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IV. — ÉVOLUTION DE LA STÉNOGRAPHIE

dons les Lettres de saint Augustin, recueillies par les Bénédictins et qui étaient encore très employées vers le ixe siècle, disparurent vers le xie siècle avec le latin, qui cessait d'être une langue usuelle.

Il faut passer à l'année 1588 pour rencontrer le premier traité d'abréviation moderne, qui fut publié en Angleterre par le Dr Timothy Bright. Depuis cette époque, l'étude de la sténographie fut cultivée en Angleterre. Citons le traité de Shelton, qui eut une grande vogue ; paru en 1620, il donna lieu, en 1660, à une tentative d'adaptation au français. En 1672 parut le traité de William Mason, intitulé : A Peu, plucked f roman Eagles wing; or themost swift, compendious, and speedy method of short writing, qui fut réédité, à plusieurs reprises, par l'auteur et en dernier lieu, en 1740, par M. Thomas Gurney qui fut nommé alors sténographe près les Chambres du Parlement, situation qui est restée depuis cette époque dans sa famille.

En Allemagne, où l'on ne s'est guère occupé de sténographie que depuis 1820, les auteurs les plus connus, sont Stolze, Gabelsberger et Léopold Arends.

En 1834, Gabelsberger imagina d'employer des mouvements analogues à ceux de l'écriture cursive pour former les signes de sa sténographie. — Depuis cette époque tous les systèmes de sténographie allemands dérivent du système de Gabelsberger, et conservent même une partie de ses signes.

Vers 1898, Scheithauer a perfectionné ce système en utilisant les déformations spontanées des écritures rapides, pour donner à ceux des sons dont la confusion est sans grand inconvénient les signes qui, par déformation, ont tendance à devenir pareils.

En France, la sténographie était à peu près inconnue à la fin du xvme siècle. La tentative la plus heureuse en cette matière fut faite par Coulon de Thévenot qui présenta en 1787 à l'Académie des Sciences un système d'écriture par syllabes détachées, publié sous le nom de Tachigraphie. En 1792, Th. -Pierre Bertin adapta au français, et publia chez Didot la méthode de l'Anglais Samuel Taylor, encore naguère pratiquée par M. Grosselin, chef du service sténographique de la Chambre des députés. La sténographie des débats parlementaires n'apparut cependant en France qu'en 1830, époque où le Moniteur universel employa

un ou deux sténographes : le service parlementaire, tel qu'il existe aujourd'hui, date de 1848.

Cependant, dès 1813, Conen de Prépéan avait publié la première édition de son traité, sous le titre Sténographie exacte, ou l'art d'écrire aussi vite qu'on parle.

Cette sténographie, dont le succès est attesté par cinq éditions qui parurent de 1813 à 1825, procédait directement de la méthode anglaise de Taylor, et c'est d'elle que découle la méthode d'Aimé Pâris qui, depuis, presque sans altération, a reçu le parrainage de l'abbé Duployé.

« Parmi les nombreux praticiens formés par le système de Conen de Prépéan, — dit M. Guénin — il en est un qui mérite de retenir quelques instants l'attention du lecteur, c'est Aimé Pâris, l'auteur du célèbre cours de mnémotechnie, l'élève de Galin, l'associé de Chevé pour la publication et la propagation de la musique chiffrée. Esprit méthodique et rigoureux, il a réduit aux règles les plus simples l'alphabet de Conen de Prépéan, sans modifier toutefois la partie essentielle de son système, les éléments d'abréviation, et la méthode est souvent, à tort selon nous, désignée par son nom...

« Aimé Pâris est né à Quimper le 19 juin 1798, et a fait ses premières études au collège de Laon. Il se préparait pour les examens de l'Ecole polytechnique lorsque les événements de 1814 ramenèrent sa famille à Paris. Il servit pendant quelques mois de commis à son père, employé à l'administration des contributions indirectes, puis il suivit pendant deux ans les classes de rhétorique au collège Charlemagne. Il fit ensuite son droit à l'école de Paris et fut reçu avocat en 1820.

« Une aventure assez originale lui fit quitter le barreau, pour lequel d'ailleurs il n'avait pas une vocation bien accentuée. A grand renfort d'arguments et d'effets oratoires, il avait fait acquitter un voleur en police correctionnelle. Cet heureux client alla le remercier chez lui. Quelques instants après son départ, l'avocat voulant sortir, chercha son chapeau, qu'il avait accroché dans l'antichambre. Le chapeau avait disparu : à sa place se trouvait une affreuse loque, la casquette du reconnaissant visiteur. L'idée d'avoir fait acquitter un si parfait honnête homme dégoûta Aimé Pâris du métier parfois ingrat de défenseur de la veuve et de l'orphelin ; il ne plaida plus.

« Se trouvant à Calais en 1815, il avait reçu d'un M. Bougleux, attaché comme son père aux contributions indirectes, quelques leçons de sténographie, système Taylor, traduit par Bertin, mais il l'avait laissé de côté lorsque Conen de Prépéan avait publié sa méthode, et celle-ci, en 1820, lui était devenue assez familière pour qu'il acceptât l'emploi de sténographe du Courrier français. Attaché à ce titre pendant deux ans au

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