‹ Physiologie de la lecture et de l'écritureChapitre 132 sur 147 · XXV. — MOYENS D'ACCÉLÉRER LA LECTURE DES AVEUGLES · texte numérisé non relu

XXV. — MOYENS D'ACCÉLÉRER LA LECTURE DES AVEUGLES

Admettons, en effet, que, tandis que les signes représentatifs de voyelles de ma première colonne sont employés à la fin des mots, on les remplace, au commencement des mots, par les sept signes de la première ligne horizontale, ce qui ne peut pas prêter à confusion, il en résultera, entre les mots, une distance d'un ou deux points. On n'aura besoin de séparer les mots que lorsque, de deux mots consécutifs, le premier se termine et le second commence par une consonne. Le seul désagrément de cette manière de faire, c'est que les voyelles qui sont dans le corps des mots simuleront des intervalles de mots, inconvénient à peu près nul en sténographie, car l'écrivain assez pressé pour trouver utile d'escamoter les espaces entre les mots ne manquera sûrement pas de supprimer la plus grande partie des voyelles qui sont dans le corps des mots.

Deuxième exemple. — Quelques-unes des remarques précédentes conservent leur valeur pour l'application du tableau qui va être décrit. Notamment, il est entendu que les signes minces qui occupent la première ligne horizontale ne nous serviront que pour figurer les mêmes vo}^elles que les signes minces de la première colonne.

Tableaux carrés des soixante-trois signes en points et en noir.

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Fig. 96.

Phonographie simple. — Il suffît d'apprendre par cœur les sept voyelles de la première colonne, les sept consonnes de l'avant-dernière, les sept consonnes de la dernière, qui découlent des sept précédentes, et enfin de se pénétrer de la forme des lettres / et r. Cela fait vingt-trois signes qui suffisent pour la plupart des langues européennes. Pour le français, on ajoutera les quatre signes de voyelles nasalées, inscrites en italique dans la troisième colonne, en face, respectivement, de a, u, i et o. Pour l'allemand, on substituera le ch au /, etc.. Pour l'anglais, l'italien, l'espéranto, etc., on désaffectera le signe de u. En somme, il n'est guère de langue pour laquelle les vingt-trois signes sus-indiqués ne fournissent une phonographie suffisante.

Phonographie avec symphones. — Nous appelons signe de symphone tout signe qui exprime plus d'une articulation. Puisque nous avons dépensé vingt-trois signes, il nous en reste quarante, et, sous déduction des signes minces de la première ligne, trente-trois utilisables comme signes de symphones (si nous ne tenons pas compte du gaspillage des quatre signes qui, pour le français seulement, sont employés par les voyelles nasalées). Les lettres / et r étant liquides, je pense que, dans toutes les langues, elles fournissent plus de symphones que les autres, à cause de leur facile association aux consonnes. C'est pourquoi la seconde, la quatrième, la cinquième et la sixième colonne du tableau sont remplies par les symphones que fournissent ces deux lettres. On retiendra aisément que l'addition de ces lettres à la suite d'une voyelle se fait par l'addition d'un seul point, supérieur pour 17 et inférieur pour 1';*. Une remarque analogue permet de retenir en un instant la figure en points des douze symphones que ces lettres peuvent former à la suite des autres consonnes. Bien qu'une partie de ces symphones n'existe pas en français, ils ont été cependant maintenus à cause de leur existence dans d'autres langues, particulièrement les langues slaves.

Sténographie plus complète.— Si les langues slaves nous présentent des mots comme bourrés de consonnes, c'est

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