‹ Physiologie de l'hommeChapitre 8 sur 43 · CHAPITRE IL · texte numérisé non relu

CHAPITRE IL

Examen comparatif des Végétaux et des Animaux ,

Jadis les végétaux et les animaux étaient séparés en deux grands règnes; mais les grands traits généraux que nous venons de dire appartenir aux corps organisés sont communs aux uns et aux autres. D'un côté, les végétaux ont, aussi-bien que les animaux , pour mode de structure , une organisation ; c'est-à-dire que leur corps offre toujours une composition cbimique opposée aux affinités chimiques ordinaii'es, une réunion de parties solides et de parties fluides , un assemblage d'organes, et a une forme et un volume constants et détermiaés. D'un autre côté , ces végétaux ont, aussi-bien que les animaux, pour mode d'activité, une "vie ; c'est-à-dire qu'ils ont pour origine une génération, croissent par intus-susception , finissent par une mort , se conservent comme individus par une nutrition , et comme espèce par une reproduction ; et pendant la durée de leur existence, qui est déterminée, sont susceptibles d'éprouver les mutations des âges et celles de la santé et de la maladie.

Aussi rien de mieux justifié que le rapprochement que les modernes ont fait des végétaux et des animaux dans une même classe de corps. Ce rapprochement est si judicieux, que, dans le parallèle que nous allons faire de ces êtres, nous ne pourrons trouver aucune ligne de démarmarcation absolue entre eux , et ils ne paraîtront différer que du plus au moins. Suivons le même ordre que pour les corps inorganiques et organiques , et comparons successivement la composition matérielle et les actions.

ARTICLE PREMIER

Différences de la Composidoa male'rîelle chez les Ve'gdLaux et les

Animaux

La composition matérielle est cliez les uns et cliez les autres une organisation ; mais généralement cette organisetion est plus simple dans les végétaux que dans les animaux; et il en résulte quelques différences, sinon entre tous les végétaux et les animaux, au moins entre les plus élevés d'entre eux. Du reste, comparons-les successivement sous le rapport des quatre objets que nous avons considérés dans la structure des corps inorganiques et organiques, c'està-dire le volume , la forme , la nature chimique et la texture.

lo P^olinnc, Il ne fournit aucun caractère distinctif ; les deux règnes offrent également les plus grands extrêmes, depuis le plus petit lichen jusqu'au baobab, depuis le ciron jusqu'à la baleine.

20 Forme. On pourrait presque en dire autant de la forme. Il est des végétaux et des animaux qui sont également amorphes , c'est-à-dire dont le corps ne peut être comparé à aucune forme déterminée. Il en est également qui sont radiaires , c'est-à-dire dont le corps consiste en rayons qui sont disposés autour d'un centre. Cependant beaucoup d'animaux présentent une forme paiVe ou symétrique , c'està-dire que le corps est composé de deux moitiés semblables placées le long d'une ligne ou d'un axe médian; et, au contraire , aucun végétal ne l'offre , au moins en entier ; la plupart même ont une division horizontale, savoir, la racine et la tige.

30 Nature chimique. Les éléments qui forment les végétaux et les animaux sont généralement les mêmes, et il n y a de différences que dans leur proportion relative. Ainsi, le carbone prédomine dans les végétaux; et, comme ce principe est solide, sa prédominance est une des causes pour lesquelles le végétal est lent à se putréfier après la mort,

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et dure encore long-temps. Au contraire, c'est Tazote qui prédomine dans l'animal; et, comme ce principe est difîusible , cela explique pourquoi cet être est plus promptement putréfié et détruit après la mort. Le pliospliore paraît aussi être plus propre aux animaux. La terre qu'on retire d'eux est plus généralement de la cLaux dans un état de combinaison saline ; et , au contraire , celle qu'on retire des végétaux est argileuse, et contient de la silice. Enfin, la composition chimique paraît être un peu plus simple dans les végétaux que dans les animaux; car , tandis que les principes immédiats de ceux-ci sont le plus souvent des composés quaternaires , la plupart de ceux des végétaux , au contraire , ne sont que des composés ternaires. On ne trouve aussi de composés quaternaires acides que dans les animaux, les composés quaternaires des végétaux sont toujours neutres. 40 Texture , et organisation. C'est sous ce point de vue qu'on trouve le plus de différences. D'abord , les végétaux et les animaux offrent également dans leur texture une réunion de parties solides et de parties fluides; mais chez les premiers les solides l'emportent de beaucoup sur les fluides, et c'est le contraire chez les seconds : c'est là une nouvelle cause de la lenteur de la putréfaction cliez les uns, et de sa rapidité cbez les autres. En second lieu, cbez le végétal, les fiîameats qui composent les organes sont entrelacés comme en tout corps organisé; mais cependant la tissure est moindre que dans l'animal , les fibres semblent davantage n'être qu'accolées les unes aux autres. En troisième lieu, quand on remonte aux filaments primitifs qui composent les parties du végétal , à leurs éléments anatomiques, si l'on peut parler ainsi , on n'en trouve qu'un seul , un tissu vésiculairc , disposé en aréoles ou en vaisseaux, et dont en dernière analyse paraissent formés tous les organes; et au contraire, dans l'animal y on trouve au moins trois de ces éléments anatomiques , le tissu cellulaire^ qui est l'analogue de ce tissu vésiculaire des végétaux , le tissu musculaire et le tissu nerveux. Quatrièmement , le végétal, dans son iritérieur , n'a aucune cavité, ou n'en a qu'une qui règne dans toute sa longueur ; l'animal, au con-

traire , en a îe plus souvent plusieurs placées les unes audessus ou au-devant des autres , la tête, le thorax, Tabdo- ]nen , cavités qu'on appelle splanchniques , parce qu'en elles sont renfermés les principaux organes. Enfin , le végétal offre un moindre nombre d'organes ; tout se réduit cLez lui à du tissu cellulaire , des organes sécréteurs , sexuels ou reproducteurs : l'animal , au contraire , a déjà tous ces organes, et de plus des vaisseaux, des organes sensoriaux, locomoteurs, digestifs, etc. Ajoutons que, dans les végétaux , les organes sont si simples , qu'ils peuvent facilement se transformer les uns dans les autres ; ce qui ne s'observe pas de même dans les animaux.

Mais ces différences, quelque capitales qu'elles paraissent , ne suffisent pas pour différencier d'une manière absolue les végétaux et les animaux , parce qu'elles ne s'appliquent pas à la généralité des deux règnes, et ne conviennent qu'aux végétaux et animaux supérieurs. Dans plusieurs végétaux , les fluides paraissent l'emporter en quantité sur les solides. Beaucoup d'animaux n'ont pas , plus que les Végétaux, de tissus musculaire et nerveux, de cavités splancbniques, de vaisseaux, d'organes distincts, etc. Enfin, beaucoup de savants de l'époque actuelle admettent un système nerveux rudimen taire dans les végétaux, MM. Dutrochet , Brachet, etc.

Arrivons à l'examen comparatif des actions.

ARTICLE II

Différences dans les Actions des Ve'gétaux et des Animaux.

Nous aurions à comparer ces êtres sous les cinq points de vue que nous avons examinés dans l'étude des actions des corps inorganiques et organiques , savoir : origine , mode de conservation, changements pendant Veocistence, fin et forces motrices. Mais les cliangements qu'éprouvent les uns et les autres sont ceux des âges ; leur fin est également une mort; les forces qui les animent, celles de la a^ie; et déjà leur parallèle sous ces trois rapports ne nous conduit à ÏOM£ ï. 3

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