CHAPITRE IT
De la deuxième enfance.
Ce second âge de la vie s’étend', selon M. JJallé, de la septième à la quinzième année, et est marqué par la seconde dentition, et par le premier éveil des organes génitaux. Vers la septième année à peu près, les dents que nous avons vu apparaître dans l’âge précédent , paraissent s’écarter les unes des autres , puis s’ébranlent, et tombent. Leur écartement tient à ce que l’arcade alvéolaire qui les contient, continue de croître , tandis qu’ellés ne changent pas de volume. Leur chute est due à l’usure de leurs racines, et surtout à ce que leurs alvéoles sont envahies par de nouvelles dents. Les germes de celles-ci, au nombre de trente-deux, sont visibles dès le fœtus : consistant de même en follieules membraneux , ovoïdes , ils sont situés dans un rang d’alvéoles placées dans les mâchoires en arrière de celles qui contiennent les dents enfantines. Leur ossification se fait de même , et commence, du troisième au sixième mois après la naissance pour les incisives et la première molaire , au neuvième mois pour la canine, à trois ans pour la deuxième molaire, à trois ans et demi pour la quatrième, et à dix ans pour la cinquième. L’éruplion se fait quand la couronne est achevée, et que la racine est en grande partie formée ; elle est précédée de la chute des dents infantiles, dont la racine est en grande partie ou en totalité résorbée. Les incisives sortent les premières,
de sept à dix ans; puis les bicuspidées; en troisième lieu , la canine ; ensuite, vers onze à douze ans, la se conde grosse molaire ; enfin, vers vingtans la cinquième. Nous avons dit que la première grosse molaire , apparaissait dans le cours de la première dentition. Ces dents ne sont pas achevées quand elles paraissent; il faut deux ou trois ans pour que se complètent leurs racines qui ne sont qu'ébauchées; elles augmentent aussi en épaisseur à l’intérieur. Les arcades dentaires s’agrandissent continuellement jusqu’à vingt ans ,tant pour faire place aux deux nouvelles grosses molaires qui surviennent, que parce que les dents de remplacement sont plus larges que les dents dites de lait. La face par suite prend plus de hauteur et de largeur , et revêt une autre physionomie. Cette seconde dentition est généralement moins orageuse que la première; cependant l’éruption de la dent de sagesse est souvent douloureuse.
En même temps que se fait cette révolution, toutes les autres parties du corps continuent de marcher à leur perfection. L’accroissement en hauteur continue, sans s'achever encore; les parties supérieures, quoique devenant bien moins considérables proportionnellement aux inférieures , conservent cépendant encore un peu de leur prédominance; et il en est de même des systèmes nerveux et cellulaire. Les sens sont tout-à-fait en activité ; l’organe de l’odorat, dont le développement avait été plus tardif que celui des autres sens, a désormais toute sa perfection; ses sinus intérieurs se sont creusés ; le nez extérieur a pris du volume. Les facultés in: tellectuelles et morales manifestent de plus en plus de l’activité et de l’étendue, et c’est à juste titre que dans nos sociétés cette époque dela vie est consacrée aux tra-
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vaux qu’exige une éducation libérale : non-seulement l'intelligence a pris plus de force, mais le sentiment si précieux de la moralité s’est développé; jusque-là, l'enfant avait pu être guidépar des affections; maintenant il peut apprécier ce qui est juste, et connaître ses devoirs. Les mouvemens sont désormais assurés, mais ils se répètent sans cesse, et l’être accuse un besoin fréquent d’exercice. Les expressions sont en raison de la sensibilité, et la grande loquacité de cet âge trahit la grande activité dont jouit alors l'esprit. On conçoit ce que doit être le sommeil d’après une veille aussi remplie. En un mot, la vie animale marche rapidement à son développement, conservant cependant encore beaucoup de la mobilité du premier âge.
Il en est de même de la vie organique. La digestion alors supporte toute espèce d’alimens, en réclame une quantité assez grande et à des intervalles assez rapprochés. La nutrition conserve toute son activité première, puisqu'elle a encore à faire croître l’individu. Le système osseux devient de nouveau l’objet particulier de ses efforts ; et c’est pour cela que s’il y a quelques causes originelles ou acquises de faiblesse, souvent survient alors un nouveau rachitis , dit rachitis du deuxième âge, et qui porte plus sur le tronc que sur les membres à la différence du premier. Les articulations sont désormais débourrées. Les muscles, quoique grêles, dessinent leurs reliefs , parce que la graisse sous-cutanée qui arrondissait les formes a beaucoup diminué. Toutes les parties conservent encore un peu de la mollesse, de la nature gélatineuse du premier âge; mais ces caractères spécifiques de l’enfance, sur la fin de cette période ont déjà beaucoup diminué. Enfin, souvent dès la fin de cet
âge, les organes génitaux commencent la série de leurs développemens , et accusent un premier besoin d’être mis en jeu; mais ce n’est que Je prélude de la révolution qui va marquer l’âge suivant , et il faut bien se garder de les écouter.