‹ Physiologie de l'homme (volume 5)Chapitre 34 sur 53 · LH · texte numérisé non relu

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tie supérieure et finit par le remplir : le liquide inté-

-vieur alors diminue dans la même proportion. Gette

papille , en se développant, a soulevé l’une des deux membranes qui circonscrivent le follicule , la membrane interne qui est vasculaire, et s’en est recouverte. Ces deux parties , le follicule et sa papille , grossissent jusqu’au moment de l’ossification , qui commence à la fin du troisième mois de la vie fœtale , et un peu plus tôt à la mâchoire inférieure qu’à la supérieure. Gette ossification consiste d’abord dans une exsudation de la matière éburnée à la surface de la pulpe, et qui commence au sommet de la papille dentaire : (à, apparaît sous forme d’une petite calotte une lame d'ivoire, qui est unique pour les incisives et canines , multiple pour les molaires , et qui augmentant successivement de largeur, finit par recouvrir le sommet de la papille. Cette lame augmente aussi d'épaisseur, mais du côté de la papille, de sorte que le volume de celle-ci diminue proportionnellement. Ensuite, à la surface de cet ivoire, se forme l'émail, qui consiste d’abord en une couche mince résultant de petites parcelles semblables à des gouttelettes figées et très-dures , mais qui devient uni et s’épaissit successivement. Selon les uns, il est exsudé comme l'ivoire par la pulpe dentaire; selon les autres, il est un dépôt de la liqueur dans laquelle baigne la couronne de la dent , ou exhalé par le feuillet interne de la capsule. À la naissance, les incisives ontleurs couronnes formées; celles des canines ne sont pas achevées; les molaires n’ont encore que leurs tubercules. Enfin, la. racine se forme en dernier lieu, et quand la couronne est achevée; pour cela, le pédicule vasculaire et nerveux inférieur s’allonge , et le follicule paraît comme

étranglé à la jonction des deux parties; l’ivoire qui 14 constitue , diffère , dit M. Lemaire , de cel:i dela couronne. C’est lorsque la formation de la racine des dents est assez avancée, qu’enfin l’éruption se fait, et cela arrive généralement vers le septième mois après la naissance, au commencement de la période que nous décrivons. D'abord apparaissent les incisives moyennes de la mâchoire inférieure, puis celles de la mâchoire supérieure; après les incisives latérales inférieures et les incisives latérales supérieures ; en troisième ordre, se montrent les premières molaires inférieures, puis les supérieures ; en quatrième lieu, les canines inférieures et supérieures ; et enfin les deuxièmes molaires. Toujours le travail commence à la mâchoire inférieure avant la supérieure; les incisives sont du huitième au douzième mois; les premières molaires, entre dix-huit mois et deux ans; et les canines et deuxièmes molaires, vers deux ans et demi. Le tissu des gencives est peu soulevé, peu distendu; mais il s’amincit et s’entr’ouvre en autant de points, probablement préexistans, que la dent à de cuspides ; alors la couronne apparaît, el sort jusqu’au collet : la cause de sa sortie est probablement l’accroissement de la dent. Ge n’est qu'après cette éruption, que la racine de la dent achève de se former. J’ai emprunté à M. Béclard cette description anatomique du développement des premières dents. Cette première dentition , sans doute, n’est pas plus une maladie que tout autre âge, et certainement on exagère en lui attribuant la plupart des maladies de l’enfance : cependant son accomplissement est souvent orageux, diflicile, comme celui de tout autre développement; et, au moins, il prédispose à des maladies. Le grand travail qui se fait alors

à la bouche, augmente la tendance qu'a déjà Le sang à se porter à la tête; et la douleur qui souvent l’accompagne , ajoute à la susceptibilité nerveuse qui est déjà propre aux enfans. Bien que le percement de la gencive ne soit pas une chose mécanique; que dans l’ordre le plus naturel, celte gencive ne doive pas être soulevée, distendue ; cependant souvent elle se gonfle, s’enflamme et excite la fièvre, et diverses maladies sympathiques , comme convulsions, diverses inflammations des membranes muqueuses , particulièrement de la conjonctive, du laryox, de la trachée-artère, de l’estomac, des intestins, diverses éruptions cutanées, elc.

En même temps qu’apparaissent les dents, les muscles masticateurs prennent de la force, et les organes salivaires et le pancréas se développent. La formation de ces diverses parlies indique assez le changement qui doit être fait dans l'alimentation de l'enfant ; dès les premiers mois, le lait de sa mère ne lui a plus suffi, et ila fallu y ajouter quelque bouillie; mais à l’époque à la-

. quelle nous sommes parvenus, il réclame une nourriture

plus substantielle, etil commence à user des mêmes alimens que l’adulte : il accuse fréquemment le besoin de manger, parce que l’alimentation doit encore fournir, non seulement à la nutrition , mais à l'accroissement qui est encore considérable, Nous n’avons rien de particulier à dire sur les autres fonctions nutritives , sinon quele tissu cellulaire prédomine encore, ce qui annonce une assez grande activité dans les absorptions; etque les efforts nutritifs portent plus particulièrement sur les systèmes osseux et nerveux , d’où la fréquence du rachitisme

à cet âge, si la constitution est ün peu faible. Du reste,

il y a persistance des traits énoncés dans l'époque pré-

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cédente , comme état acidule de la transpiration, défaut d’urée dans l’urine, etc.

Ainsi, dans cette seconde époque de l’enfance, l’accroissement continue , mais est bien loin d’être terminé ; les fonctions de relation sont toutes en plein exercice; la pousse des dents a conduit au sevrage; les plus grands

efforts de la nutrition portent sur les systèmes nerveux et osseux, d’où la persistance de la prédisposition aux convulsions, aux maladies céphaliques, et l'apparition du rachitis ; la dentition expose à de nombreux dangers , non d’une manière mécanique, mais par une loi organique commune à tous les autres développemens. La digestion manifeste une grande activité , et il importe beaucoup d’en éviter les écarts , tant pour prévenir des maladies des organes digestifs eux-mêmes, que pour qu’il soit fourni à l’économie, dont les fondemens se posent alors, d’excellens matériaux. L'appareil absorbant chylifère a alors une assez grande susceptibilité; et s’il est trop irrité, survient promptement la maladie appelée le carreau. L'équilibre entre les moitiés supérieure et in- © férieure du corps tend à s'établir, mais il n’y parvient pas encore tout-à-fait. Les articulations sont encore bourrées, et la graisse surabonde encore sous la peau. Cette membrane conserve toute sa susceptibilité morbide , et cet âge est celui des maladies éruptives. Il en est demêmedesmembranes muqueuses, comme le prouve la fréquence du croup, de la coqueluche, des catar- ‘rhes , à cette période dela vie.

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Troisième époque de la première enfance.

Nous avons peu de détails à offrir , et ils sont la continuation du tableau précédent. De la deuxième à la septième année, Le développement intellectuel et moral continue à se faire ; et nous répétons que c’est vraiment dans cet intervalle que l’homme acquiert le plus de connaissances. La locomotion est en plein exercice; les os s’ossifient de plus en plus , les muscles se dessinent. La plus grande activité se décèle dans la double fonction des sensations et des mouvemens, dans celle des expressions ; l'enfant a alors une loquacité intarissable. Le sommeil est en raison d'une veille si exercée et si fatigante : cependant comme le système nerveux plus développé a plus de force, ce phénomènene s'établit plus qu’unefois dans les vingt-quatre heures ; maisilest profond, etse prolonge dix à douze heures. Dans la vie organique, toutes les fonctions sont désormais en activité, et avec les mémes traits que dans l’âge adulte; seulement elles prennent plus de force et de consistance. Cette époque se termine par l'apparition d’une troisième dent molaire , quiachève ce qu’on appelle la première dentition, et qui peut-être serait mieux rapportée à la seconde, puisqu'elle ne tombera pas comme les premières dents. L’accroissément se continue , etne sera pas encore terminé. Ainsi, grande activité sensoriale, intellectuelle , morale, musculaire, grand appétit, tels sont les traits principaux de cette époque; d’oùilestaisé de déduire les maladies auxquelles cet âge doit être prédisposé, ce sont encore celles des

546 VIE EXTRA-UTÉRINE. deux époques précédentes , les maladies céphaliques , cutanées, le rachitis, le croup, etc.

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