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PLANCHETTE A ÉCRIRE DES AVEUGLES

je me servais d'une bande étroite de papier non collé, analogue au papier des copies de lettres. Pour savoir si ma plume marchait bien, il suffisait de tracer un trait en travers cette bandelette. Si l'encre coulait bien, elle humectait le papier, ce qui diminuait sa résistance à la rupture. Quand ce papier se rompait sous un très faible effort, on était sûr que la plume avait fonctionné.

On a pu voir à la page précédente (Fig. 82) un fac-similé de mon écriture obtenu au moyen de la planchette.

Toutes les fois que je dispose d'une personne pour me relire, je lui laisse le soin d'ajouter les points sur les i, les accents et les barres des t. Cet artifice, très recommandable, me permet d'écrire à la fois plus vite et plus régulièrement.

La planchette est fabriquée par M. Cornet, 66, rue de Rennes.

Quand j'ai à écrire une lettre hors de chez moi, je procède par un système analogue à celui qui est réalisé dans ma planchette. Après avoir choisi pour mon coude un emplacement, qu'il ne doit pas quitter, je commence par poser mon papier de telle sorte que son angle supérieur gauche coïncide exactement avec un coin de la table. Toutes les fois que j'ai écrit une ligne, la main gauche fait remonter le papier qui déborde de plus en plus par en haut. Il va sans dire qu'en procédant ainsi, les lignes sont moins régulièrement espacées qu'avec le secours de la planchette, et que la manœuvre exige un peu plus d'adresse.

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