‹ Physiologie de l'homme (volume 5)Chapitre 32 sur 53 · AGES PROPREMENT DITS · texte numérisé non relu

AGES PROPREMENT DITS

changemens que pendant qu'il était renfermé dans lesein de sa mère , et ces changemens fondent ce qu’on appelle proprement ses âges. Pour le vulgaire, les âges de l’homme ne se mesurent que par les divisions du temps, c’est-à-dire par le nombre des jours, des mois, des années qui se sont écoulés : mais, pour le physiologiste , ces âges ont leur base dans l'organisation elle-même; dans chacun d’eux, l’état des organes et des fonctions diffère; ils seraient reconnus sans Calendrier; et, en effet, le médecin est souvent appelé à les spécifier , sans connaître le point du départ, c'est-à-dire le jour de la naissance: il trouve la date de celle-ci empreinte en quelque sorte sur chacun des organes.

Les âges, considérés dans leur rapport avec le temps , varient, comine la vie qui n’est que leur ensemble , dans chaque espèce animale ; telle espèce n’a qu’une vie d’un jour , telle autre a une vie d’un siècle. Mais, dans la même espèce , certains individus peuvent parcourir ou plus lentement, ou plus rapidement que d'autres, les phases de leur vie, et par conséquent parvenir, dans le même temps à des âges différens; par exemple, Bébé, pain du roi de Pologne, était à vingt-trois années de vie arrivé à l’âge de décrépitude. Nous avons dit, en effet , que bien que la vie ait une durée limitée , et'qui généralement est fixe pour chaque espèce , cependant cette fixité comportait une certaine latitude : or, pourrait-il en être autrement des âges, de l’ensemble desquels se compose la vie? Bien que chacun d’eux ait une durée à peu près fixe, cependant cette fixité est aussi renfermée en une certaine latitude : chez les uns, ils ont une marche plus rapide, chez d’autres, une marche plus lente;«des influences extérieures peuvent même

amener l’un ou l’autre de ces deux résultats, comme nous le ferons voir, en parlant des différences individuelles de l’homme. |

Les physiologisies ont différemment divisé les âges. 1° Les uns, ayant égard à l’ensemble de l’organisation et des facultés, ont proposé d’en admettre trois, savoir : l’âge de l'accroissement, comprenant tout le temps que l’homme emploie à parvenir au complémentde sa stature, et à l'exercice libre et entier de toutes ses facultés; ils y rapportaient toute Ja vie intra-utérine : l’âgestationnaire, embrassant tout le temps que l’homme reste parfait, sans éprouver de décroissance : enfin , l’âge de décroissance, dans lequel l’homme voit ses organes se détériorer graduellement, et ses diverses facultés se perdre. Nous ne ferons qu’une remarque sur celte première division des âges ; c’est qu'il n’y a pas d’âge stationnaire proprement dit; ou l’homme acquiert encore , ou il perd déjà; mais les progrès dans les derniers temps de l’âge d’accroissement, comme les pertes dans les premiers temps de l’âge de décroissement, sont si peu considérables , que les unes et les autres sont méconnues, et que l’homme paraît rester le même. 2° D’autres ont divisé les âges, d’après le caractère qu’a en chacun d’eux la fonction de la génération, qu’ils considèrent à juste titre, sinon dans l’homme , au moins dans les animaux, comme le premier but de la nature; et d’après cette base, ils ont admis aussi trois âges : celui où la faculté de reproduction n’est pas encore possédée par l’être; celui où cette faculté peut être accomplie ; et enfin, celui où cette faculté n’existe plus. Nous nommons tous ces âges dans l’ordre selon lequel ils se succèdent. 3° Dans le monde, on admet généralement quatre âges : l'enfance, la jeunesse,

l’âge adulte, et la vieillesse, 4° Enfin , le savant JZallé a cru devoir partager en deux époques le premier âge, c’est-à-dire l'enfance; d’où l'admission, dans la vie de l’homme, de cinq âges principaux , qui se subdiviseront eux-mêmes en différens stades , savoir : la première enfance, la seconde enfance , l'adolescence , la virilité et la vieillesse. Nous allons faire l’histoire de chacun d’eux en autant de chapitres; et dans un sixième, nous traiterons du phénomène auquel tous conduisent , et qui est le terme de la vie terrestre , c’est-à-dire de la mort. On verra que tous les âges sont enchaïînés les uns aux autres par de douces transitions, de sorte qu’ils ne sont véritablement distincts que dans leur milieu. On reconnaîtra que dans chacun d’eux l’homme a sa physionomie physique et morale spéciale, sa santé propre , ses maladies. On verra enfin que l’accroissement et le décroissement ne sont pas des phénomènes uniformes dans tous les appareils et tous les systèmes ; mais qu’au contraire chaque appareil, chaque système ont, sous ces rapports communs, leurs âges propres, et tour à tour sont et cessent d’être dans l’économie des centres d’action.

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