‹ Physiologie de l'hommeChapitre 17 sur 43 · DU NOMBRE DES FOINCTIOIXS · texte numérisé non relu

DU NOMBRE DES FOINCTIOIXS

est Je premier des animaux ,• elle est cliez lui au plus haut degré d'extension , parce qu'il est l'être social par excellence, et parce qu'il est destiné à une vocation plus noble. Elle comprend des actes très nombreux et très divers , que nous rapportons à deux ordres : les sensations proprement dites , ou les actions par lesquelles l'Ame a perception des impressions diverses reeues par les différents organes du corps; et les actes intellectuels et affectifs^ qui fondent les opérations de l'Ame elle-même, les facultés de l'esprit et du cœur.

20 J i3. fonction de la locomotion, ou desmouvements volontaires, qui est celle en vertu de laquelle l'iiomme meut à sa volonté, ou tout son corps en masse, ou seulement quelques-unes des parties de son corps , et peut ainsi effectuer les différents rapports extérieurs qui intéressent sa conservation. Multiple aussi, c'est par cette fonction que rhomme assure sa station, accomplit sa progression , meut les organes de ses sens, emploie son instrument de préhension , saisit l'air et les aliments dont il a besoin pour sa nutrition , etc.

3* ha. fonction des expressions , ou des langages , qui est celle par laquelle Fliomme manifeste au-dehors de lui les différentes idées qu'il a conçues, les différents sentiments dont il est animé. Cette fonction , qui est dans les animaux en raison de leur degré de sensibilité et de leur puissance dans l'univers, est, à ce double titre, très étendue chez l'homme : elle comprend deux sortes de phénomènes : i» des changements survenus dans l'attitude générale du corps, dans la coloration de la peau , dans la pose des membres, changements qui fondent une expression muette des sentitiments extérieurs, et qui sont compris sous le titre générique de gestes ; 2° les actions par lesquelles l'homme profère des sons, et dont les principales constituent ce qu'on appelle la voi<r et la parole.

4** La digestion, qui est la fonction par laquelle les matériaux nutritifs de l'homme , conniîs sous le nom è^ aliments, sont introduits dans son appareil digestif, et y sont, par une élaboration, amenés à l'état sous lequel l'absorplion peut les saisir. Cette fonction ouvre la série des actes par

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lesquels ee fait la nutrition; elle réclame un rapport avec l'extérieur, c'est^à-diïe la pi-éhension des aliments sur lesquels elle opère. Or, on sait que tous les rapports extérieurs qui commencent la nutrition et la reproduction sont laissés chez les animaux à la volonté et à la perception de l'être, et accomplis par îa sensibilité et la locomotilité ; il ne faudra donc pas s'étonner si cette fonction de digestion comprend , dans sa généralité^ quelques actes qui appartiennent aux fonctions précédentes; c'est-à-dire des sensations, comme Idijaim, puisque les sensations &L^nl les seuls actes de l'économie qui soient perçus; et des actions musculaires volontaires^ comme la mastication ^ la déglutition, puisque les actions musculaires sont les seules de l'économie que la volonté dirige.

50 Les absorptions , qui sont les fonctions par lesquelles sont recueillies les diverses substances , tant venant du dehors que provenant de l'économie elle-même, avec lesquelles est fait le fluide essentiellement nutritif ^ le sang artériel. Chez l'homme, ces absorptions sont, comme dans les animaux supérieurs, de trois espèces : V absorption externe, ou digestive, qui l'ecueille le chyle et le produit des aliments dans l'intestin; et les absorptions interne 3 lymphatique et a)eineuse , qui recueillent, dans toutes les parties, les matériaux usés dont elles se dépurent, et les divers sucs sécrétés réerémentitiels.

60 J-iSL respiration , qui est la fonction qui, appliquant dans le poumon l'air atmosphérique aux trois fluides des absorptions , chyle , lymphe et sang veineux, change ces trois fluides en celui qui est immédiatement nutritif et vivifiant, le sang artériel. Cette fonction est aussi de celles qui ouvrent la scène de îa nutrition , qui exigent un rapport avec l'extérieur, savoir, la préhension de l'air; dès lors, comme la digestion , elle offrira , dans sa généralité , quelques-uns des actes qui appartiennent aux fonctions delà sensibilité et de la locomotilité; comme le besoin de ^inspiration, qui est une sensation, et les moui^ements de l'inspiration et de /'e.rpiration, qui sont des Vctes musculaires volontaires.

jo La circulation , qui est la fonction par laquelle sont

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conduits, ei'uncôté, de toutes les parties du corps, à l'organe delà respiration, les trois fluides des absorptions, cLyle, lymphe et sang veineux, pour qu'ils y soient cliangés en sang artériel; et, d'autre part, ce sang artériel, de Forgane de la respiration où il a été fait , à toutes les parties du corps où il doit servir. Du reste , cette fonction de circulation est différemment définie, selon le lieu où Ton fait commencer et finir le cercle décrit par le sang : quand c'est à l'organe de la respiration , sa définition est telle que nous venons de la donner; quand c'est au cœur ^ on définit la circulation, l'action par laquelle le sang est envoyé du cœur, partie au poumon , partie à tous les organes , et est rapporté du poumon et de tous les organes au cœur.

80 Les assimilations j ou nutritions proprement dites , qui sont les fonctions par lesquelles chaque organe, pénétré par le sang artériel , se l'applique en partie pour x^enouveler sa substance, pendant qu'il laisse en même temps les absorptions internes lui enlever une quantité des matériaux anciens qui le composaient. Ces fonctions sont le dernier terme des fonctions précédentes, qui n'étaient, en quelque sorte, que des échafaudages destinés pour elles,

90 Les calorifications sont des fonctions à peu près semblables , par lesquelles chaque partie puise aussi dans le sang artériel qui lui arrive, le calorique qui lui est nécessaire pour s'entretenir à une température propre, indépendante de celle des organes voisins , et de celle du milieu dans lequel vit l'homme.

10" Les sécrétions sont les fonctions par lesquelles certains organes , appelés sécréteurs ^ fabriquent avec le sang des fluides divers , qui tantôt doivent rentrer dans le cercle circulatoire, et tantôt, au contraire, doivent être rejetés hors du corps, et fondent alors ce qu'on appelle les excrétions. Ces sécrétions sont aussi diverses que le sont les organes sécréteurs, et les humeurs sécrétées dont nous avons fait Ténumération. Lorsque les fluides qui en sont le produit doivent être rejetés hors du corps, souvent la nature, pour nous sauver ce qu'aurait de dégoûtant la continuité de leur écoulement, a ménagé .da»s notre corps des réservoirs où ils

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s'accumulent, et d'où ils ne sont plus rejetés que d'intervalles en intervalles; et alors, comme cette excrétion constitue un rapport extérieur, et que tout rapport extérieur doit être, sinon volontaire, au moins perçu, ces sécrétions ont, dans leur généi-alité , des sensations et des mouvements "volontaires f comme la digestion et la respiration. Dans la sécrétion urinaire, par exemple, existera une sensation interne , le besoin d'uriner; et une action musculaire volontaire aidera à l'action contractile du réservoir.

I lo Enfin la génération^ qui est la fonction par laquelle l'homme effectue sa reproduction. Exigeant aussi un rapport avec l'extérieur, soit en commençant, lors du rapprochement des sexes , soit en finissant, lors de l'accouchement, elle offrira aussi dans sa généralité des sensations et des mouvements volontaires, comme la sensation voluptueuse qui accompagne le rapprochement des sexes, et l'action musculaire volontaire qui effectue ce rapprochement.

Telles sont les onze fonctions auxquelles , selon nous , on peut rapporter toutes les actions de la vie de Thomme. D'une part , il nous est facile de justifier ce en quoi nous différons ici des autres physiologistes. Nous n'avons pas séparé les actes intellectuels et affectifs des autres actes de la sensibilité , parce qu'ils consistent aussi en des perceptions , et reconnaissent pour instrument un organe du même ordre , des parties nerveuses. Nous avons mieux aimé faire une fonction des expressions , que d'en faire une de la voix et de la parole , parce quVinsi nous l'éunissons tous les phénomènes par lesquels l'homme manifeste ses sentiments et ses idées. Nous avons séparé les nutritions et les calorifîcations , parce que les résultats de ces actions sont divers , et que ces actions ne sont pas nécessairement coïncidentes et proportionnelles. Nous n'avons pas séparé les sécrétions et les excrétions, parce que la fabrication de la matière à excréter est , après tout, la chose principale, et que, d'ailleurs, si on faisait une fonction des excrétions , il faudrait en faire une des ingestions; mais les unes et les autres se font par plusieurs voies. En ne faisant qu'une seule fonction de tous les actes dont le concours accomplit la génération, nous avons imité

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