conduits séminifères; et de plus, selon quelques-uns, une influence mécanique due à Ja capillarité de toutes ces voies. À la vérité, c'est une question de savoir si la sécrétion du sperme se fait d’une manière continue. Comme la fonction de la génération ne s’accomplit que d’intervalles en intervalles, quelques physiologistes ont pensé que la sécrétion du sperme ne

se faisait aussi que par intermittence. Peut-être est-ce vrai de cenx des animaux chez lesquels la génération n’est possible qu’à de certaines époques de l’année; mais il y a lieu d’en douter pour l’homme. Cet être , une fois parvenu à l’âge de la reproduction , est apte en tout temps à accomplir cette fonction; si le sperme n’était sécrété qu’au moment où ilse livre à l’exercice de cette action, ce fluide aurait un trop grand trajet à parcourir avant d'arriver à l’urètre : à quoi d’ailleurs serviraient les vésicules séminales ? pourquoi ces réservoirs, ainsi quelalongue série des vaisseauxséminifères, contiennentils toujours du sperme? n’observe-t-on pas que les émissions de sperme dans la génération, sont d'autant plus abondantes qu’elles sont moins fréquentes ? enfin, n’en survient-il pas d’involontaires , après une continence un peu prolongée ? Sans doute, la quantité de la sécrétion n’est pas la même dans le repos des organes, et lors de leur action; certainement dans ce dernier moment elle redouble: certainement aussi les testicules sont, parmi les organes du corps, de ceux qui sont le plus tributaires de l'habitude ; sauf les cas d’une organisation prononcée, on peut rendre leur service très-actif ou le réduire presque à rien, selon qu'on se livre fréquemment ou non à l'exercice de la génération : peut-être enfin que l'existence des plexus spermatique et pampiniforme a trait à cette espèce d’intermittence obligée qui doit survenir dans les fonctions de cet organe : mais néanmoins je crois qu'il n'y à ici que des différences d'activité, et qu’au fond la sécrétion se fait d’une manière continue. E Le sperme chemine avec lenteur dans les voies que nous venons de lui voir parcourir; cela doit résulter,

Et

et du peu d’activité de sa sécrétion, et de la disposition des parties qu'il traverse. Voyez combien sont longs et flexueux les conduits séminifères ; quel retard doit résulter de l’abouchement de ces vaisseaux dans le corps d’Hygmor, des longs contours de l’épididyme, de la longueur et de l’étroitesse du conduit déférent, de la disposition anfractueuse des vésicules séminales ? on peut dire que tous les vaisseaux qui précèdent les vésicules, sont comme un premier réservoir au sperme; et, en effet, chez beaucoup d’animaux, les vésicules séminales manquent. Ici on peut se demander , pourquoi le fluide arrivé, à la hauteur des vésicules séminales va S'y mettre en dépôt en traversant le canal rétrograde qui y conduit , plutôt que de suivre sa route directe par le canal éjaculateur. Il existe en effet ici une disposition semblable à celle que nous avons vue aux voies biliaires : de même que la bile , au lieu de continuer sa route par les canaux hépatique et cholédoque dans le duodenum, reflue par le canal cystique contre son propre poids dans la vésicule biliaire; de même le sperme reflue dans la vésicule séminale. On en donne pour raisons , la pression qu’exerce la prostate sur le canal éjaculateur , et la petitesse de l'embouchure de ce canal dans l’urètre: mais il y a ici quelques lumières à désirer. On ne sait si dans ce long irajet, le sperme continue de s’élaborer, et surtout s’il se modifie dans la vésicule : on a dit qu'il était résorbé en partie dans ce réservoir, afin que, porté dans le sang, il puisse imprimer à ce fluide un peu de la vitalité dont, en sa qualité de principe vififiant, on le suppose essentiellement pénétré : on s’est fondé; sur les grands changemens qui surviennent dans l’économie à la puberté, lorsque sa sécrétion commence à

oi

se faire ; surl’affaiblissement qui résulte de ses émissions prématurées ou abusives: sur les troubles, les accidens qu'ont quelquefois entraîné une trop grande continence : mais ces changemens, ces effets peuvent s'expliquer sans le concours de ce transport matériel du sperme dans le sang, et peuvent tenir aux connexions des diflérentes parties nerveuses du corps; du reste, nous reviendrons là-dessus à l’article des tempéramens. Il est sûr au moins que dans les vésicules séminales l’absorption enlève au sperme sa partie la plus aqueuse , car ce fluide se montre d'autant plus épais que ses émissions sont moins fréquentes.

3° Le sperme est un liquide d’une couleur blanche, d’une odeur fade sui generis, d’une consistance visqueuse , d’une saveur légèrement salée et irritante, et qui paraît composé de deux parties; une plus liquide, transparente , et une plus épaisse , grumeleuse , filamenteuse, dont la proportion sur la première est d'autant plus grande que l'individu est plus fort et ses émissions de sperme moins fréquentes. En peu de temps, ces deux parties se mêlent, et il en résulte une matière plus fluide qui se détruit promptement. Examiné chimiquement, le sperme paraît avoir une nature alkaline, albumineuse ; car appliqué à l'œil, à la langue , il y cause une constriction , à une plaie, il l’enflamme ; et il se coagule par la chaleur , les acides. M. f’auquelin en à fait l’analise , et sur 1000 parties il y a trouvé : eau, 900; mucilage animal, 60; soude, 10; et phosphate calcaire, 30. M. Berzelius dit qu’il contient les mêmes sels que le sang, el une matière animale particulière. Il faut remarquer que tout ceci ne s'applique pas au sperme pur, car il n’est jamaisexcrété tel; ilest toujours projeté , mêlé

APPAREIL GENITAL DE L'HOMME. 2b

au suc de la prostate et à celui des glandes de Gowper. On croit que la partie grumeleuse est ce qui principalement le constitue, et que la partie liquide est formée par ces sucs accessoires qui en seraient les véhicules. CGertains auteurs ont admis en lui une troisième partie, sous forme de gaz, qu'ils ont appelé aura seminalis; mais jamais on n’a pu recueillir ce gaz, et Spallanzanti nie son existence, sur ce qu’il n’a jamais pu opérer de f6condation artificielle sans un contact. On l’a examiné au microscope , ét chacun y a vu ce qui convenait à l’hypothèse qu’on s'était faite sur la génération, Leuwenhoeck, par exemple, et Hartzoecker , y ayant remarqué beau- Coup de petits corps en mouvement, ont fait de ces petits corps autant d’animalcules auxquels ils ont fait jouer, comme nous le dirons , un grand rôle dans la génération. Au contraire, Buffon, Needham, ne voulurent voir dans ces petits corps que des animaux infusoires du genre de ceux qu’on trouve dans tous les liquides , ou que ce qu'ils appelaient leurs molécules organiques. M. Virey conjecture que, de même que le pollen des végétaux est un assemblage de petites capsules qui contiennent dans leur intérieur ie véritable principe fécondant qui est d’une subtilité extrême; de même les prétendus animalcules spermatiques sont des tubes qui contiennent le véritable sperme, et que les mouvemens qu’on a remarqués en eux sont dus à la rupture de ces tubes, à leur explosion: il invoque à Fappui de cette opinion, l’exemple des Sèches chez lesquels le sperme paraît présenter une semblable disposition. Le sperme étant chargé de vivilier un germe, ou peut-être de concourir à sa formation, à ce double titre, est sans contredit un des premiers fluides de l’économie; et, à cause de cela, plusieurs

physiologistes l’ont dit formé des matériaux les plus animalisés du corps, de ceux-là même qui en forment le rouage suprême , le système nerveux.

Nous reviendrons sur toutes ces opinions en traitant du mécanisme de la génération ; et particulièrement nous dirons que MM. Prévost et Dumas de Genève, dont l'habileté dans l'emploi du microscope est bien connue, ont retrouvé , avec cet instrument , les animalcules spermatiques dans le sperme de tous les mammifères, o1seaux et reptiles, sur lesquels ils ont expérimenté ; lapin, cochon d'Inde , hérisson, chat, chien, putois, cheval, souris blanche, bélier, bouc, coq, canard, moineau, vipère , grenouille , salamandre, etc.

Quant à laquantité du sperme , elle n’est pas appréciable. Probablement elle est peu considérable , à juger par la petitesse des testicules , celle de l’artère spermatique, la ténuité des conduits séminifères , l’intermittence de la fonction de génération, la petite quantité de sperme qui est projetée à chaque coït, la promptitude avec laquelle la source de ce fluide est tarie, quand on en renouvelle plusieurs fois de suite l'émission. Elle doit varier selon chaque tempérament, chacun ayant sous ce rapport sa mesure, et selon l'emploi qu’on fait de la fonction.

$. II. Appareil de Copulation.

L'appareil de copulation comprend le pénis, ou la verge , Organe cylindroïde , allongé , érectile , formé de deux parties principales, le corps caverneux ; et le canal de l’urètre.

1° Le corps caverneux est une partie essentiellement

formée de tissu érectile, et qui détermine presque à elle seule le volume et la longueur du pénis. Il commence par deux racines allongées en pointe, longues de deux pouces, et attachées aux branches des ischions et pubis, au-dessus des tubérosités ischiatiques : ces deux racines bientôt se rapprochent pour former une grosse masse qui se prolonge jusqu’au gland , et au-dessous de laquelle est l’urètre. Il est composé d’une membrane extérieure qui en détermine la forme, et d’un tissu spongieux intérieur. La première est d’un blanc opaque, évidemment fibreuse et fort épaisse; son épaisseur cependant n'est pas égale partout; elle est moindre aux racines , sous le gland, et à la gouttière inférieure dans laquelle est logée lurètre. Percée de trous par lesquels passent les nerfs et vaisseaux qui vont au parenchyme intérieur , elle détache intérieurement des prolongemens qui servent d'appui à ceparenchyme : quelques-uns de ces prolongemens forment comme une cloison médiane, qui semble partager en deux le corps CaVerneux , surtout en arrière. Le tissu intérieur a pour élémens : les ramifications d’une artère dite caverneuse , provenant de la branche supérieure de la honteuse interne ; celles dune veine portant le même nom; el probablement des nerfs, bien que l’anatomie n'ait pu les poursuivre jusque-là; le tout est soutenu par les brides détachées par la membrane externe. Les anatomistes ne sont pas d'accord sur ce qu'il est réellement. Les uns le font consister en cellules , spongiosités, sur les lames desquelles se terminent les ramifications de l’artère et de la veine caverneuses , celles des nerfs , et dans lesquelles le sang est épanché, infiltré. Les autres, avec plus de raison, disent qu'il consiste en un lacis d’artérioles et de veinules,

soutenues par les lames de la membrane externe , entrelacées entre elles à la manière des réseaux capillaires, mais avec ce trait de plus, que les veinules , au lieu d’être capillaires en ce lacis , y ont plus d’ampleur, y forment des renflemiens très-extensibles ; et des plexus mille fois anastomosés entre eux. On verra , en effet, que ce n’est pas dans des cellules, mais dans les vaisseaux du corps caverneux, dans les veines surtout, qu’afilue le sang dans l'érection. Si on injecte l'artère caverneuse , la matière remplit d’abord les ramifications de cette artère, puis le plexus veineux intérieur qui constitue le corps caverneux; et enfin elle revient par la veine caverneuse, après avoir produit érection. Le même eilet est obtenu plus facilement encore, en injectant la veine caverneuse. Enfin, si on insuffle de l’air dans ce qu’on supposait les cellules du corps caverneux , et que nous disons avec M. Béclard n'être que des racines larges de veines forinant un plexus compliqué, on voit cet air pénétrer dans la veine caverneuse.

2 Le canal de l’urètre à déjà été décrit à l’article de Ja sécrétion urinaire. Nous avons dit que dans sa longueur on lui distinguait trois parties : la portion prostatique , la portion membraneuseet la portion spongieuse. Dans la première, se voit en arrière, sur la ligne médiane , une saillie oblongue appelée vérumontanum , et qui offre , à sa surface, les orifices des canaux de la -prostate; en avant, ceux des glandes de Gowper; et sur les côtés, ceux des canaux éjaculateurs. La portion sponsieuse de l’urètre est en quelque sorte la seule qui fasse partie de la verge : située dans la gouttière que présente à sa partie inférieure le corps caverneux, elle se termine em avant par ce qu'on appelle le gland. Le gland, en

effet, ne dépend pas du corps caverneux; une portion de la membrane externe de celui-ci l'en sépare; aussi, les érections de ces deux parties se font souvent isolément, et les injections du corps caverneux de lune ne pénètrent pas dans le corps caverneux de l’autre. Ce gland semble être la terminaison , sous forme de bourgeon, du tissu érectile qui enveloppe cette troisième partie de l’urètre. L’urètre étant dans l'espèce humaine le canal excréteur du sperme, aussi bien que celui de l'urine; et ce sperme devant être porté profondément dans les parties de la femme; la nature a dû placer ce canal excréteur au milieu du corps caverneux , parce que celui-ci est seul susceptible d'acquérir par l'érection toute la roideur que réclame un tel oflice. Cela est si vrai, qu’en quelques animaux ce corps caver neux contient dans son épaisseur un 0s. C’est pour la même raison que cet urètre est dans sa partie spongieuse enveloppé d’une masse de tissu érectile analogue à celui qui forme le corps caverneux, et limité de même par une membrane extérieure propre. C’est un prolongement de ce tissu érectile qui forme le gland, cependant avec quelques différences ;. le tissu spongieux intérieur du gland est plus considérable, plus iénu, plus ferme, moins abreuvé de sang; sa membrane extérieure est plus fine , et offre à sa surface un épanouissement de papilles nerveuses qui sont, lors de l’accomplissement dela fonction, le siége d’une sensation tactile très-volupiueuse. Nous avons indiqué la texture de FPurètre : ce canal est tapissé iniérieurement par une membrane muqueuse, plissée sur elle-même dans le sens de sa longueur, et garnie de beaucoup de petits trous, qui sont les orifices de conduits obliques placés dans son épaisseur, ei qu'on ap-

pelle lacunes ou sinus de Morgagni. Immédiatement avant de s'ouvrir au dehors , il présente une dilatation assez prononcée , appelée fosse naviculaire.

Ces deux parties constituantes du pénis sont recouvertes par la peau, qui forme vers le gland un repli particulier appelé prépuce. Le tissu cellulaire qui sert de moyen d'union est lâche, et ne se laisse jamais pénétrer par de la graisse. Un faisceau fibreux , appelé ligament supérieur de la verge, étendu de la symphyse du pubis au corps caverneux, dans le vide que laissent les deux racines de celui-ci, soutient tout l'organe. Nous terminerons celte description de l'organe de copulation, en mentionnant quelques muscles déjà décrits, mais que nous verrons agir dans l'acte de la copulation et lors de l’émission du sperme; savoir : le releveur de l'anus, le sphincter de l’anus, le transverse du périnée que nous avons décrits avec le rectum, et surtout les bulbo et iskio-caverneux, dont il a été question à l’article de l’urètre.

AnrrTicze Il.

De l'appareil génital de la femme.

La femme, dans l’acte de la reproduction , remplit un plus grand nombre d’oflices que l’homme ; elle fournit le germe ou l'œuf; en elle est le réservoir dans lequel ce germe subit ses premiers développemens; enfin, elle allaite après sa naissance l'individu nouveau. Les parties qui composent son appareil génital sont donc plus nombreuses, et nous les rapportons à quatre groupes, savoir : l'appareil de germification , celui de gestation où grossesse, celui de copulation , et celui d'allaitement.

APPAREIL GÉNITAL DE LA FEMME. 27 $. IT. Appareil de Germification.

Cet appareil, qui produit le germe, l'œuf, en un mot ce que fournit la femme dans la génération , est pair , et se compose des ovaires , et de leurs canaux excréteurs qu’on appelle les trompes.

1° Les ovaires sont deux corps ovoïdes , d’un rouge pâle, rugueux et comme bosselés à leur surface, de la grosseur à peu près des testicules, ayant six à huit lignes de longueur sur trois de largeur et d'épaisseur , du poids d’un gros et demi à deux gros, et situés dans le petit bassin, dans la duplicature d’un repli du péritoine, appelé ligäment large de la matrice, de chaque côté de cet organe, Long-temps ils furent considérés comme des glandes , et appelés les testicules dela femme; mais le nom d’ovaires leur a été donné dans le dernier siècle , parce qu’on les regarda comme fournissant les œufs desquels , dans ce temps, furent dits provenir toute génération. Si leur structure ne donne pas une démonstration abselue de cette dernière opinion, au moins est-il sûr qu’elle diffère de celle des testicules. Leurs élémens composans sont , 1° l'artère spermatique, qui, analogue de celle qui se rend au testicule chez l’homme, se distribue pour la plus grande partie à l'ovaire, «et donne aussi quelques canaux à la trompe , et aux parties latérales de l'utérus; 2° la veine spermatique, dont Les ramifications forment aussi dans l’intérieur, et àla surface de l’ovaire, un plexus , dont plusieurs branches s’anastomosent avec des veines de l’utérus et de la trompe; 3° des vaisseaux Iÿmphatiques; 4° des nerfs fournis par les plexus rénaux. Il faut y ajouter , outre le repli péritonéal dans lequel ces organes sont situés, une membrane qui leur est propre,

qui les enveloppe, et qui, blanche, compacte, adhère assez à leur parenchyme. Celui-ci, formé par ces divers élémens, est mou, spongieux, et paraît composé de lobules celluleux et vasculaires, grisâtres , gorgés de beaucoup de fluide, et entre lesquels sont de petites vésicules qu'on a supposées être les germes, les œufs. Ces vésicules transparentes sont formées d’une membrane très-fine , dans laquelle est renfermé un fluide visqueux, jaunâtre ou rougeâtre, dans lequel on ne peut rien voir de solide : autour d’elles les ramifications vasculaires sont plusnombreuses et plus déliées. Le nombre de ces vésicules est de quinze à vingt, dit JJaller, dans chaque ovaire ; les plus superficielles sont grosses comme un grain de chenevis ; celles qui sont situées plus profondément ont le volume d’un grain de millet.

Les ovaires sont un peu mobiles dans la cavité du bassin ; cependant , outre le repli péritonéal dans lequel ils sont placés, ils sont encore fixés à leur extrémité interne, par ce qu’on appelle le ligament de l’ovatre, et à leur extrémité externe, par une des languettes du pavillon de la trompe. Le ligament de l'ovaire est un peut cordon filamenteux , long d’un pouce et demi, qui, de l'ovaire, va s’attacher à l’utérus, derrière la trompe ; les Anciens le croyaient creux, et destiné à excréter le sperme qu'ils supposaient fourni par l'ovaire ; mais ii est tout solide , et c’est la trompe qui est le canal excréteur de cet organe.

Nous verrons que les ovaires, quelle que soit la matière qu'ils fournissent dans la génération, sont certainement les parties de l'appareil génital de la femme desquelles proviennent les élémens de l'individu nouveau.

2° Les trompes, dites de F'allope, sont deux conduits

coniques ; tortueux, vermiformes , longs de quatre à cinq pouces , situés dans ce même ligament large qui contient l'ovaire, et étendus depuis cet ovaire auquel ils adhèrent par une des franges qui les terminent de ce côté, jusqu’à l’utérus auquel ils sont continus et dans la cavité duquel ils aboutissent, Parce qu'ils s’abouchent dans l'utérus , on les a rapportés à cet organe , et appelés trompes ulérines; mais c’est à tort, ils sont des dépendances de l’ovaire , ils en sont les véritables canaux excréteurs, à tel point qu'en beaucoup d'animaux ils lui sont continus. Du côté de l'utérus, leur calibre est fort étroit, et tel qu’à peine une soie y pénètre; mais vers leur milieu ce calibre s’élargit pour se rétrécir de nou veau au-delà; et enfin, du côté de l’ovaire , ils se terminent par une surface évasée , qu’on appelle le pavillon de la trompe. Ge pavillon est découpé en plusieurs franges, dont une plus longue adhère à l’extrémité externe de l'ovaire ; sa surface est dirigée en arrière. Ainsi, les irompes, d’un côté, communiquent avec la cavité de l'utérus, et de l’autre, présentent une ouverture béante dans la cavité de l’abdomen. Dans leur structure, on remarque, outre l'enveloppe séreuse que leur forme le ligament large; 1° intérieurement une membrane muqueuse qui les tapisse, qui du reste est plutôt présumée que vue; qui, molle, villeuse , offre plusieurs plis longitudinaux; 2° extérieurement une couche de tissu spongieux , érectile, analogue à celui du corps caverneux du pénis. Quelques-uns veulent qu'il y ait quelques fibres musculaires , surtout dans les franges du pavillon.

$. II. 4ppareil de Gestation ou de Grossesse.

L'appareil de gestation comprend un seul organe, l'utérus ou la matrice, viscère creux, destiné à recevoir le fœtus et à lui donner asile depuis le moment de la conception jusqu'à celui de la naissance. Cet organe, situé dans le bassin , entre la vessie qui est en avant, le rectum qui est en arrière, au-dessous des circonvolutions inférieures de l’intestin grêle , a la forme d’un conoïde aplati sur ses deux faces opposées , arrondi à sa base qui est en haut, et tronqué à son sommet qui est en bas. Son volume est fort pelit; sa longueur n’est que de deux pouces et demi, sa largeur d’un pouce et demi à son fond , et de dix lignes à son col, son épaisseur d’un pouce. On lui distingue trois parties : son fond, son corps, et son col. Le fond est sa partie supérieure, celle qui est au-dessus de l’insertion des trompes. Le corps est celle qui du point auquel s’insèrent les trompes, s’étend jusqu’au col. Enfin , le col en est la partie inférieure, celle qui rétrécie fait saillie dans le vagin par une ouverture. L’organe dans son ensemble est pyriforme , à la figure d’un triangle aplati de devant en arrière , et dont la base est en haut. À chacun des deux angles supérieurs se voient les embouchures des trompes, les attaches des ligamens de l'ovaire , et d’un autre ligament appelé le ligament rond, dont nous parlerons ciaprès. L’angle inférieur est formé par le col, qui fait dans le vagin une saillie de quatre à cinq lignes, et s’y termine par une fente située en travers, appeléemuscau de tanche, ou orifice vaginal de l'utérus. Gette ouverture est bornée par deux lèvres, qui sont lisses et arrondies chez les femmes qui n’ont pas eu d’enfans , crevas-

sées et rugueuses chez celles qui ont été mères, et dont l’antérieure est toujours un peu pius épaisse que la postérieure : longue de trois à cinq lignes , elle est généralement toujours béante , surtout chez les femmes qui ont fait des enfans.

La cavité intérieure de cet organe est fort petite, relativement à son volume et à l’épaisseur de ses parois; ceux-ci même se touchent presque. On la partage en celle du corps et celle du col. La première est triangulaire; à ses angles supérieurs aboutissent les embouchures des trompes; eten avant et en arrière , elle offre sur la ligne médiane une espèce de raphé qui accuse sa disposition symétrique. La seconde est allongée , ressemble davantage à un canal; plus large dans son milieu, elle offre du côté du corps de l’utérus une ouverture qu’on appelle l’orifice interne de l'utérus, et à son autre extrémité l’orifice vaginal que nous avons décrit : on voit aussi sur ses faces antérieure et postérieure la trace du raphé, et quelques rides transversales à peine sensibles. Toute cette surface est couverte de villosités très-fines, et offre les orifices de quelques cryptes muqueuses.

L'organisation de l'utérus est surtout ce qu'il nous importe de connaître. La plupart des anatomistes le disent formé de deux parties , une Membrane muqueuse à l’intérieur , et un tissu propre qui en constitue la substance principale ; 1° la première est dite un prolongement de celle qui tapisse le vagin; elle est très-mince, rouge dans la cavité du corps, blanche dans celle du col , et a la texture propre à ce genre de membrane. M. Chausster en nie l'existence; ayant fait macérer l'utérus avec une partie du vagin dans de l’eau , du vinaigre, des liqueurs alkalines, ayant soumis ces parties à une ébulli-

tion prolongée, il a toujours vu que la muquetise du vagin s’arrêtait au bord de l’orifice de l'utérus, et ne se prolongeait pas au-delà. M. Rèibes pense de même: æt madame Boivin, auteur de dissections délicates sur la structure de l'utérus pendant la grossesse, dissections dont nous parierons ci-après, dit aussi avoir vu nettement la muqueuse vaginale se terminer par de petits plis expansibles et par une sorte de prépuce sous la lèvre antérieure du museau de tanche. Dès-lors , la surface interne de l'utérus serait formée par le même tissu propre qui en constitue la substance principale. 2° Gelui-ci, dense, compact, serré, diflicile à couper, semble par sa couleur, sa résistance , son élasticité, se rapprocher du cartilage : c’est une substance blanchâtre, homogène, parsemée de beaucoup de petits vaisseaux , dans laquelle il est difficile de signaler des fibres à direction distincte , et dont la nature organique n’est pas moins difficile à caractériser. Cependant, à juger par ce que devient ce tissu lors de la grossesse, par la puissante force de contraction qu’il exerce dans l'accouchement, on peut croire qu'il est de nature musculeuse, ou du moins qu’ilest apte à revêtir cet état. Nous renvoyons à l’histoire de la grossesse l'indication des différens faisceaux musculeux que les anatomistes ont spécifiés en lui, lors de ce grand chansement. Toutefois, 1l forme à lui seul les parois de l’organe , qui ont de six à quinze lignes d'épaisseur : il est moins dense et plus gris au corps qu’au col. Ses élémens sont des artères, des veines, des vaisseaux lymphatiques, et des nerfs. Les artères proviennent de deux sources ; des spermatiques , qui se distribuent surtout au fond de organe , et vers le lieu où s’abouchent les trompes; et des hypogastriques, qui se distribuent surtout au corps et

au col : leurs branches principales, faciles à apercevoir sous le péritoine qui recouvre l'organe, sont trèsflexueuses, fréquemment anastomosées entr’elles: et leurs ramifications se perdent profondément dans le tissu du viscère et jusqu’à sa surface interne. Les veines se rendent aussi, en partie dans les spermatiques , et en partie dans les hypogastriques ; leur disposition dans l’utérus est la même que celle des artères, sinon -qu’elles sont plus flexueuses encore , et que se dilatant beaucoup lors de la grossesse, elles forment alors ce qu’on a appelé les sinus utérins. Les nerfs enfin dérivent, les uns du grand sympathique, les autres des paires sacrées. Toute cette description ne s'applique qu’à l'utérus vide et hors l’état de grossesse; nous renvoyons à cet article l'indication des changemens importans qui se font alors en ce viscère.

L’utérus est maintenu de champ dans le bassin par le ligament large de la matrice , et par d’autres faisceaux semblables situés en avant eken arrière de lui; 1° le /4gament large de la matrice est une dépendance du péritoine, cette membrane séreuse qui tapisse l’abdomen et se réfléchit sur la plupart des viscères qui y sont contenus : recouvrant les faces antérieure, postérieure et le fond de l'utérus, ce repli semble partager perpendiculairement le bassin en deux cavités, une antérieure où est la vessie, et une postérieure où est le rectum : dans sa duplicature se trouvent l’ovaire, la trompe et le autres replis du péritome, étendus, deux en avant , entre Putérus et la vessie; deux en arrière, entre le rectum

fond de l’utérus : il soutient tous ces organes ; 2° quatre

et l’utérus, concourent aussi à fixer cet organe, et sont appelés ses ligamens antérieurs et postérieurs ; 3° enfin, de la partie latérale, supérieure et antérieure de l’uté-

rus , au-devant.et au-dessous de l'insertion des trompes, part de chaque côté un cordon qui , se dirigeant vers l'anneau inguinal, le traverse et va se perdre dans le tissu cellulaire des aines; c’est ce qu’on appelle le liganent rond de la matrice, ou cordon sus-pubien. Ge cordon, blanchâtre, assez dense, est formé par un assemblage de vaisseaux flexueux tant sanguins que lymphatiques , de nerfs et de fibres longitudinales que long-temps on crut musculeuses , mais quine paraissent être que du tissu cellulaire condensé. On lui a attribué beaucoup d’usages évidemment hypothétiques, comme de fournir de l'air au fœtus, de livrer passage au sperme; de transmettre , lors de la grossesse, aux vaisseaux fémoraux une partie du sang qui surcharge la matrice ; de rapprocher l'utérus des parties extérieures lors de l'accomplissement de la génération , etc, Il est probable qu'il sert seulement , ainsi que les autres ligamens que nous venons de décrire, à assurer la situation de la matrice.

S. III. Appareil de Copulation.

L'appareil de copulation consiste en un canal, communiquant au dehors par une ouverture appelée vulve, étendu d’autre part jusqu'à l'utérus dont il embrasse le col , et destiné à recevoir le penis. Ce canal, vasculomembraneux, appelé vagin où gulvo-utérin, a une ongueur de six à huit pouces, un calibre d’un pouce. Situé dans le petit bassin entre la vessie en avant, et le rectum en arrière , il a une direction oblique de bas en haut et de devant en arrière. Il diffère en ceci de ce qu'il est chez les animaux, dans lesquels il se dirige dans l'axe même de l'abdomen, ce qui donne plus de facilité

APPAREIL GÉNITAL DE LA FEMME. 3à

à l'accouchement. Son intérieur est garni de rides gé néralement transversales , peu nombreuses et irrégulières en haut, plus nombreuses et plus saillantes en bas. Ces rides ne sont pas passagères comme celles que l’on voit à la surface des autres membranes muqueuses; mais elles ne s’effacent qu'avec l’âge, et consécutivement à de fréquentes approches et à de nombreux accouchemens. Le vagin , dans son organisation, présente : 1° in térieurement une membrane muqueuse, rouge et vermeille en bas, plus grise en haut, plus épaisse extérieurement que profondément, revêtue évidemment d’un épiderme, offrant les rides dont nous avons parlé tout à l'heure, et parsemée de cryptes muqueux extrémement nombreux; 2° en dehors , une membrane celluleuse assez dense; 3° entre ces deux membranes, une couche de tissu érectile, d'autant plus épaisse qu’on approche plus de la vulve, se prolongeant cependant jusqu'à l'utérus ; 4° enfin, en haut une dépendance du péritoine; et sur les côtés un muscle dit constricteur du vagin, anneau charnu formé de deux plans de fibres, qui, partant de la membrane fibreuse du clitoris , contournent le vagin et vont se confondre avec celles du transverse du périnée et du sphincter de la vulve. Près de l'ouverture externe du vagin ou de la vulve, se trouve une membrane appelée hymen, qui a une forme semi-lunaire, parabolique ou circulaire, et qui semble destinée à empêcher l'entrée dans le vagin , mais sans clore tout-à-fait ce canal. Cette membrane, dont à tort l'existence a été long-temps contestée, mais dont l'intégrité ou l'absence sont des signes équivoques de virginité , se déchire dans les premières approches; et alors on trouve à sa place de petits tubercules rougeûtres,

arrondis ou aplatis, dont le nombre varie de deux à six, et qu’on appelle caruncules myrtiformes : on considère ces tubercules comme étant ses débris.

L'ouverture , dite vulve, est bordée par deux replis appelés grandes lèvres, dont l’organisation nous offre de dedans en dehors; une couche muqueuse , prolongement de la muqueuse vaginale ; une couche musculeuse formée par un muscle qui circonscrit l’ouverture de la vulve, et appelé muscle sphincter de lavulve ; une couche de tissu érectile; et enfin une couche de peau garnie de follicules et de poils. A leur commissure supérieure , est un organe ressemblant au penis, appelé clitoris. Ce clitoris, en effet, est également formé par un corps caverneux, el terminé en avant parungland que recouvre un prépuce formé aux dépens de la muqueuse vaginale. Cependant , il y a quelques différences que voici : le clitoris est généralement beaucoup plus petit que le penis; son corps caverneux est beaucoup plus dense et moins apte à se laisser pénétrer par le sang ; le muscle iskio-caverneux qui entoure ses origines est beaucoup plus pelit ; enfin l’urètre ne traverse pas cet organe , mais à son orifice externe au-dessous, à une distance à peu près égale des deux commissures de la vulve. Du prépuce de ce clitoris qui , quelquefois a un volume égal à celui de la verge, s’étendent à la face interne des grandes lèvres , el jusqu’à leur milieu, deux autres replis qu’on appelle les petites lèvres où nyrphes, et dont l'organisation est la même que celle des grandes lèvres.

S. LV: Appareil de Lactation.

Enfin, l'appareil de lactation se compose des mamelles, glandes situées dans une masse de tissu cellulaire,

à la partie antérieure el supérieure du thorax, dans ce qu’on appelle les seins. Leur nombre, chez les animaux, est généralement en raison de celui des pelits. Il doit nous suflire d'indiquer dans le sein les élémens qui le constituent. Ges élémens sont : 1° une glande appelée mammaire, qui est au centre du sein, plongée dans la masse graisseuse qui le forme, représentant une espèce de gâteau convexe à surface fort inégale, et appuyé sur le muscle grand pectoral. Son tissu résulte de l'assemblage de plusieurs lobes , réunis entre eux par un tissu cellulaire assez dense , et formés de lobules plus petits, qu’on peut eux-mêmes ramener à des granulations arrondies , d’un blanc rosé et du volume d’une semence de pavot, Ces grains glanduleux donnent naissance aux conduits sécréteurs , appelés ici lactifères ou galactophores , qui, flexueux, extensibles, transparens , grossissent en se réunissant les uns dans les autres, mais de manière cependant que ceux de chaque lobe restent isolés et ne communiquent pas avec ceux d’un autre lobe. Tous enfin se terminent à des sinus placés près de la base du mamelon du sein, et qui, au nombre de quinze à dix-huit, viennent s’ouvrir à son pourtour et à son sommet sans communiquer ensemble. Des artères, des veines , des vaisseaux lymphatiques en grand nombre , et un système vasculaire sécréteur sont , avec des nerfs , les élémens de cette glande; mais aller prétend que le système vasculaire sécréteur, non-seulement communique à son origine avec les dernières ramifications des artères, mais encore pénètre dans le tissu graisseux qui avoisine la glande; °° une masse de tissu cellulaire graisseux, dans lequel est plongée la glande , et à laquelle surtout le sein doit son volume

et sa forme : 5° enfin, extérieurement une couche de peau, qui est ici très-fine , très-douce , plus délicate et plus blanche qu'ailleurs, sans rides ni plis. Du milieu du sein s’élève un tubercule qu’on appelle le mamelon, qui n'est autre chose qu’une masse de tissu spongieux , érectile, autour de laquelle sont disposés les orifices des conduits excréteurs. À ce mamelon , la peau prend une autre couleur et un autre caractère ; elle forme à l’entour une auréole, de couleur rose dans la jeunesse, d’une couleur plus brune dans un âge plus avancé, et dont le système capillaire est si délicat qu'il rougit de même que le visage dans la pudeur et les passions. Des lymphatiques en grand nombre, et surtout des nerfs, entrent dans la structure de ce mamelon; la peau y a un aspect rugueux , dû à la présence d’un certain nombre de follicules sébacés, destinés à sécréter une mucosité propre à défendre le mamelon de l’action de la salive de F’enfant qui le suce.

Il existe chez l’homme un rudiment de cet appareil ; mais la glande mammaire, très -petite, n’y est qu'en vestige ; l’auréole du mamelon est d’une couleur moins vive, moins rugueuse et couverte de poils. Cependant on voit cette glande se gonfler à la puberté; et dans quelques cas rares , on l’a va par la pression fournir un fluide : M. de Humboldi , dans son Voyage aux régions équinoxiales dunouveau continent, rapporte l’observation d’un homme de trente-deux ans, qui nourrit pendant cinq mois son enfant avec un liquide sucré que fournissaient ses seins , et sans lui donner aucun autre aliment.

Tels sont les organes génitaux de l’un et l’autre sexe O Le) dans l'espèce humaine. Dans cette espèce, pas plus que

dans les animaux supérieurs, jamais ces sexes ne sont réunis sur un même individu. En vainles arts ont supposé des hermaphrodites humains , la nature n’en a jamais présenté , et les êtres qu’on a considéré comme tels n'étaient que des individus difformes , offrant quelque conformation vicieuse des organes génitaux , et qui , loin de pouvoir se reproduire seuls, le plus souvent ne pouvaient remplir la fonction d’aucun sexe. D'après la seule comparaison des organes, Galien, Avicenne ,. avaient dit que les deux sexes ne différaient que par la situation et le développement, les parties étant extérieures dans l’homme , et intérieures chez la femme ; dans l’homme lutérus étant renversé en dehors, et contenant les ovaires ou testicules; dans la femme ces parties étant rentrées en dedans. Les testicules et les ovaires, comme fournissant la matière par laquelle chaque sexe concourt à la génération; les conduits déférens et les trompes de Fallope, comme conducteurs de cette matière: les vésicules séminales «et l’utérus, comme étant les réservoirs où elle est mise en dépôt; enfin le penis et le vagin, comme servant à son élimination, étaient des parties considérées dans chäque sexe comme analogues. Mais lorsque plus tard le système des ovaristes fut adopté par presque tous les physiologistes , on rejeta cette comparaison; on regarda le sexe fe= melle comme le principal, et le sexe mâle comme en étant une dégénération. Aujourd’hui que les efforts des. zoologistes tendent à ramener toutes les différences que présentent les animaux et les organes à l'unité d’organisation , on est revenu à l’idée des Anciens , mais mieux conçue et appuyée sur ce que M. Geoffroy Saint -Hilaire appelle le principe des connexions : non-seulemené

/o FONCTION DE LA GÉNÉRATION:

on trouve analogie d'organisation entre les deux sexes, mettant en regard dans chacun, les testicules et les ovaires, les épididymes et les trompes de Fallope, les angles ou cornes de la matrice et les canaux déférens, les vésicules séminales et le corps de l'utérus, le penis et le vagin; mais encore on atteste cette même analogie dans les vivipares et les ovipares, En effet, d’abord M. Emmert a prouvé que les oiseaux chez lesquels on n'avait trouvé primitivement qu’un seul ovaire en ont deux, et deux oviductus. Ensuite M. 7°. Tiedemann a distingué dans cet oviductus trois parties qu'il a dit des analogues de la trompe de Fallope , de l'utérus et du vagin des mammifères. Enfin, si M. Geoffroy Saint-Hilaire ne trouve dans ces oviductus que deux parties, l’une qui correspond à la trompe, l’autre à la corne de la matrice, cet anatomiste rapporte au corps de la matrice ce quo appelle dans les oiseaux la bourse de Fabricius, et au vagin ce qu’on appelle la bourse de copulation. Il n’est pas de notre objet de discuter les motifs par lesquels ces savans démontrent la réalité de ces analogies : nous nous arrêterons à une seule, qui tient de plus près à notre sujet; c’est la possibilité de reconnaître dans l’utérus unique de la femme, des ressemblances avec l'utérus bicorne des mammifères. Ge qu’on appelle les angles supérieurs de l’organe dans notre espèce, sont en effet les analogues des cornes de l'utérus dans les quadrupèdes ; et ce qui le prouve, c’est que ce sont les mêmes vaisseaux qui se distribuent aux unes et aux autres. M. Geoffroy Saint-Hilaire pense que les cornes et le corps de la matrice, que d’après l'anatomie humaine on considère comme des dépendances d’un même organe, en forment deux distincis ; l’un, les cornes, étant alimenté

par les artères spermatiques; l’autre, le corps, recevant les artères utérines : tous deux peuvent être dans les animaux dans des rapports de développement inverse; et par exemple, l'espèce humaine et le lapin offrent sous ce rapport les deux extrêmes; dans la première, le corps de l'utérus étant très-volumineux et les cornes à peine appréciables; et dans le lapin, au contraire, le corps de l’utérus étant rudimentaire, presque nul, et les cornes très-considérables. M. Geoffroy propose même de donner aux cornes de l'utérus un nom particulier, celui d’aduterum.

ARTICLE IIL

Différences générales des Sexes.

L'homme et la femme ne diffèrent pas seulement par les organes génitaux proprement dits ; toutes les autres parties de leur organisation, quoique analogues, portent l'empreinte de la différence de leur sexe; il n’est aucun des organes qui leur sont communs, aucune de leurs fonctions , qui ne présentent quelques spécralités. Dans l'exposition que nous avons faite des diverses fonctions qui accomplissent la vie, nous n’avons pas paru faire de distinction entre ces deux êtres ; c’est ici le lieu de traiter de leurs différences.

Dans toute la nature vivante, généralement le sexe mâle se distingue par quelques parties exubérantes, qui manquent ou sont moindres dans le sexe femelle : on dirait que celui-ci est comme épuisé, parce qu’il a à créer le germe du nouvel individu , et à fournir à ses premiers développemens. Ainsi, dans plusieurs espèces animales , les mâles seuls offrent des cornes , des crêtes, une cri-

nière, etc. ; ceux des oiseaux, par exemple , sont remarquables par un plus beau plumage , de plus brillantes couleurs. Or, cela est vrai aussi dans l’espèce humaine ; Ia barbe est un caractère distinctif de l’homme ; cette partie est à cet être, ce que sont ces crêtes , ces panaches que dans certaines espèces animales présentent exclusivement les mâles. Mais eette première différence est encore une dépendance en quelque sorte des organes génitaux proprement dits; elle ne se prononce en effet qu’à l’âge auquel ces organes peuvent être mis en jeu; ces parties distinctives des mâles manquent avant lé poque de la puberté; souvent chez les animaux elles se détruisent par la vieillesse, ou même chaque année , après la saison des amours: souvent la castration les fait disparaître.

Arrivons donc à d’autres différences portant sur d’autres points de vue de l’organisation ; et comme dans tout ce que nous avons dit jusqu'ici de la physiologie humai ne, nous avons eu en vue l’homme surtout, faisons ici partiqulièrement l’histoire de la femme.

1° La femme a généralement une stature moins élevée que l’homme, comme cela est presque de toutes les femelles des animaux ; la différence est d’un douzième à peu près. Les parties principales de son corps n’ont pas entr’elles les mêmes proportions. La téte est plus petite, plus arrondie ; la face plus courte : le tronc est plus long, et dans le tronc, les lombes et le col surtout ; les extrémités inférieures , la cuisse particulièrement, sont au contraire plus courtes; et de cette disposition, il résulte que la moitié du corps ne correspond plus, comme chez l’homme, au pubis même, mais au-dessus. Le co, cette colonne , qui est un caractère distinctif de l’espèce hu-

maine, ayant chez la femme plus de longueur, a par suite chez elle plus de grâce. Le thorax a moins de hauteur ; son diamètre sterno-vertébral répond en arrière , non à la neuvième vertèbre dorsale , mais à la septième, comme chez l’enfant; mais ce thorax est un peu plus évasé ; la claviculeest, sinonplus longue, au moins moins courbée , afin de fournir un plus grand espace au sein. L'abdomen est plus large, plus ample et plus saillant. La plus grande longueur de la région des lombes, jointe à la plus grande largeur des hanches, rend la taille plus svelte. Le bassin a plus de capacité, afin d’être apte aux fonctions de la grossesse et de l'accouchement ; il est plus évasé, plus circulaire, mais à moins de hauteur , et est plus incliné sur le rachis; le pubis est plus bas, le sacrum est plus relevé, et fait plus de saillie en avant ; l’arcade du pubis est plus élevée; les hanches sont plus étendues, les cavités cotyloïdes moins profondes et plus écartées; les fesses plus saillantes et plus élevées. Aux membres inférieurs, les genoux sont plus gros et un peu tournés en dedans , les jambes plus courtes ; les pieds sont petits, et ne forment plus la sixième partie et demie du corps, comme cela doitêtre chez l’homme. Aux membres supérieurs enfin, les épaules sont moins développées ; les bras sont moins longs, mais plus gros et plus arrondis ; il en est de même des avant-bras ; la main est plus petite, douce, blanche, plus potelée, les doigts sont plus grêles. Quand on étudie la pose générale de la femme, on voit que chez elle la tête , les épaules et le bassin sont placés plus en arrière; les fémurs sont plus écartés en haut, et les genoux plus rapprochés; les courbures du rachis sont moins prononcées; le torse ressemble à une pyramide, dont le bassin est la partie la plus large , et le

thorax la partie la plus étroite, disposition inverse de celle qu’on observe dans l’homme; dans celui- ci le développement semble s’être fait davantage vers la partie supérieure du tronc, tandis que dans la femme il s’est fait plus grandement vers la partie inférieure , le bassin. Le corps de la femme est aussi plus mince : les os sont plus petits, d’un tissu moins compact, leurs aspérités extérieures font moins de saillies ; les muscles sont moins forts, moins prononcés ; aussi le poids total du corps estil moindre d’un tiers. Le tissu cellulaire sous-cutané est plus abondant, il est rempli d’une graisse plus blanche et plus compacte; un semblable tissu cellulaire graisseux remplit les intervalles des muscles; aussi la femme n’offre-t-elle pas les formes carrées, toreuses de l'homme; chez elle, les contours des membres ne sont pas aussi fortement exprimés ; ils sont arrondis , coulans. La peau est plus fine, plus blanche, plus riche en vaisseaux capillaires, et moins couverte de poils; les cheveux, au contraire, sont plus longs, plus fins et plus flexibles : les ongles sont plus mous, ont une couleur plus rosée. Au visage , les muscles sont moins distincts, et fondus dans plus de graisse, ce qui fait que la physionomie des femmes tient plus à l’expression de l'œil etau sourire qu'au jeu des autres traits. Enfin la texture générale de toutes les parties est pluslâche et plus molle.

2° Si, de cette observation de l'habitude extérieure du corps de la femme, nous passons à l’examen de ses fonctions , comparant ces fonctions avec ce qu’elles sont dans l’homme , nous trouverons des différences aussi importantes.

À. Sensibilité. Sans doute le système nerveux est, chez la femme, composé des mêmes parties que chez l'homme ;

DIFFÉRENCES GÉNÉRALES DES SEXES, 49 mais certainement ce système offre quelques différences, puisque la femme présente dans ses diverses actions sensoriales quelques particularités, comme on va le voir. Peutêtre est-il proportionnellement aux autres systèmes un peu plus volumineux, ou a-t-il intrinsèquement une sensibilité plus exquise? au moins , il a d’autres proportions entre ses diverses parties?

Chez la femme, les sens sont généralement plus délicats; les extrémités nerveuses qui aboutissent à la peau, à la langue, à l’œil, etc. , étant plus développées, et se terminant en papillesmoins rigides , plus pulpeuses, plus affectibles : tous repoussent des impressions un peu fortes. Voyez la peau; elle est évidemment plus nerveuse, recouverte d’un épiderme plus mince; aussi généralement les femmes sont plus sensibles au froid, recherchent des vêtemens plus doux. Le goût chez elles répugne aussi à des saveurs trop fortes, comme le prouve leur gourmandise qui est, en général, plus raffinée que celle de l’homme. Il en est de même des autres sens. Le soût pour les parfums et les fleurs n’est-il pas universel chez les femmes? et le sens de l’odorat n'est-il pas plus pour elles que pour nous une source de jouissances ou de souffrances ? leur vue n’est-elle pas promptement blessée d’une lumière trop vive, et leur oreille d’un son trop fort ? Cependant les différences dans les sens sont bien moindres que celles que va nous présenter l’intellect et le moral.

Sous cerapport, en effet, l’homme et la femme diffèrent beaucoup , et ce point de leur organisation est certainement, après l'appareil génital , celui qui les différencie le plus. Malheureusement les dissidences des psychologistes sur les facultés vraiment primitives de notre moral, et l’im-

possibilité dans laquelle sont encore les physiologistes d'indiquer les rapports qui existent entre la structure du cerveau et le caractère des intelligences , des talens et des affections, ne permeltent pas qu’on traile cette matière avec la rigueur et la précision que réclame la science. M. Gall seul, dans son système des organes cérébraux, explique organiquement les différences que présente le moral chez la femme ; en établissant que dans ce sexe les organes cérébraux ont des degrés de développement et d'activité autres que chez l’homme , il se rend compte de sa supériorité sous certains rapports, de son infério

rité sous d’autres, et en général de toutes les particularités de sa psychologie. Mais on a vu que tout en applaudissant aux efforts de M. Gall, nous avons cru devoir attendre que le temps ait donné sa sanction à sa théorie. Nous sommes donc réduits ici à ce que l'observation seule du moral, dans l’un et l’autre sexe, a pu faire constater , et voici en peu de mots ce que nos moralistes ont signalé à cet égard : 1° généralement les facultés affec- ‘tives prédominent chez la femme, et les facultés intellectuelles chez l'homme; c’est ce que prouvent l’observation de l’un et l’autre sexes dans toutes les circonstances de leur vie, leur rôle respectif dans nos sociétés, et ce qui convenait du reste à leur destination. Evidemment, Jes affections sont ce qui domine dans la vie morale des femmes: dès leur enfance, elles manifestent la prédominance des sentimens qui doivent successivement les rendre amantes, épouses et mères : aimer, sous quelque titre que ce soit , est la grande affaire de leur vie; les travaux d'esprit y occupent une bien moindre place; et, jandis que ces travaux sont chez l’homme l’objet principal, le plus souvent ils ne sont pour elles que des

DIFFÉRENCES GÉNÉRALES DES SEXES. 47 délassemens. Nous l’avons déjà dit souvent : l’espèce humaine ne peut vivre sur la terre que par ses efforts; il faut qu’elle en fasse la conquête; mais c’est à l’homme surtout qu'est imposée cette noble tâche; c’est son esprit qui concoit , son bras qui exécute : la femme , plus faible sous l’un et l’autre rapport, a une autre destination, celle de dispenser à la famille les soins qu’elle réclame. Combien n’était-il pas nécessaire dès-lors qu’il ft donné à l’un une plus grande force d’esprit, et à l’autre une plus grande délicatesse et vivacité de sentimens ? Les observations anatomiques de M. Gall confirment la différence première que nous accusons ici; il a remarqué que les femmes avaient généralement la tête plus grosse en arrière, et le front plus étroit, et l’on à vu que c’est aux parties postérieures du cerveau qu’il rapporte les facultés affectives, et aux parties antérieures les facultés intellectuelles ; 2° le caractère de l'esprit des femmes et le genre de talens auxquels elles se montrent propres, est en rapport avec ce premier trait que nous venons de signaler dans leur psychologie. Leur esprit est plus fin et gracieux que fort; leur imagination plus riante et vive que profonde; leurs pensées plus faciles et brillantes que justes et étendues; leur intellect plus naturellement s’applique aux objets de leurs affections , et ce n'est qu’alors qu'elles obtiennent quelques succès. Par exemple, dans ce genre de composition littéraire qui a pour objet la peinture des scènes habituelles de la vie, des mouvemens du cœur humain, dans la composition des romans, elles ont souvent une supériorité que l’homme leur dispute en vain. Elles réussissent aussi , et pour la même raison, dans quelques arts d'agrément , la peinture, la musique. Mais leur esprit

n’est pas propre aux hautes conceptions scientifiques, En général , il y a eu très-peu de femmes savantes : celles qui se disent telles, le plus souvent ne sont que ridicules; et quant à celles qui ont réellement mérité ce titre , elles avaient pour la plupart perdu , même au physique , les attributs qui font le charme de leur sexe, tant il est vrai qu’elles étaient sorties des voies que leur a tracées la nature. En vain, dira-t-on, que c’est à l'éducation trop souvent futile que recoivent les femmes, qu’on doit attribuer l'infériorité qu’elles nous présentent; sans doute cette éducation y contribue ; mais c’esk surtout à leur nature propre qu’elle est due. La femme, pour parler le langage éloquent de Cabanis, n’est pas plus faite pour figurer dans le lycée ou le portique, que dans le gymnase et l’hippodrome ; et sa destination étant de fonder le charme et le lien de la famille, il n’était pas trop de sa vie entière pour les soins si délicats et si multipliés que celle-ci réclame. La femme savante voudrait-elle , dit Cabanis, descendre du haut de son génie, pour veiller à ses enfans, à son ménage? 5° La sensibilité plus exquise que nous avons reconnue dans les sens de la femme, se montre aussi dans les facultés de son esprit et de son cœur; et de là cette plus grande finesse, cette plus grande promptitude dans toutes ses idées , cette plus grande délicatesse dans tous ses sentimens ; de là aussi sa susceptibilité à des impressions que l’homme aperçoit à peine; sa disposition à tout porter à l'extrême dans le mal comme dans le bien; le caractère passionné qu’elle imprime à tout ce qu’elle dit, à tout ce qu'elle fait. Dans cette excessive impressionabilité qui est propre aux femmes , et que réclamait aussi Jeur destination particulière dans la société humaine,

git la source de leur active bienveillance, de cet élan sympathique qui en fait les êtres les plus accessibles à la pitié, les plus capables d’un héroïque dévouement ; la facilité qu’elles ont à partager les sentimens, les opinions , les manières des personnes avec lesquelles elles vivent ; leur tendance à l’irritation, etc. ; 4°enfin, undernier trait de la psychologie des femmes , et qui est encore une conséquence de cette plus grande impressionnabilité dont nous venons de parler, est leur mobilité; tout faisant impression sur elles , elles passent rapidement d’un objet à un autre; et une méditation un peu prolongée leur est, sinon tout-à-fait impossible, au moins plus dificile qu’à l'homme. De là, une nouvelle cause de leurs insuccès dans les hautes sciences ; de là cette légèreté dont on leur fait un reproche. Parmi les impressions continuelles qui retentissent sans cesse dans leur système nerveux et amènent dans leurs déterminations des changemens subits, il en est qui se succèdent si rapidement, que les femmes ne s’en rendent pas compte ; et de là ces caprices que nous ne pouvons concevoir et que souvent elles ne peuvent s’expliquer à ellesmêmes. Il n’est donc aucun des traits de leur caractère dont on ne puisse indiquer la cause. L'instinct de l& coquetterie, le besoin de plaire, devaient être innés à des êtres qui ne sentent la vie que par les affectiens qu’elles éprouvent et celles qu’elles inspirent. Si tous les moralistes ont signalé leur dissimulation naturelle, la disposition qu’elles ont généralement à arriver à leur but par finesse et par des voies détournées, ces traits de caractère n’étaient-ils pas nécessaires à un être faible, et que la nature et les lois sociales ont également fait dépendant? Ge n’est pas que nous blämions ces dernit-

res ; NOUS CrOyons qu’elles ontété sages , lorsque dansnos sociétés elles ont exclu les femmes de toutes les hautes magistratures , et les ont subordonnées à l’homme. Mais, d’autre part, on ne doit faire aux femmes aucun reproche des traits spéciaux que nous à offerts leur moral; ces traits importaient à leur destination; c’est par eux qu’elles nous charment et nous servent : voudrait-on qu’elles cessassent d’être de leur sexe ? Mais bornonsnous à cette briève indication, et renvoyons , sur cet article, aux nombreux écrivains qui ont si bien traité de cette partie de l’histoire morale de l'espèce humaine.

B. Locomotililé, expressions , sommeil. Les autres fonctions de relation nous offriront moins de différences. Relativement à la locomotilité, nous avons déjà dit que les os de la femme sont généralement plus petits, ont des éminences moins prononcées, que ses muscles sont plus faibles. À tous ces titres, la force musculaire chez elle sera moindre. Le plus grand écartement des CaVités cotyloïdes , la plus grande largeur du bassin, impriment à sa marche un caractère parliculier. Elle est moins capable d'efforts que l’homme ; et sa faiblesse au physique n’est pas moins évidente que celle que nous avons signalée dans son moral. Les phénomènes d'expression sont chez elle en rapport avec le caracière des actes intellectuels et moraux. D'abord, l'organe vocal olfre quelques différences , auxquelles doivent être attribuées celles que présente physiquement la voix : la poitrine et le poumon sont moins amples , la trachée a un moindre diamètre , Le larynx est plus petit, la glotte est plus étroite, ce qu’on appelle la pomme d'Adam fait moins de saillie , les anfractuosités nasales sont moins profondes. Ces dispositions anatomiques font que la voix chez

DIFFÉRENCES GÉNÉRALES DES SEXES. Di les femmes est moins forte, mais plus douce , plustendre, et surtout plus aiguë. Les muscles de la glotte sont plus vifs et plus souples, d’où résulte plus de facilité de varier les tons et plus de disposition pour le chant. Nous avons déjà dit qu’à la face, les muscles de la physionomie étant moins distincts et plus perdus dans de la graisse, l'expression du visage chez les femmes était due surtout au regard, et à l’état de la bouche. Quant aux phénomènes d'expression , considérés sous le point de vue de leur qualité expressive, ce que nous avons dit de la psychologie de la femme doit faire pressentir ce qu'ils doivent être. La femme étant très-sensible , et recevant de continuelles impressions , doit abonder en phénomènes expressifs : son langage affectif n’est jamais muet; sur son visage, son regard, son sourire parlent sans cesse ; le rire , le pleurer éclatent chez elle à la moindre cause ; ses mains, ses pieds sont dans des mouvemens continuels; sa respiration fréquemment se modifie, et revêt les formes de soupir, de sanglot; enfin, quelle abondance de paroles ! quelle loquacité ! Non-seulement les phénomènes expressifs répondent par leur multiplicité au nombre des sentimens, mais ils en ont aussi le caractère ; comme eux, ils sont mobiles , et se succèdent avec la plus incroyable rapidité; comme eux, ils sont délicats, et peignent toutes les grâces et tout le piquant de l'esprit des femmes, toutes les nuances si variées des mouvemens de leur cœur. Enfin, il est impossible que la femme présente tant de différences dans l'exercice de ses facultés sensoriales , sans en offrir dans ja fonction du sommeil ; ce phénomène, destiné à réparer les pertes du système nerveux, fait chez elle sentir plus souvent son besoin, mais il a moins de profondeur et moins de

lé

durée; il est plus souvent troublé par des rêves, ou accompagné de somnambulisme : des influences extérieures peuvent plus facilement déterminer ce dernier, et l’on sait qu’en effet les femmes sont les sujets magnétiques par excellence. Ceci est encore une conséquence de la plus grande susceptibilité du système nerveux dans leur sexe.

C. Fonctions de nutrition. Chacune offre, dans la femme , quelques particularités. La digestion, généralement exige moins d’alimens ; l'estomac est moins ample, le foie moins gros; fort souvent les deux dernières dents ne se développent pas. La faim est moins impérieuse et porte plus sur des alimens légers et agréables que sur ceux qui nourrissent beaucoup ; mais elle est plus mobile, plus fantasque, et revient plus souvent, parce que la digestion est assez rapide, et que tout l’appareil digestif montre aussi plus de sensibilité et d’irritabilité. Cependant, celte fonction peut plus facilement se suspendre pendant quelque temps; ce sont les femmes qui ont fourni les exemples de plus longue abstinence. Des différens systèmes vasculaires absorbans , le lymphatique prédomine , et de à la plus grande disposition des femmes aux maladies de ce système , au cancer, au scrophule. Le thorax étant moins ample , et le poumon un peu plus petit, la respiration fait une moindre quantité de sang : mais généralement les mouvemens respirateurs sont plus rapprochés, abstraction faite des modifications fréquentes queleur impriment les passions ; les inspirations sont plus effectuées par le jeu des côtes que par celui du diaphragme , et le poumon manifeste plus de susceptibilité relativement aux qualités de Pair: il est probable que l’hématose se fait aussi plus rapide-

DIFFÉRENCES GÉNÉRALES DES SEXES. 53 ment. Le cœur a un volume moindre que chez l’homme ; et cependant la circulation est généralement plus vive ; le pouls est moins ample, Mais plus prompt et plus serré : chez la femme aussi, l'aorte descendante est plus grosse, et les artères du bassin plus considérables , afin de fournir au grand développement des organes génitaux dans ce sexe. Tous les parenchymes nutritifs sont en elle plus humides, la température du corps plusélevée. Parmi les sécrétions récrémentitielles, celle de la graisse seule demande à être mentionnée : elle est généralement plus abondante, etson produit plus compact. Quant aux sécrétions excrémentilielles , toutes offrent quelques différences ; et de plus , la femme en offre une qui lui est propre, et dont nous devons une histoire détaillée , la menstruation. La transpiration cutanée est moins active , et sa malière à une odeur plus acidule. L’urine est moins abondante, chargée de moins de sels, d’où résulte moins de disposition aux maladies calculeuses : ajoutons que l’urètre est chez les femmes plus court, plus droit, a un plus gros calibre , de sorte qu’un calculest plus souvent excrété dès les premiers momens de sa formation, Gependant, malgré cette activité moindre de la sécrélion urinaire , le besoin d’uriner se fait sentir plus souvent, à raison de la susceptibilité plus grande de tout Le système nerveux. En somme , les excrétions sont, comme les ingestions , moins abondantes chez la femme que chez l’homme, et leurs produits un peu moins animalisés.

Si on ajoute que la femme généralement parcourt plus rapidement ses premiers âges que l’homme , et au contraire pousse plus loin le dérnier ; que les différences des tempéramens sont en général moins prononcées chez elle, et que toujours en elle le caractère du sexe do-

mine; que son appareil génital réagit plus sur loute son économie que ne le fait celui de Phomme, ou qu'au moins cet appareil, chargé chez elle de plus de fonctions, devient dans les temps plus prolongés pendant lesquels il agit, la source dr on plus grand nombre de réactions nes on aura le tableau de tontes les différences physiques qui caractérisent cet être. Les anciens auteurs avaient même exagéré ce dernier trait, jusqu’au point de rapporter à la réaction de l’utérus toutes les particularités que nous présentent le physique et le moral des femmes en santé et en maladie : uterus est animal vivens in muliere ; propter solum uterum mulier id quod est, ont-ils dit. Mais nous croyons que cette réaction n’est réelle que lorsque cet organe est en fonction, lorsqu'il accomplit les actes de menstruation , de grossesse , d’accouchement , lorsque l’âge de la puberté et l’âge critique lui impriment ou lui retirent le degré d'activité qui rend msi son service ; hors de là, son influence est moindre qu’on ne l’a dit. Mais nous reviendrons là-dessus à l’article des sympathies.

3° Terminons cette histoire de la femme, par la description de l’excrétion qui lui est exclusive, la menstruation.

On appelle ainsi un écoulement de sang qui se fait par la vulve , et revient périodiquement trois , quatre, cinq ou six jours de chaque mois, pendant tout le temps de sa vie que la femme est apte à se reproduire, c’està-dire depuis l’époque de la puberté jusqu'à ce qu'on appelle son âge critique. Îl est exclusif à l'espèce humaine : on ne l’observe dans aucune autre espèce animale ; cependant M. F. Cuvier dit en avoir reconnu quelque indice dans quelques femelles d'animaux. Chez

DIFFÉRENCES GÉNÉRALES DES SEXES, 55 quelques femmes, cet écoulement s'établit soudain et sans aucuns symptômes précurseurs. Dans le plas grand nombre, au contraire, il est précédé et accompagné de quelques inconmmodités : la femme accuse quelques signes de pléthore ou d’orgasme général , comme rou-— geur de la peau, chaleur , pesanteur de tête, oppression, pouls élevé et fébrile ; elle se plaint de douleurs dans les lombes, quelquefois de coliques, phénomènes qui annoncent une congestion locale sur l'utérus , ou au moins une irritation de ce viscère. Alors l'écoulement s'établit ; il ne se fait que goutte à goutte, mais d’une manière continue. Le premier jour , il est fort peu considérable , et même souvent il paraît et disparaît alternativement ; le deuxième jour, il est déjà plus abondant : c’est le troisième qu’il est le plus considérable ; et enfin les jours suivans il diminue graduellement , et se termine pour ne reparaître que dans vingt-cinq à vinglsix jours. À mesure que cet écoulement se fait, la femme semble éprouver un soulagement marqué, li lui reste seulement un air de langueur sur le visage. Pendant sa durée , elle a plus d'irritabilité au physique, plus de susceptibilité au moral , et est généralement plus encline aux plaisirs de l'amour. Le plus souvent l'écoulement est dans le commencement mi-séreux, mais bientôt il devient sanguin. Souvent après qu'il a cessé , 1l est remplacé pendant quelques jours par un écoulement muqueux, blanchâtre. Sa quantité, pendant toute la durée de la période, est généralement de six à huit onces : Hippocrate disait deux hémines, ou vingt onces. Du reste, nous ne décrivons 1CI que ce qui est Je plus ordipaire, car de nombreuses variélés s’observent relativement à la durée, la quantité, les phénomènes préeur-

seurs et concomitans de cet écoulement, ses retours, son invasion , sa disparition , etc. Chez certaines femmes, il ne dure que deux à trois jours; chez d’autres, il se prolonge pendant huit ou dix. Chez les unes , la quantité de sang qui est excrétée est à peine de deux à trois onces:; chez d’autres, elle est considérable, constitue une véritable hémorragie, ce qu’on appelle une perte. Pour certaines femmes, la menstruation est facile, exempte de toutes incommodités ; chez d’autres, elle est précédée et accompagnée d’accidens, de coliques , qui en font presque une maladie. Le plus souvent cette excrélion revient après vingt-quatre, vingt-six jours d’interruption ; mais il est des femmes qui sont réglées deux fois par mois. Toutes ces varialions tiennent au degré d'activité de la constitution en général, et surtout de l'utérus en particulier, car il est l’agent de cette excrétion. | C’est en eflet de la surface interne de la cavité de cet organe que provient le sang menstruel , et non du vagin, comme quelques-uns l'avaient dit. Jadis on croyait que pendant l'intervalle des règles, le sang qui les constitue se rassemblait peu à peu dans quelques parties de l’utérus; et que celles-ci arrivées enfin à un certain degré de plénitude, se crevaient et le laissaient couler. Tel était, par exemple, le rôle qu'on faisait jouer ; ou à des cellules qu’on disait exister dans le parenchyme de l'utérus et être intermédiaires aux artères et aux veines utérines; ou aux veines elles-mêmes qui, fort dilatées alors,avaient paru être des réservoirs particuliers ,et qu’on avait appelées sinus utérins, ou avec Astruc, appendices cœcales. On avait, en ce dernier point, été induit en erreur par l’état de grossesse, les veines de l'utérus

offrant alors une très-grande dilatation , comme nous le dirons. Mais cette idée d’une accumulation graduelle dans l'utérus , dans l'intervalle des règles , du sang qui doit les constituer, et celle qui attribue l’écoulement de ce fluide à la crevasse, à la rupture des cavités, des vaisseaux où il se serait accumulé, sont également fausses. D’un côté, ce n’est qu’au moment de la menstruation que le sang , qui doit alimenter cette sécrétion , afflue en plus g Te abondance dans le viscère qui doit l’effectuer ; et d’autre part, c’est par exhalation que ce sang est rejeté. Qu’on examine Ja surface interne de l’utérus chez une femme morte à l’époque des règles , on n’y Poe découvrir aucune trace d’érosion et de rupture ; on n’en voit pas davantage après avoir lavé l’utérus , l'avoir fait mactrer , et en l’examinant au microscope. Si l'écoulement tenait à ces prétendues crevasses, sa fin n’arriverait que lorsque ces crevasses se seraient cicatrisées ; alors on devrait trouver à la surface interne de l'utérus des traces de ces cicatrices; cet organe en devrait être criblé. Nous avons dit, d’ailleurs, que souvent dans une même journée, l'écoulement tour à tour s’interromptetreparaît ; et ce fait ne peut s’accorder avec la cause mécanique qu’on avait supposée. La menstruation est une sécrétion, du genre des exhalations, effectuée par la surface interne de l'utérus , et qui n’est distincte des autres, qu’en ce que son produit est du sang même. On avait voulu faire provenir celui-ci des veines ; on arguait de l’analogie des hémorroïdes, de la couleur noire du sang menstruel, du gonflement des veines de l'utérus dans le moment de la menstruation : mais toutes les sécrétions étant alimentées par le sang artériel, et la menstruation étant évidemment une action de ce genre,

c'est des artères qu’on fait provenir aujourd’hui le sang qu'elle excrète. D’ailleurs une injection poussée dans les artères de l’utérus transude avec assez de facilité à la surface interne de cet organe. Nous admettons done que les artères de l’utérus se terminent à la surface interne de cet organe par un appareil exhalant qui , à de certaines époques du mois, acquiert la propriété d'agir, et alors perspire, ou le sang lui-même, ou ce sang un peu modifié, mais conservant sa couleur rouge. Ne voiton pas de semblables hémorragies se faire souvent par les autres membranes muqueuses du corps? On dira peut-être que M. Chaussier nie l'existence de la muqueuse utérine; mais il n’y a pas plus de difficulté à concevoir que c’est le parenchyme même de l'organe qui, à la surface interne de sa cavité, effectue l’exhalation : n’y a-t-il pas aussi des hémorragies dans les parenchymes ? Il est certain que la menstruation est un symbole parfait de toutes les hémorragies médicales ; il y a de même, irritation préalable de l’organe qui en est le siége , tuméfaction , sensibilité de l'utérus , gonflement des vaisseaux utérins ; l'écoulement semble être comme la crise de la congestion ; il procure du soulagement ; l'unique différence , c’est que la congestion entrait dans le plan de santé, et se renouvelle périodiquement chaque mois. Véritable phénomène organique, cette menstruation se montre dépendante de toutes les irritations externes et internes; et sa susceptibilité à être modifiée, perturbée par ces irrilalions , est extrême.

On a beaucoup cherché la cause de la périodicité de la menstruation ; 1° comme ses intervalles ont précisément la durée des révolutions de la lune autour de la ierre, Méad et autres ont voulu la rapporter à l'in-

fluence de cette planète; mais alors les règles devraient correspondre à une des phases du cours de la lune, et cela n’est pas ; 2° V’an Helmont , Paracelse ont accusé la présence d’un ferment dans l'utérus; mais d’où viendrait ce ferment? comment se renouvellerait-il ? ne rongerait-il pas lutérus dans les longues suppressions des menstrues ? qui l’a vu? une cause aussi constante pourrait-elle ne produire qu’un phénomène aussi MObile? cette hypothèse ne touche pas à la difficulté, car il faudrait expliquer pourquoi le ferment se renouvelle à chaque mois, ou n’agit qu'à ces époques ; 3° nous ne pouvons nous, contenter de l'opinion de Stahl, qui en appelle à l’âme, et qui dit que cet être universellement régulateur de notre économie , travaille aux temps opportuns à faire débarrasser la femme d’un superflu qui la surcharge; 4° on a accusé un état de pléthore générale , amenant à un certain degré, et à un degré qui est acquis à une époque régulière, une excrétion qui y remédie : on s’est fondé sur ce que souvent les menstrues sont utilement, pour la santé, remplacées par un écoulement qui se fait par d’autres voies. Il est certain qu’on à vu des hémorragies par divers points de la peau, par l'angle de l'œil, par les narines , les lèvres , les oreilles , des vomissemens de sang , etc. remplacer les règles et se renouveler aux mêmes époques et avec la même régularité. Alors il faudrait admettre que, chez la femme, à cause du double oflice de mère et de nourrice qu'elle à à remplir , les mouvemens vitaux sont réglés de manière à amener de mois en mois cette pléthore ; 5° enfin, on a rapporté le retour des règles à une pléthore locale de Putérus : les artères du bassin sont, at-on dit, plus lâches dans la femme que dans

6o FONCTION DE LA GÉNÉRATION.

l’homme ;'les veines au contraire sont plus fermes : et de Rà résulte que les premiers de ces vaisseaux apportent plus de sang que les seconds n’en remportent. On a dit encore, que tandis que chez l’homme il y avait prédominance des artères céphaliques, à cause de la plus grande prédisposition de cet être à une vie intellectuelle, il y avait chez la femme prédominance des arières pelviennes et utérines, à cause de sa destination plus spéciale à la reproduction. Il est certain que c’est un état de phéthore, ou plutôt d’irritation de lutérus , qui détermine le retour des règles; mais il n’est pas plus possible de dire pourquoi cette irritation se renouvelle tous les mois, que d’expliquer pourquoi dans la révolution des âges la prédominance de tel organe succède à celle de tel autre. Cela tient sans contredit au caractère de vitalité de l'utérus, et à son office pour la reproduction, car l'écoulement menstruel généralement n’a plus lieu pendant la grossesse et l'allaitement; mais il n’est pas possible d’aller au-delà de cette généralité. Cependant M. Gall croit, qu’une cause générale et étrangère à lindividu, mais autre que la lune, à ici une influence; ül dit avoir vérifié dans sa nombreuse pratique, et cela dans tous les pays, que c'est généralement aux mêmes époques que toutes les femmes sont réglées, et qu’il est des temps du mois où au contraire aucunes ne le sont; il ajoute que toutes les femmes sont à cet égard partagées en deux séries , une de celles qui sont réglées dans les huit premiers jours du mois, et une autre de celles qui le sont dans ceux de la seconde quinzaine ; mais il ne peut indiquer quelle est celte cause.

Toutefois, la menstruation étant une action d’exha

lation de l'utérus, on concoit que la quantité et la qualité du sang rejeté doivent être en raison de la vitalité de ce viscère; souvent des femmes pâles perdent plus que des femmes colorées et qui paraissent sanguines et fortes , parce que l’état de l'utérus a plus d'influence ici, que l’état de la constitution générale. Il est diflicile de dire si le sang rejeté est du sang artériel pur, ou du sang un peu moûifié par l’action exhalante qui en produit l’excrétion : ce qu'il y a de sûr, c’est qu'il n’a aucune des qualités vénéneuses que des Anciens lui avaient attribuées. Son excrétion s’accomplit mécaniquement , par le fait seul de la disposition des parties.

Il paraît évident que cette excrétion a trait à la génération, car elle ne commence qu’à la puberté , elle disparaît à l’âge critique, et elle manque pendant la grossesse et l'allaitement ; mais on ne sait en quoi elle y sert. On dit vulgairement qu'elle est destinée à entretenir l’équilibre, malgré le surplus de sang qui est préparé pour nourrir le fœtus et alimenter la sécrétion du lait. On croit qu’elle est l'annonce de l'aptitude qu'ont les femmes à être fécondées en tout temps, à la différence des femelles des animaux qui ne peuvent l’être qu’à une seule époque , celle du rut. On lui assigne, en effet, pour analogue dans les animaux, l'écoulement séreux, sanguinolent , odorant, qui se fait alors par la vulve des femelles. Ge qu'il y a de sûr, c’est que la menstruation n’est pas primitivement une excrélion de dépuration ; elle ne le devient que secondairement, comme il en est de toutes les autres excrétions. Quelques physiologistes ont dit qu’elle était une suite mécanique de la station bipède. Roussel voulait qu’elle n’eût pas toujours existé, et que produit artificiel d’un ré-

gime trop succulent , elle se fût ensuite propagée de génération en génération : mais les livres les plus anciens, ceux de Moïse, d'Hippocrate, en font mention. Aubert, dans sa dissertation inaugurale, à prétendu que si les femmes satisfaisaient aux premiers besoins de l’amour, dès leur première apparition , la grossesse qui en résulterait, empêcherait à jamais son établissement; mais on voit des femmes qui continuent d’être réglées pendant leur grossesse, d’autres qui ne le sont que pendant cet état. Tout porte à croire que la menstruation est un phénomène propre à la constitution de la

femme.

CGHAPIER ES TL Mécanisme de la Génération.

Les généralités que nous avons présentées sur la génération , tracent d’avance la subdivision à établir dans l'étude des actes nombreux qui constituent cette fonction. Dans l'espèce humaine , les sexes sont portés par deux individus distincts, et la cénération est vivipare ; de là, déjà, distinction de ce qu’on appelle une copulation, une grossesse el un allaitement. De plus, on appelle du nom de conception ou de fécondation , l’action qui avive le germe et qui suit le rapprochement ; et de celui d'accouchement, l'acte par lequel l'individu nouveau est excrété, pour commencer sa vie indépendante. Nous rapporterons donc tous les actes qui constituent la génération, à cinq groupes, qui sont la copulation ou le rapprochement , la conception , la grossesse, l'accouchement et l'allaitement ; et c’est dans cet ordre, qui est celui selon lequel ils se succèdent ,

DIFFÉRENCES GÉNÉRALES DES SEXES. 65 que nous allons en traiter. Seulement , faisons auparavant deux remarques.

Dans l’accomplissement de toutes ces actions, le rôle des deux sexes n’est, ni le même, ni également impor= iant. L'homme ne fait que fournir ou aviver le germe ; conséquemment il n’a part qu’à la copulation et à la conception. La femme, au contraire, sert, en outre, à porter le nouvel individu, à le mettre au jour, et à le nourrir dans les premiers mois de la vie; seule, elle effectue la grossesse, l'accouchement et l’allaitement.

La génération est une fonction qui exige un rapport avec l'extérieur, au moins dans les espèces dans lesquelles les sexes sont portés par deux individus distincts et qui ont besoin de se rapprocher, comme chez l’homme. Or, ce rapport, comme tout autre, est laissé à la volonté de l'être et percu par lui, et il n’y a d'irrésistibles et d’inaperçus, comme dans la nutrition, que les actes qui le suivent. Le rapprochement des sexes est en effet un acte tout-à-fait volontaire : la naissance du nouvel individu , ou l’accouchement, est de même, sinon tout-à-fait dépendant de la volonté , au moins aidé par elle, et également perçu : il n’y a d’irrésistibles et de non sentis que les actes intermédiaires à ceux-là, la conception et la grossesse. C’est absolument comme dans le mécanisme général de*la nutrition. Dès-lors, on ne sera pas étonné si la génération nous offre dans sa généralité, et des sensations pour nous exciter aux rapports qu'elle exige et nous en donner la conscience, et des actions musculaires volontaires , pour établir ces rapports.

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